Jeannine, n’ayant pas vraiment de livres à nous présenter, préfère nous parler de spectacles qu’elle a vus récemment et qui l’ont enchantée. Tout d’abord, une soirée conte dans un lieu insolite, puisqu’il s’agit du tribunal, avec un conteur exceptionnel, François Godard, une soirée magnifique. Et un autre spectacle de Ma scène nationale, Phèdre ! Une façon jubilatoire de se préparer à la mythologie grecque. Le comédien Romain Daroles est seul sur scène et en moins de deux heures, il nous raconte Phèdre. Un véritable challenge pour ce comédien qui évoque la langue de Racine, les enjeux de la pièce et incarne tous les personnages. Une performance ! Jeanine est allée au « Salon du jeune lecteur », qu’elle nous recommande chaudement pour une prochaine édition, car il y a des illustrateurs fantastiques, c’est un vrai bonheur. Elle a acheté un petit livre à offrir sur un chat avec une dédicace magnifique. Rendez-vous dans deux ans…
Danièle souhaite nous parler d’Olivier Norek, déjà évoqué ici avec "Les guerriers de l’hiver". Son roman Surface, publié en 2019, a reçu le Prix maison de la Presse. Chastain, capitaine à la PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture. Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange et rappelle trop les risques du métier. Comment se reconstruire dans de telles conditions ? Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier… Un livre très bien documenté, qui a été inspiré à l’auteur par ce qui est arrivé à une de ses collègues. Dans ce livre, il y a autant de charme et de poésie qu’il n’y a de violence et dureté, et c’est ça que Danièle aime chez cet auteur.
Isabelle a lu Le cerf-volant de Lætitia Colombani, déjà bien connue pour avoir écrit "La Tresse". Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connait de répit qu'à l'aube, lorsqu'elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l'alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d'autodéfense féminine, qui s'entraînait tout près. Léna veut remercier l'enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l'a recueillie et l'exploite. Elle n'est jamais allée à l'école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire ? Léna va tenter de percer son secret. La rencontre inoubliable et réparatrice entre une femme, une jeune fille et une enfant au milieu d'une Inde tourmentée. C’est bouleversant d’y découvrir la condition des très jeunes filles dans ce pays, un roman néanmoins rempli d'espérance, un moment de lecture intense.
Rosemay nous présente des livres de vacances qui se lisent bien, des livres dont on a parfois besoin au milieu de livres plus sombres. Elle a choisi Bruno Combes, auteur de livres qui font du bien, même si intellectuellement parlant, ça ne va pas chercher loin (sic). Elle en a lu plusieurs mais c’est Je ne cours plus qu’après mes rêves dont elle va nous parler. Ce roman raconte l'histoire de trois personnes vivant dans des régions différentes, de milieux différents et d'âges différents, qui avaient peu de chance de se rencontrer. Trois femmes qui décident de prendre leurs destins en main, de faire ce qui leur fera vraiment du bien, ce qui les rendra heureuses et peu importe l'avis de la famille, de la société... En conclusion, Rosemay a adoré !
Le second Soixante secondes de bonheur est un roman doux et poignant. Décembre 1999. Alors que les relations sont tendues avec ses parents, Elena décide de s'échapper quelques jours de Londres et de prendre sur elle pour rejoindre sa famille dans les Landes pour les fêtes de fin d'année. Alors qu'elle est sur la route, Elena est prise dans une tempête et se retrouve bloquée. Par chance, elle va croiser Sébastien qui l'accueille chez lui. le temps d'une soirée, Elena et Sébastien, Océane et Maxime, adultes et adolescents se rencontrent à un tournant de leurs vies. Les soucis des uns vont amener les autres à réfléchir et à requestionner leurs choix. Il y a des rencontres qui changent le cours de l'existence...
Cédric qui pouvait lire trois livres par jour quand il était plus jeune, reconnaît qu’à cause des écrans, il lit beaucoup moins qu’avant, et qu’il a un peu de mal à rentrer dans les romans. Il en a cependant commencé deux, qu’il espère nous présenter la prochaine fois. Il est bien occupé aussi avec les tournages, en autres Les traîtres, un jeu de M6 tourné en Franche-Comté et Hippocrate 4 où il va interpréter un malade aux urgences, comme souvent, nous dit-il. Dans quelques semaines, sur Netflix, Quasimodo, dans lequel il a le choléra. A suivre…
Passons donc à Martine avec un livre de Lydie Salvayre, Depuis toujours nous aimons les dimanches, un livre qui lui a été offert. Au début, elle pense que ça va être tout doux, tout doux, et finalement ça prend la forme d’un essai construit autour d’un éloge du dimanche et d’une mise en cause de la « valeur travail », portés par une voix que plusieurs critiques qualifient de vive, ironique et combative. Un texte assez percutant, un manifeste de la paresse, qui s’adresse aux « apologistes du travail des autres ». On n'adhère ou pas, mais en tout cas c’est très bien écrit.
