Affichage des articles dont le libellé est Audincourt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Audincourt. Afficher tous les articles

lundi 29 avril 2019

Compte-rendu du café littéraire #38

Petit café littéraire puisque nous n’étions que huit. En discutant du prochain café littéraire prévu le 14 mai, on se rend compte qu’il y aura pas mal de gens absents, Denis décide donc de le remettre au 21 mai et de le faire précéder  par l’Assemblée Générale. Mais depuis, Jean-Daniel nous a informé de l’Assemblée Générale d’Escapade le même soir, ce qui pose problème, donc nous le ferons le mercredi 22 mai, désolés pour ceux qui ne viennent que le mardi. Denis souligne que la conférence avec Yvonne Pétrequin n’a attiré que quelques adhérents des « Amis des livres », sinon il n’y aurait eu personne. Dommage, car Yvonne nous a appris beaucoup de choses sur le métier de traducteur, c’était fort intéressant.
Catherine entame la soirée en nous présentant Promenons-nous dans les boisde Bill Bryson. Cet auteur, 67 ans, double nationalité américaine et britannique, est un journaliste, écrivain voyageur, vulgarisateur scientifique. Il se lance un défi, parcourir le sentier des Appalaches, qui va du Maine à la Géorgie, 3500 km. Ce chemin est plein de dangers, il va se faire accompagner par un ami qu’il n’a pas vu durant des années. Ce dernier n’est pas du tout prêt à ce genre de randonnée, ce qui donne lieu à des situations cocasses. Qui n'a jamais lu un livre de Bill Bryson a vraiment manqué une occasion de rire ! « Jamais un bouquin ne m'a fait autant rire », affirme Robert Redford, qui en a fait son livre de chevet et l’a adapté à l'écran.
Christine a dévoré un livre qu’on lui a offert, il s’agit d’un recueil de nouvelles écrites par Josiane Balasko, Jamaiplu. Chaque nouvelle a un côté fantastique, c’est bien écrit, ça se lit très vite. Ce n’est pas du tout humoristique comme on pourrait s’y attendre de la part de l’auteur.Jamaipluest la première du recueil, il y a une intrigue policière et c’est la préférée de Christine, qui pense que c’est le premier livre écrit par Josiane Balasko, mais en cherchant, on s’aperçoit qu’elle écrit depuis 1989 avec une dizaine de livres à son actif, dont beaucoup de pièces de théâtre. Autre livre présenté par ChristineLe labyrinthe du Karma de Daniel Meurois. Elle nous en dit juste quelques mots, c’est un livreaccessible à tous mais néanmoins profond, pour mieux déchiffrer le sens de notre vie, nous déplacer et grandir en un monde où les repères se font de plus en plus rares. Une démarche éclairante et aidante...
Jean-Daniel a lu Le chant des revenantsde Jesmyn Ward. Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d’une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l’Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l’amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.Ce n’est pas un roman très gai, c’est même assez noir, mais c’est contemporain. Jean-Daniel a beaucoup aimé ce livre, très dur mais très bien écrit. Ce livre lui a rappelé une scène qu’il a vu dessinée dans un autre livre, livre qu’il aurait présenté au dernier café littéraire, s’il n’avait eu la grippe. C’est dans un livre de Luz, dessinateur à Charlie Hebdo, qui a miraculeusement échappé à l’attentat de janvier 2015. Ce livre Les indélébiles signe sa renaissance. Jean-Daniel aime cette richesse du dessin de presse, et donc il a retrouvé ce passage où l’auteur est allé faire un reportage dans une prison du Mississipi, point commun avec le livre de Jesmyn Ward qui parle aussi beaucoup de prison. La ressemblance est frappante.
Noëlle apprécie beaucoup l’écrivaine Agnès Ledig, car lorsqu’elle se plonge dans ses livres, ça lui permet d’oublier tout ce qui est déprimant dans l’actualité. Elle a donc lu On regrettera plus tard, qui raconte l'irruption d’Éric et d'Anna-Nina un soir d'orage dans la vie de Valentine, institutrice dans un hameau du massif Vosgien, un véritable coup de tonnerre. À la fillette brûlante de fièvre, au père brisé par la vie, Valentine va offrir plus qu'un simple toit. Avec tendresse et franchise, elle va bousculer les certitudes de ce père solitaire et modifier leur trajectoire toute tracée.Un roman émouvant et généreux où le désir se montre plus fort que la peur, que les blessures du passé et les regrets. Noëlle a tellement aimé qu’elle s’est précipitée à la librairie pour commander la suite, De tes nouvelles.  Anna-Nina, pétillante et légère, est une petite fille en forme de trait d'union. Entre Eric, son père, et Valentine, qui les a accueillis quelques mois plus tôt par un soir d'orage et détresse. Maintenant qu'Eric et Anna-Nina sont revenus chez Valentine, une famille se construite jour après jour, au rythme des saisons. Un grain de sable pourrait cependant enrayer les rouages de cet avenir harmonieux et longtemps désiré.
Isabelle nous parle d’un livre qui a déjà été évoqué ici, Le charme discret de l’intestinde Giulia Enders. Cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, l’auteur invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre. Isabelle a trouvé ce livre très sympa, intelligent, abordable, on comprend bien la magie du corps humain. Le livre apporte de vraies réponses, avec un nouveau regard sur la façon d’appréhender le corps, de l’écouter, de se soigner et de le respecter. Catherine a apprécié la première partie, mais s’est lassée très vite. Les avis sont donc partagés. Christine ajoute que c’est humoristique, qu’elle a une façon de présenter les choses presque enfantine.
Denis présente un livre de photos de Raymond Depardon en tout petit format, un livre qu’on peut mettre dans le sac et consulter dans la salle d’attente du médecin.
Enfin je termine la séance avec un livre de Valentine Goby, un auteur que j’aime beaucoup et dont j’ai lu quatre livres. Un paquebot dans les arbres, un titre qui intrigue, jusqu’à ce que l’on apprenne que le paquebot est en fait un sanatorium. On est dans les années 40-50 avec un fléau qui s’appelle la tuberculose. Inspiré d’un vrai témoignage, ce récit poignant renoue avec la force des grands romans classiques. L’héroïne, Mathilde, va tenir à bout de bras cette famille dont les parents sont en sanatorium, un personnage d’une résilience hors du commun qui sacrifie sa vie entière au soulagement de la vie des autres. Valentine Goby se penche sur une période post deuxième guerre mondiale que tout le monde ignore, tant l’aura des trente glorieuses semble avoir effacé la misère qui les précédait. Un livre dur, mais qui vaut la peine d’être lu.
Nous vous donnons rendez-vous le mercredi 22 mai pour un café littéraire, précédé de l’Assemblée Générale.
Vous recevrez une invitation avec l’ordre du jour.


dimanche 10 février 2019

Compte-rendu du café littéraire #36

Ce petit café littéraire hivernal n’a réuni qu’une dizaine de personnes, mais les échanges furent néanmoins très riches.

Denis signale qu’Yvonne Pétrequin interviendra à la bibliothèque, récemment rouverte, le 28 mars prochain, dans le cadre de la « semaine des littératures étrangères ».

Cédric, qui n’était pas venu depuis longtemps, ouvre la séance en nous présentant un livre d’Eric Vuillard, qui a obtenu le Prix Goncourt 2017, mais pas avec ce titre puisqu’il s’agit de La Guerre des pauvres. 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée. C’est très sanglant, mais Cédric a été attiré par le titre, toujours d’actualité hélas, et l’a donc acheté sans connaître l’auteur. Il nous en lit un très court extrait, car il trouve que les mots sont justes. C’est un livre court, comme tous les livres de l’auteur qui prend un sujet très précis et qui traite de l’essentiel. C’est intéressant car cette période n’est pas souvent évoquée et ça se passe pas très loin de chez nous.

Chantal, dont l’un des auteurs préférés est Alain Mabanckou, auteur congolais enseignant en Californie, a lu Les Cigognes sont immortelles. L’histoire se passe au Congo, sur deux jours, lors de l’assassinat du président Ngouabi en 1977. L’auteur a alors 11 ans et c’est son histoire qui est racontée assez naïvement, par la voix d’un jeune garçon prénommé Michel. Sa maman qui l’élève seule se met avec un homme qui a d’autres femmes, le frère de sa maman est assassiné lui aussi et Michel, qui est un garçon bien élevé, devra apprendre à mentir pour sauver sa maman. En même temps il nous parle de l’histoire du Congo et comme le dit si bien Chantal « ce n’est pas piqué des hannetons » ! A cette époque tous les chefs d’état communistes sont venus au Congo, Russes, Chinois et dans le livre il y a même une chanson en hommage à Ceaucescu.

Fabienne nous a apporté un livre un peu ancien, que beaucoup ont lu, Le Parfum de Patrick Süskind. Jean-Baptiste Grenouille est né dans la puanteur : en 1738, à Paris, sous l'étal d'une poissonnerie. Bossu, difforme, il va peu à peu développer un don extraordinaire, unique : il peut tout sentir, analyser la moindre odeur et même détecter une chenille au cœur d'un chou… Au cours de sa vie, il va devoir créer des parfums et pour cela tous les moyens sont bons, mais chut… Fabienne n’en dira pas plus, sinon que c’est écrit comme un conte, un récit atypique. Un classique à relire sans modération…

Denis présente le livre que Catherine avait laissé pour une lecture collective, Terre et cendre d’Atiq Rahimi. Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal luné, une route qui se perd à l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union soviétique… C’est un livre qui se lit très vite, mais qu’il est difficile de raconter. Quand on arrive à la fin, on a les larmes aux yeux car c’est très émouvant. Le personnage du grand-père est formidable. Denis nous parle ensuite du livre Les Emotions cachées des plantes de Didier van Cauwelaert. C’est comparable au livre déjà présenté sur les arbres. Aussi merveilleuses soient-elles, toutes les révélations contenues dans ce livre sont le fruit d'observations et d'expériences scientifiques.

Guy a devant lui un énorme livre qu’il a acheté, mais qu’il ne lira jamais. Tout le monde se demande pourquoi… Parce que c’est écrit tout petit et que sa vue ne lui permet pas de le lire. Et il y en a trois autres comme celui-là dans la saga ! Guy nous parle de l’auteur Jan Guillou, fils d’un Français et d’une Norvégienne. Il précise que ce n’est pas son genre de lecture, il le lit sur sa liseuse, ce qui est plus confortable, mais a apporté le livre car une lectrice a dit lors de la séance précédente qu’elle aimait toucher les livres, donc acte… Les Ingénieurs du bout du monde raconte les tribulations de trois fils de pêcheurs norvégiens lancés dans les grands projets de constructions ferroviaires qui ont précédé la Première Guerre mondiale. Guy a ainsi appris avec effroi que les Belges se sont révélés sanguinaires au Congo, que les Anglais exploitaient des indiens qu’ils ne payaient jamais, car ils mouraient avant la fin du contrat. C’est intéressant, il en est au troisième tome. Le deuxième fatigue et le troisième endort… mais le premier est très bien.

