lundi 26 mars 2018

Compte-rendu du café littéraire #29

Malgré la neige annoncée, une dizaine de personnes s’est retrouvée à la Louisiane pour ce 29ème café littéraire.

Tout d’abord je tiens à remercier « Les amis des livres » pour le superbe livre de Rebecca Dautremer que j’ai reçu en cadeau pour mon retour après quelques mois d’absence. Un petit bijou de papier où s'animent tous les personnages de cette illustratrice de talent. Un geste qui me touche beaucoup…

Nous avons le plaisir d’accueillir Christine, qui est venue en observatrice, mais qui se fera un plaisir de nous présenter des ouvrages la prochaine fois.

Robert a ouvert la séance en nous parlant de l’avancée du guide qu’il prépare sur Audincourt. Il nous fait partager la légende des croque-raves, surnom des habitants de la ville. La légende raconte que ce légume aurait été rapporté des campagnes napoléoniennes par un habitant d’Audincourt… Il a en tête d’autres chapitres, entre autres la fabrication de charrettes dans le quartier des Autos. Céline a déjà écrit un article, avis à ceux qui seraient inspirés par un quartier d’Audincourt, un monument ou un lieu particulier.

Guy, avec son humour habituel, nous dit qu’il a lu un livre, mais il ne sait plus lequel, sans doute est-ce l’émotion d’être arrière-grand-père… Félicitations Guy pour ce nouveau grade. Il se rappelle juste d’une chose, des auteurs qui nous distraient et nous apportent des petits moments de bonheur, car ils nous racontent un peu de notre vie. Sinon Guy a lu Michel Bussi, dont il avoue que certains livres sont « tartes », mais que d’autres valent la peine d’être lus, comme Ne lâche pas ma main, un roman policier un peu complexe, mais bien ficelé. Autre livre de Michel Bussi, recommandé par Guy, Nymphéas noirs, dont l’intrigue se passe à Giverny. Enfin dernière lecture de Guy, Le portrait de Iain Pears, un dialogue entre artiste et critique d’art qui ne parle pas, donc ça devient un monologue.

Jean-Daniel a lu Les cœurs simples, d’Albert Algoud, c’est un recueil de textes de différents auteurs, parlant d’enfants handicapés, simples d’esprit. Par exemple le « crétin des Alpes » vient de l'époque où les montagnards n'avaient pas facilement accès au sel de mer. Ils utilisaient du sel de carrières, qui avait pour défaut d'être pauvre en iode. Les gens avaient ainsi des carences, et développaient du nanisme, des goitres et un retard mental. Ce sont des textes très émouvants. Jean-Daniel présente également le livre écrit par notre amie Céline, Carte Mère. Ce sont des histoires politiques sur lesquelles se greffe l’intrigue. Beaucoup d’humour dans l’écriture, un livre recommandé par Jean-Daniel, qui en profite pour rappeler le concert d’un chanteur régional Eric Saintvoirin, dont certaines chansons mises en musique sur des textes de Céline.

Noëlle nous présente un recueil de nouvelles vendu au bénéfice des Restos du Cœur. Il s’agit de 13 à table, où l’on retrouve des textes de Michel Bussi, Maxime Chattam ou Leîla Slimani entre autres. Un livre acheté, quatre repas distribués… L’occasion de se faire plaisir en faisant une bonne action. Noëlle a également apprécié un polar islandais de Arnaldur Indridason, un gros pavé, Les enquêtes du Commissaire Erlandur, un commissaire qui prend son temps... l’auteur prenant un malin plaisir à jouer avec son lecteur, faisant monter l'affaire ... Noëlle aime particulièrement l’atmosphère et les paysages évoqués dans ce livre. Elle termine par un livre de Gilles Legardinier, Ça peut pas rater, l’histoire de Marie, larguée par son mec après dix ans de vie commune qui décide de les faire tous baver.
Tout ça décrit par un homme qui se targue de se mettre dans la peau d’une femme larguée. encore une histoire qui fait du bien, c’est simple et il y a toujours un chat dans ses romans.

Pour ma part, j’ai présenté le livre de Gaëlle Nohant, Légende d’un dormeur éveillé, qui raconte de façon légèrement romancée la vie de Robert Desnos. Moi qui ne connaissais pas grand-chose de ce poète, sinon quelques poésies apprises à mes élèves durant ma carrière, j’ai ainsi découvert que, derrière les vers bien connus : «  Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête… » se cachaient les trains de déportés. Comme il était très surveillé, il était obligé de travestir ses idées sous une forme enfantine anodine. D’autre part, moi qui suis une grande fan de Delphine de Vigan, j’ai lu son dernier roman, Les loyautés, et comme d’habitude, je n’ai pas été déçue. Ce livre dresse le portrait de deux gamins vraiment en détresse, Théo et Mathis, qu’une prof du collège va tenter d’aider.

C’est au tour de Denis V. avec un livre intitulé Astérix - Les citations latines expliquées de Bernard-Pierre Molin aux Editions du Chêne. Une double page avec d’un côté la planche contenant la citation et de l’autre, la citation expliquée d'une façon simple, didactique et avec humour. Denis nous en donne quelques exemples et leur explication.

Cédric nous présente un livre de 1985, Bal tragique à la Concorde par SPQR, nom d’auteur énigmatique, puisque ce sigle est le symbole de la République romaine. Les auteurs ont écrit une fiction haletante dans les coulisses de la République. Un monde qu’ils ne connaissent que trop bien –d’où leur anonymat- et dont ils décrivent avec passion les forces et les faiblesses. C’est la vision du peuple et des journalistes en l’absence de président. Cédric avait commencé ce livre il y a 15 ans et vient seulement de le terminer, il l’a néanmoins beaucoup apprécié.

