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dimanche 10 février 2019

Compte-rendu du café littéraire #36

Ce petit café littéraire hivernal n’a réuni qu’une dizaine de personnes, mais les échanges furent néanmoins très riches.

Denis signale qu’Yvonne Pétrequin interviendra à la bibliothèque, récemment rouverte, le 28 mars prochain, dans le cadre de la « semaine des littératures étrangères ».

Cédric, qui n’était pas venu depuis longtemps, ouvre la séance en nous présentant un livre d’Eric Vuillard, qui a obtenu le Prix Goncourt 2017, mais pas avec ce titre puisqu’il s’agit de La Guerre des pauvres. 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée. C’est très sanglant, mais Cédric a été attiré par le titre, toujours d’actualité hélas, et l’a donc acheté sans connaître l’auteur. Il nous en lit un très court extrait, car il trouve que les mots sont justes. C’est un livre court, comme tous les livres de l’auteur qui prend un sujet très précis et qui traite de l’essentiel. C’est intéressant car cette période n’est pas souvent évoquée et ça se passe pas très loin de chez nous.

Chantal, dont l’un des auteurs préférés est Alain Mabanckou, auteur congolais enseignant en Californie, a lu Les Cigognes sont immortelles. L’histoire se passe au Congo, sur deux jours, lors de l’assassinat du président Ngouabi en 1977. L’auteur a alors 11 ans et c’est son histoire qui est racontée assez naïvement, par la voix d’un jeune garçon prénommé Michel. Sa maman qui l’élève seule se met avec un homme qui a d’autres femmes, le frère de sa maman est assassiné lui aussi et Michel, qui est un garçon bien élevé, devra apprendre à mentir pour sauver sa maman. En même temps il nous parle de l’histoire du Congo et comme le dit si bien Chantal « ce n’est pas piqué des hannetons » ! A cette époque tous les chefs d’état communistes sont venus au Congo, Russes, Chinois et dans le livre il y a même une chanson en hommage à Ceaucescu.

Fabienne nous a apporté un livre un peu ancien, que beaucoup ont lu, Le Parfum de Patrick Süskind. Jean-Baptiste Grenouille est né dans la puanteur : en 1738, à Paris, sous l'étal d'une poissonnerie. Bossu, difforme, il va peu à peu développer un don extraordinaire, unique : il peut tout sentir, analyser la moindre odeur et même détecter une chenille au cœur d'un chou… Au cours de sa vie, il va devoir créer des parfums et pour cela tous les moyens sont bons, mais chut… Fabienne n’en dira pas plus, sinon que c’est écrit comme un conte, un récit atypique. Un classique à relire sans modération…

Denis présente le livre que Catherine avait laissé pour une lecture collective, Terre et cendre d’Atiq Rahimi. Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal luné, une route qui se perd à l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union soviétique… C’est un livre qui se lit très vite, mais qu’il est difficile de raconter. Quand on arrive à la fin, on a les larmes aux yeux car c’est très émouvant. Le personnage du grand-père est formidable. Denis nous parle ensuite du livre Les Emotions cachées des plantes de Didier van Cauwelaert. C’est comparable au livre déjà présenté sur les arbres. Aussi merveilleuses soient-elles, toutes les révélations contenues dans ce livre sont le fruit d'observations et d'expériences scientifiques.

Guy a devant lui un énorme livre qu’il a acheté, mais qu’il ne lira jamais. Tout le monde se demande pourquoi… Parce que c’est écrit tout petit et que sa vue ne lui permet pas de le lire. Et il y en a trois autres comme celui-là dans la saga ! Guy nous parle de l’auteur Jan Guillou, fils d’un Français et d’une Norvégienne. Il précise que ce n’est pas son genre de lecture, il le lit sur sa liseuse, ce qui est plus confortable, mais a apporté le livre car une lectrice a dit lors de la séance précédente qu’elle aimait toucher les livres, donc acte… Les Ingénieurs du bout du monde raconte les tribulations de trois fils de pêcheurs norvégiens lancés dans les grands projets de constructions ferroviaires qui ont précédé la Première Guerre mondiale. Guy a ainsi appris avec effroi que les Belges se sont révélés sanguinaires au Congo, que les Anglais exploitaient des indiens qu’ils ne payaient jamais, car ils mouraient avant la fin du contrat. C’est intéressant, il en est au troisième tome. Le deuxième fatigue et le troisième endort… mais le premier est très bien.

Anne a beaucoup aimé le roman de Violaine Bérot, Tombée des nues. Elle conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, afin de ne pas dévoiler le thème qui, selon elle, n’est pas le plus important, mais de le découvrir au fur et à mesure de la lecture. Quand Anne nous dit qu’il y a plusieurs façons de lire ce livre, Denis et moi-même reconnaissons immédiatement un livre dont nous avons déjà parlé, et qui avait fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux « Papiers bavards ». Evidemment nous en connaissons le sujet mais nous n’en dirons rien. Sept personnages racontent la même histoire, mais chacun de son point de vue. Soit on peut le lire de façon traditionnelle, de la page 1 jusqu’à la fin, ou alors par personnage, c’est la solution qu’a choisi Anne, mais elle pense qu’elle va le relire de façon linéaire, pour voir si elle a la même perception de l’histoire.

Christiane a apporté le livre de Benoît Camus, Chroniques d’un père au foyer, un auteur local qui, après des études d’ingénieur, désireux de répondre à ses profondes aspirations, décide de se reconvertir en père au foyer qui écrit ou en auteur qui s’occupe de son foyer. Il mesure depuis, et à chaque instant, la chance qu’il a de se consacrer à ceux et à ce qu’il aime. Un statut qui est encore difficilement accepté par notre société. Christiane a trouvé ce livre amusant, car le papa est souvent débordé et c’est un sujet peu traité par la littérature. Elle a également acheté à la vente de la médiathèque, en vue de le donner à ses petites filles, La Petite Fadette de George Sand. Heureusement qu’elle ne leur a pas offert à Noël, car ça n’intéresse plus les enfants d’aujourd’hui. Après l’avoir lu, Christiane a trouvé que le vocabulaire est très particulier, par moment, on ne comprend pas grand-chose, heureusement qu’il y a un lexique à la fin du livre !

Christine nous présente Mélanie m’attend de Pierre Guini. Un livre qu’elle a acheté par solidarité, car elle connaît un peu l’auteur, et dans lequel elle est entrée à petits pas, car elle n’aime pas les récits de guerre. Finalement elle l’a lu assez vite et l’a trouvé intéressant. Le héros est un reporter de guerre, ses reportages lui ont coûté un divorce, la perte de ses amis, et une dépression chronique qu’il tente de soigner comme il peut. La seule personne qui se préoccupe de sa vie s'appelle Mélanie… L’auteur a réussi sur un fond d’histoire d’amour à édulcorer toutes les atrocités auxquelles il est confronté. Christine est contente de l’avoir lu, car ça rappelle qu’en ce moment, il y a beaucoup de gens, civils et militaires, qui sont confrontés à la guerre et qu’on a tendance à l’oublier. Elle connaît l’auteur, car il anime des ateliers d’écriture sur internet, ateliers auxquels elle participe.

Et pour terminer, j’ai lu avec intérêt Tu t’appelais Maria Schneider écrit par Vanessa Schneider la cousine de l’actrice. J’avais 20 ans quand « Le dernier tango à Paris » est sorti et ce film m’avait choqué par la violence de certaines scènes. D’ailleurs Maria ne s’en est jamais remise, sa vie et sa carrière ont été brisées par cette image qui lui collait à la peau. Un livre qu’elles avaient projeté d’écrire à quatre mains, mais Maria étant décédée, Vanessa a décidé de l’écrire seule. Un récit émouvant et terriblement attachant ; avec des mots tendres, sincères, difficiles parfois, pour retracer le parcours de sa cousine aînée, mais aussi celui d'une actrice, au destin tragique.

Lors de la précédente séance, Denis nous avait apporté les Chroniques de François Morel. J’ai donc apporté un livre du même auteur qui s’intitule C’est aujourd’hui que je vous aime. On n’est pas sérieux quand on a douze ans. On tombe amoureux. Furieusement amoureux. L’auteur par pudeur, par plaisir, se nomme « les hommes », alias tous les garçons, alias François Morel. On retrouve tout l’humour dont il sait faire preuve, ça se lit très vite et c’est un régal…

La séance s’est terminée par la dégustation de galettes. Les absents ont toujours tort !

Le prochain café littéraire est fixé au mercredi 6 mars

Bernadette

dimanche 16 décembre 2018

Compte rendu du café littéraire #35

Bienvenue à Isabelle et Sabine, deux nouvelles adhérentes, qui rejoignent pour la première fois notre petite réunion.

Pour commencer la séance, Noëlle nous présente un ami, Christophe Varrault, de la Ludotaverne, qui édite un projet littéraire avec l’aide du financement solidaire de l’association « Les cigales ». Il s’agit d’une série de quatorze ouvrages qui va nous faire découvrir la France à travers ses légendes. Le premier que nous présente Christophe s’arrête aux Ardennes. L’idée est de collecter des légendes à travers le support livre, mais aussi de façon numérique et interactive, pour inciter les gens à faire des randonnées sur des sites légendaires. Muni du livre et d’un smartphone ou d’une tablette, on peut scanner et avoir accès à une vidéo. L’auteur illustrateur Hervé Gourdet part à la découverte des régions de France pour interroger les raconteurs d’histoires, artistes, écrivains ou simples passionnés éclairés afin qu’ils lui livrent les secrets que recèle leur patrimoine imaginaire. Le premier livre s’est déjà vendu à deux-cents exemplaires. On attend avec impatience le deuxième ouvrage, qui sortira en mars-avril et qui concernera la Bourgogne-Franche-Comté. Le but est de sauvegarder tout ce patrimoine légendaire et de préserver l’environnement par le respect des sites concernés.