Un petit livre de 160 pages qui pèse très lourd, c’est ce que j’ai choisi de vous présenter, avec Tuer le vieux de Daria Marx. L’auteure est une jeune militante féministe qui lutte contre la grossophobie et qui vient d’écrire son premier roman, de plus autobiographique. On la retrouve dans un train pour le Pays Basque, où elle se rend pour tuer son grand-père, qui l’a violée durant de nombreuses années, alors qu’elle était en vacances chez lui. Le récit se déroule sur une seule journée partagée entre le projet meurtrier et le voyage intérieur, sans que l'un n'efface l'autre. Un livre coup de poing sur l'inceste, où il n’est pas question de résilience, avec des mots crus pour qu'on arrête de se taire.
Fabienne va nous parler d’un livre de Jojo Moyes, Où tu iras, j’irai. Passionnée par les chevaux, Sarah espère intégrer la prestigieuse école du Cadre Noir. Elle s'entraîne sans relâche avec l'étalon que lui a offert son grand-père, un homme aimant, qui l'élève comme si elle était sa propre fille. Lorsque le vieil homme tombe malade, la vie de Sarah est bouleversée. Mais pas question de renoncer à son rêve ! Natasha, brillante avocate, a connu des jours meilleurs, son mariage s'est soldé par un désastre, et son nouveau compagnon ne se montre pas à la hauteur. Pourtant, quand elle croise le chemin de Sarah, elle décide de prendre l'adolescente sous son aile. Le lourd secret de sa protégée pourrait bien changer leur vie à tout jamais. Un livre qui a beaucoup touché Fabienne, d’autant plus que sa fille est aussi passionnée d’équitation.
C’est au tour de Catherine avec La porteuse de lettres de Francesca Giannone, un premier roman qui a pour cadre un petit village des Pouilles dans les années 30. Anna est une femme à l'esprit libre, travailleuse et sérieuse, fidèle à ses principes et généreuse. Elle emménage en 1934 avec son mari a Lizzanello, dont il est originaire et où elle restera à jamais « l'étrangère ». Mais Anna est déterminée à vivre selon sa volonté et veut travailler. Elle va donc passer le concours de la poste pour devenir porteuse de lettres jusqu'alors considéré comme un métier d'homme. D'abord à pied puis à vélo, Anna va parcourir les rues avec le courrier, ce qui lui permettra de rentrer dans le cœur des habitants. Grâce à elle, on découvre les non-dits des uns, les amours interdits des autres et les jalousies de certains. Mêlant amours, famille et secrets tout en s'inspirant de l'histoire de son arrière-grand-mère, l'autrice nous embarque dans cette fresque romanesque, que Catherine a lu en deux jours.
Edith nous apporte un bijou (sic) Le chat du jardinier de Thomas Schlesser, un livre superbe qui parle de poésie. Une tempête vient de ravager l'arrière-pays provençal. Louis, jardinier hypersensible, ne parvient plus à faire face aux épreuves qui s'accumulent et plonge dans une souffrance muette. Il va alors faire la connaissance d'une femme extraordinaire. Thalie, professeure de français fraîchement retraitée, à la fantaisie solaire et communicative, va lui proposer un pacte : Louis soignera les oliviers et les lauriers-roses de son domaine voisin dévasté, tandis qu'elle l'initiera aux pouvoirs de la poésie. De Sappho à Hugo et Rimbaud, de Pessoa à Neruda, c’est un hymne aux mots des plus grands poètes, à l'amitié et à la vie. Ce livre a convaincu Edith d’acheter le précédent, Les yeux de Mona, qu’elle avait zappé, pensant ne pas être assez férue en peinture. C’est superbe, elle l’a bien défendu, et nous a donné envie… Merci Edith !