Christiane a lu un livre pour ados et parents d’ados, qui était destiné à sa petite-fille. Il s’agit de Mentine, tome 1 : privée de réseau ! de Jo Witek. Mentine est condamnée à passer ses vacances d'été dans une ferme perdue au milieu du Larzac. Ses parents, n'ayant pas supporté de voir chuter sa moyenne l'envoient ainsi réfléchir au grand air. Mais le pire de tout, c'est que l'endroit est privé de réseau!! Un problème récurrent chez nos ados… Christiane nous parle également du livre de Janine Boissard, Belle arrière-grand-mère, l'histoire d'une femme qui doit faire face à la disparation de sa mère et qui, en même temps, devient arrière-grand-mère pour la première tout en aidant un enfant victime de maltraitance. Un roman sur l’amour de la vie. Enfin dernier conseil de lecture de Christiane, Sa mère de Saphia Azzedine, un roman passionnant, où la quête des origines d'une femme née sous X se mue en une fresque sociale d'une grande ampleur.

Nous finirons par Céline qui, dans le cadre de la semaine des littératures étrangères, consacrée cette année à la Russie, a lu Opération betterave de Nicolas Bokov, un livre d’espionnage qui peut rappeler la guerre froide, écrit sur un ton humoristique. L’auteur qui a dû s’exiler, est arrivé en France en 1970 et a eu une vie extraordinaire. En 1982, il découvre la foi chrétienne et se rend compte que sa fille Marie restera handicapée à vie. Sa famille se disloque, il abandonne l'écriture et voyage longuement en Terre sainte, en Asie Mineure et en Grèce. Rentré en France en 1988, pendant treize ans, c’est "le saint abandon": le voilà SDF, puis ermite dans une grotte à 20 km de Paris. Un écrivain hors du commun !

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 3 avril à 20h à la Louisiane 

Bernadette 

dimanche 11 mars 2018

Compte-rendu : l'atelier d'écriture du 29 novembre 2017

Proposé par Denis V, le jeu consistait à essayer de deviner des définitions à partir d’expressions argotiques tirées, de façon aléatoire, du livre de Pierre Merle « Expressions d’argot » aux Editions du Chêne.

Participaient à cet atelier : Fabienne, Anne-Marie V., Guy, Mme Pole et Denis V. Mme Pole n’a pas souhaité laissé ses définitions.

Tirage aléatoire des définitions 

1/ « Mettre les chaussettes à la fenêtre » 

Fabienne : Moyen d’attendre l’arrivée du Père Noël quand on n’a pas de cheminée.

Anne-Marie : se déshabiller, changer d’habits après la douche.

Guy : Il y avait concurrence avec l’haleine de mon voisin venu passer la soirée autour d’un calendos et d’un litron de pichtogrom.

Définition du lexique : Se dit d’une femme qui a été fort déçue par les prestations d’un nouvel amant.

2/ « Jouer au seigneur-terrasse »

Fabienne : Payer une tournée à tous les copains au café.

Anne-Marie : Se comporter comme un pacha, bien « installé », alors qu’on n’est pas grand-chose.

Guy : Jouer au garçon de café

Définition du lexique : En argot de bistrotier, c’est ce que l’on dit du client qui s’installe pour de longs moments à la terrasse d’un café ou en salle, tout en consommant le moins possible.

3/ « Faire le panier à deux anses

Fabienne : Avoir une double personnalité, opportuniste, balance une fois d’un côté, une fois de l’autre.

Anne-Marie : Tirer profit d’une situation d’un côté et de l’autre.

Guy : Être tiraillé entre deux directions.

Définition du lexique : Se promener lorsqu’on est un homme, avec une femme à chaque bras.

4/ « Tirer une série de un »

Fabienne : Ne pas avoir de chance (jeux de cartes ou dés).

Anne-Marie : N’avoir pas de chance, avoir une série de choses nulles par exemple, ou de malheur.

Guy : Manquer de cartouches

Définition du lexique : De dit d’un homme tout juste capable d’honorer une femme, une seule et unique fois, avant de passer à autre chose, par exemple au frigo ou bien au roupillon.

5/ « Se mettre au virtuel »

Fabienne : rentrer chez soi et ne plus être joignable que par mail.

Anne-Marie : Mettre son avatar, utiliser son avatar au lieu d’agir soi-même.

Guy : Se donner en spectacle sur la toile.

Définition du lexique : S’en aller très vite, disparaître à la vitesse du son, voire à la vitesse de la lumière. (inspiré du langage informatique)

6/ «  Avoir les miches qui font bravo »

Fabienne : Avoir les seins qui pendent et courir sans soutien-gorge.

Anne-Marie : Avoir les seins qui ballottent.

Guy : Être maigre et trembler de froid.

Définition du lexique : C’est là une des nombreuses traductions possibles de la sensation de peur panique. (les miches ne sont pas autre chose que les fesses)

7/ « Avoir de la soupe dans les péniches »

Fabienne : Être gringalet, ne pas avoir de muscles.

Anne-Marie : Avoir de l’eau dans ses chaussures.

Guy : Marcher à côté de ses godasses.

Définition du lexique : Avoir des chaussures qui, par suite d’usure ou parce qu’elles sont de très mauvaise qualité, prennent l’eau et absorbent même la boue (soupe) lorsqu’il pleut.

8/ «  Ne pas avoir de cresson sur la margelle »

Fabienne : N’avoir plus de cheveux sur le caillou.

Anne-Marie : N’avoir pas beaucoup d’argent.

Guy : Être chauve

Définition du lexique : Être copieusement déplumé ou même par euphémisme, totalement chauve.

9/ «  Avoir été vacciné au salpêtre »

Fabienne : Être tout le temps malade.

Anne-Marie : Être un peu fou, tourner en rond.

Guy : Avoir été baptisé par un mauvais prêtre.

Définition du lexique : Se dit d’une personne constamment assoiffée, qui de plus ne connaît les vertus de l’eau que par ouï-dire.

10/ « Être chtarbé »

Fabienne : Être débile, idiot.

Anne-Marie : Être un peu fou, tourner en rond.

Guy : Avoir la tronche en biais.

Denis : Être abruti, un peu fou.

Définition du lexique : Etre psychologiquement dérangé. Faire les choses en dépit du bon sens.

11/ «  Choper la fournaise »

Fabienne : Prendre un coup de chaud.

Guy : Rougir suite à une réflexion.

Denis : Prendre un plat trop chaud à la sortie du four et se brûler.