Anne a beaucoup aimé le roman de Violaine Bérot, Tombée des nues. Elle conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, afin de ne pas dévoiler le thème qui, selon elle, n’est pas le plus important, mais de le découvrir au fur et à mesure de la lecture. Quand Anne nous dit qu’il y a plusieurs façons de lire ce livre, Denis et moi-même reconnaissons immédiatement un livre dont nous avons déjà parlé, et qui avait fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux « Papiers bavards ». Evidemment nous en connaissons le sujet mais nous n’en dirons rien. Sept personnages racontent la même histoire, mais chacun de son point de vue. Soit on peut le lire de façon traditionnelle, de la page 1 jusqu’à la fin, ou alors par personnage, c’est la solution qu’a choisi Anne, mais elle pense qu’elle va le relire de façon linéaire, pour voir si elle a la même perception de l’histoire.

Christiane a apporté le livre de Benoît Camus, Chroniques d’un père au foyer, un auteur local qui, après des études d’ingénieur, désireux de répondre à ses profondes aspirations, décide de se reconvertir en père au foyer qui écrit ou en auteur qui s’occupe de son foyer. Il mesure depuis, et à chaque instant, la chance qu’il a de se consacrer à ceux et à ce qu’il aime. Un statut qui est encore difficilement accepté par notre société. Christiane a trouvé ce livre amusant, car le papa est souvent débordé et c’est un sujet peu traité par la littérature. Elle a également acheté à la vente de la médiathèque, en vue de le donner à ses petites filles, La Petite Fadette de George Sand. Heureusement qu’elle ne leur a pas offert à Noël, car ça n’intéresse plus les enfants d’aujourd’hui. Après l’avoir lu, Christiane a trouvé que le vocabulaire est très particulier, par moment, on ne comprend pas grand-chose, heureusement qu’il y a un lexique à la fin du livre !

Christine nous présente Mélanie m’attend de Pierre Guini. Un livre qu’elle a acheté par solidarité, car elle connaît un peu l’auteur, et dans lequel elle est entrée à petits pas, car elle n’aime pas les récits de guerre. Finalement elle l’a lu assez vite et l’a trouvé intéressant. Le héros est un reporter de guerre, ses reportages lui ont coûté un divorce, la perte de ses amis, et une dépression chronique qu’il tente de soigner comme il peut. La seule personne qui se préoccupe de sa vie s'appelle Mélanie… L’auteur a réussi sur un fond d’histoire d’amour à édulcorer toutes les atrocités auxquelles il est confronté. Christine est contente de l’avoir lu, car ça rappelle qu’en ce moment, il y a beaucoup de gens, civils et militaires, qui sont confrontés à la guerre et qu’on a tendance à l’oublier. Elle connaît l’auteur, car il anime des ateliers d’écriture sur internet, ateliers auxquels elle participe.

Et pour terminer, j’ai lu avec intérêt Tu t’appelais Maria Schneider écrit par Vanessa Schneider la cousine de l’actrice. J’avais 20 ans quand « Le dernier tango à Paris » est sorti et ce film m’avait choqué par la violence de certaines scènes. D’ailleurs Maria ne s’en est jamais remise, sa vie et sa carrière ont été brisées par cette image qui lui collait à la peau. Un livre qu’elles avaient projeté d’écrire à quatre mains, mais Maria étant décédée, Vanessa a décidé de l’écrire seule. Un récit émouvant et terriblement attachant ; avec des mots tendres, sincères, difficiles parfois, pour retracer le parcours de sa cousine aînée, mais aussi celui d'une actrice, au destin tragique.

Lors de la précédente séance, Denis nous avait apporté les Chroniques de François Morel. J’ai donc apporté un livre du même auteur qui s’intitule C’est aujourd’hui que je vous aime. On n’est pas sérieux quand on a douze ans. On tombe amoureux. Furieusement amoureux. L’auteur par pudeur, par plaisir, se nomme « les hommes », alias tous les garçons, alias François Morel. On retrouve tout l’humour dont il sait faire preuve, ça se lit très vite et c’est un régal…

La séance s’est terminée par la dégustation de galettes. Les absents ont toujours tort !

Le prochain café littéraire est fixé au mercredi 6 mars

Bernadette

mardi 30 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #34

Tout d’abord bienvenue à Chantal et Catherine Ma…, ferventes lectrices, qui nous rejoignent. Notre président Denis tient à nous faire quelques annonces. Il a appris que le lycée Mandela travaille sur l'exposition Cartooning for peace de Plantu qu’il nous a présenté lors d’une précédente séance. Cette expo sera organisée au lycée. Denis aimerait faire venir à Audincourt l’auteur Maryse Condé, Prix Nobel alternatif de Littérature, qui a beaucoup écrit sur l’esclavage et le colonialisme. Peut-être pourrait-on demander à l’Association des Antillais qui intervient à la « Table des Saveurs », s’ils la connaissent. Enfin le Président propose que notre association achète une douzaine de livres d’une trentaine de pages, pas chers, et que tous les adhérents seraient amenés à lire pour ensuite en débattre. Certains adhérents proposent de donner un livre chacun, pour éviter un achat. Le problème est que le temps que tout le monde les lise, il peut s’écouler des mois, voire plus… On pourrait peut-être se limiter à deux titres, mais que l’on achèterait en 3,4 exemplaires… A suivre !

Noëlle, qui n’a rien trouvé d’intéressant à lire, s’est replongée dans des ouvrages qu’elle avait déjà lus et qu’elle avait beaucoup aimés. Elle apprécie Françoise Bourdin, car ça se termine toujours bien. Elle a relu Patricia Cornwell, ainsi que les aventures de Nicolas Le Floch qui se passent sous Louis XV, elle aime bien car il y a plein de recettes de cuisine. Elle a ressorti Les enfants de la terre, une série romanesque en six volumes de Jean M. Auel, qui met en scène la vie quotidienne des êtres humains durant la Préhistoire, où l’on trouve déjà le problème du racisme.

Jean-Daniel a trouvé dans les boîtes à livres Les Discours de Maurice Thorez en dix volumes, mais il n’a pas eu le courage de les lire. Il a préféré Les Vérités fragiles d’Erik Orsenna. Cet ouvrage mêle des réflexions sur des sujets aussi divers que la fraternité, le travail, l'ailleurs, la mondialisation... auxquelles s'ajoute un dialogue avec Éric Fottorino, consacré notamment à l'un des sujets de prédilection d'Erik Orsenna : les moustiques ! Revenant au fil de l'entretien sur son parcours, ses voyages, ses rencontres, le philosophe nous transmet sa curiosité, son ouverture sur le monde, sa vivacité d'esprit revigorante. Jean-Daniel nous lit un passage sur les moustiques, où l’on apprend que c’est l’animal qui tue le plus de personnes dans le monde.

Guy a lu deux livres déjà présentés ici, La vie secrète des arbres et Un été sans Facebook. Il ne s’étendra donc pas davantage, mais a été épaté par le fait que l’arbre nourrit son petit par les racines et le reconnaît.

Christiane qui nous avait déjà présenté un livre de Peter Mayle, auteur malheureusement décédé en janvier dernier, qui adorait la France, a lu Aventures dans la France gourmande. Dans ce livre, il arpente l'Hexagone, guidé par son seul estomac. Son itinéraire, en effet, ne doit rien au hasard : bons restaurants, bons hôtels et pour finir une cure à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard. C’est distrayant, intéressant… Christiane a eu plus de mal à entrer dans le livre d’Amélie Nothomb, Biographie de la faim. C'est surtout le récit de la faim de l’auteur. La faim de sucre, la faim d'alcool, la faim d'amour, la faim d'eau et la faim de bien d'autres choses. Des faims insatiables qui la conduiront à certaines extrémités. Au début du livre, on apprend qu’au Vanuatu, la faim n’existe pas, on y déborde de nourriture, sans même avoir besoin de cultiver quoi que ce soit.

Céline, qui confirme son succès en tant qu’écrivain, n’en délaisse pas pour autant la lecture. Elle nous présente Mon Autre famille d’Armistead Maupin. Cette "autre famille", c’est celle des homosexuels, qu’il a épousée à San Francisco, au début des années 1970, après avoir divorcé de sa famille biologique et réactionnaire de Caroline du Nord, dont il avait si bien adopté les valeurs qu’il s’était engagé dans la marine et avait servi au Vietnam... Pour ceux qui ont aimé les Chroniques de San Francisco, à lire absolument.

Yvonne, qui ne savait pas quel livre apporter, en a retrouvé un qu’elle a dû lire il y a un certain temps. Il s’agit de Journal d’un corps de Daniel Pennac. L’auteur part à la recherche du corps, de son corps. Des étapes de vie contées dans un vocabulaire réaliste, parfois cru, cash et trash. Et par l’évolution et les transformations de ce corps, de 12 à 87 ans, le narrateur partage avec le lecteur les personnages qui ont marqué sa vie. Il présente ce livre comme la demande d’une amie, mais on se rend vite compte que c’est inventé. C’est à la fois drôle, humoristique et tendre.

Edith a été emballée par le roman Quatre-vingt-dix secondes de Daniel Picouly. Quatre-vingt-dix secondes, c'est le temps qu'a mis la montagne Pelée, un volcan, pour tuer 30.000 personnes à Saint-Pierre de la Martinique, le jeudi 8 mai 1902. Edith a trouvé ce livre formidable, car le narrateur, c’est la montagne. Au début elle ne comprenait pas… Le roman dure de 5h à 7h52, le temps de l’éruption. Il débute de façon sentimentale par un duel dans un jardin pour une jeune fille, quand la terre commence à trembler. Les personnages sont caricaturaux. Beaucoup de suspense, gros coup de cœur d’Edith. C’est ensuite un énorme pavé qu’Edith nous présente, 4321 de Paul Auster, plus de 1 000 pages… Elle pensait ne pas arriver au bout, et pourtant elle s’est laissée prendre par l’histoire… Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant quatre scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. C’est le récit du parcours d’un petit-fils d’ immigré juif aux Etats-Unis, au début du XXe siècle.