Françoise qui nous a beaucoup parlé de l’avancée en âge est en train de lire, sur les conseils de sa fille, Tenir debout de Mélissa Da Costa. Elle nous en parlera peut-être prochainement. En attendant, elle nous raconte que dans une boîte à livres, elle a trouvé des anciens Almanachs Comtois. Ça lui a rappelé son enfance, quand elle lisait l’Almanach Vermot. Elle les a lu et relu avec plaisir, et a répertorié ce qu’on y trouve. À savoir qu’on y parle des foires, des marchés, des astres, des travaux du mois, du jardinage, des mots croisés, des éphémérides, la revue de ce qui s’est passé 100 ans avant, ce qui se passe dans le monde l’année en question, les personnages du Pays comtois, le patrimoine, les traditions, des contes, chansons, légendes, des recettes, de la faune, de la flore, des jeux, des dictons, etc, etc. il y en a pour tous les goûts. On y retrouve Georges Bidalot, un historien franc-comtois avec un look d’enfer, tatouages, percings, avec une culture immense. Un jour, une connaissance débarque chez Françoise avec une quinzaine d’almanachs datant des années 1880 à 1898. C’est très orienté religion et morale, mais on y parle météo, fêtes, poésie (complètement disparue des éditions actuelles), d’acrostiches, des personnages, du patrimoine etc. il y a même quelques publicités. C’est très intéressant et bien écrit.
Derrière les arbres de Frédéric Pommier, est un livre qui a bouleversé Céline. Le journaliste de France Inter publie un récit autobiographique centré sur les violences sexuelles subies entre 4 et 7 ans. Il retrace leur impact, de l’amnésie traumatique à la reconstruction. Ce qui est particulier, c’est qu’il utilise la troisième personne pour mettre les faits à distance, et qu’à la fin il raconte avec un regard d’adulte. C’est littéraire, bien écrit et ça permet d’adoucir la lecture. Il lui aura fallu une quarantaine d’années pour sortir de la nuit. Avec la minutie que la recherche de la vérité impose, il éclaire en chemin le destin de toutes les enfances « bousillées ». Depuis, l’écriture lui a permis de se libérer et de porter plainte contre l’homme politique qui l’a agressé. Un sujet évoqué deux fois ce soir, et qui risque de rester, hélas, dans l'actualité.
Adina qui vient pour la première fois ne savait pas comment ça se passait, donc elle n’a rien prévu, mais souhaite quand-même évoquer deux ouvrages, qu'on lui a offert. L’un va faire écho à tout ce qui a été dit ce soir, il s’intitule Droit à la non-discrimination : de l’égalité à l’inclusion, de Marie Mercat-Bruns, une juriste et professeur d’université. C’est très pointu et elle a du mal à entrer dans le livre, mais on comprend combien il est difficile de lutter contre la discrimation, alors qu’à l’international on n’est pas d’accord et que les lois ne sont pas les mêmes. Donc elle va plutôt nous parler d’un livre plus poétique, Le sommet des dieux, un roman japonais de Baku Yumemakura. On est en juin 1993. Dans une boutique de Katmandou (Népal), un photographe alpiniste, Fukamachi, pense avoir retrouvé l'appareil photo de George Mallory disparu en juin 1924 sur la crête nord de l'Everest. Commence alors une enquête quasi policière qui le lance sur les traces d'un grimpeur mythique, Habu Jôji. Il va l'accompagner dans sa quête d'absolu, en tentant de répondre à la question : d'où vient ce besoin d'escalader les montagnes, de gravir l'Everest ? Un bouquin dans lequel on peut se plonger et oublier tout le reste, et c’est rare !
Nous terminerons avec Christine qui a lu Le nouvel ordre des barbares. Ce document présente un résumé d'une conférence de 1969, aux États-Unis, où un médecin a prédit des changements futurs dans la société. Il y a 15 ans à peine, la lecture des premières pages de ce document aurait suffi à faire rigoler n’importe qui, aujourd’hui, il n’y a plus rien d’amusant à cette lecture. Bravade, étourderie, remords, quelles que soient les raisons de sa divulgation par un « insider » lors d’une conférence donnée en 1969, ce texte représente la meilleure fenêtre pour entrevoir une partie de l’agenda du nouvel ordre mondial. Mais à peine Christine commence-t-elle à en parler, que ça devient très houleux autour de la table. Ce serait un document conspirationniste. Education sexuelle à l'école, euthanasie, et autres sujets échauffent l'assemblée. Dommage qu’on ne lui ait pas laissé terminé son intervention. Elle tient à préciser qu’elle lit de tout et qu’elle ne voudrait pas qu’on lui prête de telles idées. Nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler.
Bernadette
Le prochain Café littéraire se déroulera le Mercredi 25 novembre à 19h à la Louisiane.


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