Définition du lexique : En langage de coursier parisien, tomber dans un coin « chaud » (la fournaise), en l’occurrence dans une circulation fortement perturbée.

12/ « Être monté sur spaghetti »

Fabienne : Avoir de grandes jambes fines.

Anne-Marie : Avoir les jambes mal fichues, molles.

Guy : Avoir les jambes qui flageolent. Denis : Avoir les jambes qui flageolent.

Définition du lexique : Avoir les jambes fines, voire maigres (vocabulaire plutôt masculin)

Bernadette VERY.

lundi 22 janvier 2018

Compte-rendu du café littéraire #28

Nous étions une douzaine, mardi 16 janvier pour le premier café littéraire de 2018. 

Edith a présenté le roman Cortex d'Ann Scott. Un attentat terroriste a lieu durant la cérémonie des Oscars à Los Angeles. C'est un livre qu'on lit facilement, avec beaucoup de références au cinéma.

Catherine nous a parlé d'un roman de Kent Haruf, Nos âme dans la nuit. Un homme et une femme de 75 ans se retrouvent la nuit pour parler. Et puis leurs enfants s'en mêlent par peur du qu'en dira t'on. Mais le temps des confidences est très émouvant.

Jean-Daniel rebondit sur la lecture de Catherine pour évoquer un roman dont nous avons déjà parlé dans ces pages : Les Yeux des chiens ont toujours soif... Là aussi des personnes d'un âge certain se retrouvent sur un banc pour parler de leurs vie...A relire, si le thème vous intéresse...

Jean Daniel nous parle ensuite de deux romans : un nouveau et une relecture. Le nouveau est aussi le coup de cœur de notre libraire, Sébastien : Les Hommes, de Richard Morgieve évoque les hommes des années soixante, entre Gabin et Lino Ventura, les hommes un peu gangsters, un peu machos, mais truands au grand cœur. La relecture est un classique : Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie. Durant la révolution culturelle, les intellectuels chinois sont envoyés dans les mines ou dans les champs. C'est là que le héros rencontre la petite tailleuse chinoise...

Jean Daniel profite de son tour de parole pour nous rappeler que le Gala de Solidarité, au profit de plusieurs associations audincourtoises aura lieu le vendredi 26 au Foyer Gandhi à 20h30. Notez la date dans votre agenda ! C'est l'orchestre Takajouer et la compagnie Burlesque qui ravira nos yeux et nos oreilles ! 

Fabienne nous présente plusieurs livres : pour le plaisir des yeux, déjà, le livre de photos de la National Geographic, Magie de l'instant. Et puis le roman de David Lelait, Poussière d'homme, le récit poignant d'un couple d'homme dont l'un meurt. C'est le récit d'un deuil puissant et poétique, la narration du périple jusqu'en Bretagne pour disperser les cendres, très bien écrite et très belle...

Dans un autre genre, Jean-Louis nous parle de 59 secondes pour prendre les bonnes décisions de Richard Wiseman. C'est un livre de développement personnel qui s'appuie sur des idées reçues pour les tester et pour mieux présenter les techniques de visualisation positive, par exemple...

Anne-Marie nous a présenté un livre apaisant, rafraîchissant : La Splendeur de la vie, de Mickaël Kumpfmüller. C'est le récit du dernier amour de Kafka, que la tuberculose est entrain d'emporter. Malgré quelques longueurs, c'est une lecture reposante, d'une pureté remarquable.

Anne-Marie avait lu aussi Les Gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugard. C'est l'histoire d'un deuil, d'un départ en Irlande pour oublier le tragique accident qui emporta toute la famille de la narratrice. Souffrance tragique, mais là aussi très beau roman.

Denis nous a présenté un livre disque : il s'agit de l'enregistrement et des textes lus par Guillaume Gallienne pour l'émission Ça peut pas faire de mal, sur France Inter. Il nous a lu, pour notre plus grand plaisir, un extrait du Lion de Joseph Kessel...mais il aurait bien pu choisir aussi une page d'Alice au pays des merveilles !

Guy avait lu un livre d'Eric Emmanuel Schmitt : La Rêveuse d'Ostende. Guy a découvert cet auteur grâce à Odette Toutlemonde...Ou plutôt grâce à Catherine Frot, dont il est un fan inconditionnel. La Rêveuse d'Ostende, c'est un recueil de 5 nouvelles qui racontent des choses simples mais qui nous emmènent...Bref, Schmitt est un manipulateur exceptionnel !

En ce moment, je n'ai pas beaucoup de temps pour lire des livres pour adultes ! Je suis entrain de lire toute la sélection du prix des Incorruptibles, un jury littéraire auquel mes élèves de 6e participent. Je vous conseille vivement ces petits romans très sympas : La vraie recette de l'amour, Le Goût sucré de la peur, Ma Folle semaine avec Tess, Cours !, Le 14e poisson rouge et Frères d'exil.

Christiane nous a présenté Le Peintre d'éventail du tunisien Hubert Haddad. C'est un roman très poétique, très contemplatif. Et un livre qui permet d'apprendre du vocabulaire ! Et puis deux livres mettant en lumière des femmes méconnues : une biographie d'Eve Curie et un recueil de portraits d'un collectif féministe, le collectif Georgette Sand : Ni vues, ni connues.

Anne, que nous étions ravis de retrouver, nous a présenté une véritable œuvre d'art, un livre découpé magnifique : Le petit théâtre de Rebecca, de Rebecca Dautremer. Elle a découvert ce petit chef d’œuvre à la librairie Le Mokiroule, en Ardèche.

Elle nous a présenté aussi Le Grand Méchant Renard, de Benjamin Renner, une bande dessinée hilarante dont les traits peuvent faire penser à Reiser. Ce renard un peu crétin se met en tête de couver des oeufs...Original !

La date du prochain café littéraire : 
Mercredi 28 février 2018, 20h à la Louisiane

et 

La date de notre Assemblée Générale : 
Mercredi 7 février 2018 à 18h Salle 2 du Centre Renée Lods

Enfin, nous avons tous des pensées chaleureuses pour notre amie Bernadette...Nous lui souhaitons un bon rétablissement et nous espérons la revoir rapidement aux cafés littéraires.