Denis V. nous parle d’une BD de Wilfrid Lupano Les vieux fourneaux. C’est une série de 5 BD qui raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps. Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années 50 et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

Chantal nous présente L’Art de perdre d’Alice Zeniter, livre offert par sa belle-fille, non sans arrière-pensée, puisque Chantal est née en Algérie et que ce livre l’a beaucoup touchée. Cette saga familiale, inspirée de l’histoire personnelle de son auteure, relate le destin de trois générations d’une famille harkie, ballottée entre l’Algérie et la France. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée, qui a valu à l’auteure plusieurs prix littéraires.

Catherine Ma. a beaucoup aimé Les Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Cette fois, c’en est fini de la Grande Guerre, et de l’escroquerie aux Monuments aux morts montée par les poilus Edouard Péricourt et Albert Maillard. Le deuxième tome de cette trilogie s’ouvre par l’enterrement du banquier Marcel Péricourt en grande pompe en février 1927 en présence du chef de l’Etat. Comme Edouard, le fils, s’est suicidé, c’est sa fille Madeleine qui mène le deuil et qui prend la tête de l’empire financier. C’est le début d’un roman de 500 pages sur les années 1920-1930 où Madeleine Péricourt va connaître la ruine, le déclin, le déclassement avant de reconstruire sa vie. Catherine trouve que c’est très bien écrit et que Pierre Lemaître a le sens du dialogue.

Fabienne a fait des affaires à la Foire aux Livres de Belfort, un bon moyen de trouver de la lecture pour un prix raisonnable. Elle a ainsi déniché L’intelligence du cœur d’Isabelle Filliozat, un livre de développement personnel, qui montre comment acquérir plus de confiance en soi, s'affirmer, écouter, comprendre les réactions d'autrui, résoudre les conflits, répondre à l'agressivité, développer son autonomie, afin de faire face à l'affectivité, à l'angoisse, au stress et aux frustrations. Et puis un polar, Sorry de Zoran Drvenkar, un auteur croate qui vit en Allemagne. Avec ce thriller littéraire à la construction exceptionnelle et au style remarquable, l’auteur nous offre une intrigue complexe et captivante, aux rebondissements multiples, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Enfin je termine avec un livre, acheté à l’occasion des « Livres dans la Boucle » à Besançon, en septembre dernier. Je n’avais pas envie d’acheter le dernier livre de Dany Laferrière, docte académicien, et c’est en regardant un ancien numéro de la « Grande Librairie », que j’ai découvert ce roman graphique Autobiographie de Paris avec un chat. Un livre étrange fait de dessins, de textes écrits à la main, l’auteur explique qu’il sait écrire des romans, donc il a voulu faire quelque chose qu’il ne savait pas faire. Et pour le coup c’est réussi…. Autre coup de cœur, le dernier livre d’Olivier Adam, l’un de mes auteurs préférés, La tête sous l’eau, un ouvrage classé livre pour ado, mais que j’ai lu avec plaisir. L’histoire d’une ado qui disparaît, racontée par son frère, témoin d’une famille brisée par ce drame. C'est une plongée dans l'horreur de l'attente, du mystère, de l'incompréhension. Un thème finalement actuel, ancré dans cette société où des affaires de ce genre peuvent arriver à n'importe qui.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mercredi 28 novembre.

Bernadette

dimanche 14 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #33

Lors de ce café littéraire de rentrée, une quinzaine de lecteurs se sont retrouvés pour partager leurs lectures de vacances.

Edith nous présente Cosme de Guillaume Meurice. Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles. Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d’un homme libre. C’est écrit dans un style haché, parfois un seul mot pour une phrase ou pas de verbe, mais Edith a eu du mal à s’arracher de ce livre très prenant. Elle a également apprécié le livre de Jean-Christophe Rufin, Le Suspendu de Conakry. Aurel, un personnage à la fois ridicule et attachant, est vice-consul de France à Conakry. Mais il est mis au « placard » du consulat depuis des lustres et raillé par tout son entourage. Quand se produit l’assassinat d’un plaisancier français installé au port depuis des mois, Il se mobilise. Sa hiérarchie est absente, il a un peu de temps devant lui pour agir : il n’a de cesse de résoudre l’énigme de cette mort. Un roman policier bien construit, à lire pendant l’été, et même après…

Catherine nous parle d’un livre d’un livre très émouvant, La Tresse de Laetitia Colombani. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Il y a l’Indienne Smita qui est une Intouchable, la Sicilienne Giulia qui travaille dans l’atelier de son père et la Canadienne Sarah, avocate réputée. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Au départ, le livre peut paraître bizarre, mais après quelques pages, on est pris dans l’histoire.

Fabienne a passé un bon moment en lisant Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu. Un médecin qui a perdu le goût de vivre décide de mettre fin à ses jours. Il monte dans un taxi pour régler quelques affaires à l'hôpital et rencontre la conductrice, une vieille dame excentrique, qui possède le don de deviner le moment exact de la mort des gens. Elle lui propose de lui laisser sept jours pour revenir sur sa décision. Il cède à sa proposition. L'ouvrage est paginé à rebours. Avec beaucoup d’humour, l’auteur signe néanmoins une œuvre profonde qui interroge sur le sens de la vie.

Denise dont c’était le premier café littéraire nous a parlé avec enthousiasme du livre de Peter Wohlleben La Vie secrète des arbres. Ce livre avait déjà été évoqué par Jean-Daniel, il y a quelques mois, mais c’est toujours intéressant d’avoir plusieurs avis. Il s’agit d’un plaidoyer pour que l’on observe les arbres, qu’on les respecte, car ils communiquent entre eux, savent se protéger. Denise nous lit les titres des chapitres, par exemple « Rapport de l’arbre et de l’eau ». Elle nous parle des érables que l’on ausculte au stéthoscope pour savoir si c’est le moment de tirer le sirop. On ne verra plus jamais les arbres de la même façon.

Christiane a plusieurs livres à présenter, tout d’abord, le tome 4 de la série « Mentine », de Jo Witek, livres qu’elle destine à ses petites-filles, mais qu’elle lit toujours avant. Seule à New-York raconte le séjour de Mentine, hébergée chez sa correspondante, Joyce. Mais cette dernière la dédaigne et rechigne à lui faire partager ses activités. Mentine découvre que la famille est au bord de la crise et que Joyce cache sa souffrance sous des dehors méprisants. Christiane a lu également Une Année en Provence, installé près de Ménerbes, l'écrivain Peter Mayle en a fait une chronique quotidienne et malicieuse qui a fait le tour du monde et qui connaît en France un succès sans précédent. Enfin, dernier coup de cœur, Venise n’est pas en Italie, d’Yvan Calbérac. L’histoire d’un adolescent né dans une famille inclassable, l’histoire d’un premier amour, miraculeux et fragile. Un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.

Céline nous parle de son dernier roman La Graine, très différent du premier, livre plutôt politique, mais très romantique. On est en 2022, un parti d’extrême-droite a pris le pouvoir… Espérons que ce ne soit que de la fiction, mais quand on voit ce qui se passe dans d’autres pays, restons vigilants. Le succès semble déjà au rendez-vous pour Céline, notre écrivaine locale.

Denis V, toujours adepte de poésie, nous lit un poème extrait de Magie des fjords, livre norvégien bien évidemment. Il nous présente également un numéro Hors-série du journal « Le Monde » sur George Sand. Lui qui n’aimait pas trop les romans de cette écrivaine a découvert une autre facette de cette femme. Par exemple un extrait de la pièce, publiée en 1839, Gabriel dans laquelle on trouve la phrase « je ne sens pas que mon âme ait un sexe », l’histoire d’une fille élevée comme un garçon. George Sand ne revendique pas le vote des femmes, elle dit d’abréger le Code Napoléon et qu’ensuite elle défendra cette cause.

Nous avons retrouvé avec plaisir Denis F. qui était venu nous rendre visite après de longs mois d’absence. Même s’il est venu sans livre, nous espérons le revoir lors des prochains cafés littéraires.

Christine a lu un roman policier très amusant, plein d’humour, Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas. Une histoire policière atypique, dans ce bled de 150 âmes oublié d'internet où même le téléphone mobile ne passe pas, Agatha Crispies se demande comment réintégrer un jour le NYPD avec de tels états de service lorsqu'un homme est retrouvé mort dans sa baignoire percé de 150 trous d'aiguilles à tricoter. L'occasion rêvée pour Agatha de mettre en pratique les techniques d'enquête que son défunt père lui a enseignées. Sachez tout de même que, cette fois, Romain Puértolas s'est permis une fin totalement immorale.

Cet été, Guy a passé 12 jours à surveiller son expo face à Nausicaa à Boulogne-sur-Mer. 10 000 entrées par jour à Nausicaa, 5 pour son expo, ce qui lui a laissé le temps de lire, il faut voir le bon côté des choses. Il s’est donc plongé dans l’œuvre de Fred Vargas, qui a une façon bizarre d’écrire ses « rom-pol » comme elle appelle ses romans policiers. On y découvre un commissaire Adamsberg, un peu abruti, on lui dit qu’il est pelleteur de nuages. L’Homme aux cercles bleus a séduit Guy, "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Mais Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus….

Anne-Marie, qui aime l’Histoire, a été attirée sur les rayons de la bibliothèque, par un livre qui s’intitule La Fabuleuse imposture du comte de Belfort de Thierry Desjardins. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de rapport avec la ville de Belfort. 1848-1902. Alors que la France est en pleine métamorphose, le mystérieux marquis de Belfort côtoie à la cour de Napoléon III les personnalités les plus prestigieuses : Haussmann, Gambetta, les Rothschild, Mérimée, etc., et prétend avoir perdu ses actes de noblesse lors de la Révolution. Qui est-il ? Quel est son but ? L'histoire vraie et incroyable d'une magnifique imposture. Anne-Marie a beaucoup aimé ce roman.

Yvonne a lu ou plutôt écouté pour la première fois un livre audio, et elle a trouvé que c’était plutôt agréable, à condition de bien choisir la voix. Cela fait débat, certains pensent que ça bien être bien en voiture, mais n’est-ce pas dangereux si l’on est trop absorbé par l’histoire. D’autres ne le feront jamais, car on n’a plus le plaisir de tourner les pages, le débat reste ouvert. Il s’agit de Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig. C’est bien écrit, à la fois joyeux et triste. Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ? Un livre qui fait du bien.