Edith a choisi un livre d’un de ses auteurs préférés, dont elle nous a déjà beaucoup parlé, Yasmina Khadra, et plus particulièrement son dernier roman Khalil. Dans ce livre, l’auteur décide de revenir sur les terribles attentats de novembre 2015. Dans cette fiction, il imagine que Khalil est le quatrième protagoniste des attentats, dont la ceinture d’explosifs n’a pas explosé dans le métro. Edith aime beaucoup le style, souvent poétique, dur aussi et très réaliste. Par contre, elle n’apprécie pas l’écrivain qu’elle trouve un peu hautain. Pour l’avoir côtoyé à Besançon, je pense que c’est plutôt quelqu’un de timide. Les avis sont partagés…

Isabelle a lu l’un des premiers livres de Delphine de Vigan, No et moi. Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Lou parviendra-t-elle à la sauver ? Isabelle a beaucoup aimé ce livre construit de façon originale, car on a le point de vue des deux personnages. Beaucoup de personnes autour de la table aiment Delphine de Vigan, ce qui donne lieu à de nombreux échanges autour de l’auteur. Elle nous présente également Eldorado de Laurent Gaudé. À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Là encore, à chaque fois on a le point de vue des deux personnages. Ce livre donne un autre regard sur l’immigration, c’est un livre de 2006, mais totalement d’actualité.

Noëlle persiste avec les livres qui finissent bien comme Quelqu’un pour qui trembler de Gilles Legardinier, qui raconte l’histoire d’un homme, humanitaire en Inde, qui revient en France, lorsqu’il apprend qu’il a une fille adulte de 20 ans, dont il ne sait rien. Doit-il lui dire tout de suite qu’il est son père ou l’apprivoiser d’abord ? Toute la question est là. Ça se finit bien, et il y a toujours un chat dans chaque histoire de cet auteur. Du même auteur Et soudain tout change, l’histoire d’une bande d’adolescents, que l’annonce d’une mauvaise nouvelle va venir bousculer… On pleure beaucoup, mais c’est l’aventure de copains qui apprennent la vie à travers une belle histoire d’amitié.

Christophe n’a pas apporté de livre, mais tient néanmoins à nous parler de sa dernière lecture Le triomphe des ténèbres d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Inspirée de faits réels, cette série est une plongée dans les arcanes secrets de la guerre qui révèle la dimension occulte et méconnue du nazisme. C’est une façon de comprendre comment le nazisme a pu fasciner autant d’individus dans cette Allemagne qui était le pays le plus cultivé du monde. Un livre très intéressant que Christophe nous recommande…

Jean-Daniel nous présente 13 à table !, un recueil de quinze nouvelles écrites par de grands auteurs au profit des « Restos du Cœur ». C’est le cinquième qui paraît, celui-ci est sur le thème de la fête, un livre acheté paie quatre repas. Un moyen de se faire plaisir tout en aidant cette belle association. Notre président annonce qu’il en achètera 4 ou 5 exemplaires, qui tourneront et dont nous pourrons débattre dans les prochains mois. Jean-Daniel a lu un livre qui n’est pas récent, puisqu’il date de 1877, il s’agit du Tour de la France par deux enfants. Au lendemain de la guerre de 1870, deux enfants, André et Julien, parcourent la France. Sur les pas de ces deux jeunes Lorrains patriotes, le lecteur découvre la vie des métiers et les nouvelles techniques de la première révolution industrielle. Un témoignage extraordinaire sur une époque, à travers « le livre de lecture » de nombreuses générations de Français. La préface est éloquente, comme le souligne Denis, il s’agissait de préparer les futurs soldats de la guerre de 14. C’est à la fois un manuel de propagande civique et un roman prenant, riche en péripéties. Une version moderne est parue il y a quelque temps, mais sans grand intérêt selon Jean-Daniel.

Denis a choisi la dernière édition des chroniques de François Morel, qui s’intitule Jamais la même chose, chroniques 2015-2017. Plutôt que de nous en parler longuement, Denis choisit de nous lire un morceau d’anthologie « Je ne suis pour rien dans la séparation entre Angelina Jolie et Brad Pitt ». Face aux rumeurs l'impliquant, François Morel ressent aujourd'hui le besoin de s'expliquer afin de protéger sa famille. Humour, humour, quand tu nous tiens ! Un bon livre pour se changer les idées dans cette période de morosité ambiante.

Guy s’est inspiré de l’émission « La grande librairie » pour le choix de deux livres. Tout d’abord Jean-Claude Carrière, pour La vallée du néant. Nous en venons et nous y retournons. Pourtant, nous ne pouvons rien en dire. Le néant – qui n’est ni le rien, ni le vide – reste l’inconnu fondamental, le non-être, sans sensation, sans conscience et sans mémoire. Guy n’a pas encore terminé le livre, mais il y a un chapitre qui pourrait faire l’objet d’un opuscule, ça s’appelle « vieillir ». Vieillir est le seul moyen que nous avons trouvé pour vivre longtemps. Ce n’est pas un livre triste, même s’il parle de la mort. Autre livre présenté La vie est plus belle en musique de Claire-Marie Legay, une pianiste. La musique est partout, pour qui la cherche, l’écoute, la reconnaît. Elle est cette présence vitale qui remplit l’espace et ne demande qu’à être révélée. C’est un peu le routard de la musique, on prend sa tablette et on découvre les œuvres avec elle. D’ailleurs Guy nous fait écouter un morceau sur son smartphone. C’est un livre que l’on déguste, que l’on entend et que l’on écoute.

Christiane nous compte une anecdote. Une de ses amies lui a réclamé à cor et à cri un livre de Guillaume Musso, La fille de Brooklyn, qu’elle lui aurait prêté. Christiane a eu beau affirmer que Musso ne fait pas partie de ses lectures, rien à faire. Elle lui a donc racheté le livre et en a profité pour lire cet énorme pavé. Elle nous lit les premières phrases, et nous confirme qu’elle n’apprécie pas trop. C’est bien écrit, mais ceux qui en ont lu plusieurs pensent que c’est toujours le même schéma. Autre lecture de Christiane, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano. C’est un peu un livre à la Gounelle, une forme assez inédite mi-roman, mi-guide de développement personnel. L’héroïne consulte un routinologue, il ne se fait payer qu’en fonction des résultats obtenus et on peut même avoir l’adresse à la fin du livre.

Catherine nous propose un livre de Nathalie Demoulin, La grande bleue, un livre d’une bisontine, qui est responsable éditoriale aux « Editions du Rouergue ». Ce livre est de 2012, mais peut intéresser les gens de la région, car ça se déroule de 1967 à 1978 en Franche-Comté. Grand écart entre l’histoire du monde et la vie intime des protagonistes, on y évoque tour à tour la guerre d'Algérie, les grèves chez Peugeot ou chez Lip, ou les mouvements de luttes féminines. Catherine a été surprise par l’écriture un peu fouillis, mais on s’y habitue très vite. Elle aussi bisontine, elle avait peu de souvenirs de cette époque, peut-être trop jeune alors… Catherine, comme il avait été demandé, a apporté un livre de moins de cent pages, que l’on pourra faire tourner. Il s’agit de Terre et cendres d’Atiq Rahimi, un livre sur la guerre en Afghanistan. Nous pourrons peut-être en débattre à la fin de l’année quand tout le monde l’aura lu.

Pour terminer, j’ai apporté deux livres qui m’ont marquée, le premier est de Tiffany Tavernier, qui s’avère être la fille de Bertrand Tavernier. Je l’ai rencontrée aux « Livres dans la boucle », à Besançon en septembre. Le livre s’intitule Roissy, tirant derrière elle sa valise, la narratrice de ce roman va d’un terminal à l’autre, engage des conversations, s’invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l’apaise. Arrivée à Roissy sans mémoire ni passé, elle y est devenue une « indécelable » – une sans domicile fixe déguisée en passagère… Pour écrire ce livre, l’auteur a arpenté l’aéroport de Paris pendant des mois, noirci des carnets, pris des photos et réalisé des enregistrements sonores. Un roman dur mais très prenant, où l’espoir subsiste malgré tout. Le second livre n’est pas un livre récent, mais j’avais envie de le lire depuis longtemps, car il a fait polémique. Comme je l’ai trouvé pour 50 centimes à la bourse aux livres du Secours Populaire, c’est chose faite. C’est un livre de Jean-Louis Fournier, auteur que j’adore, et qui s’intitule Où on va Papa. C’est la phrase que lui répète en boucle l’un de ses deux fils handicapés, car il en a deux hélas, lorsqu’ils sont en voiture. Jean-Louis Fournier a l’art de tourner en dérision toutes les épreuves de sa vie. Je comprends que parfois ça puisse choquer, mais personnellement je ressens tout l’amour qu’il y a derrière ses phrases, parfois assassines. Il ose dire tout haut ce que ressentent beaucoup de parents dans son cas.

 Le prochain café littéraire aura lieu le mercredi 15 janvier 2019, à 20h à la Louisiane.