Céline DURUPTHY










samedi 25 novembre 2017

Compte-rendu du café littéraire #27

Nous étions 14 au dernier café littéraire.

C'est Bernadette, de retour en forme, qui a commencé ! Elle nous a présenté d'abord un livre conseillé par Yvonne lors d'un autre café : Eh bien dansons maintenant ! de Karine Lambert. C'est un livre qui plaira à Noëlle : une rencontre improbable entre une vieille dame qui a vécu à l'ombre de son mari et un homme qui vient de perdre la femme de sa vie. Un livre touchant et plein d'espoir.

Bernadette a lu aussi les Nouvelles Vénitiennes de Dominique Paravel. Autant de nouvelles que de personnages, tous d'époques différentes, tous ayant vécu à Venise, sauf pour l'époque actuel où la fiction rejoint la réalité.

Anne-Marie a lu Poupée volée, un roman d'Elena Ferrante. Elle ne nous dira pas beaucoup plus de chose de ce roman, si ce n'est qu'il narre l'histoire d'une femme étonnante. Mystère !

Denis nous présente un beau livre de poésie : Le Livre du désir, de Leonard Cohen. Des textes imprégnés de différentes cultures : bouddhisme, judaïsme, chrétienne. Des textes souvent torturés, ésotériques, à l'image de ses chansons.

Jean-Daniel a évoqué un récit de voyage : Le Nord, c'est l'est, de Cédric Gras, qui nous emmène en Sibérie avec l'idée que le froid n'est pas plus intense au nord, mais à l'est.

Plus léger, bien que très noir, il nous a fait découvrir Le Livre noir de Lefred-Thouron, variations imagées autour du fameux tableau de Paul Bilhaud Combat de noirs dans un tunnel..."ça se lit très vite !", précise Jean-Daniel !

Fabienne nous présente un livre de Salvadore Basile : Petits Miracles au bureau des objets trouvés. Un homme qui a toujours vécu dans le bureau des objets trouvés d'une gare trouve un jour un cahier, un journal intime qui va changer sa vie. On apprend qu'il a été abandonné, enfant, dans cette gare, par sa mère et que le cahier est en fait son propre journal intime. Il va alors enfin monter dans un train et partir à la recherche de sa mère...Un livre plein de belles rencontres.

Catherine a lu des livres dont nous avons déjà parlé, alors elle nous a présenté un magazine, cette fois-ci : Balades. Car une autre passion de Catherine, c'est la marche à pied. Dans ce numéro, on présente notamment des randonnées autour des marchés de Noël ! C'est de saison !

Guy nous présente un livre avec du vent, de la pluie, de la tempête, du ressac, du crachin...L'histoire se passe dans les Hébrides, les îles du Nord de l'Ecosse, qui rappellent à Guy la côte du Nord de son enfance. Peter May, dans L'Île du Serment décrit la vie austère des gens de la mer, qui, les jours de famine n'hésitaient pas à manger du fou de Bassan, oiseau à la chair de canard au goût de...poisson.

Cédric nous a parlé avec passion d'un "nord movie" d'Arto Paasilina : Les Mille et une gaffe de l'ange gardien Ariel Auvinen. Un livre qui vous fait quitter la terre !

Noëlle aime les livres qui redonnent espoir, on le sait ! Surtout quand elle a passé l'été à lire les thrillers les plus noirs ! Elle nous a parlé d'un roman d'Agnès Ledig : Marie d'en haut. Un policier se fait muter en montagne, dans le but de gagner plus d'argent, pour aider sa mère. C'est là que se produit une rencontre improbable telle que Noëlle les adore : il tombe amoureux de Marie, une belle fermière...De quoi nous réchauffer !

Elle évoque aussi un livre qui parle de solitude, mais aussi de politique et des médias, mais qui n'est pas imprimé. On peut cependant le télécharger pour le lire en ligne ou l'imprimer à cette page : http://bahencore.blogspot.fr/p/carte-mere-roman.html

Robert nous parle de son projet de guide du routard d'Audincourt. Il souhaite avoir notre avis sur la question et nous soumet un questionnaire.

Christiane nous présente un livre pour la jeunesse qui peut se lire de 7 à 77 ans (et même plus) : La Rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat. Les deux tomes, dont elle nous lit les premières pages nous emmènent dans un voyage fantastique à la recherche de l'eau qui empêche de vieillir...Une idée cadeau pour Noël ?

Je vous ai présenté un livre surprenant : Le Bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon. Nous nous retrouvons dans la peau d'un adolescent autiste qui mène une enquête et qui nous entraîne dans sa vision du monde tellement personnelle...

Enfin, Jean-Louis, nouveau venu au café littéraire nous parle d'un essai de Sophie Coignard : Le Nouveau mal français qui fait écho à un livre d'Alain Peyrefitte. Une analyse des blocages de notre pays...à lire avec parcimonie tant cela semble noir...

À NOTER : NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS !

Mercredi 29 novembre : atelier d'écriture à la Louisiane à 20h. Denis nous a trouvé de nombreuses expressions d'argot. Le but du jeu : en deviner le sens ou...l'inventer !

Mardi 16 janvier : café littéraire à 20h à la Louisiane.

Céline





lundi 23 octobre 2017

Compte-rendu du café littéraire #26

Nous étions 11 ce mercredi pour partager nos lectures.

C'est Édith qui a commencé, en nous parlant de L'Amour et les forêts d'Éric Reihnardt. C'est une histoire classique quand on est lecteur : il y a toujours un moment où l'on a plus rien à lire et où l'on tombe sur un roman. C'est dans la chambre de sa fille qu'Édith a trouvé celui-ci. Les phrases longues, les longues descriptions ne l'ont pas découragée et elle a finalement aimé l'histoire sombre de cette femme aux prises d'un mari pervers narcissique, qui va s'évader pour une demi-journée de liberté qui la conduira à sa perte...Pessimiste mais beau...Comme à son habitude, Édith va maintenant lire d'autres romans du même auteur !

