Cette fois ce n’est pas un polar que Fabienne nous présente, mais un livre de Cédric Sapin-Dufour, auteur déjà évoqué ici avec « Son odeur après la pluie », Où les étoiles tombent est également un roman d’inspiration autobiographique. Un vol en parapente, un instant de liberté, un moment suspendu, puis la chute qui bouleverse une vie. Dans ce livre, l’auteur raconte l’accident de son épouse Mathilde et le long chemin de la reconstruction. Il offre au lecteur une écriture très poétique, où chaque mot est choisi avec justesse. Doute, peur et soulagement ne cessent de s'entremêler, dans un récit intime et poignant.
Martine a eu un coup de cœur pour le livre de Maylis de Kerangal, Jour de ressac, c’est une autrice qu’elle aime beaucoup, depuis qu’elle l’a découverte avec « Naissance d’un pont ». Un jour l’héroïne reçoit un appel du Havre, ville où elle a grandi, tout comme la romancière. Un cadavre a été retrouvé avec son numéro de téléphone dans les poches et elle doit y revenir pour répondre aux questions de la police. Ce retour aux sources va l’amener à revisiter son passé. Un récit qui happe et projette dans la ville du Havre, personnage à part entière, un roman qui s'ouvre comme une enquête criminelle et se referme comme une enquête intime. Martine se demandait pourquoi cette ville, pas si belle que ça, l’avait autant touchée, et bien l’auteur a mis des mots sur ce qu’elle avait ressenti, avec des descriptions magnifiques. On a vraiment envie de le lire !
Françoise, pour des raisons personnelles, a eu besoin de se replonger dans un écrit d’Albert Jacquard, Etre humain ? Ce texte est issu d'une conférence prononcée à Mouans Sartoux lors du festival du livre 2003, une ville très engagée dans le développement durable. Ce grand homme disait : « Je pense qu'il n'est pas trop tard et qu'il nous faut redéfinir l'être humain, n'est-ce pas là mon travail de professeur d'humanistique ». Françoise en a ressorti une certain nombre de phrases qui, pour elle, sont des aphorismes universels. En voici quelques exemples : « La véritable activité de l'homme consiste à se construire soi-même en rencontrant les autres ». « L'humanité n'est pas seulement l'addition de six milliards d'êtres humains, mais la mise en commun, par eux, de leurs angoisses et de leurs espoirs ». « Ce n'est pas le temps qui permet les évènements, ce sont les évènements qui en se succédant, provoquent l'existence du temps ».
Un homme que Françoise avait rencontré il y a 35 ans, et qu’elle avait trouvé captivant. C’est philosophique, mais très accessible, et ça remet les pendules à l’heure.
Christine nous revient avec un livre de Didier Van Cauwelaert, intitulé L’intelligence naturelle. sous-titré : quand le génie du vivant surpasse l’IA. Dans cet ouvrage, il déplore cet engouement pour l’Intelligence Artificielle, et nous invite à redécouvrir les pouvoirs extraordinaires de l’intelligence naturelle, dont les végétaux et les animaux, eux, n’ont jamais perdu l’usage. Bactéries communiquant par télépathie, plantes capables d’anticiper nos actions ou de reconnaître un agresseur, chiens et chats qui nous sauvent d’un péril dont ils ont eu le pressentiment, guérisons inexpliquées, rêves qui influencent la réalité, consciences qui fonctionnent en dehors du cerveau… Ce qui a particulièrement amusé Christine, ce sont ces bactéries capable de digérer et de faire disparaître les Trabant, ces voitures fabriquées en Allemagne de l’Est. Menant une enquête scientifique rigoureuse au fil de récits à couper le souffle, l’auteur montre combien notre soumission à l’intelligence artificielle nous aveugle sur les merveilles qui nous composent et nous entourent. Un livre époustouflant ! Christine veut juste ajouter deux mots pour une BD, Les grandes oubliées de l’histoire de Titiou Lecoq, qui rend hommage à toutes ces femmes qui ont joué un rôle dans l’Histoire, mais qui en ont été effacées.
Si nous avons déjà évoqué Olivier Norek, et ses « Guerriers de l’hiver », c’est d’un autre roman Entre deux mondes, dont Danielle souhaite nous parler. Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu'il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n'y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d'intervenir, aidé de Bastien, un policier français. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. Un polar captivant, qui se joue à Calais, sur le chemin qui mène du Moyen Orient à l'Angleterre. C’est terrifiant, mais l’auteur arrive néanmoins à y mettre un peu d’humanité. Autre lecture, Les reines du bal de Corinne Hoax, C'est une résidence pour personnages âgées. Elle est ici, elle pourrait être là, ou encore ailleurs. C'est cet endroit universel où nous parquons nos vieillards. En l'espèce, nos vieillardes. Elles se nomment Madame Prunier, Madame Spinette, Madame Pincemin, Madame Simonart... Elles forment le petit peuple inquiet, mordant, radoteur, jaloux, égaré, arthritique et parfois un peu toqué de la résidence des Pâquerettes. Corinne Hoax raconte les épiques aventures minuscules des reines de ce bal où nous finissons tous par être invités un jour. C'est grinçant, émouvant, cocasse, drôle et totalement inattendu !