Je terminerai par un livre que j’ai mis plusieurs mois à lire, Falaise des fous de Patrick Grainville. Au terme de sa vie, un homme raconte son siècle dans un long récit rétrospectif qui court de la naissance de l’impressionnisme aux rivages des années 1930. Une multitude de personnages de ces années fastueuses traversent ce prodigieux roman, touffu, exubérant, limpide et sublime. On y croise des peintres, Manet, Pissarro, Vallotton, Boudin, le « Raphaël des ciels », que l’auteur place très haut dans son firmament artistique, Picasso à ses débuts ; des écrivains, Zola, Victor Hugo, le jeune Marcel Proust dans les salons, Barrès et ses errements, Léon Daudet en sa bassesse ; des hommes politiques, Clemenceau, homme d’État inflexible et intime de Monet. C’est un livre à savourer lentement, car il y a beaucoup de descriptions, on prend sa tablette pour chercher le tableau dont il parle, ça prend du temps. Mais c’est un livre fabuleux pour qui aime l’art et l’histoire.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 16 octobre à 20 h

Bernadette 

lundi 26 mars 2018

Compte-rendu du café littéraire #29

Malgré la neige annoncée, une dizaine de personnes s’est retrouvée à la Louisiane pour ce 29ème café littéraire.

Tout d’abord je tiens à remercier « Les amis des livres » pour le superbe livre de Rebecca Dautremer que j’ai reçu en cadeau pour mon retour après quelques mois d’absence. Un petit bijou de papier où s'animent tous les personnages de cette illustratrice de talent. Un geste qui me touche beaucoup…

Nous avons le plaisir d’accueillir Christine, qui est venue en observatrice, mais qui se fera un plaisir de nous présenter des ouvrages la prochaine fois.

Robert a ouvert la séance en nous parlant de l’avancée du guide qu’il prépare sur Audincourt. Il nous fait partager la légende des croque-raves, surnom des habitants de la ville. La légende raconte que ce légume aurait été rapporté des campagnes napoléoniennes par un habitant d’Audincourt… Il a en tête d’autres chapitres, entre autres la fabrication de charrettes dans le quartier des Autos. Céline a déjà écrit un article, avis à ceux qui seraient inspirés par un quartier d’Audincourt, un monument ou un lieu particulier.

Guy, avec son humour habituel, nous dit qu’il a lu un livre, mais il ne sait plus lequel, sans doute est-ce l’émotion d’être arrière-grand-père… Félicitations Guy pour ce nouveau grade. Il se rappelle juste d’une chose, des auteurs qui nous distraient et nous apportent des petits moments de bonheur, car ils nous racontent un peu de notre vie. Sinon Guy a lu Michel Bussi, dont il avoue que certains livres sont « tartes », mais que d’autres valent la peine d’être lus, comme Ne lâche pas ma main, un roman policier un peu complexe, mais bien ficelé. Autre livre de Michel Bussi, recommandé par Guy, Nymphéas noirs, dont l’intrigue se passe à Giverny. Enfin dernière lecture de Guy, Le portrait de Iain Pears, un dialogue entre artiste et critique d’art qui ne parle pas, donc ça devient un monologue.

Jean-Daniel a lu Les cœurs simples, d’Albert Algoud, c’est un recueil de textes de différents auteurs, parlant d’enfants handicapés, simples d’esprit. Par exemple le « crétin des Alpes » vient de l'époque où les montagnards n'avaient pas facilement accès au sel de mer. Ils utilisaient du sel de carrières, qui avait pour défaut d'être pauvre en iode. Les gens avaient ainsi des carences, et développaient du nanisme, des goitres et un retard mental. Ce sont des textes très émouvants. Jean-Daniel présente également le livre écrit par notre amie Céline, Carte Mère. Ce sont des histoires politiques sur lesquelles se greffe l’intrigue. Beaucoup d’humour dans l’écriture, un livre recommandé par Jean-Daniel, qui en profite pour rappeler le concert d’un chanteur régional Eric Saintvoirin, dont certaines chansons mises en musique sur des textes de Céline.

Noëlle nous présente un recueil de nouvelles vendu au bénéfice des Restos du Cœur. Il s’agit de 13 à table, où l’on retrouve des textes de Michel Bussi, Maxime Chattam ou Leîla Slimani entre autres. Un livre acheté, quatre repas distribués… L’occasion de se faire plaisir en faisant une bonne action. Noëlle a également apprécié un polar islandais de Arnaldur Indridason, un gros pavé, Les enquêtes du Commissaire Erlandur, un commissaire qui prend son temps... l’auteur prenant un malin plaisir à jouer avec son lecteur, faisant monter l'affaire ... Noëlle aime particulièrement l’atmosphère et les paysages évoqués dans ce livre. Elle termine par un livre de Gilles Legardinier, Ça peut pas rater, l’histoire de Marie, larguée par son mec après dix ans de vie commune qui décide de les faire tous baver.
Tout ça décrit par un homme qui se targue de se mettre dans la peau d’une femme larguée. encore une histoire qui fait du bien, c’est simple et il y a toujours un chat dans ses romans.

Pour ma part, j’ai présenté le livre de Gaëlle Nohant, Légende d’un dormeur éveillé, qui raconte de façon légèrement romancée la vie de Robert Desnos. Moi qui ne connaissais pas grand-chose de ce poète, sinon quelques poésies apprises à mes élèves durant ma carrière, j’ai ainsi découvert que, derrière les vers bien connus : «  Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête… » se cachaient les trains de déportés. Comme il était très surveillé, il était obligé de travestir ses idées sous une forme enfantine anodine. D’autre part, moi qui suis une grande fan de Delphine de Vigan, j’ai lu son dernier roman, Les loyautés, et comme d’habitude, je n’ai pas été déçue. Ce livre dresse le portrait de deux gamins vraiment en détresse, Théo et Mathis, qu’une prof du collège va tenter d’aider.

C’est au tour de Denis V. avec un livre intitulé Astérix - Les citations latines expliquées de Bernard-Pierre Molin aux Editions du Chêne. Une double page avec d’un côté la planche contenant la citation et de l’autre, la citation expliquée d'une façon simple, didactique et avec humour. Denis nous en donne quelques exemples et leur explication.

Cédric nous présente un livre de 1985, Bal tragique à la Concorde par SPQR, nom d’auteur énigmatique, puisque ce sigle est le symbole de la République romaine. Les auteurs ont écrit une fiction haletante dans les coulisses de la République. Un monde qu’ils ne connaissent que trop bien –d’où leur anonymat- et dont ils décrivent avec passion les forces et les faiblesses. C’est la vision du peuple et des journalistes en l’absence de président. Cédric avait commencé ce livre il y a 15 ans et vient seulement de le terminer, il l’a néanmoins beaucoup apprécié.

Christiane a lu un livre pour ados et parents d’ados, qui était destiné à sa petite-fille. Il s’agit de Mentine, tome 1 : privée de réseau ! de Jo Witek. Mentine est condamnée à passer ses vacances d'été dans une ferme perdue au milieu du Larzac. Ses parents, n'ayant pas supporté de voir chuter sa moyenne l'envoient ainsi réfléchir au grand air. Mais le pire de tout, c'est que l'endroit est privé de réseau!! Un problème récurrent chez nos ados… Christiane nous parle également du livre de Janine Boissard, Belle arrière-grand-mère, l'histoire d'une femme qui doit faire face à la disparation de sa mère et qui, en même temps, devient arrière-grand-mère pour la première tout en aidant un enfant victime de maltraitance. Un roman sur l’amour de la vie. Enfin dernier conseil de lecture de Christiane, Sa mère de Saphia Azzedine, un roman passionnant, où la quête des origines d'une femme née sous X se mue en une fresque sociale d'une grande ampleur.

Nous finirons par Céline qui, dans le cadre de la semaine des littératures étrangères, consacrée cette année à la Russie, a lu Opération betterave de Nicolas Bokov, un livre d’espionnage qui peut rappeler la guerre froide, écrit sur un ton humoristique. L’auteur qui a dû s’exiler, est arrivé en France en 1970 et a eu une vie extraordinaire. En 1982, il découvre la foi chrétienne et se rend compte que sa fille Marie restera handicapée à vie. Sa famille se disloque, il abandonne l'écriture et voyage longuement en Terre sainte, en Asie Mineure et en Grèce. Rentré en France en 1988, pendant treize ans, c’est "le saint abandon": le voilà SDF, puis ermite dans une grotte à 20 km de Paris. Un écrivain hors du commun !

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 3 avril à 20h à la Louisiane 

Bernadette 

dimanche 11 mars 2018

Compte-rendu : l'atelier d'écriture du 29 novembre 2017

Proposé par Denis V, le jeu consistait à essayer de deviner des définitions à partir d’expressions argotiques tirées, de façon aléatoire, du livre de Pierre Merle « Expressions d’argot » aux Editions du Chêne.

Participaient à cet atelier : Fabienne, Anne-Marie V., Guy, Mme Pole et Denis V. Mme Pole n’a pas souhaité laissé ses définitions.

Tirage aléatoire des définitions 

1/ « Mettre les chaussettes à la fenêtre » 

Fabienne : Moyen d’attendre l’arrivée du Père Noël quand on n’a pas de cheminée.

Anne-Marie : se déshabiller, changer d’habits après la douche.

Guy : Il y avait concurrence avec l’haleine de mon voisin venu passer la soirée autour d’un calendos et d’un litron de pichtogrom.

Définition du lexique : Se dit d’une femme qui a été fort déçue par les prestations d’un nouvel amant.

2/ « Jouer au seigneur-terrasse »

Fabienne : Payer une tournée à tous les copains au café.

Anne-Marie : Se comporter comme un pacha, bien « installé », alors qu’on n’est pas grand-chose.

Guy : Jouer au garçon de café

Définition du lexique : En argot de bistrotier, c’est ce que l’on dit du client qui s’installe pour de longs moments à la terrasse d’un café ou en salle, tout en consommant le moins possible.

3/ « Faire le panier à deux anses

Fabienne : Avoir une double personnalité, opportuniste, balance une fois d’un côté, une fois de l’autre.

Anne-Marie : Tirer profit d’une situation d’un côté et de l’autre.

Guy : Être tiraillé entre deux directions.

Définition du lexique : Se promener lorsqu’on est un homme, avec une femme à chaque bras.

4/ « Tirer une série de un »

Fabienne : Ne pas avoir de chance (jeux de cartes ou dés).

Anne-Marie : N’avoir pas de chance, avoir une série de choses nulles par exemple, ou de malheur.

Guy : Manquer de cartouches

Définition du lexique : De dit d’un homme tout juste capable d’honorer une femme, une seule et unique fois, avant de passer à autre chose, par exemple au frigo ou bien au roupillon.

5/ « Se mettre au virtuel »

Fabienne : rentrer chez soi et ne plus être joignable que par mail.

Anne-Marie : Mettre son avatar, utiliser son avatar au lieu d’agir soi-même.