Bernadette

mardi 30 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #34

Tout d’abord bienvenue à Chantal et Catherine Ma…, ferventes lectrices, qui nous rejoignent. Notre président Denis tient à nous faire quelques annonces. Il a appris que le lycée Mandela travaille sur l'exposition Cartooning for peace de Plantu qu’il nous a présenté lors d’une précédente séance. Cette expo sera organisée au lycée. Denis aimerait faire venir à Audincourt l’auteur Maryse Condé, Prix Nobel alternatif de Littérature, qui a beaucoup écrit sur l’esclavage et le colonialisme. Peut-être pourrait-on demander à l’Association des Antillais qui intervient à la « Table des Saveurs », s’ils la connaissent. Enfin le Président propose que notre association achète une douzaine de livres d’une trentaine de pages, pas chers, et que tous les adhérents seraient amenés à lire pour ensuite en débattre. Certains adhérents proposent de donner un livre chacun, pour éviter un achat. Le problème est que le temps que tout le monde les lise, il peut s’écouler des mois, voire plus… On pourrait peut-être se limiter à deux titres, mais que l’on achèterait en 3,4 exemplaires… A suivre !

Noëlle, qui n’a rien trouvé d’intéressant à lire, s’est replongée dans des ouvrages qu’elle avait déjà lus et qu’elle avait beaucoup aimés. Elle apprécie Françoise Bourdin, car ça se termine toujours bien. Elle a relu Patricia Cornwell, ainsi que les aventures de Nicolas Le Floch qui se passent sous Louis XV, elle aime bien car il y a plein de recettes de cuisine. Elle a ressorti Les enfants de la terre, une série romanesque en six volumes de Jean M. Auel, qui met en scène la vie quotidienne des êtres humains durant la Préhistoire, où l’on trouve déjà le problème du racisme.

Jean-Daniel a trouvé dans les boîtes à livres Les Discours de Maurice Thorez en dix volumes, mais il n’a pas eu le courage de les lire. Il a préféré Les Vérités fragiles d’Erik Orsenna. Cet ouvrage mêle des réflexions sur des sujets aussi divers que la fraternité, le travail, l'ailleurs, la mondialisation... auxquelles s'ajoute un dialogue avec Éric Fottorino, consacré notamment à l'un des sujets de prédilection d'Erik Orsenna : les moustiques ! Revenant au fil de l'entretien sur son parcours, ses voyages, ses rencontres, le philosophe nous transmet sa curiosité, son ouverture sur le monde, sa vivacité d'esprit revigorante. Jean-Daniel nous lit un passage sur les moustiques, où l’on apprend que c’est l’animal qui tue le plus de personnes dans le monde.

Guy a lu deux livres déjà présentés ici, La vie secrète des arbres et Un été sans Facebook. Il ne s’étendra donc pas davantage, mais a été épaté par le fait que l’arbre nourrit son petit par les racines et le reconnaît.

Christiane qui nous avait déjà présenté un livre de Peter Mayle, auteur malheureusement décédé en janvier dernier, qui adorait la France, a lu Aventures dans la France gourmande. Dans ce livre, il arpente l'Hexagone, guidé par son seul estomac. Son itinéraire, en effet, ne doit rien au hasard : bons restaurants, bons hôtels et pour finir une cure à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard. C’est distrayant, intéressant… Christiane a eu plus de mal à entrer dans le livre d’Amélie Nothomb, Biographie de la faim. C'est surtout le récit de la faim de l’auteur. La faim de sucre, la faim d'alcool, la faim d'amour, la faim d'eau et la faim de bien d'autres choses. Des faims insatiables qui la conduiront à certaines extrémités. Au début du livre, on apprend qu’au Vanuatu, la faim n’existe pas, on y déborde de nourriture, sans même avoir besoin de cultiver quoi que ce soit.

Céline, qui confirme son succès en tant qu’écrivain, n’en délaisse pas pour autant la lecture. Elle nous présente Mon Autre famille d’Armistead Maupin. Cette "autre famille", c’est celle des homosexuels, qu’il a épousée à San Francisco, au début des années 1970, après avoir divorcé de sa famille biologique et réactionnaire de Caroline du Nord, dont il avait si bien adopté les valeurs qu’il s’était engagé dans la marine et avait servi au Vietnam... Pour ceux qui ont aimé les Chroniques de San Francisco, à lire absolument.

Yvonne, qui ne savait pas quel livre apporter, en a retrouvé un qu’elle a dû lire il y a un certain temps. Il s’agit de Journal d’un corps de Daniel Pennac. L’auteur part à la recherche du corps, de son corps. Des étapes de vie contées dans un vocabulaire réaliste, parfois cru, cash et trash. Et par l’évolution et les transformations de ce corps, de 12 à 87 ans, le narrateur partage avec le lecteur les personnages qui ont marqué sa vie. Il présente ce livre comme la demande d’une amie, mais on se rend vite compte que c’est inventé. C’est à la fois drôle, humoristique et tendre.

Edith a été emballée par le roman Quatre-vingt-dix secondes de Daniel Picouly. Quatre-vingt-dix secondes, c'est le temps qu'a mis la montagne Pelée, un volcan, pour tuer 30.000 personnes à Saint-Pierre de la Martinique, le jeudi 8 mai 1902. Edith a trouvé ce livre formidable, car le narrateur, c’est la montagne. Au début elle ne comprenait pas… Le roman dure de 5h à 7h52, le temps de l’éruption. Il débute de façon sentimentale par un duel dans un jardin pour une jeune fille, quand la terre commence à trembler. Les personnages sont caricaturaux. Beaucoup de suspense, gros coup de cœur d’Edith. C’est ensuite un énorme pavé qu’Edith nous présente, 4321 de Paul Auster, plus de 1 000 pages… Elle pensait ne pas arriver au bout, et pourtant elle s’est laissée prendre par l’histoire… Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant quatre scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. C’est le récit du parcours d’un petit-fils d’ immigré juif aux Etats-Unis, au début du XXe siècle.

Denis V. nous parle d’une BD de Wilfrid Lupano Les vieux fourneaux. C’est une série de 5 BD qui raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps. Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années 50 et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

Chantal nous présente L’Art de perdre d’Alice Zeniter, livre offert par sa belle-fille, non sans arrière-pensée, puisque Chantal est née en Algérie et que ce livre l’a beaucoup touchée. Cette saga familiale, inspirée de l’histoire personnelle de son auteure, relate le destin de trois générations d’une famille harkie, ballottée entre l’Algérie et la France. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée, qui a valu à l’auteure plusieurs prix littéraires.

Catherine Ma. a beaucoup aimé Les Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Cette fois, c’en est fini de la Grande Guerre, et de l’escroquerie aux Monuments aux morts montée par les poilus Edouard Péricourt et Albert Maillard. Le deuxième tome de cette trilogie s’ouvre par l’enterrement du banquier Marcel Péricourt en grande pompe en février 1927 en présence du chef de l’Etat. Comme Edouard, le fils, s’est suicidé, c’est sa fille Madeleine qui mène le deuil et qui prend la tête de l’empire financier. C’est le début d’un roman de 500 pages sur les années 1920-1930 où Madeleine Péricourt va connaître la ruine, le déclin, le déclassement avant de reconstruire sa vie. Catherine trouve que c’est très bien écrit et que Pierre Lemaître a le sens du dialogue.

Fabienne a fait des affaires à la Foire aux Livres de Belfort, un bon moyen de trouver de la lecture pour un prix raisonnable. Elle a ainsi déniché L’intelligence du cœur d’Isabelle Filliozat, un livre de développement personnel, qui montre comment acquérir plus de confiance en soi, s'affirmer, écouter, comprendre les réactions d'autrui, résoudre les conflits, répondre à l'agressivité, développer son autonomie, afin de faire face à l'affectivité, à l'angoisse, au stress et aux frustrations. Et puis un polar, Sorry de Zoran Drvenkar, un auteur croate qui vit en Allemagne. Avec ce thriller littéraire à la construction exceptionnelle et au style remarquable, l’auteur nous offre une intrigue complexe et captivante, aux rebondissements multiples, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Enfin je termine avec un livre, acheté à l’occasion des « Livres dans la Boucle » à Besançon, en septembre dernier. Je n’avais pas envie d’acheter le dernier livre de Dany Laferrière, docte académicien, et c’est en regardant un ancien numéro de la « Grande Librairie », que j’ai découvert ce roman graphique Autobiographie de Paris avec un chat. Un livre étrange fait de dessins, de textes écrits à la main, l’auteur explique qu’il sait écrire des romans, donc il a voulu faire quelque chose qu’il ne savait pas faire. Et pour le coup c’est réussi…. Autre coup de cœur, le dernier livre d’Olivier Adam, l’un de mes auteurs préférés, La tête sous l’eau, un ouvrage classé livre pour ado, mais que j’ai lu avec plaisir. L’histoire d’une ado qui disparaît, racontée par son frère, témoin d’une famille brisée par ce drame. C'est une plongée dans l'horreur de l'attente, du mystère, de l'incompréhension. Un thème finalement actuel, ancré dans cette société où des affaires de ce genre peuvent arriver à n'importe qui.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mercredi 28 novembre.

Bernadette

samedi 12 mai 2018

Compte-rendu du café littéraire #31

Nous n’étions que huit pour ce trente et unième café littéraire, mais les échanges fournis nous ont menés assez tard dans la soirée.