Catherine nous a présenté un roman policier, tout d'abord, Fais-le pour maman, de François-Xavier Dillard. Comme elle l'a trouvé très bon, elle ne nous en a rien dit de plus, pour ne pas dévoiler l'intrigue ! À vous de lire !

Ensuite, elle nous parlé d'un roman de Delphine de Vigan : D'après une histoire vraie. C'est l'histoire de l'emprise d'une femme sur une autre. Le livre qui a inspiré un film à Roman Polansky (qui sortira bientôt) a donné à Catherine l'envie de lire Plus rien ne s'oppose à la nuit.

Diana, qui venait pour la première fois, nous a présenté la BD de Pénélope Bagieu : Les Culottées. Diana, qui est documentaliste dans un collège, proposera bientôt ce livre à ses élèves. Elle a aimé la manière efficace avec laquelle l'auteur présente des femmes au destin exceptionnel, des femmes qui ont eu la liberté et l'audace de faire ce qu'elles voulaient de leur vie, en quelques pages.

Rosemay a apporté deux livres : Déshonorée de Muktar Mai et Maman a tort de Michel Bussi.

Elle a adoré le premier : il s'agit d'une histoire vraie, terrible. Au Pakistan, une jeune femme est condamnée a être violée par tous les hommes de son village parce que son frère a été vu avec une femme d'un autre clan. De cette injustice, Muktar va tirer sa force et mener un combat en faveur des femmes en attaquant ses bourreaux en justice et en plaidant pour l'éducation et l'émancipation des femmes. Elle sera élue femme de l'année aux Etats-Unis en 2004. Elle n'est pas sans nous rappeler une autre Pakistanaise célèbre : Malala Yousafzai...

Rosemay, par contre n'a pas du tout apprécié le second livre, qui n'est visiblement pas le meilleur de Michel Bussi...

Denis V. nous a présenté un hors série du Monde sur Barbara...Beaucoup de photos de la chanteuse, mais aussi des paroles de chansons...S'il y a une frontière entre la poésie et la chanson, elle est bien mince, parfois ! Denis nous a lu un petit texte de Barbara :
« Je ne suis pas une grande dame de la chanson,
Je ne suis pas une tulipe noire.
Je ne suis pas poète,
Je ne suis pas un oiseau de proie.
Je ne suis pas désespérée du matin au soir.
Je ne suis pas une mante religieuse,
Je ne suis pas dans les tentures noires.
Je ne suis pas une intellectuelle.
Je ne suis pas une héroïne,
Je suis une femme qui chante ! »

J'ai présenté le dernier roman de Marie Darrieussecq, Notre vie dans les forêts. Un roman de science fiction, dont on ne comprend le tableau qu'il trace de manière fragmentaire qu'en arrivant à son terme. C'est une manière aussi d'évoquer l'avancée des technologies actuelles : le fait d'être connecté en permanence, le clonage à visée médicale...sur fond de disparités économiques. Effrayant mais très efficace.

Guy nous a présenté un texte de Christian Bobin, L'Homme-joie. C'est un travail empreint de poésie et de spiritualité chrétienne qui donne à réfléchir...
"Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis, l'ouvrir."

Fabienne a lu Wild de Cheryl Strayed. C'est l'histoire vraie d'une femme qui décide de partir pour se retrouver. Elle décide de tout laisser, de ne garder que quelques affaires pour prendre le chemin des crêtes du Pacifique, à pieds. Elle narre ses difficultés, mais aussi ses bonheurs, elle en profite pour faire le point sur elle, sur ses blessures, entre rire et larmes. Une histoire très forte que nous recommande Fabienne !

Christiane, enfin, nous parle des Enfants de l'école du diable, récit terrible des orphelins qu'on plaçait au bagne...Pire que les Misérables...

Elle nous évoque un roman beaucoup plus lumineux, Les Délices de Tokyo, dont bon nombre d'entre nous a vu l'adaptation au cinéma. Durian Sukegawa nous fait saliver en décrivant les recettes aux haricots rouges des pâtisseries japonaises...

Pour finir, elle a lu aussi le roman familial Bourgeois d'Alice Ferney, qu'elle a beaucoup apprécié.

Deux dates à retenir : 

Le prochain café littéraire aura lieu le 22/11 à 20h, toujours à La Louisiane. Merci à Nanou de nous accueillir, toujours aussi chaleureusement !

Le prochain atelier d'écriture sera le 29/11, à 20h aussi, dans le même salon de thé !

A bientôt ! Lisez-bien !

Céline.




mercredi 18 octobre 2017

Compte-rendu du café littéraire #25

C'était un café littéraire de rentrée, avec un invité surprise !

Le tour de table habituel a commencé avec Elizabeth, qui nous a présenté deux livres :

- Mémé de Philippe Toréton, que Véronique nous avait déjà présenté il y a quelques mois. L'acteur écrivain rend hommage à sa grand-mère : "Mémé, c'est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose."
- Oui, mais quelle est la question ? de Bernard Pivot. L'ancien animateur de Bouillon de Culture constate que "Pour (son) malheur, le questionnement grâce auquel (il s'est fait) un nom dans la presse écrite, à la radio, à la télévision s'est étendu à (sa) vie privée..." "Je suis atteint de questionnite..." se plaint-il ! Elizabeth commente la drôlerie de la situation.

Guy est intervenu ensuite en expliquant les avantages et les inconvénients d'une liseuse numérique. Il regrette que la structure des pages, des paragraphes disparaissent même si par ailleurs, l'agencement des lettre est parfois plus confortable. Il nous présente ensuite quelques lectures de chevet :

- Les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, dont la dernière édition est parue aux éditions Gallimard, en version bilingue, en 2016. Le destinataire est Franz Kappus, jeune poète de 20 ans devenu écrivain, nouvelliste et éditeur. Ces lettres dont on devine par les réponses les interrogations de Franz Kappus sont universelles : "Il n'existe qu'un seul chemin, rentrez en vous-même, cherchez la raison qui au fond vous commande d'écrire...""Quelques livres me sont indispensables, où que je sois, ils sont à mes côté : la Bible et les livres du grand poète danois Jens Peter Jacobsen (1847-1885)"
- Guy nous présente alors Mogens : nouvelles, de ce poète danois. "C'est un très bon styliste : son esthétisme post-romantique le fait rencontrer un premier amour qui se termine tragiquement"... Après cette fin tragique, il retrouvera les valeurs indispensables qui donneront un sens à sa vie en rencontrant une deuxième fois l'amour. Il cherche également à transposer dans sa poésie, la beauté du monde.