Guy : Se donner en spectacle sur la toile.

Définition du lexique : S’en aller très vite, disparaître à la vitesse du son, voire à la vitesse de la lumière. (inspiré du langage informatique)

6/ «  Avoir les miches qui font bravo »

Fabienne : Avoir les seins qui pendent et courir sans soutien-gorge.

Anne-Marie : Avoir les seins qui ballottent.

Guy : Être maigre et trembler de froid.

Définition du lexique : C’est là une des nombreuses traductions possibles de la sensation de peur panique. (les miches ne sont pas autre chose que les fesses)

7/ « Avoir de la soupe dans les péniches »

Fabienne : Être gringalet, ne pas avoir de muscles.

Anne-Marie : Avoir de l’eau dans ses chaussures.

Guy : Marcher à côté de ses godasses.

Définition du lexique : Avoir des chaussures qui, par suite d’usure ou parce qu’elles sont de très mauvaise qualité, prennent l’eau et absorbent même la boue (soupe) lorsqu’il pleut.

8/ «  Ne pas avoir de cresson sur la margelle »

Fabienne : N’avoir plus de cheveux sur le caillou.

Anne-Marie : N’avoir pas beaucoup d’argent.

Guy : Être chauve

Définition du lexique : Être copieusement déplumé ou même par euphémisme, totalement chauve.

9/ «  Avoir été vacciné au salpêtre »

Fabienne : Être tout le temps malade.

Anne-Marie : Être un peu fou, tourner en rond.

Guy : Avoir été baptisé par un mauvais prêtre.

Définition du lexique : Se dit d’une personne constamment assoiffée, qui de plus ne connaît les vertus de l’eau que par ouï-dire.

10/ « Être chtarbé »

Fabienne : Être débile, idiot.

Anne-Marie : Être un peu fou, tourner en rond.

Guy : Avoir la tronche en biais.

Denis : Être abruti, un peu fou.

Définition du lexique : Etre psychologiquement dérangé. Faire les choses en dépit du bon sens.

11/ «  Choper la fournaise »

Fabienne : Prendre un coup de chaud.

Guy : Rougir suite à une réflexion.

Denis : Prendre un plat trop chaud à la sortie du four et se brûler.

Définition du lexique : En langage de coursier parisien, tomber dans un coin « chaud » (la fournaise), en l’occurrence dans une circulation fortement perturbée.

12/ « Être monté sur spaghetti »

Fabienne : Avoir de grandes jambes fines.

Anne-Marie : Avoir les jambes mal fichues, molles.

Guy : Avoir les jambes qui flageolent. Denis : Avoir les jambes qui flageolent.

Définition du lexique : Avoir les jambes fines, voire maigres (vocabulaire plutôt masculin)

Bernadette VERY.

lundi 22 janvier 2018

Compte-rendu du café littéraire #28

Nous étions une douzaine, mardi 16 janvier pour le premier café littéraire de 2018. 

Edith a présenté le roman Cortex d'Ann Scott. Un attentat terroriste a lieu durant la cérémonie des Oscars à Los Angeles. C'est un livre qu'on lit facilement, avec beaucoup de références au cinéma.

Catherine nous a parlé d'un roman de Kent Haruf, Nos âme dans la nuit. Un homme et une femme de 75 ans se retrouvent la nuit pour parler. Et puis leurs enfants s'en mêlent par peur du qu'en dira t'on. Mais le temps des confidences est très émouvant.

Jean-Daniel rebondit sur la lecture de Catherine pour évoquer un roman dont nous avons déjà parlé dans ces pages : Les Yeux des chiens ont toujours soif... Là aussi des personnes d'un âge certain se retrouvent sur un banc pour parler de leurs vie...A relire, si le thème vous intéresse...

Jean Daniel nous parle ensuite de deux romans : un nouveau et une relecture. Le nouveau est aussi le coup de cœur de notre libraire, Sébastien : Les Hommes, de Richard Morgieve évoque les hommes des années soixante, entre Gabin et Lino Ventura, les hommes un peu gangsters, un peu machos, mais truands au grand cœur. La relecture est un classique : Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie. Durant la révolution culturelle, les intellectuels chinois sont envoyés dans les mines ou dans les champs. C'est là que le héros rencontre la petite tailleuse chinoise...

Jean Daniel profite de son tour de parole pour nous rappeler que le Gala de Solidarité, au profit de plusieurs associations audincourtoises aura lieu le vendredi 26 au Foyer Gandhi à 20h30. Notez la date dans votre agenda ! C'est l'orchestre Takajouer et la compagnie Burlesque qui ravira nos yeux et nos oreilles ! 

Fabienne nous présente plusieurs livres : pour le plaisir des yeux, déjà, le livre de photos de la National Geographic, Magie de l'instant. Et puis le roman de David Lelait, Poussière d'homme, le récit poignant d'un couple d'homme dont l'un meurt. C'est le récit d'un deuil puissant et poétique, la narration du périple jusqu'en Bretagne pour disperser les cendres, très bien écrite et très belle...

Dans un autre genre, Jean-Louis nous parle de 59 secondes pour prendre les bonnes décisions de Richard Wiseman. C'est un livre de développement personnel qui s'appuie sur des idées reçues pour les tester et pour mieux présenter les techniques de visualisation positive, par exemple...

Anne-Marie nous a présenté un livre apaisant, rafraîchissant : La Splendeur de la vie, de Mickaël Kumpfmüller. C'est le récit du dernier amour de Kafka, que la tuberculose est entrain d'emporter. Malgré quelques longueurs, c'est une lecture reposante, d'une pureté remarquable.

Anne-Marie avait lu aussi Les Gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugard. C'est l'histoire d'un deuil, d'un départ en Irlande pour oublier le tragique accident qui emporta toute la famille de la narratrice. Souffrance tragique, mais là aussi très beau roman.

Denis nous a présenté un livre disque : il s'agit de l'enregistrement et des textes lus par Guillaume Gallienne pour l'émission Ça peut pas faire de mal, sur France Inter. Il nous a lu, pour notre plus grand plaisir, un extrait du Lion de Joseph Kessel...mais il aurait bien pu choisir aussi une page d'Alice au pays des merveilles !

Guy avait lu un livre d'Eric Emmanuel Schmitt : La Rêveuse d'Ostende. Guy a découvert cet auteur grâce à Odette Toutlemonde...Ou plutôt grâce à Catherine Frot, dont il est un fan inconditionnel. La Rêveuse d'Ostende, c'est un recueil de 5 nouvelles qui racontent des choses simples mais qui nous emmènent...Bref, Schmitt est un manipulateur exceptionnel !

En ce moment, je n'ai pas beaucoup de temps pour lire des livres pour adultes ! Je suis entrain de lire toute la sélection du prix des Incorruptibles, un jury littéraire auquel mes élèves de 6e participent. Je vous conseille vivement ces petits romans très sympas : La vraie recette de l'amour, Le Goût sucré de la peur, Ma Folle semaine avec Tess, Cours !, Le 14e poisson rouge et Frères d'exil.

Christiane nous a présenté Le Peintre d'éventail du tunisien Hubert Haddad. C'est un roman très poétique, très contemplatif. Et un livre qui permet d'apprendre du vocabulaire ! Et puis deux livres mettant en lumière des femmes méconnues : une biographie d'Eve Curie et un recueil de portraits d'un collectif féministe, le collectif Georgette Sand : Ni vues, ni connues.

Anne, que nous étions ravis de retrouver, nous a présenté une véritable œuvre d'art, un livre découpé magnifique : Le petit théâtre de Rebecca, de Rebecca Dautremer. Elle a découvert ce petit chef d’œuvre à la librairie Le Mokiroule, en Ardèche.

Elle nous a présenté aussi Le Grand Méchant Renard, de Benjamin Renner, une bande dessinée hilarante dont les traits peuvent faire penser à Reiser. Ce renard un peu crétin se met en tête de couver des oeufs...Original !

La date du prochain café littéraire : 
Mercredi 28 février 2018, 20h à la Louisiane

et 

La date de notre Assemblée Générale : 
Mercredi 7 février 2018 à 18h Salle 2 du Centre Renée Lods

Enfin, nous avons tous des pensées chaleureuses pour notre amie Bernadette...Nous lui souhaitons un bon rétablissement et nous espérons la revoir rapidement aux cafés littéraires.

Céline DURUPTHY










samedi 25 novembre 2017

Compte-rendu du café littéraire #27

Nous étions 14 au dernier café littéraire.

C'est Bernadette, de retour en forme, qui a commencé ! Elle nous a présenté d'abord un livre conseillé par Yvonne lors d'un autre café : Eh bien dansons maintenant ! de Karine Lambert. C'est un livre qui plaira à Noëlle : une rencontre improbable entre une vieille dame qui a vécu à l'ombre de son mari et un homme qui vient de perdre la femme de sa vie. Un livre touchant et plein d'espoir.

Bernadette a lu aussi les Nouvelles Vénitiennes de Dominique Paravel. Autant de nouvelles que de personnages, tous d'époques différentes, tous ayant vécu à Venise, sauf pour l'époque actuel où la fiction rejoint la réalité.

Anne-Marie a lu Poupée volée, un roman d'Elena Ferrante. Elle ne nous dira pas beaucoup plus de chose de ce roman, si ce n'est qu'il narre l'histoire d'une femme étonnante. Mystère !

Denis nous présente un beau livre de poésie : Le Livre du désir, de Leonard Cohen. Des textes imprégnés de différentes cultures : bouddhisme, judaïsme, chrétienne. Des textes souvent torturés, ésotériques, à l'image de ses chansons.

Jean-Daniel a évoqué un récit de voyage : Le Nord, c'est l'est, de Cédric Gras, qui nous emmène en Sibérie avec l'idée que le froid n'est pas plus intense au nord, mais à l'est.

Plus léger, bien que très noir, il nous a fait découvrir Le Livre noir de Lefred-Thouron, variations imagées autour du fameux tableau de Paul Bilhaud Combat de noirs dans un tunnel..."ça se lit très vite !", précise Jean-Daniel !

Fabienne nous présente un livre de Salvadore Basile : Petits Miracles au bureau des objets trouvés. Un homme qui a toujours vécu dans le bureau des objets trouvés d'une gare trouve un jour un cahier, un journal intime qui va changer sa vie. On apprend qu'il a été abandonné, enfant, dans cette gare, par sa mère et que le cahier est en fait son propre journal intime. Il va alors enfin monter dans un train et partir à la recherche de sa mère...Un livre plein de belles rencontres.