Yvonne, que nous avons retrouvée avec plaisir, nous a conseillé Le problème Spinoza d’Irvin Yalom. Le lecteur est invité à suivre en parallèle le parcours de Bento Spinoza, juif portugais chassé du Portugal par l'Inquisition avec nombre de ses semblables et réfugié à Amsterdam où régnait à cette époque (1656) une certaine tolérance à l'égard de tous les cultes, et celui d'Alfred Rosenberg, l'idéologue du parti nazi, viscéralement antisémite et grand inspirateur d'Hitler. Yvonne reconnaît avoir eu un peu de mal à rentrer dans le livre, mais au fil de la lecture elle l’a trouvé passionnant.

Elle nous a ensuite présenté le livre qu’elle a fini de traduire Judas d’Astrid Holleeder. Témoin à charge contre son frère Willem, accusé de meurtres, l’auteure signe un récit suffocant sur la violence et les faux semblants familiaux. La traduction s’est avérée difficile, car si le livre est bien passé aux Pays-Bas, pour la version française, il a fallu le rendre plus littéraire, l’auteure ayant jeté ce récit sur le papier, comme une urgence.  

Yvonne traduit aussi des livres pour enfants, c’est un travail très différent, mais qu’elle a beaucoup apprécié. Les deux premiers tomes de Rosie et Moussa de Mickael de Cock et Judith Vanistendael pour les illustrations, ont été traduits et paraissent chez Bayard. Comme le souligne Yvonne, c’est frais, avec de l’humour et de la poésie. Il a fallu supprimer de nombreuses répétitions par rapport à la version originale, car aux Pays-Bas, l’éducation est différente, on estime qu’il faut mettre moins de vocabulaire, mais plusieurs fois les mêmes mots pour que les enfants les intègrent. Malheureusement les deux tomes suivants ne paraîtront pas pour des raisons commerciales, ce qui risque de frustrer les enfants.

Christine avait apporté le livre de Lola Semonin, La Madeleine Proust, une vie - Quand j’étais petite (1925-1939). Elle trouve que le livre reflète bien la réalité de l’époque, c’est bien documenté, bien fouillé et ça lui rappelle ce que sa famille racontait de la vie d’alors. On sent au travers de cette belle écriture une grande tendresse pour le monde paysan. Sans mettre en doute la qualité de ce livre, certaines personnes présentes avouent être un peu saturées par le personnage de la Madeleine Proust… Ce qui a fait débat…

Edith, qui regarde régulièrement l’émission de la 5, la Grande Librairie, a été subjuguée par l’invité d’honneur Charles Juliet, un sage philosophe et modeste, comme elle le décrit. Il a écrit beaucoup de poèmes, des entretiens et des carnets de voyage, mais ce qui a intéressé Edith, c’est son autobiographie sur son enfance et son adolescence, L’année de l’éveil. Orphelin, il a été en familles d’accueil, mais ce qu’il évoque, ce sont les années passées à l'école militaire d'Aix en Provence en tant qu'enfant de troupe à la fin des années 40. Il y fera l’apprentissage de la discipline, de l’humiliation, mais aussi de l’amour.

Catherine nous a présenté le livre d’Olivier Norek, Entre deux mondes, un roman noir ayant pour fond la jungle de Calais et la crise des migrants. Ce livre, très proche de la réalité est le résultat de six mois d'enquête menée par Norek à Calais. Il donne avec ce livre une leçon à la fois de cruauté et d'humanité. C’est bouleversant, dur et sans concession. A lire pour découvrir un monde dont on entend beaucoup parler, sans vraiment en connaître les conditions.

Denis V. souhaite nous lire un passage du livre d’Albert Cohen Le livre de ma mère, écrit après la mort de cette dernière en 1954. L’auteur écrit ici une longue et dernière lettre à sa maman, rendant hommage à celle qui a fait preuve de tant d'abnégation et d'amour à son égard. Regardant par dessus son épaule, l'écrivain revient avec tendresse et un immense sentiment de culpabilité sur les moments passés avec sa mère, ...  

Denis souhaite également parler du livre qui a fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux Papiers Bavards, dans le cadre de l’opération « Mon libraire, mon univers ». Il s’agit d’un ouvrage de Violaine Bérot, Tombée des nues, qui traite d’un sujet rarement évoqué en littérature, le déni de grossesse. Ce livre original dont l’histoire se déroule sur quatre jours, peut se lire soit de façon chronologique, soit en suivant un personnage tout au long du livre, puisqu’on a le point de vue de tous les personnages.

Christiane a rebondi sur le livre de Denis pour nous parler du livre de Marthe et Philippe Delerm, Le miroir de ma mère, un livre à deux voix, dans lequel il évoque le livre d’Albert Cohen. Une mère qui, avec talent, livre les reflets d'une autre époque, et un fils qui, comme en miroir, rapproche les images lointaines. Philippe écrit à la suite de chaque tranche de vie de sa mère, s'étonnant, se rappelant, souriant aux anecdotes ou descriptions de la vie d'antan.

Pour ma part, j’ai eu un immense plaisir à lire le dernier livre de David Foenkinos, Vers la beauté. Je n’ai pas lu les premiers livres de l’auteur, mais depuis Charlotte, je suis une fan absolue. J’aime le style et les histoires sont toujours originales. Un professeur d'histoire de l'art, miné par un secret douloureux, plaque tout pour devenir gardien de musée à Orsay. Avec ce roman, c’est avant tout le primat de la beauté sur l’horreur, qui cherche à se faire entendre. Et c’est un pari très réussi…

Bernadette

 Le 32ème et dernier café littéraire de la saison se déroulera le mardi 12 juin à 20 h à la Louisiane

lundi 22 janvier 2018

Compte-rendu du café littéraire #28

Nous étions une douzaine, mardi 16 janvier pour le premier café littéraire de 2018. 

Edith a présenté le roman Cortex d'Ann Scott. Un attentat terroriste a lieu durant la cérémonie des Oscars à Los Angeles. C'est un livre qu'on lit facilement, avec beaucoup de références au cinéma.

Catherine nous a parlé d'un roman de Kent Haruf, Nos âme dans la nuit. Un homme et une femme de 75 ans se retrouvent la nuit pour parler. Et puis leurs enfants s'en mêlent par peur du qu'en dira t'on. Mais le temps des confidences est très émouvant.

Jean-Daniel rebondit sur la lecture de Catherine pour évoquer un roman dont nous avons déjà parlé dans ces pages : Les Yeux des chiens ont toujours soif... Là aussi des personnes d'un âge certain se retrouvent sur un banc pour parler de leurs vie...A relire, si le thème vous intéresse...

Jean Daniel nous parle ensuite de deux romans : un nouveau et une relecture. Le nouveau est aussi le coup de cœur de notre libraire, Sébastien : Les Hommes, de Richard Morgieve évoque les hommes des années soixante, entre Gabin et Lino Ventura, les hommes un peu gangsters, un peu machos, mais truands au grand cœur. La relecture est un classique : Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie. Durant la révolution culturelle, les intellectuels chinois sont envoyés dans les mines ou dans les champs. C'est là que le héros rencontre la petite tailleuse chinoise...

Jean Daniel profite de son tour de parole pour nous rappeler que le Gala de Solidarité, au profit de plusieurs associations audincourtoises aura lieu le vendredi 26 au Foyer Gandhi à 20h30. Notez la date dans votre agenda ! C'est l'orchestre Takajouer et la compagnie Burlesque qui ravira nos yeux et nos oreilles ! 

Fabienne nous présente plusieurs livres : pour le plaisir des yeux, déjà, le livre de photos de la National Geographic, Magie de l'instant. Et puis le roman de David Lelait, Poussière d'homme, le récit poignant d'un couple d'homme dont l'un meurt. C'est le récit d'un deuil puissant et poétique, la narration du périple jusqu'en Bretagne pour disperser les cendres, très bien écrite et très belle...

Dans un autre genre, Jean-Louis nous parle de 59 secondes pour prendre les bonnes décisions de Richard Wiseman. C'est un livre de développement personnel qui s'appuie sur des idées reçues pour les tester et pour mieux présenter les techniques de visualisation positive, par exemple...

Anne-Marie nous a présenté un livre apaisant, rafraîchissant : La Splendeur de la vie, de Mickaël Kumpfmüller. C'est le récit du dernier amour de Kafka, que la tuberculose est entrain d'emporter. Malgré quelques longueurs, c'est une lecture reposante, d'une pureté remarquable.

Anne-Marie avait lu aussi Les Gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugard. C'est l'histoire d'un deuil, d'un départ en Irlande pour oublier le tragique accident qui emporta toute la famille de la narratrice. Souffrance tragique, mais là aussi très beau roman.

Denis nous a présenté un livre disque : il s'agit de l'enregistrement et des textes lus par Guillaume Gallienne pour l'émission Ça peut pas faire de mal, sur France Inter. Il nous a lu, pour notre plus grand plaisir, un extrait du Lion de Joseph Kessel...mais il aurait bien pu choisir aussi une page d'Alice au pays des merveilles !

Guy avait lu un livre d'Eric Emmanuel Schmitt : La Rêveuse d'Ostende. Guy a découvert cet auteur grâce à Odette Toutlemonde...Ou plutôt grâce à Catherine Frot, dont il est un fan inconditionnel. La Rêveuse d'Ostende, c'est un recueil de 5 nouvelles qui racontent des choses simples mais qui nous emmènent...Bref, Schmitt est un manipulateur exceptionnel !