Isabelle poursuit dans son cycle Cécile Coulon avec Le visage de la nuit, une histoire très originale. L’auteur met en scène un enfant marqué par la maladie, devenu presque invisible aux yeux des hommes. Depuis qu'il a survécu à une fièvre mortelle, personne n'a vu son visage. Chaque nuit, l'enfant quitte le presbytère où il a été recueilli et s'enfonce dans les bois. Sous la lune, la forêt devient son territoire. Cette vie clandestine le protège du regard des autres. Alors qu'il entre dans l'adolescence, une jeune fille apparaît parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hanté par des haines ancestrales. Mais elle aussi porte un secret et rêve d'échapper à l'avenir qui lui est promis. L'écrivaine déploie une écriture poétique, explorant la monstruosité comme construction sociale et intime. Le récit, à la lisière du conte et de la tragédie, interroge sur l'adolescence, la violence et le désir. Un vrai coup de cœur ! Et après ça, un petit roman qui fait du bien, Raphaëlle Giordano avec Le bazar du zèbre à pois. Basile, inventeur au génie décalé, vient d'ouvrir une boutique comme il n'en existe pas, une boutique d'objets provocateurs. Un lieu à vivre et à rêver dans lequel prennent place des créations pleines d'humour et de poésie qui bousculent les habitants de cette petite ville conventionnelle où il a grandi. Un livre frais et amusant.
Jeanine est entrée dans une période « petits livres », qui se lisent vite, enfin pas si vite que ça, car c’est dense. Tout d’abord un livre d’Eve Guerra, RapatrieMENT, d’inspiration autobiographique. Annabella Morelli, vingt-trois ans, habite dans le Vieux Lyon, loin du Congo-Brazzaville où elle est née. Elle est étudiante, amoureuse et se rêve poétesse. Ses parents, un ouvrier franco-italien exilé en Afrique et une villageoise congolaise, devenue mère trop jeune. Au Noël de ses sept ans, la colère de son père explose et sa mère quitte le domicile familial. Annabella grandit vite, dans l'ombre de son père et de ses excès. Lorsqu'elle apprend la mort de ce dernier, resté en Afrique, son monde s'effondre pour la deuxième fois. Confrontée à la question du rapatriement du corps en France, Annabella enquête, se perd, fouille et démêle bien plus que ce qu'elle cherchait. Secrets de famille, mensonges, corruption. Un premier roman prometteur, mais épuisant émotionnellement… Autre petit livre peut-être également autobiographique, Du même bois, de Marion Fayolle, relatant la disparition du monde paysan. Dans une ferme isolée sur un plateau, Marion Fayolle suit une famille dont la vie se répète au rythme des saisons et du travail de la terre. Les chapitres courts composent un portrait de générations qui se succèdent, entre bêtes dans l’étable et souvenirs qui ruminent dans les têtes. Les « petitous », enfants et bébés, portent en eux un peu de leurs parents, de leurs grands-parents et des morts, comme une mémoire silencieuse faite de secrets et de transmissions cachées. Un roman étonnant avec ses quinze chapitres ressemblant à de courtes nouvelles, un livre empreint de poésie, que Jeanine nous conseille vivement.
Cédric a lu le livre prêté par Chantal, Haute-folie d’Antoine Wauters, dont elle nous avait parlé en février. Un livre qui lui avait plu pendant quelques chapitres mais qui, par la suite, l’avait laissée dubitative. Pour rappel, Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Le roman tente de répondre à plusieurs questions,
peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Cédric, lui, a beaucoup apprécié ce livre qui construit de la beauté sur le sordide, il nous en lit un petit passage. Dans le cadre de la semaine de la littérature étrangère, Cédric est en train de lire Beyrouth sur Seine de Sabyl Ghoussoub un roman qui a déjà été présenté deux fois. Alors qu’en 1975 ses parents décident de vivre à Paris pendant deux ans, le Liban sombre dans un conflit sans fin. Comment vivre au milieu de tout cet inconnu parisien quand tous nos proches connaissent la guerre, les attentats et les voitures piégées. Un livre plus que jamais d’actualité.
Pour Armelle, c’est un peu plus gai, le livre de Gilles Marchand, Les promesses orphelines, nous emmène au beau milieu des Trente Glorieuses, à la rencontre de Gino et de sa famille. A cette époque, on parlait d'un Aérotrain capable de battre tous les records de vitesse. Ça fait beaucoup rêver Gino, et bien qu’il n’aime pas du tout l‘école, il voudrait absolument faire partie de l’équipe qui va le concevoir. Il va donc devenir maçon pour participer à la construction de la ligne d’essai de 18km construite dans le Loiret, pour lequel notre modeste héros prête ses bras, mais le projet va être abandonné par Giscard d’Estaing. En parallèle il y a une histoire d’amour entre Gino et une petite fille, prénommée Roxanne. Ce qui est drôle dans ce livre c’est qu’entre chaque chapitre, il y a des réclames, publicité de l’époque. Entre nostalgie des inventions, amours impossibles et héros à contre-temps, Gilles Marchand fait vibrer le quotidien d’un garçon qui croit aux étoiles… et aux illusions. Un livre à la fois réaliste et fantaisiste, empreint de poésie.