Denis F ouvre un livre-disque de poésie : 20 poètes du monde entier, choisis par Thierry Machuel, accompagné par un groupe musical et instrumental "Territoire du souffle". Denis a choisi de nous lire ce poème : "Terrien sans visa de séjour". Si la musique et les chants sont absents, le silence qui suit cette lecture nous met en résonance avec des événements actuels.

Denis V présente une revue hors-série du Monde, coéditée avec les Éditions Garnier, Mille Mémoires, Instants d'histoire. 110 document d'archives qui rendent l'histoire vivante, de Jeanne d'Arc à la Ve République. Quelques exemples ? Les charrettes de Picpus, en 1794, les Etats-Unis d'Europe de Victor Hugo, en 1849, la dernière lettre de Jean Zay à son épouse, le 19 juin 1944. Chacun feuillette l'édition à son gré et est sensible à des exemple différents.

Christiane nous présente plusieurs ouvrages :
- Le Tour du Monde du Roi Zibeline de Jean-Christophe Rufin. Ce récit de vie aventureuse, fantastique, pleine d'inattendu et de fantaisie s'inspire d'un personnage du XVIIIe siècle.

- La Ville faite par et pour les hommes de Y. Raibaud, aux Éditions Belin. Christiane nous lit la 4e de couverture : "Des noms d'hommes sur les plaques à tous les coins de rue, des loisirs qui profitent en priorité aux garçons, des transports insensibles aux spécificités de genre, sans oublier la culture du harcèlement, la ville se décline au masculin. Elle renforce les inégalités entre les femmes et les hommes et en crée de nouvelles et montre qu'il est possible de la rendre plus égalitaire, l'usage de la ville est mixte et travailler pour le mieux des femmes, n'est-ce pas travailler pour tous ?"

Christiane nous parle aussi que de quelques livres de Christian Signol.

Édith, ensuite, évoque des deux livres de notre invité : Claude Dubois, qui prendra la parole à la fin de la soirée.
- Julien est son premier livre édité.
- Les disparus de Capo de Féno.
Édith a été particulièrement sensible à ce dernier livre qu'elle nous avait d'ailleurs présenté en juin.
Touchée directement par ce roman, elle connaît la réalité du fait divers dramatique, elle accompagne dans les démarches les parents de cette jeune femme disparue.
 
Édith nous a aussi présenté Le Jour d'avant de Sorj Chalandon, aux éditions Grasset. Il a pour cadre le bassin minier, Nord Pas-de-Calais pendant la catastrophe de Liévin (41 morts). Le père du narrateur dit à son fils avant sa mort : "Venge nous de la mine". Il laisse une veuve et deux fils. Le plus jeune admire son père et aimerait être mineur. Le jour de la catastrophe, annoncée par la sirène, les femmes et les enfants de la fosse se pressent aux grilles du carreau du puits de Liévin et c'est l'attente tragique. Son frère est blessé mortellement. Changement de chronologie, le jeune frère assumera la vengeance contre la mine, les houillères et l'ingratitude envers les hommes qui ont usé leur vie et leur corps pour la production du charbon, par respect pour la mémoire de son père et de son frère.

Enfin, Claude Dubois a terminé la soirée en nous parlant de son travail. Il trouve son inspiration sur des sujets dont on ne parle jamais. C'est un drame intime qui fait l'objet de son premier roman, Julien : "Dans le contexte des années trente, Julien, quatrième enfant d'une famille de paysans montagnards, prend conscience au fil des ans qu'il n'est pas fait comme les autres hommes. Bien que doté d'une intelligence et d'un physique au-dessus de la moyenne de ses congénères, il ne peut pas s'affirmer complètement, relativement à la taille de son organe génital, si petit qu'il installe en lui un complexe rédhibitoire qui va lui pourrir la vie. Il ne pourra jamais connaître la plénitude d'une relation sexuelle réussie. Toute sa vie, tous ses actes, seront conditionnés par ce besoin inassouvi. Il ira jusqu'au bout de son calvaire. Il connaîtra l'injustice, l'amour, la haine et la rancœur. Une vie entière à vouloir être un homme et ne jamais le devenir. Et pourtant, les femmes l'attiraient."


Son second roman revient sur un fait divers, la disparition de Sophie dans les années 80 dans le maquis corse, alors qu'elle allait chercher du secours pour son ami blessé : nous en avons déjà parlé lors de précédents cafés littéraires. La rencontre avec l'auteur permet de poser quelques questions.

Tout d'abord, une question de déontologie s'impose. Écrire un roman sur une disparition non élucidée, lorsque des parents sont encore vivants exige leur accord. Ils ont répondu positivement.

Le roman stimule l'imagination du lecteur pour savoir ce qu'est devenu la disparue : enlèvement, meurtre, prise d'otage, séquestration...Si certaines de ces hypothèses ont été évoquées pendant l'enquête, le livre a le mérite de sortir de l'oubli ce fait divers tragique et révèle les qualités littétaires de l'écrivain.

Vous pouvez trouver ses romans à cette adresse : https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/841209/#.WedR0IZpHLI


Nous nous séparons sans oublier d'annoncer la date du prochain café littéraire :
Mercredi 18/10/2017 à 20h.  
Compte-rendu rédigé par Denis V.

vendredi 30 juin 2017

Compte-rendu du Café littéraire #24

Ce 24ème et dernier café littéraire de la saison a rassemblé une douzaine de personnes à la Louisiane, dont quelques têtes nouvelles que nous retrouverons peut-être en septembre.