En ce moment, je n'ai pas beaucoup de temps pour lire des livres pour adultes ! Je suis entrain de lire toute la sélection du prix des Incorruptibles, un jury littéraire auquel mes élèves de 6e participent. Je vous conseille vivement ces petits romans très sympas : La vraie recette de l'amour, Le Goût sucré de la peur, Ma Folle semaine avec Tess, Cours !, Le 14e poisson rouge et Frères d'exil.

Christiane nous a présenté Le Peintre d'éventail du tunisien Hubert Haddad. C'est un roman très poétique, très contemplatif. Et un livre qui permet d'apprendre du vocabulaire ! Et puis deux livres mettant en lumière des femmes méconnues : une biographie d'Eve Curie et un recueil de portraits d'un collectif féministe, le collectif Georgette Sand : Ni vues, ni connues.

Anne, que nous étions ravis de retrouver, nous a présenté une véritable œuvre d'art, un livre découpé magnifique : Le petit théâtre de Rebecca, de Rebecca Dautremer. Elle a découvert ce petit chef d’œuvre à la librairie Le Mokiroule, en Ardèche.

Elle nous a présenté aussi Le Grand Méchant Renard, de Benjamin Renner, une bande dessinée hilarante dont les traits peuvent faire penser à Reiser. Ce renard un peu crétin se met en tête de couver des oeufs...Original !

La date du prochain café littéraire : 
Mercredi 28 février 2018, 20h à la Louisiane

et 

La date de notre Assemblée Générale : 
Mercredi 7 février 2018 à 18h Salle 2 du Centre Renée Lods

Enfin, nous avons tous des pensées chaleureuses pour notre amie Bernadette...Nous lui souhaitons un bon rétablissement et nous espérons la revoir rapidement aux cafés littéraires.

Céline DURUPTHY










mercredi 3 mai 2017

Compte-rendu du café littéraire #22

Nous étions une quinzaine de lecteurs pour ce 22ème café littéraire qui s’est tenu à la Louisiane.

Après un tour de table pour se présenter car certains venaient pour la première fois, c’est Yvonne qui a pris la parole pour nous parler d’un livre de Blandine Le Callet, La ballade de Lila K, livre qu’elle n’a pas pu lâcher. Elle n’aime pas spécialement la science-fiction et pourtant elle a adoré ce roman. La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité. Dans ce roman, on navigue entre deux mondes, un monde aseptisé et le monde d’avant (c'est-à-dire celui d’aujourd’hui).

Yvonne nous a brièvement parlé des romans qu’elle a traduits du néerlandais (sa langue maternelle) au français. Elle vient de terminer la traduction du roman Le combat de l’ombre après Un papillon dans la tempête deux polars de Walter Lucius.

 Edith, fan inconditionnelle de Philippe Besson nous a présenté son dernier livre Arrête avec tes mensonges, Barbezieux, 1984. Le lycée charentais, les adolescents en jean ajusté, la terminale C et, l'année prochaine, l'espoir de poursuivre des études à Bordeaux pour échapper à cette ville « vouée à disparaître ». Philippe a 17 ans et ne se doute pas encore qu'il deviendra écrivain. En revanche, il sait depuis l'âge de 11 ans qu'il préfère les garçons. Cet hiver-là, il tombe amoureux de Thomas. Une passion réciproque, un amour impossible mais inoubliable. C’est un livre plein de sensibilité et de souffrances qui a touché Edith. Deux époques différentes s’y côtoient, les années 80 et aujourd’hui.

 Catherine a lu deux livres qui lui ont plu, surtout parce qu’ils se passent en Franche-Comté et rappellent des endroits connus, comme la résurgence du Doubs. Le premier L’origine du crime de Sébastien Lepetit est un polar tournant autour du tableau de Courbet « L’origine du monde ». Une toile de Gustave Courbet volée dans un musée, un peintre qui meurt avant même d'être interrogé par la police, un trafic de faux tableaux, une veuve troublante à bien des égards... Mensonges et faux-semblants, ce n'est plus une enquête, c'est un casse-tête ! C’est là que le Commissaire Morteau entre en action, Morteau comme par hasard !

Le second est le livre d’Isabelle Bruhl-Bastien, Résurgence, l'histoire du destin croisé de deux femmes, Mathilde et Aurore. Cette dernière mène une double enquête en suivant son intuition et en écoutant son cœur fraîchement greffé. Elle revient ainsi sur l'histoire de Mathilde rencontrée dans une librairie quelques mois plus tôt. Aux prises avec de vieux démons enfouis, elle se retrouve dans un tourbillon d'intrigues qui la mènent de Lyon à Belfort, en passant par Nancy, puis Saint-Pétersbourg.

 Véro a été touchée par le livre de Philippe Torreton, Mémé, dans lequel il dresse le portrait amoureusement ciselé de sa grand-mère, Denise, femme de peu de biens mais de beaucoup de cœur. Ecrit sept années durant, le pouce sur l'iPhone, dans les trains, les avions, Mémé dessine à petites touches l'univers modeste de Denise Porte, la « Mémé Alain » de Triqueville, décédée en 2005. Un livre qui réveille des souvenirs en chacun de nous et qui ne peut laisser indifférent, c’est très bien écrit, ce qui ne gâche rien.

 Jean-Daniel montre le début du petit guide d’Audincourt préconisé par Robert, qui en a fait un prototype en écrivant les deux premiers chapitres. Robert rebondit sur cette présentation pour réaffirmer son projet.

Denis V. est volontaire pour s’attaquer à un autre chapitre. Avis aux amateurs…

 Pour ma part, j’ai apporté deux petits livres très drôles que l’on m’a prêtés. Le premier est de Thierry Maugenest et s’intitule Les rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, un petit livre désopilant, irrévérencieux, farfelu et littéraire à souhait. S'adressant précisément aux passionnés des belles-lettres et à tous ceux que l'écriture démange, Les rillettes de Proust se font fort de leur délivrer moult conseils avisés afin d'obtenir le label tant convoité de "grantécrivain". Résultat : cinquante "fiches-conseils" pour apprendre à taquiner la Muse, en trouvant aussi bien le "mot juste" qu'en évitant pléonasmes et adverbes inutiles.

 Le second Cher auteur… de mes jours infortunés est de Jacques Géraud. Vingt-quatre personnages, très divers et pour la plupart très connus, douze de chaque sexe, de Julien Sorel à Meursault, de Phèdre à Zazie, de Molloy à Jean Valjean, de la Blanche-Neige du conte au Corbeau de la fable, prennent tour à tour la plume pour dire à leur auteur, familièrement tutoyé, tout le mal qu’ils pensent de leur rôle, leur état, leur emploi, leur destin ! On sourit et on compatit à la lecture de ces missives essentielles à la compréhension de la littérature selon saint Lagarde et Michard. Et vous suivrez les vingt-quatre personnages sur le chemin où ils jouent à s’inventer une deuxième vie. De plus ces opuscules sont joliment confectionnés "à l'ancienne", en papier velin dont les pages ne sont pas massicotées.

 Denis V. a apporté une nouvelle revue trimestrielle qui s’appelle America, revue consacrée à l'Amérique des années Trump vue par les écrivains. Si America ne veut exister que pendant les années de l'administration Trump, la revue ne se présente pas cependant comme une revue d'actualité politique. Clairement, elle proposera des reportages, des enquêtes, des grands entretiens et des chroniques, le tout "signé par les meilleurs écrivains français et américains", indique François Busnel dans son éditorial. America salue dans son premier numéro Sinclair Lewis, Bret Easton Ellis et Philip Roth, trois auteurs américains qui "nous avaient bien dit" dans leurs récits qu'un président comme Donald Trump serait élu.

 Françoise dont c’était le premier café littéraire, nous parle avec enthousiasme du livre de Guillaume Gallienne et Laura El Maki Un été avec Victor Hugo, passer un été avec Victor Hugo ce n'est pas seulement se reposer à l'ombre d'un géant mais aussi voyager en sa compagnie, aimer jusqu'à l'épuisement et partager son sens de l'humour loin de l'image scolaire. Ce livre présente l’auteur sous toutes ses facettes, et Françoise nous dit que dès qu’on l’a posé, on a envie de se replonger dans les œuvres de ce grand auteur.

 Denis F, de retour parmi nous après une longue absence, ne résiste pas au plaisir de nous lire un passage du livre Les rillettes de Proust, qu’il était en train de feuilleter. Il s’agit d’un passage de « Roméo et Juliette », traduit par un ordinateur. C’est là qu’on mesure toute l’importance du traducteur, et du travail effectué par notre amie Yvonne. Sinon il a lu ou relu Cesare Pavese, le 27 août 1950, dans une chambre de l'hôtel Roma, à Turin, Cesare Pavese se tuait en absorbant une vingtaine de cachets de somnifère. Sur ce suicide, il n'y a pas de meilleure explication que le journal intime découvert après sa mort Le métier de vivre. Denis trouve que ce livre n’a pas pris une ride et qu’il est très actuel. Il nous parle encore d’un livre plus philosophique Liens qui lient, liens qui tuent de Jean-Claude Maes, un livre sur l’emprise et ses dérives. L’ouvrage, sérieusement documenté et dénué de bavardages inutiles ou ennuyeux, apporte une multitude d’informations. Sa réflexion stimule par la confrontation dynamique des nombreux modèles qui s’y trouvent convoqués. Ici, les psychanalystes de tous bords croisent, les thérapeutes de famille de tous poils, dans un compagnonnage fait d’anthropologues, de linguistes, de sémioticiens et de philosophes. Un livre qui donne envie d’explorer une problématique qui par sa nature même pourrait parfois nous inviter à s’en détourner. 