Catherine a lu des livres dont nous avons déjà parlé, alors elle nous a présenté un magazine, cette fois-ci : Balades. Car une autre passion de Catherine, c'est la marche à pied. Dans ce numéro, on présente notamment des randonnées autour des marchés de Noël ! C'est de saison !

Guy nous présente un livre avec du vent, de la pluie, de la tempête, du ressac, du crachin...L'histoire se passe dans les Hébrides, les îles du Nord de l'Ecosse, qui rappellent à Guy la côte du Nord de son enfance. Peter May, dans L'Île du Serment décrit la vie austère des gens de la mer, qui, les jours de famine n'hésitaient pas à manger du fou de Bassan, oiseau à la chair de canard au goût de...poisson.

Cédric nous a parlé avec passion d'un "nord movie" d'Arto Paasilina : Les Mille et une gaffe de l'ange gardien Ariel Auvinen. Un livre qui vous fait quitter la terre !

Noëlle aime les livres qui redonnent espoir, on le sait ! Surtout quand elle a passé l'été à lire les thrillers les plus noirs ! Elle nous a parlé d'un roman d'Agnès Ledig : Marie d'en haut. Un policier se fait muter en montagne, dans le but de gagner plus d'argent, pour aider sa mère. C'est là que se produit une rencontre improbable telle que Noëlle les adore : il tombe amoureux de Marie, une belle fermière...De quoi nous réchauffer !

Elle évoque aussi un livre qui parle de solitude, mais aussi de politique et des médias, mais qui n'est pas imprimé. On peut cependant le télécharger pour le lire en ligne ou l'imprimer à cette page : http://bahencore.blogspot.fr/p/carte-mere-roman.html

Robert nous parle de son projet de guide du routard d'Audincourt. Il souhaite avoir notre avis sur la question et nous soumet un questionnaire.

Christiane nous présente un livre pour la jeunesse qui peut se lire de 7 à 77 ans (et même plus) : La Rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat. Les deux tomes, dont elle nous lit les premières pages nous emmènent dans un voyage fantastique à la recherche de l'eau qui empêche de vieillir...Une idée cadeau pour Noël ?

Je vous ai présenté un livre surprenant : Le Bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon. Nous nous retrouvons dans la peau d'un adolescent autiste qui mène une enquête et qui nous entraîne dans sa vision du monde tellement personnelle...

Enfin, Jean-Louis, nouveau venu au café littéraire nous parle d'un essai de Sophie Coignard : Le Nouveau mal français qui fait écho à un livre d'Alain Peyrefitte. Une analyse des blocages de notre pays...à lire avec parcimonie tant cela semble noir...

À NOTER : NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS !

Mercredi 29 novembre : atelier d'écriture à la Louisiane à 20h. Denis nous a trouvé de nombreuses expressions d'argot. Le but du jeu : en deviner le sens ou...l'inventer !

Mardi 16 janvier : café littéraire à 20h à la Louisiane.

Céline





lundi 23 octobre 2017

Compte-rendu du café littéraire #26

Nous étions 11 ce mercredi pour partager nos lectures.

C'est Édith qui a commencé, en nous parlant de L'Amour et les forêts d'Éric Reihnardt. C'est une histoire classique quand on est lecteur : il y a toujours un moment où l'on a plus rien à lire et où l'on tombe sur un roman. C'est dans la chambre de sa fille qu'Édith a trouvé celui-ci. Les phrases longues, les longues descriptions ne l'ont pas découragée et elle a finalement aimé l'histoire sombre de cette femme aux prises d'un mari pervers narcissique, qui va s'évader pour une demi-journée de liberté qui la conduira à sa perte...Pessimiste mais beau...Comme à son habitude, Édith va maintenant lire d'autres romans du même auteur !

Catherine nous a présenté un roman policier, tout d'abord, Fais-le pour maman, de François-Xavier Dillard. Comme elle l'a trouvé très bon, elle ne nous en a rien dit de plus, pour ne pas dévoiler l'intrigue ! À vous de lire !

Ensuite, elle nous parlé d'un roman de Delphine de Vigan : D'après une histoire vraie. C'est l'histoire de l'emprise d'une femme sur une autre. Le livre qui a inspiré un film à Roman Polansky (qui sortira bientôt) a donné à Catherine l'envie de lire Plus rien ne s'oppose à la nuit.

Diana, qui venait pour la première fois, nous a présenté la BD de Pénélope Bagieu : Les Culottées. Diana, qui est documentaliste dans un collège, proposera bientôt ce livre à ses élèves. Elle a aimé la manière efficace avec laquelle l'auteur présente des femmes au destin exceptionnel, des femmes qui ont eu la liberté et l'audace de faire ce qu'elles voulaient de leur vie, en quelques pages.

Rosemay a apporté deux livres : Déshonorée de Muktar Mai et Maman a tort de Michel Bussi.

Elle a adoré le premier : il s'agit d'une histoire vraie, terrible. Au Pakistan, une jeune femme est condamnée a être violée par tous les hommes de son village parce que son frère a été vu avec une femme d'un autre clan. De cette injustice, Muktar va tirer sa force et mener un combat en faveur des femmes en attaquant ses bourreaux en justice et en plaidant pour l'éducation et l'émancipation des femmes. Elle sera élue femme de l'année aux Etats-Unis en 2004. Elle n'est pas sans nous rappeler une autre Pakistanaise célèbre : Malala Yousafzai...

Rosemay, par contre n'a pas du tout apprécié le second livre, qui n'est visiblement pas le meilleur de Michel Bussi...

Denis V. nous a présenté un hors série du Monde sur Barbara...Beaucoup de photos de la chanteuse, mais aussi des paroles de chansons...S'il y a une frontière entre la poésie et la chanson, elle est bien mince, parfois ! Denis nous a lu un petit texte de Barbara :
« Je ne suis pas une grande dame de la chanson,
Je ne suis pas une tulipe noire.
Je ne suis pas poète,
Je ne suis pas un oiseau de proie.
Je ne suis pas désespérée du matin au soir.
Je ne suis pas une mante religieuse,
Je ne suis pas dans les tentures noires.
Je ne suis pas une intellectuelle.
Je ne suis pas une héroïne,
Je suis une femme qui chante ! »

J'ai présenté le dernier roman de Marie Darrieussecq, Notre vie dans les forêts. Un roman de science fiction, dont on ne comprend le tableau qu'il trace de manière fragmentaire qu'en arrivant à son terme. C'est une manière aussi d'évoquer l'avancée des technologies actuelles : le fait d'être connecté en permanence, le clonage à visée médicale...sur fond de disparités économiques. Effrayant mais très efficace.

Guy nous a présenté un texte de Christian Bobin, L'Homme-joie. C'est un travail empreint de poésie et de spiritualité chrétienne qui donne à réfléchir...
"Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis, l'ouvrir."

Fabienne a lu Wild de Cheryl Strayed. C'est l'histoire vraie d'une femme qui décide de partir pour se retrouver. Elle décide de tout laisser, de ne garder que quelques affaires pour prendre le chemin des crêtes du Pacifique, à pieds. Elle narre ses difficultés, mais aussi ses bonheurs, elle en profite pour faire le point sur elle, sur ses blessures, entre rire et larmes. Une histoire très forte que nous recommande Fabienne !

Christiane, enfin, nous parle des Enfants de l'école du diable, récit terrible des orphelins qu'on plaçait au bagne...Pire que les Misérables...

Elle nous évoque un roman beaucoup plus lumineux, Les Délices de Tokyo, dont bon nombre d'entre nous a vu l'adaptation au cinéma. Durian Sukegawa nous fait saliver en décrivant les recettes aux haricots rouges des pâtisseries japonaises...

Pour finir, elle a lu aussi le roman familial Bourgeois d'Alice Ferney, qu'elle a beaucoup apprécié.

Deux dates à retenir : 

Le prochain café littéraire aura lieu le 22/11 à 20h, toujours à La Louisiane. Merci à Nanou de nous accueillir, toujours aussi chaleureusement !

Le prochain atelier d'écriture sera le 29/11, à 20h aussi, dans le même salon de thé !

A bientôt ! Lisez-bien !

Céline.




mercredi 18 octobre 2017

Compte-rendu du café littéraire #25

C'était un café littéraire de rentrée, avec un invité surprise !

Le tour de table habituel a commencé avec Elizabeth, qui nous a présenté deux livres :

- Mémé de Philippe Toréton, que Véronique nous avait déjà présenté il y a quelques mois. L'acteur écrivain rend hommage à sa grand-mère : "Mémé, c'est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose."
- Oui, mais quelle est la question ? de Bernard Pivot. L'ancien animateur de Bouillon de Culture constate que "Pour (son) malheur, le questionnement grâce auquel (il s'est fait) un nom dans la presse écrite, à la radio, à la télévision s'est étendu à (sa) vie privée..." "Je suis atteint de questionnite..." se plaint-il ! Elizabeth commente la drôlerie de la situation.

Guy est intervenu ensuite en expliquant les avantages et les inconvénients d'une liseuse numérique. Il regrette que la structure des pages, des paragraphes disparaissent même si par ailleurs, l'agencement des lettre est parfois plus confortable. Il nous présente ensuite quelques lectures de chevet :

- Les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, dont la dernière édition est parue aux éditions Gallimard, en version bilingue, en 2016. Le destinataire est Franz Kappus, jeune poète de 20 ans devenu écrivain, nouvelliste et éditeur. Ces lettres dont on devine par les réponses les interrogations de Franz Kappus sont universelles : "Il n'existe qu'un seul chemin, rentrez en vous-même, cherchez la raison qui au fond vous commande d'écrire...""Quelques livres me sont indispensables, où que je sois, ils sont à mes côté : la Bible et les livres du grand poète danois Jens Peter Jacobsen (1847-1885)"
- Guy nous présente alors Mogens : nouvelles, de ce poète danois. "C'est un très bon styliste : son esthétisme post-romantique le fait rencontrer un premier amour qui se termine tragiquement"... Après cette fin tragique, il retrouvera les valeurs indispensables qui donneront un sens à sa vie en rencontrant une deuxième fois l'amour. Il cherche également à transposer dans sa poésie, la beauté du monde.

Denis F ouvre un livre-disque de poésie : 20 poètes du monde entier, choisis par Thierry Machuel, accompagné par un groupe musical et instrumental "Territoire du souffle". Denis a choisi de nous lire ce poème : "Terrien sans visa de séjour". Si la musique et les chants sont absents, le silence qui suit cette lecture nous met en résonance avec des événements actuels.

