Catherine, que nous n’avions pas vue depuis un certain temps, était heureuse de revenir avec des livres qui avaient déjà été présentés lors de précédentes séances, comme La vie heureuse de David Foenkinos qu’elle a adoré, On était des loups de Sandrine Colette, La décision de Karine Tuil, Norferville de Franck Thilliez, Les yeux de Mona, de Thomas Sclesser, magnifique, et bien d’autres. Mais Catherine nous présente un roman de Baptiste Beaulieu. Alors vous ne serez plus jamais triste raconte l’histoire d’un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis le départ de sa femme, et qui a décidé de mettre fin à ses jours. Dans le taxi qui le mène à l’hôpital pour régler quelques affaires, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies. Du désespoir ou de la joie de vivre, qui l’emportera ? Une belle histoire, bien amenée, dont elle ne nous révélera pas l’issue…
Martine enchaîne avec un premier coup de cœur, La correspondante de Virginie Evans, qu’elle a acheté car elle trouvait la couverture magnifique. C’est un premier roman épistolaire, dans lequel au gré des courriers reçus et envoyés, on découvre avec jubilation et émotion les aventures de Sybil Van Antwerp, femme de soixante-treize ans, divorcée, ancienne juriste, à la plume parfois acerbe, parfois tendre, mais toujours franche. Au début c’est déroutant à lire, car on ne sait pas toujours qui sont les personnages, mais ça se met en place petit à petit. Un pari osé en ces temps modernes où le courrier classique est en voie d’extinction. Son second coup de cœur va à Bien-aimée, un livre dans lequel Aurélie Tramier nous entraîne dans les horreurs des deux Guerres Mondiales. En résumé, Joseph offre à sa fille Esther une curieuse montre provenant de sa mère. Au dos, un nom inconnu : Hans W. Un mois plus tard, alors qu’elle visite le camp des Milles, Esther reconnaît, sur une photo, la même montre au poignet d’une déportée. Camp des Milles, 1940. Aix-en-Provence, 2022. Une montre, un nom, un silence qui se brise, une plongée captivante dans un épisode sombre et méconnu du passé franco-allemand. Martine a appris tout un pan de l’histoire qu’elle ignorait.
La cage dorée de Camilla Läckberg a tenu en haleine Fabienne, toujours friande de polars. L’auteur place au centre de son récit Faye, une femme qui a renoncé à ses ambitions pour construire une vie à Stockholm avec son mari Jack. Lorsque celui-ci la trahit, elle perd tout et entreprend de préparer une vengeance méthodique. Jusqu’à la fin, il y a du suspense, et on apprend sur elle jusqu’à la dernière page. Elle ne peut en dire plus, au risque d'en dire trop, en tout cas elle n’a pas été déçue.
Je n’ai pas apporté ce que j’avais prévu de présenter, ce n’est pas grave, les livres que j’ai pris m’ont beaucoup plu aussi, tel Le barman du Ritz de Philippe Collin. Pour son premier roman, l'historien nous raconte l'histoire du "Petit bar" du Ritz pendant l'Occupation, pris en étau entre résistance et collaboration. Frank Meier, barman renommé, jongle dans ce microcosme où se côtoient Allemands, artistes, employés du Ritz et profiteurs de guerre. La plupart d'entre eux ignorent que Meier, émigré autrichien, ancien combattant de 1914, chef d'orchestre de cet étrange ballet, cache un lourd secret : il est juif. Moi qui ne suis pas trop portée sur les romans parlant de la guerre, je l’ai trouvé captivant. Je vous le conseille fortement. En prévision du festival des « Livres dans la boucle », j’ai lu Rouges-Truites, dernier livre de de Pierric Bailly, auteur dont nous avons déjà parlé ici. Même si j'avais préféré Le roman de Jim, j'ai apprécié ce roman noir, un thriller psychologique haletant qui explore l'emprise, les secrets de famille et les liens brisés. Quatre enfants grandissent dans un village du Vercors jusqu’à un drame. Ils se retrouvent vingt-cinq ans plus tard dans le Jura, région chère au cœur de l’auteur. L’un d’eux, le narrateur, tente de faire la lumière sur les événements passés. L'auteur attache toujours autant d'importance à la description du cadre où se déroule l'action et à la ruralité. C’est bien écrit, c’est prenant, gageons qu’un film pourrait bien encore être adapté de ce roman.
Passons à Céline qui souhaite nous parler de Chien 51, un livre de Laurent Gaudé, qui avait été présenté ici il y a quelques années. Un roman dystopique qui partage l’assemblée, certaines l’ont aimé, d’autres n’ont pas accroché. Céline fait remarquer que le film n’était pas à la hauteur du livre, ce qui n’arrange pas les choses. En 2008, la Grèce est au bord de la faillite. Laurent Gaudé s'empare de cette incroyable événement historique pour créer une dystopie percutante. Le roman place au centre du récit Zem Sparak, un ancien militant grec devenu policier de bas rang dans une mégalopole du futur, gouvernée par une firme privée nommée GoldTex. Les grandes firmes rachètent des États endettés et organisent la société par zones d’appartenance économique. Céline aime beaucoup cet auteur, ce livre-là est différent, mais peut-être pas si loin de la réalité qu’il n’y paraît. En tout cas, ça donne à réfléchir. Elle a entamé la lecture de la suite intitulée Zem. Elle termine en nous parlant du roman qu’elle a terminé d’écrire cet été, et qui est en vente à la librairie. Il n'y a rien est un livre de science-fiction, où L’IA a pris le contrôle du monde, peut-être pas si fictif que ça, à priori, Serait-elle le Jules Verne des temps modernes ?