Noëlle qui aime les livres qui font du bien (comme on la comprend !) a lu Debout les vieux d’Ondine Khayat. Léonce a beau avoir 72 ans, être mise à la retraite du jour au lendemain lui reste en travers la gorge. Et puis que va-t-elle faire de ses journées, de sa solitude, des souvenirs – douloureux – qui remontent à la surface ? Soudain, elle se sent vieille, et inutile... ce qui n'arrange en rien son mauvais caractère. Qu'à cela ne tienne, ses voisins de la Résidence des Mouettes décident de la sortir de ce début de dépression… C’est drôle, mais aussi émouvant. Elle a également beaucoup aimé Les yeux des chiens ont toujours soif de Georges Bonnet. L’auteur nous relate la rencontre d'Émile et Louise, septuagénaires jusqu'alors solitaires et confinés entre appartement, jardin public et cimetière, mais finalement sujets aux plus intenses débordements du cœur. Ces êtres - auxquels il ne doit, en principe, plus rien arriver - sont vulnérables à l'amour, à ses joies comme à ses peines, quand même il ne leur viendrait pas à l'esprit de nommer le sentiment qui les traverse et les rend à la vie. Des livres qui remontent le moral !

Enfin Céline a clôturé la séance avec Comment ne pas tuer une araignée d’Alex Epstein. Les énigmatiques histoires d’Alex Epstein sont de petits poèmes en prose, parfois d’une seule ligne, souvent de moins d’une page. 87 fictions ironiques et philosophiques à la fois, qui peuvent se lire d’un trait ou bien se savourer à petites gorgées. Drôles de paraboles mêlant fréquemment l’histoire à l’imaginaire, elles explorent des thèmes liés aux anges, au mysticisme, à la mythologie, aux livres, à différents voyages, à la géographie, aux animaux mystérieux… Leur brièveté, qui a pour effet d’obliger le lecteur à concentrer son attention, lui fait aussi prendre conscience de tout ce qui peut être dit en si peu d’espace.

 Le prochain café littéraire aura lieu le mardi 9 mai

mardi 20 septembre 2016

Café littéraire #18

Vous avez lu des choses intéressantes, cet été ?
C'est la rentrée !

Le prochain café littéraire aura lieu à la Louisiane, le 28 septembre, à 20h !
A bientôt,
Céline DURUPTHY


lundi 13 juin 2016

Compte-rendu du café littéraire #17

Pour ce dernier café littéraire de la saison, nous n’étions qu’une dizaine, certains adhérents étant retenus par d’autres obligations, nombreuses en ce mois de juin. 


Denis V. a commencé en nous présentant « Le bouquin de l’humour » de Jean-Loup Chiflet. Autant de domaines où se sont exprimés la verve satirique, le goût et le sens de l'absurde de Tristan Bernard, Sacha Guitry, Jules Renard, Roland Dubillard ou Raymond Devos. Mais c'est dans le monde anglo-saxon, avec George Bernard Shaw, Jerome K. Jerome, les Marx Brothers ou Winston Churchill que l'humour s'est imposé, de façon naturelle et éclatante, comme un mode de pensée à part entière. Denis nous a lu un passage de Charles Cros.

Puis ce fut au tour de Denis F de nous lire un extrait et de nous parler de son coup de cœur pour « Le grand marin » de Catherine Poulain. Ce livre raconte l’histoire de Lili, une jeune française qui plaque tout pour aller au bout du monde et qui se retrouve sur un bateau de pêche à sortir et à éviscérer des morues sur un océan déchaîné au large de l'Alaska, dans un milieu masculin très dur. Une belle écriture, au service d’un roman autobiographique. A lire absolument !

Fabienne a aimé le roman « Profanes » de Jeanne Benameur. Un homme de 90 ans, Octave Lassalle, ancien chirurgien renommé, regroupe autour de lui quatre personnes qu’il a sélectionné avec soin. Quatre personnes qui vont se succéder dans la grande maison du chirurgien, chacune se voyant attribuer une tranche horaire précise, en même temps qu’une chambre et la possibilité de venir à sa guise, le chirurgien leur ayant donné à tous une clef. Peu à peu, on découvre les personnages, leurs failles, leurs histoires. Le style est magnifique, le sujet singulier mais admirablement traité, et il y a tant de poésie qui traverse ce texte qu’on est touché à chacune des pages que l’on tourne.

Notre artiste Guy, nous a présenté deux livres. L’un a satisfait son âme d’éternel enfant, il s’agit de « L’arbre qui donna le bois dont on fit Pinocchio ». Dans ce conte plein de fantaisie et de tendresse, Jean-Marie Gourio revisite avec bonheur « Les Aventures de Pinocchio », classique de la littérature italienne. Construit comme un roman épistolaire, ce récit à l'univers délicieusement poétique nous réconcilie avec le rêve, le merveilleux et le monde de l'enfance. Et puis « Dans les prairies étoilées » de Marie-Sabine Roger, un livre, dans lequel selon ses dires, Guy a barboté dans la béatitude comme un pruneau dans l’Armagnac. L’auteur s’amuse allègrement à jongler entre deux mondes, celui de la réalité et de la BD, et donne naissance comme toujours à une tribu de personnages tout en couleurs. Ce livre a donné à Guy l’envie d’observer et de croquer sur le papier des scènes de la vie quotidienne.

Christiane nous a également présenté deux livres, « Une saison aux Comores » de Nassuf Djailani, un Comorien qui était venu à Audincourt dans le cadre de la semaine des littératures étrangères. Un recueil de nouvelles, défini par l'auteur comme un témoignage contre l'oubli et contre l'amnésie qui ronge les mémoires des peuples dominés. Elle a également lu « La place » d’Annie Ernaux, paru en 1983. Un roman autobiographique, sans concession, sur son père et le milieu modeste dont elle est issue.

Enfin Bernadette nous a parlé de la biographie du photographe d’origine hongroise BrassaÏ, écrite par Serge Sanchez. Comme avec Hemingway dans « Paris est une fête », elle s’est laissé embarquer dans ce Paris qu’elle aime tant, à une époque où l’on côtoie tous les grands écrivains, peintres, sculpteurs, photographes. L’alcool coule à flot, même si l’argent fait souvent défaut. On y fréquente tous les lieux mythiques de Saint-Germain-des-Prés. Une époque bénie pour les arts.

 Nous nous retrouverons le mercredi 28 septembre 2016 pour le premier café littéraire de la saison.

Bernadette VERY

mercredi 11 novembre 2015

Café littéraire #13

Bonjour à tous,
Nous nous retrouverons pour le prochain café littéraire
Le 17 novembre 2015 à 20h00
à la Louisiane, à Audincourt.

Vous aimez lire et vous voulez nous parler de votre dernier coup de cœur ? Votre dernier roman vous est tombé des mains ? Venez nous raconter !



lundi 19 octobre 2015

Compte-rendu : café littéraire #12


Le 30 septembre dernier, s'est tenu notre 12ème café littéraire, réunissant une quinzaine de passionnés.

A vos agendas ! Denis, le président de l'association Les Amis des Livres, nous a d'abord fait passer quelques messages :

- Une rencontre avec un auteur de jeunesse à découvrir : Grégoire Kocjan, le 24 octobre à 20h à la librairie des Papiers Bavards.

- Une rencontre avec une auteure éditée par notre ami Alain Poncet aux éditions de La Clé à molette : Frédérique Germanaux, le 19 novembre à 20h aux Papiers Bavards.

- L'Assemblée Générale de l'association, le 25 novembre à 19h30 en salle 6 de l'ancienne mairie à Audincourt.

- Notre prochain café littéraire, le 17 novembre à 20h00 à la Louisiane.

Nous avons pu, ensuite, passer à la présentation de nos dernières lectures :

- Edith s'est plongée dans l'univers très sombre de Camilia Läckberg et nous a présenté La Sirène, un thriller prenant, facile à lire, nous transportant dans un univers magique, notamment grâce aux sonorités des noms suédois...

- Marie-Laure, qui nous a fait un bel article dans l'Est républicain, nous a parlé d'un livre au titre prometteur : Ma Belle-mère Russe et autres catastrophes, d'Alexandra Froelich, qui raconte avec humour la rencontre de l'héroïne, d'origine allemande, avec un Russe, qu'elle épouse après une rupture difficile et la perte de son travail. Elle épouse en fait toute sa famille, et va constater tout le contraste qu'il existe entre la rigueur germanique et le tempérament slave.

- Claire avait lu le dernier Christine Angot, Un Amour impossible. Un amour impossible entre elle et ses parents, notamment elle et son père coupable d'inceste, ce qu'elle révéla dans un précédent ouvrage...Il s'agit d'un récit autobiographique, ou plutôt d'une analyse personnelle au style froid, à l'écriture factuelle. Claire se demande si l'on peut vraiment considérer cela comme de la littérature, si le mot "roman" inscrit sur la couverture n'est pas une tromperie.

- Alain nous a présenté une réédition de La Clé à molette, sa maison d'édition : La Route inconnue d'André Dhôtel. Cet auteur, connu notamment pour Le Pays où l'on arrive jamais, qui obtint le Prix Fémina en 1955, aime mêler le merveilleux au réel, aime décrire ces petites choses poétiques que nous offre la nature : la rosée sur les feuilles, le premier rayon de soleil, la fugacité d'un regard croisé. C'est justement sur tout ce qui est éphémère et fragile que se fonde ce roman à découvrir, à la librairie des Papiers Bavards.