C’est Catherine qui s’est lancée la première pour nous parler d’un livre d’Alain Cuche, auteur franc-comtois, qui s’intitule Louise peut dormir en paix, certains témoignages de l'histoire restent enfouis au fond de malles abandonnées dans des greniers poussiéreux. Ce sont bien souvent des lettres ou des photos d'hommes et de femmes qui furent plongés dans le cahot d'une époque de guerre, de feu et de sang. Mais la découverte de Léon Delattre est d'une toute autre dimension. Cet ancien libraire tombe sur un ouvrage historique à la fois effrayant et inestimable. Un véritable trésor pour les scientifiques spécialisés dans l'époque du nazisme. Cependant, cette découverte met sa vie en danger. Les vieux démons rôdent autour de lui. Désormais, seul son jeune ami Vincent et Max, un ancien flic atypique, peuvent lui venir en aide. Elle trouve que le sujet, historique, est excellent, mais qu’il n’est pas assez approfondi par l’auteur, et que l’écriture est un peu facile… De la déception donc par rapport à ce livre…

Catherine a lu également Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi, et là elle est beaucoup plus enthousiaste. C’est l’histoire de Julia qui débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, à Biarritz, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ? C’est l’histoire de chemins qui se croisent : les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire. C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur. « Un humour décapant, des personnages attachants et une profonde humanité. En le refermant, on n’a qu’une envie : se délecter des petits bonheurs qu’offre la vie. » Catherine a trouvé le livre très bien écrit et très drôle par moments. De quoi se réconcilier avec les maisons de retraite…

Rose-May, qui nous rejoignait pour la première fois, nous a parlé du livre de Gilles Legardinier, Ça peut pas rater, - J'en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J'en ai plus qu'assez de vos sales coups ! C'est votre tour de souffrir ! Marie pensait avoir trouvé l'homme de sa vie, jusqu'à ce que son couple implose de façon brutale et scandaleuse. Anéantie, elle prend une décision sur laquelle elle jure de ne jamais revenir : ne plus faire confiance aux mâles et surtout, ne plus rien leur passer. Ni dans sa vie privée, ni au travail. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c'est la méchante Marie qui est aux commandes. Marie est remontée comme un coucou. Marie ne croit plus à l'amour, ce mirage source de tous les malheurs des femmes. Mais voilà, Marie a du cœur, une famille, des amies aussi tordues qu'elle et une soif de vivre qui n'a pas fini de la précipiter dans des plans impossibles. Et si, au-delà de ses illusions perdues, il était temps pour elle de découvrir tout ce qui vaut vraiment la peine d'être vécu ? Un livre que Rose-May a trouvé très drôle, et qui étonnamment est écrit par un homme. Un livre à mettre dans sa valise pour une lecture sur la plage…

Edith, quant à elle, a lu des livres plutôt sombres. Tout d’abord, La fabrique des pervers, de Sophie Chauveau, un roman qui fait froid dans le dos. Comprenant qu’elle était loin d’être la seule à avoir connu une enfance et une adolescence saccagées, Sophie Chauveau a enquêté pour dresser l’inventaire des victimes et des bourreaux de sa famille. La dynastie de pervers, qui commence avec le dépeceur du Jardin des Plantes pendant le siège de Paris, se poursuit sur trois générations. Unique par l’ampleur de ce qu’il dévoile, son témoignage sur l'inceste est d’une force inouïe. Voici le roman monstrueux d’une famille hors normes.

Le deuxième, La disparue de Capodi Feno, de Claude Dubois, est l’histoire un peu romancée de Sophie Arnoult, âgée de 23 ans, qui se trouvait sur l’île de Beauté avec un ami du pays de Montbéliard pour y faire de la randonnée. Son ami s’est blessé à une cheville au cours de la marche. Elle est partie chercher du secours. Jamais, elle n’a redonné signe de vie. L’armée a sondé le maquis. Des pistes. Des hypothèses. Mais jamais le moindre élément matériel. Edith est d’autant plus touchée par ce livre, qu’elle fait de la marche avec l’auteur et avec les parents de Sophie. Elle nous dit qu’elle préfère ne pas savoir la part du vrai et du romancé dans ce livre.

Noëlle nous parle d’un petit ouvrage qui avait déjà été évoqué il y a quelques années ici-même. Il s’agit d’un petit fascicule d’une dizaine de pages qui s’intitule Matin brun de Franck Pavlov. Matin brun raconte l'histoire de deux amis confrontés à un régime politique totalitaire : l'État Brun. Ils s'y soumettent sans se rendre compte du danger. Pourtant les règles sont déconcertantes, toutes en rapport avec la couleur brun. Tout a commencé avec les animaux de compagnie dont la couleur devait être conforme à l'état brun, puis cela a continué avec les uniformes bruns, le journal brun et cela s'est terminé par une descente de police au domicile du héros au cours de laquelle on peut imaginer le pire. Cette histoire est source de réflexion. Elle nous amène à nous interroger sur les règles auxquelles nous sommes soumis et sur notre devoir de résistance.

Sylvain, qui était déjà venu il y a quelques années, nous a présenté deux livres : L’homme des bois, de Pierric Bailly, qui évoque la mort de son père trois mois avant sa retraite, les circonstances de celle-ci, le parcours obligé des obsèques et des tâches administratives afférentes, la pudeur d'un homme à la fois sociable et secret, les liens qui l'unissaient à son fils. Le portrait d'un homme, mais aussi d'une génération dans les campagnes françaises, celle de travailleurs sociaux, militants politiques ou associatifs, à une époque. Pierric Bailly est un auteur franc-comtois, qui a mis son écriture très épurée au service de ce récit de deuil.

L’autre livre présenté par Sylvain est La coalition d’Emmanuel Bove. Louise Aftalion et son fils Nicolas reviennent à Paris. Veuve d’un perdant venu de loin pour échouer, mère d’un garçon sans vergogne qui ne la quitte pas et entretient ses dernières illusions, elle espère renouer avec sa famille et remédier à la gêne qu’elle sent poindre. Mais la faible compassion des uns conjuguée à l’insoutenable inconséquence du duo va vite contribuer à l’allègement dramatique de leurs finances. Avec ce génie narratif que personne ne dispute à Emmanuel Bove, La Coalition nous raconte, précis et cruel, la lente descente aux enfers d’inadaptés qui sont persuadés que le monde entier leur en veut mais que le pire est pourtant impossible. Ce roman à l’écriture ironique, écrit en 1927, vient d’être réédité.