Francine a tellement aimé L’homme qui lisait des livres de Rachid Benzine, que j’avais présenté et que je lui avais prêté, qu’elle s’est procuré cinq petits livres de l’auteur, qui l’ont beaucoup fait pleurer. Ainsi parlait ma mère et Le silence des pères parlent de l’immigration. Le premier met en scène un professeur de lettres, fils d’immigrés, qui veille au chevet de sa mère vieillissante et épuisée par la vie. Le second raconte la quête d’un fils pour retrouver le parcours de son père. Dans les années 1970, alors jeune homme de dix-neuf ans, il est venu travailler en France pour soutenir sa famille, dont il s’est éloigné. Dans Lettre à Nour on suit une jeune fille qui, au printemps de sa vie, choisit de quitter son père pour rejoindre en Irak un homme rencontré sur internet auquel elle s’était mariée en secret. Ce dernier, Akram, est un soldat de Daesh… Voyage au bout de l’enfance nous relate le parcours de Fabien, un petit garçon de Sarcelles, passionné de football, de poésie et de ses copains, dont la vie bascule lorsque ses parents partent en Syrie ...Enfin le dernier, Dans les yeux du ciel évoque le printemps arabe par une plongée lumineuse dans l'univers d'une prostituée qui se raconte, récit d'une femme emportée par les tourments de la grande Histoire. Cinq petits romans magnifiques portés par une écriture sublime.
C’est au tour de Thérèse accompagnée de sa liseuse, de nous parler de deux romans. Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre revient sur l’histoire de Milady, célèbre héroïne d’Alexandre Dumas. Une petite fille traquée qui garde secrète la mort terrible de sa mère et de sa nourrice, une enfant fière, poétique, qu'un prêtre plein de bonté décide de sauver. Elle devient une jeune fille assoiffée de connaissances et de lectures, puis une amante passionnée, trahie, et enfin une mère prête à tout pour son fils. Enfermée à jamais dans ce rôle éternel d’intrigante, d’empoisonneuse, de séductrice, il était temps d'écarter la légende pour rencontrer la femme. C’est juste une fiction qui vise à réhabiliter Milady. Thérèse qui aime beaucoup Eric-Emmanuel Schmitt, a lu La rivale, l'histoire secrète de Maria Callas, racontée par sa rivale la plus acharnée. Carlotta Berlumi, vieille dame oubliée, affirme avoir été la grande rivale de Maria Callas à la Scala et revendique une gloire passée que personne ne semble reconnaître. A travers ce personnage cocasse et inoubliable, l’auteur brosse, avec un humour et une malice incomparables, le portrait en creux d'une Maria Callas méconnue. Un roman riche d’anecdotes savoureuses sur le monde de l'opéra.
Enfin je termine avec deux livres, un roman de Jules Fournier, un jeune auteur franco-canadien dont j’avais noté le titre dans mon carnet de livres à acheter, Mal lunée. Après la mort de son père, Luna et sa mère déménagent. Déboussolée, la jeune fille peine à nouer des amitiés et trouve refuge dans les livres qu’il lui a laissés et que son parrain lui envoie régulièrement. Un soir d’ennui, elle ouvre son ordinateur et se filme en parlant de sa dernière lecture. Elle signe Mal Lunée et poste le tout sur YouTube. Comment une adolescente discrète devient-elle une star des réseaux sociaux ? C’est ce que nous explique l’auteur, lui qui a travaillé au sein d’équipes de stratégie chez YouTube et Google. Les affres de la popularité sont maintenant bien connues chez les influenceurs, pour qui vie publique et vie privée se confondent au point de parfois déraper. J’avais envie de me pencher sur ce sujet que je connaissais mal, et ce fut très intéressant. Le second est totalement différent, c’est un livre d’Olivier Bleys dont nous avons déjà parlé avec Antarctique. L’auteur est un grand marcheur et dans La leçon du brin d’herbe, il nous livre sa philosophie de la marche. On y apprend, entre autres, qu’il marche plus pour découvrir la faune et la flore que pour les hommes qui, pour lui, sont les mêmes d’un bout à l’autre de la planète. Il aime, quand c’est possible, marcher pieds nus, pour découvrir des sensations inexplorées. Et il nous vante les vertus, tant psychiques, que physiques de la marche, qui a par exemple éradiqué son mal de dos. Un essai qui mêle récit et impressions de voyage, anecdotes et descriptions, réflexions et méditations sur des sujets qui touchent l’auteur. Alors, marchons !
Bernadette
Exceptionnellement, le prochain Café littéraire aura lieu
le Jeudi 30 avril à 19h à la Louisiane.
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