Denis V présente une revue hors-série du Monde, coéditée avec les Éditions Garnier, Mille Mémoires, Instants d'histoire. 110 document d'archives qui rendent l'histoire vivante, de Jeanne d'Arc à la Ve République. Quelques exemples ? Les charrettes de Picpus, en 1794, les Etats-Unis d'Europe de Victor Hugo, en 1849, la dernière lettre de Jean Zay à son épouse, le 19 juin 1944. Chacun feuillette l'édition à son gré et est sensible à des exemple différents.

Christiane nous présente plusieurs ouvrages :
- Le Tour du Monde du Roi Zibeline de Jean-Christophe Rufin. Ce récit de vie aventureuse, fantastique, pleine d'inattendu et de fantaisie s'inspire d'un personnage du XVIIIe siècle.

- La Ville faite par et pour les hommes de Y. Raibaud, aux Éditions Belin. Christiane nous lit la 4e de couverture : "Des noms d'hommes sur les plaques à tous les coins de rue, des loisirs qui profitent en priorité aux garçons, des transports insensibles aux spécificités de genre, sans oublier la culture du harcèlement, la ville se décline au masculin. Elle renforce les inégalités entre les femmes et les hommes et en crée de nouvelles et montre qu'il est possible de la rendre plus égalitaire, l'usage de la ville est mixte et travailler pour le mieux des femmes, n'est-ce pas travailler pour tous ?"

Christiane nous parle aussi que de quelques livres de Christian Signol.

Édith, ensuite, évoque des deux livres de notre invité : Claude Dubois, qui prendra la parole à la fin de la soirée.
- Julien est son premier livre édité.
- Les disparus de Capo de Féno.
Édith a été particulièrement sensible à ce dernier livre qu'elle nous avait d'ailleurs présenté en juin.
Touchée directement par ce roman, elle connaît la réalité du fait divers dramatique, elle accompagne dans les démarches les parents de cette jeune femme disparue.
 
Édith nous a aussi présenté Le Jour d'avant de Sorj Chalandon, aux éditions Grasset. Il a pour cadre le bassin minier, Nord Pas-de-Calais pendant la catastrophe de Liévin (41 morts). Le père du narrateur dit à son fils avant sa mort : "Venge nous de la mine". Il laisse une veuve et deux fils. Le plus jeune admire son père et aimerait être mineur. Le jour de la catastrophe, annoncée par la sirène, les femmes et les enfants de la fosse se pressent aux grilles du carreau du puits de Liévin et c'est l'attente tragique. Son frère est blessé mortellement. Changement de chronologie, le jeune frère assumera la vengeance contre la mine, les houillères et l'ingratitude envers les hommes qui ont usé leur vie et leur corps pour la production du charbon, par respect pour la mémoire de son père et de son frère.

Enfin, Claude Dubois a terminé la soirée en nous parlant de son travail. Il trouve son inspiration sur des sujets dont on ne parle jamais. C'est un drame intime qui fait l'objet de son premier roman, Julien : "Dans le contexte des années trente, Julien, quatrième enfant d'une famille de paysans montagnards, prend conscience au fil des ans qu'il n'est pas fait comme les autres hommes. Bien que doté d'une intelligence et d'un physique au-dessus de la moyenne de ses congénères, il ne peut pas s'affirmer complètement, relativement à la taille de son organe génital, si petit qu'il installe en lui un complexe rédhibitoire qui va lui pourrir la vie. Il ne pourra jamais connaître la plénitude d'une relation sexuelle réussie. Toute sa vie, tous ses actes, seront conditionnés par ce besoin inassouvi. Il ira jusqu'au bout de son calvaire. Il connaîtra l'injustice, l'amour, la haine et la rancœur. Une vie entière à vouloir être un homme et ne jamais le devenir. Et pourtant, les femmes l'attiraient."


Son second roman revient sur un fait divers, la disparition de Sophie dans les années 80 dans le maquis corse, alors qu'elle allait chercher du secours pour son ami blessé : nous en avons déjà parlé lors de précédents cafés littéraires. La rencontre avec l'auteur permet de poser quelques questions.

Tout d'abord, une question de déontologie s'impose. Écrire un roman sur une disparition non élucidée, lorsque des parents sont encore vivants exige leur accord. Ils ont répondu positivement.

Le roman stimule l'imagination du lecteur pour savoir ce qu'est devenu la disparue : enlèvement, meurtre, prise d'otage, séquestration...Si certaines de ces hypothèses ont été évoquées pendant l'enquête, le livre a le mérite de sortir de l'oubli ce fait divers tragique et révèle les qualités littétaires de l'écrivain.

Vous pouvez trouver ses romans à cette adresse : https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/841209/#.WedR0IZpHLI


Nous nous séparons sans oublier d'annoncer la date du prochain café littéraire :
Mercredi 18/10/2017 à 20h.  
Compte-rendu rédigé par Denis V.

mardi 23 mai 2017

Compte-rendu du Café Littéraire #23

Café littéraire très intime pour cette 23ème édition, puisque nous n’étions que huit. 

 Denis V. était venu avec le Bouquet des expressions imagées de Claude Duneton et Sylvie Claval. L'originalité de cet ouvrage, devenu un classique, est de traiter les expressions imagées en suivant un classement à la fois thématique et chronologique, qui permet de suivre l'évolution des perceptions, idées et sentiments qu'elles traduisent. Cette édition, revue, corrigée et augmentée par Sylvie Claval, qui œuvra aux côtés de Claude Duneton à la première, parue en 1990, comporte environ 3 000 nouvelles expressions, anciennes ou actuelles. La meilleure illustration qui soit des richesses inépuisables et de la vitalité permanente d'une langue qui ne cesse d'être inventive. Denis ouvre une page au hasard et nous lit les expressions qui reflètent une erreur, intéressant mais…. Quand Denis signale qu’il y a le mot sexe, les dames réclament quelques exemples, ce sera plus drôle ! En voici quelques-uns à la volée pour désigner le membre masculin, branche de corail (poétique), laboureur de nature (pourquoi pas), le doigt qui n’a pas d’ongle (heureusement) et bien d’autres encore… On a enrichi notre vocabulaire.

Anne-Marie a été séduite par Les chaussures italiennes d’Henning Mankell, sa plus belle œuvre, d’après le Nouvel Obs. A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption. Anne-Marie, qui vient d’apprendre qu’il existe une suite Les bottes suédoises va s’empresser de le lire.

N’ayant pas lu de roman exceptionnel ces derniers temps, j’ai apporté deux livres d’une collection très sympathique qui s’appelle Dictionnaire insolite de… aux Editions Cosmopole. J’ai acheté Le Vietnam et Barcelone, parce que ce sont deux endroits que j’ai beaucoup aimés, mais il existe bien d’autres lieux dans la collection. Le format dictionnaire permet une lecture fractionnée, on peut y grappiller en désordre, ou du moins dans l’ordre qui sied au lecteur. Les entrées sont pertinentes et les informations fournies sont riches et utiles. Ce ne sont pas des guides de voyage, car on n’y trouve pas de quoi se loger ou préparer une visite. Mais ils offrent néanmoins une préparation, plus intérieure, et des clés de compréhension au dépaysement. De petits livres à offrir ou à s’offrir.

Catherine souhaite nous parler du roman Les haines pures d’Emmanuelle Locatelli. Juillet 1945. Gabrielle, 26 ans, revient en Provence dans la ferme familiale qu'elle a fuie quelques années plus tôt. Elle y retrouve sa mère et sa sœur cadette, Louise, une jeune fille instable et fragile. Entre temps il y a eu la guerre, les souffrances, la Libération et la mort de ses voisins, les Roccetti, massacrés un jour d'été 1944. Lorsque débarque dans le mas des italiens un locataire un peu trop curieux, Gabrielle commence à s'interroger avec lui sur les étranges entrelacs qui semblent relier son entourage à cette tragédie. Un roman sombre et fascinant sur l'après-guerre, ses traumatismes et ses mensonges mais aussi sur les haines tenaces qui couvent dans le cœur des hommes. Emma Locatelli, écriture épurée et trame narrative parfaite, explore à la manière de Sébastien Japrisot et Philippe Claudel, la noirceur de l'âme humaine et les blancs de l'Histoire. Catherine a beaucoup aimé ce livre jusqu’à la page 375, mais n’aurait jamais dû lire le dernier chapitre qui l’a beaucoup déçue. Elle trouve que la fin n’est pas cohérente avec le reste du livre. A lire pour se faire une opinion…

Edith a lu la trilogie d’Elena Ferrante, et quand elle aime un auteur elle ne compte pas, elle lit toutes ses œuvres. Cette trilogie est un véritable phénomène littéraire. L'Amie prodigieuse, raconte le parcours de Lila Cerullo et Elena Greco, adolescentes inséparables. Avec elles, nous traversons les années 1960 à Naples, où le déterminisme social n'est pas un vain mot. Lila et Elena ont chacune leur méthode pour tenter d'échapper à la soumission patriarcale et à la pauvreté des bas quartiers. La brillante et provocante Lila abandonne l'école pour se marier avec un homme riche. Elena, elle, poursuit ses études et rompt avec le passé en quittant la ville. Edith nous dit que parfois il ne se passe rien pendant une dizaine de pages, que de la description, et pourtant on est fasciné. D’ailleurs elle ne résiste pas au plaisir de nous en lire un extrait.

Yvonne nous présente un livre de Leon Morell Le ciel de la Chapelle Sixtine. Marqué depuis sa plus tendre enfance par une rencontre avec Michel- Ange, Aurelio, un jeune paysan d'une rare beauté, se rend à Rome pour se mettre au service du plus grand artiste de son temps. À 33 ans, Michel-Ange s'estime davantage sculpteur que peintre ; pourtant, Jules II, le « Papa terribile » de la Renaissance, s'obstine à lui confier la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine. Juché sur un échafaudage à 18 mètres du sol, sa barbe tournée vers le ciel et la peinture dégoulinant sur son visage, Michel-Ange réussit le tour de force de réaliser ces fresques qui feront sa gloire. Une prouesse qu'il doit essentiellement à l'indéfectible soutien d'Aurelio, sa muse, mais également à la réalisation en parallèle d'une mystérieuse commande qui pourrait bien lui coûter la vie : une sculpture de l'un des personnages les plus sulfureux de la cité éternelle. Sans jamais s'éloigner de la vérité historique, Léon Morell retrace la période romaine de Michel-Ange, quatre années durant lesquelles, entre jalousies et luttes de pouvoir, il aura su créer l'un des plus grands chefs d'œuvre de la peinture de la Renaissance italienne. Un roman haletant, à mi-chemin entre la biographie et le thriller, décrivant sans compromis l'ambiguïté d'une Rome entre grandeur et décadence. Yvonne craignait que ce soit ennuyeux, mais c’est un livre passionnant.