Chantal poursuit avec un roman de Delphine de Vigan. Romane Monnier. À 29 ans, Romane Monnier disparaît après avoir rompu avec tout son entourage. Thomas, 47 ans, gérant d’une boutique de reprographie, tombe par hasard sur son téléphone. Intrigué, il explore ses messages, ses photos et ses applications, découvrant une jeune femme en proie à une profonde angoisse existentielle. À travers ces traces numériques, Thomas s’immisce dans sa vie, y trouvant des échos troublants avec sa propre histoire. Son parcours reflète une interrogation actuelle sur la manière de vivre dans un monde où la vérité semble se dérober et où nos certitudes vacillent face à l’inconnu. Un mélange de deux vies assez intéressant, qui montre que bien qu’hyperconnectés, on peut être désespérément seuls. Quelques mots encore pour nous parler d’un livre que Chantal avait depuis 2 ans dans sa bibliothèque et qu’elle vient seulement de lire. Traverser les montagnes et venir naître ici de Marie Pavlenko, est un livre poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l'espoir, à travers la rencontre de deux femmes meurtries que la vie réunit, deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s'apprivoisent. C’est très beau et très émouvant !
Au tour de Françoise de nous parler d’un livre stimulant qui donne envie de vieillir. Un médecin ami a débarqué chez elle un matin en lui disant qu’il fallait absolument le lire. L’avancée en âge, un art de vivre sous la direction d’une psychanalyste, Catherine Bergeret-Amselek. rassemble les contributions de nombreux spécialistes. Il dégage un message spirituel fort qui correspond à une demande actuelle dans un monde en crise d'identité, en mal de repères et en risque de déshumanisation. C’est très inégal, mais un véritable art de vivre se dégage de leurs contributions. Un bouquin indispensable selon Françoise, qui a suscité des réactions et des discussions dans l’assemblée. Avis aux amateurs… Françoise peut le prêter.
Cet été, Danièle a fait comme Catherine du rattrapage littéraire avec des livres qui avaient été présentés ici et qui attendaient sur sa pile. Avec L’anomalie d’Hervé Le Tellier, elle est partagée, elle est néanmoins allée jusqu’à la fin qu’elle a beaucoup aimé. Certaines d’entre nous l’ont commencé et abandonné. Ça débute par une galerie de personnages qui n’ont pas de rapport les uns avec les autres, mais qui ont quand-même un point commun. En juin 2021, tous passagers d’un vol Paris-New York, un événement insensé va bouleverser leur vie. En mêlant le destin de personnes ordinaires à l’incompréhensible, l’indicible et l’extraordinaire, l’auteur français remet en cause tous nos acquis et toutes nos croyances. A un moment, Danièle a décroché car elle ne comprenait rien, même en relisant plusieurs fois les mêmes pages. Puis elle a repris pied et s’est accrochée jusqu’au bout. Bravo ! Autre style avec Camilla Läckberg, une romancière suédoise que Danièle apprécie, car elle est attachée à l’histoire de son pays, et qu’il y a toujours une partie rattachée au passé et une au présent. Elle a apporté La boîte à magie et Le culte, deux livres indissociables, car il y a un fil conducteur sur la filiation. Le second a été écrit en collaboration avec Henrik Fexeus, qui est mentaliste. Le premier parle de meurtres épouvantables dans des boîtes à magie, tandis que dans le second, on est confrontés à des meurtres organisés par des sectes. Troublant et passionnant !
Christine s’excuse de nous présenter « un truc assez particulier », selon ses dires. L’Evangile de Judas a été écrit par Kasser, Meyer et Wurst. Elle nous apprend que, vers le IIème siècle, l’Église catholique a décidé que sur la trentaine d’évangiles existants, on en retiendrait quatre et que les autres seraient écartés. Dans les années 1970, on a retrouvé en Haute-Égypte L’Évangile de Judas, et ce livre en est une analyse. On y apprend que Judas était l’apôtre préféré de Jésus, contrairement aux idées reçues, et c’est Jésus qui lui aurait demandé de le livrer. Un texte qui contredit les enseignements du Nouveau Testament, et qui remet en question tout ce qu’on a pu apprendre. Un sujet qui a beaucoup intéressé Christine.
Jeannine a également profité de ses vacances pour lire des livres qu’elle avait inscrits sur sa liste. Elle a donc lu Veiller sur elle, de Jean Baptiste Andréa qu’elle a adoré, Sa préférée, un livre terrible de Sarah Jollien-Fardel, et Vous parler de mon fils, de Philippe Besson, terrible aussi, mais magnifique, Cannibale de Didier Daeninckx, qui parle de l’exposition coloniale de 1931, où l’on présentait des zoos humains, abominable… On peut retrouver tous ces livres dans les archives de ce site. Enfin d’Alice Ferney, autrice qu’elle ne connaissait pas, Grâce et dénuement, un petit roman très dense. Dans un décor de banlieue, une bibliothécaire est saisie d'un désir presque fou : celui d'initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d'abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu'inspirent les gadgé. Mais elle finit par amadouer les petits illettrés, en même temps qu'elle entrevoit le destin d'une famille sur laquelle règne une veuve mère de cinq fils. C’est un concentré d’humanité, on découvre d’autres valeurs que les nôtres. Ça interpelle, c’est bouleversant !
Bernadette
Le prochain Café littéraire se déroulera le Mercredi 14 octobre à 19h à la Louisiane.


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