- Bartholomé, qui venait pour la première fois à nos rencontres, nous a présenté un classique de la littérature critique et psychanalytique : Les Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estés. Il s'agit d'une analyse des contes de fées, en s'intéressant notamment aux personnages féminins, et à leur nature sauvage. Passionnant et résolument féministe.

- Marie-France nous a avoué son coup de cœur pour toute l’œuvre d'Eric-Emmanuel Schmit. Elle nous a parlé, notamment, de Concerto à la mémoire d'un ange, une série de nouvelles passionnantes. Elle nous a aussi présenté un livre de méditation, Fragments de sagesse dans un monde de fou, de Marc de Smedt. Ce sont des réflexions sur notre monde et sur la manière d'y vivre...sagement.

- Bernadette nous a présenté un livre que beaucoup ont lu et aimé : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Un roman épistolaire d'Annie Barrows et Mary Ann Shaffer, délicieux, drôle qui raconte l'aventure de ce cercle littéraire créé pour lutter contre l'occupation.

- Denis F. nous a parlé de Frédérique Germanaud, pour nous conseiller de lire un de ses livres avant notre rencontre le 19 novembre. Vianet. La Lettre ou Quatre-vingt-dix motifs, par exemple, qu'on trouve à la librairie des Papiers Bavards, édités par La Clé à Molette. Deux récits s'éclairant l'un l'autre, deux récits fragmentaires laissant libre-court à l'interprétation personnelle, mais laissant une part de mystère et de poésie très forte. A découvrir !

- Sylvain, un nouveau parmi nous, nous a lu quelques extraits d'une littérature turque très célèbre dans tous les pays arabophones : Sublimes paroles et idioties de Nasr Edin Hodja. Issues de la culture populaire orale, les petites histoires arrivant à ce faux naïf de Nasr Edin sont souvent source de réflexion mêlant bon sens et philosophie, toujours avec humour.

- Denis V. avait lu une BD de Cédric Villani et Baudoin : Les Rêveurs Lunaires. Plus qu'une bande dessinée, c'est un véritable documentaire sur la seconde guerre mondiale, à travers la vie de trois personnages ayant changé le cours de l'Histoire...Il nous a parlé aussi d'un livre d'Isabelle Monnin et Alex Beaupain : une œuvre OVNI, entre photos, texte et musique. A partir de photos de famille trouvées sur internet, Isabelle Monnin a écrit une histoire imaginaire puis est partie à la recherche de la vérité. Alex Beaupain a composé des chansons faisant écho...

- Yvonne nous a parlé d'un auteur local qui sera bientôt publié chez Hachette : Mickaël Uras, qui a écrit Nos Souvenirs flottent dans une mare poisseuse. Derrière ce titre énigmatique, la narration d'un jeune homme qui devient père, avec beaucoup d'humour. Et aussi une sensation qui a accroché l'attention d'Yvonne, celle de l'étranger qui vient "manger le pain des français"...Encore une œuvre à découvrir !

- Enfin, je vous ai parlé d'un roman star de cette rentrée littéraire : le dernier Jim Harrison, Péchés Capitaux. Un inspecteur de police à la retraite s'installe dans un coin perdu du Michigan pour pêcher et, loin de la tranquillité qu'il recherchait, découvre une famille de fous qui s'entretuent, les Ames. Tout ce qu'il faut d'aventure, de violence, de sexe pour accrocher à la lecture, mais aussi et surtout, des réflexions sur la vie, sur les péchés, sur l'Histoire, sur la violence...dans une écriture magnifique.
Et puis j'ai évoqué une lecture d'été, un de ces livres qu'on ne lâche qu'après le point final, mais je n'en dis pas plus, beaucoup l'ont déjà lu : La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, de Joël Dicker.

Céline DURUPTHY

mardi 5 mai 2015

Café littéraire #10

Bonjour à tous,

Mardi 12 mai, ce sera déjà notre dixième café littéraire !



Retrouvons-nous autour de votre livre coup de coeur du moment ou de votre dernière déception littéraire, autour d'un café, pour un moment d'échange convivial !

A très bientôt,

Céline DURUPTHY

mardi 24 mars 2015

Café littéraire #9

Bonjour à tous, 


Nous sommes heureux de nous retrouver pour notre 9ème café littéraire. 

Veuillez noter la date et l'heure de notre prochaine rencontre : 

Mardi 24 mars à 20h15 
à la Louisiane à Audincourt.




Bien cordialement, 
Céline DURUPTHY

jeudi 19 février 2015

Compte-rendu du café littéraire #8

Nous étions très heureux de nous retrouver après une longue interruption : tout le monde avait lu des livres passionnants  !

C'est donc sous la direction de Denis#1, nouveau président, de Denis#2, nouveau trésorier et de Bernadette, nouvelle secrétaire, que notre café littéraire a commencé.

- Edith nous a présenté Le Code Rebecca, de Ken Follett, et elle qui n'aimait pas les thrillers est tombée sous le charme de cet auteur. L'histoire se passe en Egypte, en 1942, entre un espion allemand et un espion anglais. Les descriptions sont belles, l'intrigue est bien ficelée, il y a une touche d'érotisme, beaucoup de suspens et une écriture cinématographique...

- Yvonne avait lu Un Aller simple de Didier Van Cauwelaert, qui remporta le prix Goncourt en 1994. Ce livre est un petit bijou qui mêle humour et tragique. C'est l'histoire d'un garçon qui a été adopté par des Rroms. Trouvé dans une Ami 6, on l'appelle d'abord ainsi, puis petit à petit le nom devient Aziz. Quand il partira à la recherche de son identité, ce prénom arabe le conduira dans un périple fou...

- Anna avait apporté une BD japonaise, c'est à dire un manga, mais bien différent de l'idée que l'on peut s'en faire : Le Promeneur, de Jirô Taniguchi suit le cheminement d'un promeneur dans sa ville et dans ses pensées intérieures. Le graphisme, noir et blanc, est sobre et beau, minimaliste, et permet de s'identifier au personnage...

- Jean-Daniel nous a lu quelques beaux extraits des nouvelles d'André Vers, issues du recueil intitulé Ils étaient chouettes, tes poissons rouges. Il s'agit de nouvelles à chute, toutes plus surprenantes les unes que les autres. L'une d'entre elles raconte le bombardement d'une ville...mais si j'en écris plus, j'en écrirais trop !

- Denis#1 a apporté un livre qu'il n'a pas encore lu. Mais c'est aussi un de ces plaisirs minuscules de la vie que de prendre un livre, d'en lire la 4e de couverture et d'avoir envie de le découvrir ! Il s'agit de Dix-sept ans, de Colombe Schneck. L'auteur y raconte son avortement... Suite au prochain café littéraire ?

- Bernadette était très heureuse d'avoir pu faire dédicacer aux Mots Doubs son exemplaire de Charlotte, le dernier roman de David Foenkinos. C'est un livre à l'écriture lapidaire qui relate la vie de Charlotte, une artiste peintre juive de 26 ans morte en camp de concentration. Un livre coup de poing...

- Denis#2 avait prévu de nous lire quelques poèmes issus du recueil Il pleut des poèmes. C'est une "Anthologie de poèmes minuscules", d'haïkus...Un moment de poésie dans ce monde de brute, magnifiquement illustré par Zaü.

- J'ai présenté l'autobiographie de l'anglaise Jeanette Winterson qui porte le long titre suivant : Pourquoi être heureux quand on peut être normal. C'est l'histoire d'une adoption, d'une relation mère-fille et surtout d'une mère truculente, envahissante, égoïste, obsédée par l'Ancien Testament...Et c'est aussi l'histoire d'une fille qui s'est construite grâce à la littérature et qui décida, beaucoup plus tard, de partir à la recherche de sa véritable mère...Passionnant.

- Alain a apporté un livre de "strips", ces petites BD de trois cases qui racontent une histoire amusante ou franchement hilarante avec peu de moyens, mais beaucoup d'esprit : Vous êtes tous jaloux de mon jet pack, de Tom Gauld, aux édition 2024.



- Cédric, qui venait pour la première fois, n'avait pas prévu de livre, mais a eu envie de nous parler des Noces Barbares de Yann Queffélec, autre prix Goncourt, (1985) qui est un livre terrible, mais coup de coeur vers lequel on revient, un livre qu'on offre et qu'on relit...

Marie-Laure était là et n'avait pas apporté de livres, cette fois-ci.

Il y avait aussi Dominique, qui venait pour la première fois et qui nous a écouté attentivement. Nous espérons qu'elle reviendra à la Louisiane où nous sommes toujours choyés par Nanou.

Nous avons aussi évoqué quelques projet à venir : Jean-Daniel a évoqué un livre qui est en préparation sur la mémoire du quartier Courbet. C'est Noëlle Grimme qui s'en occupe avec une personne du centre social Escapade. L'association sera ravie d'aider ce beau projet, dans la mesure de ses moyens.

Denis#1, notre nouveau président, a le projet d'inviter des auteurs régionaux...A suivre...

Enfin, Denis#2 propose d'aller faire des lectures à la maison de retraite. Des volontaires ?

La date du prochain café littéraire est fixée : ce sera le 24 mars à 20h15.

A très bientôt,
Céline DURUPTHY

mercredi 11 février 2015

Café littéraire #8

Bonjour à tous, 

Après une très longue pause, les cafés littéraires reprennent enfin. Nous avons tenu notre assemblée générale ce mercredi soir et nous aurons donc beaucoup de nouvelles à vous transmettre, notamment un changement de bureau. Le compte-rendu arrivera très bientôt. 