Puis c’est Denis, fan de dictionnaires en tout genre, qui nous a présenté son Dictionnaire des mots obsolètes, intitulé Turlupinades et tricoteries, d’Alain Duchesne et Thierry Leguay. Un dictionnaire malicieux qui traite avec justesse toute une cartographie, celle de l'évolution des mœurs et des mentalités dont témoignent aussi les mots perdus... et ici retrouvés. Ce dictionnaire, édité chez Larousse, fait partie d’une collection fort intéressante sur la langue française.

Denis nous a également parlé du livre Mémoire de maîtres, paroles d’élèves, publié chez Librio. Les auditeurs de Radio France ayant fréquenté l’école, le collège ou le lycée entre 1950 et 1970 ont été sollicités pour « faire ressortir des traces, des témoignages représentatifs de notre mémoire collective ». Ces témoignages ont été rassemblé par Jean-Pierre Guéno. Cet ouvrage fait partie de la collection « Paroles de…. » qui fait parler des détenus, des femmes, des juifs, des exilés etc…

Françoise nous a fait passer un livre qu’elle a eu en cadeau et qui est magnifique. Il s’agit de La cuisine des fées de Gilles et Laurence Laurendon et Christine Ferber aux Editions du Chêne. Les recettes de cuisine ont la magie des contes. Gilles et Laurence Laurendon ont eu l'idée d'associer les deux dans ce livre où le merveilleux surgit à chaque page. Pour illustrer les passages gourmands tirés de Pinocchio, Cendrillon, Hansel ou Gretel, et autres histoires féeriques, ils ont fait appel à la fée des confitures, Christine Ferber, afin d'en imaginer les recettes. 75 recettes sont magistralement mises en scène par Philippe Model, créateur reconnu réalisant des décors pour des maisons de luxe. Photographe de grand renom, Bernhard Winkelmann contribue à l'enchantement du livre en capturant les étonnantes gourmandises dans son objectif.

Françoise nous a également parlé du mensuel gratuit Biocontact, distribué gratuitement dans les magasins bio, et qui depuis 1991, informe les consommateurs de produits bios sur les thèmes de l'alimentation saine, les techniques de bien-être et de santé, le respect de l'environnement.

Jean-Daniel a reçu en cadeau La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben. Les citadins regardent les arbres comme des "robots biologiques" conçus pour produire de l'oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d'un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement "Bois Wide Web". La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l'ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature. Jean-Daniel a fait l’effort de le lire jusqu’au bout, mais il pense qu’il faut vraiment être passionné par le sujet pour apprécier pleinement ce livre.

Il a lu également Le revenu de base d’Olivier Le Naire et Clémentine Lebon. Libérale ou étatique, aucune des solutions tentées par nos gouvernements pour sauver un modèle devenu obsolète n'a abouti. La France compte aujourd'hui 5 millions de chômeurs, plus de 8 millions de pauvres et elle finance ses retraites par le déficit. Pourtant la plupart des candidats à l'élection présidentielle reviennent avec leurs mêmes vieilles recettes. Seule émerge une proposition originale : le revenu de base. Son principe ? Verser à chacun, de sa naissance à sa mort et sans condition, une somme qui lui permettrait de vivre une existence décente. Et d'exercer pleinement sa citoyenneté. Un sujet d'actualité dans un monde où le travail, la croissance et les carrières ne sont plus garantis. Cette proposition n'est-elle qu'une utopie ? En quoi pourrait-elle concrètement changer nos vies ? Pourquoi de plus en plus d'intellectuels, d'économistes, de politiques veulent-ils l'expérimenter ? Pour quelle raison ce concept est-il défendu à la fois par des libéraux et des altermondialistes ? Risque-t-il de fabriquer une société d'assistés ? Quelles sont les pistes pour le financer ? Sans parti pris, mais avec la conviction que ce débat doit enfin être mis sur la table, les auteurs donnent pour la première fois les outils clairs et précis afin de bien comprendre ce sujet complexe mais crucial. Et de permettre à chacun de se faire son opinion. En toute liberté. A réfléchir…

Enfin j’ai présenté deux livres qui m’ont fait passer un bon moment, d’une part Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent, que plusieurs personnes m’avaient incitée à lire, et je ne l’ai pas regretté. Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d'une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine ...Dans des décors familiers transformés par la magie des personnages hauts en couleurs, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu'on rencontre rarement. A lire absolument !

Lors du repas solidaire organisé par notre association, j’avais lu un extrait très drôle qui m’avait donné envie de lire le roman. C’est chose faite avec Saint Futile d’Alix Girod de l’Ain. Les articles d'humeur de Pauline Orman-Perrin, dite POP, dans le magazine Modelle, ont fait sa réputation de journaliste vive, rigolote et gâtée. Après un douloureux accident du travail dans une boutique à la mode et une rencontre -rêvée ? -avec Dieu, le sosie de Karl Lagerfeld, POP se voit confier la mission de donner du sens à sa vie, tant professionnelle que privée. Mais transformer une famille désordonnée et joyeuse en cellule d'accomplissement de soi et un magazine féminin en temple de la quête de sens, est-ce bien raisonnable ? Son mari et ses enfants, s'habitueront-ils à la personne d'humeur égale qui leur tient lieu d'épouse ou de mère ? Les rédactrices en chef de Modelle, malgré toute l'affection qu'elles lui portent, continueront-elles à employer une journaliste qui refuse d'écrire la moindre perfidie sur qui que ce soit. En un mot, la perfection est-elle supportable. ? Pour Pauline, la rédemption ne viendra pas d'en haut, mais des gens qui l'aiment et lui feront ouvrir les yeux sur un message cher au cœur de l'auteur : le futile, c'est utile, seule la légèreté a le poids suffisant pour équilibrer la balance de la vie. Un livre drôle à lire entre deux lectures plus sérieuses.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 19 septembre

Bernadette