Enfin Céline a lu Petit pays de Gaël Faye, livre qu’elle a beaucoup aimé, mais dont nous avons déjà parlé lors d’une de nos rencontres. Gaël Faye, qui est aussi rappeur, doit venir prochainement à Rencontres et Racines. Elle espère qu’il fera une petite visite à la librairie. Céline a repris un livre plus classique Le livre de ma mère d’Albert Cohen. Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. C'est l'évocation bouleversante d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour. Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu'il s'adresse à lui-même lorsqu'il pense à telle circonstance où il s'est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. "Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis." Un livre très beau, très poétique, d’après Céline qui nous en lit un extrait.

Bernadette

Le prochain café littéraire a été fixé au Mercredi 14 juin

mercredi 3 mai 2017

Compte-rendu du café littéraire #22

Nous étions une quinzaine de lecteurs pour ce 22ème café littéraire qui s’est tenu à la Louisiane.

Après un tour de table pour se présenter car certains venaient pour la première fois, c’est Yvonne qui a pris la parole pour nous parler d’un livre de Blandine Le Callet, La ballade de Lila K, livre qu’elle n’a pas pu lâcher. Elle n’aime pas spécialement la science-fiction et pourtant elle a adoré ce roman. La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité. Dans ce roman, on navigue entre deux mondes, un monde aseptisé et le monde d’avant (c'est-à-dire celui d’aujourd’hui).

Yvonne nous a brièvement parlé des romans qu’elle a traduits du néerlandais (sa langue maternelle) au français. Elle vient de terminer la traduction du roman Le combat de l’ombre après Un papillon dans la tempête deux polars de Walter Lucius.

 Edith, fan inconditionnelle de Philippe Besson nous a présenté son dernier livre Arrête avec tes mensonges, Barbezieux, 1984. Le lycée charentais, les adolescents en jean ajusté, la terminale C et, l'année prochaine, l'espoir de poursuivre des études à Bordeaux pour échapper à cette ville « vouée à disparaître ». Philippe a 17 ans et ne se doute pas encore qu'il deviendra écrivain. En revanche, il sait depuis l'âge de 11 ans qu'il préfère les garçons. Cet hiver-là, il tombe amoureux de Thomas. Une passion réciproque, un amour impossible mais inoubliable. C’est un livre plein de sensibilité et de souffrances qui a touché Edith. Deux époques différentes s’y côtoient, les années 80 et aujourd’hui.

 Catherine a lu deux livres qui lui ont plu, surtout parce qu’ils se passent en Franche-Comté et rappellent des endroits connus, comme la résurgence du Doubs. Le premier L’origine du crime de Sébastien Lepetit est un polar tournant autour du tableau de Courbet « L’origine du monde ». Une toile de Gustave Courbet volée dans un musée, un peintre qui meurt avant même d'être interrogé par la police, un trafic de faux tableaux, une veuve troublante à bien des égards... Mensonges et faux-semblants, ce n'est plus une enquête, c'est un casse-tête ! C’est là que le Commissaire Morteau entre en action, Morteau comme par hasard !

Le second est le livre d’Isabelle Bruhl-Bastien, Résurgence, l'histoire du destin croisé de deux femmes, Mathilde et Aurore. Cette dernière mène une double enquête en suivant son intuition et en écoutant son cœur fraîchement greffé. Elle revient ainsi sur l'histoire de Mathilde rencontrée dans une librairie quelques mois plus tôt. Aux prises avec de vieux démons enfouis, elle se retrouve dans un tourbillon d'intrigues qui la mènent de Lyon à Belfort, en passant par Nancy, puis Saint-Pétersbourg.

 Véro a été touchée par le livre de Philippe Torreton, Mémé, dans lequel il dresse le portrait amoureusement ciselé de sa grand-mère, Denise, femme de peu de biens mais de beaucoup de cœur. Ecrit sept années durant, le pouce sur l'iPhone, dans les trains, les avions, Mémé dessine à petites touches l'univers modeste de Denise Porte, la « Mémé Alain » de Triqueville, décédée en 2005. Un livre qui réveille des souvenirs en chacun de nous et qui ne peut laisser indifférent, c’est très bien écrit, ce qui ne gâche rien.

 Jean-Daniel montre le début du petit guide d’Audincourt préconisé par Robert, qui en a fait un prototype en écrivant les deux premiers chapitres. Robert rebondit sur cette présentation pour réaffirmer son projet.

Denis V. est volontaire pour s’attaquer à un autre chapitre. Avis aux amateurs…

 Pour ma part, j’ai apporté deux petits livres très drôles que l’on m’a prêtés. Le premier est de Thierry Maugenest et s’intitule Les rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, un petit livre désopilant, irrévérencieux, farfelu et littéraire à souhait. S'adressant précisément aux passionnés des belles-lettres et à tous ceux que l'écriture démange, Les rillettes de Proust se font fort de leur délivrer moult conseils avisés afin d'obtenir le label tant convoité de "grantécrivain". Résultat : cinquante "fiches-conseils" pour apprendre à taquiner la Muse, en trouvant aussi bien le "mot juste" qu'en évitant pléonasmes et adverbes inutiles.

 Le second Cher auteur… de mes jours infortunés est de Jacques Géraud. Vingt-quatre personnages, très divers et pour la plupart très connus, douze de chaque sexe, de Julien Sorel à Meursault, de Phèdre à Zazie, de Molloy à Jean Valjean, de la Blanche-Neige du conte au Corbeau de la fable, prennent tour à tour la plume pour dire à leur auteur, familièrement tutoyé, tout le mal qu’ils pensent de leur rôle, leur état, leur emploi, leur destin ! On sourit et on compatit à la lecture de ces missives essentielles à la compréhension de la littérature selon saint Lagarde et Michard. Et vous suivrez les vingt-quatre personnages sur le chemin où ils jouent à s’inventer une deuxième vie. De plus ces opuscules sont joliment confectionnés "à l'ancienne", en papier velin dont les pages ne sont pas massicotées.

 Denis V. a apporté une nouvelle revue trimestrielle qui s’appelle America, revue consacrée à l'Amérique des années Trump vue par les écrivains. Si America ne veut exister que pendant les années de l'administration Trump, la revue ne se présente pas cependant comme une revue d'actualité politique. Clairement, elle proposera des reportages, des enquêtes, des grands entretiens et des chroniques, le tout "signé par les meilleurs écrivains français et américains", indique François Busnel dans son éditorial. America salue dans son premier numéro Sinclair Lewis, Bret Easton Ellis et Philip Roth, trois auteurs américains qui "nous avaient bien dit" dans leurs récits qu'un président comme Donald Trump serait élu.

 Françoise dont c’était le premier café littéraire, nous parle avec enthousiasme du livre de Guillaume Gallienne et Laura El Maki Un été avec Victor Hugo, passer un été avec Victor Hugo ce n'est pas seulement se reposer à l'ombre d'un géant mais aussi voyager en sa compagnie, aimer jusqu'à l'épuisement et partager son sens de l'humour loin de l'image scolaire. Ce livre présente l’auteur sous toutes ses facettes, et Françoise nous dit que dès qu’on l’a posé, on a envie de se replonger dans les œuvres de ce grand auteur.

 Denis F, de retour parmi nous après une longue absence, ne résiste pas au plaisir de nous lire un passage du livre Les rillettes de Proust, qu’il était en train de feuilleter. Il s’agit d’un passage de « Roméo et Juliette », traduit par un ordinateur. C’est là qu’on mesure toute l’importance du traducteur, et du travail effectué par notre amie Yvonne. Sinon il a lu ou relu Cesare Pavese, le 27 août 1950, dans une chambre de l'hôtel Roma, à Turin, Cesare Pavese se tuait en absorbant une vingtaine de cachets de somnifère. Sur ce suicide, il n'y a pas de meilleure explication que le journal intime découvert après sa mort Le métier de vivre. Denis trouve que ce livre n’a pas pris une ride et qu’il est très actuel. Il nous parle encore d’un livre plus philosophique Liens qui lient, liens qui tuent de Jean-Claude Maes, un livre sur l’emprise et ses dérives. L’ouvrage, sérieusement documenté et dénué de bavardages inutiles ou ennuyeux, apporte une multitude d’informations. Sa réflexion stimule par la confrontation dynamique des nombreux modèles qui s’y trouvent convoqués. Ici, les psychanalystes de tous bords croisent, les thérapeutes de famille de tous poils, dans un compagnonnage fait d’anthropologues, de linguistes, de sémioticiens et de philosophes. Un livre qui donne envie d’explorer une problématique qui par sa nature même pourrait parfois nous inviter à s’en détourner. 

Noëlle qui aime les livres qui font du bien (comme on la comprend !) a lu Debout les vieux d’Ondine Khayat. Léonce a beau avoir 72 ans, être mise à la retraite du jour au lendemain lui reste en travers la gorge. Et puis que va-t-elle faire de ses journées, de sa solitude, des souvenirs – douloureux – qui remontent à la surface ? Soudain, elle se sent vieille, et inutile... ce qui n'arrange en rien son mauvais caractère. Qu'à cela ne tienne, ses voisins de la Résidence des Mouettes décident de la sortir de ce début de dépression… C’est drôle, mais aussi émouvant. Elle a également beaucoup aimé Les yeux des chiens ont toujours soif de Georges Bonnet. L’auteur nous relate la rencontre d'Émile et Louise, septuagénaires jusqu'alors solitaires et confinés entre appartement, jardin public et cimetière, mais finalement sujets aux plus intenses débordements du cœur. Ces êtres - auxquels il ne doit, en principe, plus rien arriver - sont vulnérables à l'amour, à ses joies comme à ses peines, quand même il ne leur viendrait pas à l'esprit de nommer le sentiment qui les traverse et les rend à la vie. Des livres qui remontent le moral !

Enfin Céline a clôturé la séance avec Comment ne pas tuer une araignée d’Alex Epstein. Les énigmatiques histoires d’Alex Epstein sont de petits poèmes en prose, parfois d’une seule ligne, souvent de moins d’une page. 87 fictions ironiques et philosophiques à la fois, qui peuvent se lire d’un trait ou bien se savourer à petites gorgées. Drôles de paraboles mêlant fréquemment l’histoire à l’imaginaire, elles explorent des thèmes liés aux anges, au mysticisme, à la mythologie, aux livres, à différents voyages, à la géographie, aux animaux mystérieux… Leur brièveté, qui a pour effet d’obliger le lecteur à concentrer son attention, lui fait aussi prendre conscience de tout ce qui peut être dit en si peu d’espace.

 Le prochain café littéraire aura lieu le mardi 9 mai