En attendant, veuillez noter la date et l'heure de notre prochaine rencontre : 

Mercredi 18 février à 20h15 
à la Louisiane à Audincourt.

Bien cordialement, 
Céline DURUPTHY

mercredi 25 juin 2014

Compte-rendu du Café littéraire #7

On peut aimer lire et apprécier le foot ! C'est pourquoi notre 7e café littéraire fut un peu plus court que d'habitude. Malgré cela, nous avons fait plein de découvertes. Voilà quelques envies de lecture pour l'été :

- Denis (le premier), nous a présenté le livre de la journaliste Dominique Simonot, Plus noir dans la nuit, qui raconte la grande grève des mineurs de 1948. En prenant appui sur des interviews et des comptes-rendus de justice, l'auteur met en lumière cet épisode oublié de la lutte sociale.

- Fabienne nous a lu quelques extraits très profonds du roman Sur l'épaule de la nuit. C'est l'histoire d'une passion de 48 h qui marqua toute une vie : une centenaire nous raconte comment un épisode de deux jours a rempli sa vie de bonheur...Un roman de David Lelait-Helo.

- Anna nous a parlé de plein de livres ! Pour commencer, un recueil de nouvelles qu'elle ne nous recommande pas ! S'abandonner à vivre de Philippe Tesson : ennuyeux ! Ensuite, un classique : une nouvelle de 12 pages à lire absolument : Matin Brun de Franck Pavloff. Un texte marquant qui pointe nos petites lâchetés qui engendrent de grands maux. Pour rire, cet été, elle nous conseille La Femme qui décida de passer une année au lit de Sue Townsend. Enfin, elle nous conseille vivement le dernier Prix du livre Inter : Faillir d'être flingué, de Céline Minard, une sorte de western déjanté.

- Renaud est venu avec un livre de Marie-Christine Guérin, Des Violons pour Monsieur Ingres. L'auteur y retrace la vie de son mari, mort subitement d'un infarctus. Sans pathos, elle évoque cet homme plein de vie, alpiniste, éditeur...Dans les décors des Alpes...Il a lu aussi La Petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon, ce roman largement inspiré de la vie de Nadia Comaneci, dont on a déjà parlé ici.

- Sylvie a lu Wild de Cheryl Strayed. Une femme, sur un coup de tête, part pour une longue marche de 1700 km, sur les chemins de crête de la côte du Pacifique. Un parcours salutaire dont elle reviendra transformée. C'est aussi un livre qui évoque les paysages magnifiques du sud-ouest des Etats-Unis.

- Edith nous a parlé d'un livre que Bernadette nous avait présenté il y a quelques temps : Kinderzimmer, de Valentine Goby. Ce livre décrit l'horreur des camps à travers l'histoire d'une femme enceinte qui accoucha d'un petit James dans les conditions épouvantable qu'on imagine. Il est étonnant qu'une jeune femme de 40 ans puisse décrire cela avec autant de vérité et de détails...

- Aurélie nous a présenté un auteur "coup de coeur" : Philippe Jaenada. Elle n'a pas pu nous présenter ses romans préférés, ce soir : à chaque fois qu'elle prête ces livres, elle ne les revoit plus ! Elle nous a lu quelques extraits de La Grande à bouche molle, roman fou et tortueux qui nous emmène dans un univers bien à lui.

- Chantal a choisi un roman d'Arto Paasilinna, Les Mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen. Cet ange gardien, après avoir suivi un séminaire d'anges gardiens, doit prendre soin d'Aaro qui n'en fait qu'à sa tête. Une autre histoire d'ange, mais moins drôle, dans ce roman de Yasmina Khadra, Les Anges meurent de nos blessures, qui raconte le destin d'un boxeur amoureux des femmes...

- Bernadette nous a présenté un livre étonnant, fait de petits textes savoureux : 300 textes pour solde de tout compte, de Jacques Sternberg. On ne le trouve plus que d'occasion : vite !

- Denis, le second, nous a parlé d'un livre tout simple, qui décrit la vie d'un couple de citadins qui s'installe dans le "trou du cul" de la Belgique, un petit village de 80 habitants. Ici, de Christine Van Acker.

- Je vous ai présenté un livre que je suis entrain de lire : L'Autre de Sylvie Le Bihan. C'est le destin croisé de deux femmes ayant vécu l'enfer au sein de leur couple : la violence physique pour l'une et la violence psychologique d'un pervers narcissique pour l'autre. Elles se retrouvent au milieu de la foule éplorée de la commémoration des attentats du 11 septembre...Poignant.

Nous n'avons pas fixé la date de notre prochaine rencontre...Mais ce sera en septembre. Bon été à tous !

Céline DURUPTHY


jeudi 19 juin 2014

Café littéraire #7

Bonjour à tous,

Le prochain café littéraire se tiendra comme prévu le 25 juin, à la Louisiane, à 20h30 !


Il suffit d'apporter un livre, d'en lire quelques pages ou d'en parler, simplement. (Vous pouvez en avoir un autre sous le coude, si nous nous ne sommes pas trop nombreux, nous aurons le temps d'en parler !) 

Vous pouvez même ne venir que pour écouter...

C'est un moment de partage tout en simplicité !

Céline DURUPTHY

jeudi 8 mai 2014

Compte-rendu du Café littéraire #6


Nous étions une dizaine, mardi soir, pour notre 6ème Café littéraire.

Durant ce moment très convivial, après la dégustation de divers thés et tisanes servis avec la gentillesse habituelle de Nanou, nous avons découvert de nombreux livres :

-Edith nous a parlé de son coup de coeur pour Philippe Besson : elle a lu tous ses livres, après qu'on lui en avait offert un, dévoré en une nuit. Elle a choisi de nous parler d'Un instant d'abandon. L'histoire se passe dans les Cornouailles. Un homme sort de prison et retrouve l'univers austère du village de pêcheurs. Avec une écriture très sensible, Besson dissèque, en se mettant dans la peau de son personnage, les liens amoureux, familiaux et sociaux de cette société où les sentiments s'expriment avec rudesse.

- Yvonne, qui nous avait présenté le thriller très noir qu'elle venait de traduire, lors de notre dernière rencontre, a décidé de nous parler d'un livre plus léger. Elle a visité, il y a quelques temps, une très belle exposition du dessinateur Sempé. Comment ne pas être séduit par la délicatesse de la plume et la finesse d'esprit de l'humour du célèbre artiste ? Elle nous conseille donc Insondables mystères...Mais aussi tous les autres !

- Bernadette, elle aussi, voulait nous présenter quelque chose de léger, de printanier ! C'est donc un roman d'amour de Paola Calvetti, L'Amour est à la lettre A. C'est la promesse d'un bon moment de lecture, avec notamment de belles réflexions autour des livres et du plaisir de lire, avec un personnage qui décide d'ouvrir une librairie exclusivement consacrée aux romans d'amour.

- Chantal a piqué notre curiosité avec un livre de Jacques Ravenne : Les sept vies du marquis. L'auteur, qui documente toujours beaucoup ses écrits revient sur des aspects moins connus de la vie du Marquis de Sade, sur les deux femmes de sa vie, sur sa carrière politique durant la Révolution, sur le libertinage, bien sûr, mais l'ouvrage en fait un personnage de chair et de sang allant bien au-delà de l'image scandaleuse qu'on s'en fait souvent. Au passage, cela fait un lien avec l'actualité, puisque le manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome a été vendu pour 7 millions d'Euros, ce 3 avril...
Merci à Alain pour les belles photos !

- Denis nous a présenté deux livres : Si nous vivions en 1913, d'Antoine Prost et L'Homme semence, de Laetitia Rouxel. Le premier est issu d'une émission de radio diffusée sur France Inter cet été et se compose de petits chapitres thématiques...Par exemple, si nous vivions en 1913, nous aurions des vacances d'été beaucoup plus longues... (enfin, seulement les professeurs !)
Le second est une bande dessinée, très belle, issue d'un petit livre témoignage, racontant l'histoire d'un petit village des Hautes-Alpes qui a vu deux fois dans son histoire disparaître toute sa population masculine...

- Fabienne, qui venait pour la première fois, nous a présenté Les Dieux voyagent toujours incognito, de Laurent Gounelle, un roman ou un conte philosophique racontant l'histoire d'un homme timide et au bord du suicide qui pactise avec...le diable ? En tout cas, celui qui le sauve du suicide lui demande en contrepartie de faire toutes ses volontés...S'en suit alors tout un tas d'expériences cocasses.

- Alain nous a présenté un petit livre étonnant, 49,9 mégawatts, de Dorian Degoutte. Une sorte de reportage photographique en mobylette, à travers la France des centrales nucléaires. Un OVNI de l'édition, de la littérature et de la photographie, entre Depardon et un road movie.

- Enfin, je vous ai présenté un auteur qui me plait beaucoup : Eric Nataf. Il est radiologue dans la vie et écrit des thrillers médicaux la nuit. Des pavés toujours très documentés, navigant toujours entre fiction et réalité, entre science-fiction et documentaire pour Envoyé spécial ! Si vous ne voulez plus jamais manger de yaourts à 0%, je vous conseille Régime Mortel.

Nous avons fixé la prochaine date, déjà ! Ce sera le mercredi 25 juin à 20H30, toujours à la Louisiane !

A bientôt,
Céline DURUPTHY.