C’est Fabienne qui débute la soirée avec un livre d’Ambre Chalumeau intitulé Les vivants. Un très beau premier roman, qui nous invite à suivre trois amis de dix-sept ans inséparables depuis l'enfance. Alors qu'ils viennent de passer des vacances d'été sous le signe de l'insouciance et se préparent à entamer de brillantes études, Simon se retrouve brusquement foudroyé par un mystérieux virus qui le plonge dans un coma profond. Un drame qui semble figer le temps… alors que la vie continue… malgré tout ! Un passage prématuré à l’âge adulte pour les deux jeunes filles, qui se rendent quotidiennement à son chevet. En résumé, un premier roman vif, drôle et émouvant de la chroniqueuse culture de « Quotidien », qui a vécu un drame similaire à dix-sept ans, et qui a commencé à le relater juste après et durant ces dix dernières années, pour aboutir à ce roman à la sincérité désarmante.
Chantal a lu le dernier livre de Philippe Besson, Une pension en Italie. l’enquête d’un écrivain cherchant à reconstituer la vie de son grand-père Paul, dans la Toscane des années 1960, à partir d’un secret de famille enfoui depuis soixante ans. Dans le milieu des années soixante, l'auteur installe une famille dans une pension modeste où officie un homme discret qui repère, chez le mari, les signes d’une attirance refoulée. Il retrace et imagine ces quelques jours de vacances italiennes dans un contexte où l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale et entraînait un bannissement familial. Encore un livre de Philippe Besson très émouvant, que Chantal a vraiment apprécié. Elle souhaite évoquer brièvement un livre que je lui ai prêté et que je n’avais pas présenté. Une vague de Line Papin, commence sur une île d’Indonésie, où Ana et Auguste vivent une lune de miel idyllique. Elle est fascinée par l’eau, lui peint sans relâche. Un couple jeune, encore ébloui par l’amour. Puis, en un instant, tout bascule : un séisme, un tsunami, une vague. Et ce geste incompréhensible d’Auguste qui lâche la main d’Ana pour sauver une toile. Il disparaît. Son corps ne sera jamais retrouvé. Enfin, peut-être ailleurs... Une vague est un roman qui parle d’amour, de perte, de mémoire. Un livre délicat et émouvant, même s’il y a quelques incohérences dans l’histoire.
Avec Le cinquantième livre de Pierre Martial, Danièle nous emmène dans une librairie. Encore un premier roman réussi qui nous conte l'histoire d'un vieux libraire de 80 ans, qui pensait finir ses jours heureux au milieu de ses chers livres, dans son atypique et attachante librairie accrochée aux flancs de la Butte Montmartre...
Du jour au lendemain, après avoir reçu une lettre qui le terrifie, il s'enfuit avec, pour tout bagage, une vieille carriole emplie de quelques provisions et de ses 50 livres préférés, et pour seul ami, un chien qui le suivrait au bout du monde ou plus loin encore, s'il le fallait... Ce livre nous promène à travers Montmartre et on y rencontre des habitants hauts en couleurs. Danièle a beaucoup aimé le style de l’auteur qui nous peint un quartier très attachant. Un vrai coup de cœur pour un véritable bijou ! Elle s’est plongée dans la suite qui vient de sortir et nous en parlera la prochaine fois.
Christine souhaite nous présenter Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain, un roman sur l’euthanasie. Camille, trentenaire franco-belge, souffre de dépression depuis son plus jeune âge, après être passée de l’anorexie à la boulimie, et malgré le soutien de sa famille, elle ne se sent pas à sa place dans ce monde. Elle ne voit plus qu’une solution, l’euthanasie. Elle va donc se rendre trois mois dans une clinique en Belgique, où elle va rencontrer des obstacles, mais aussi de belles personnes qui sauront rendre ses derniers jours plus doux. La majorité du livre est consacrée à ce séjour avec la rencontre d’un certain Docteur Peeters avec lequel elle a vécu une petite romance. Aura-t-elle le courage d’aller jusqu’au bout ? On ne le saura pas même après avoir fini le livre. L’auteure arrive à nous transmettre la souffrance de Camille à travers les pages, avec émotion et intensité. Un livre bouleversant, qui ne verse pas dans le pathos !
Françoise a apporté un livre de Ruta Sepetys. Si je dois te trahir se passe en Roumanie, pays cher à Françoise, un roman historique sur la population roumaine au temps de Ceaușescu. Elle y a retrouvé tout ce que ses amis roumains lui ont raconté. Cristian Florescu est un lycéen de 17 ans qui rêve de devenir écrivain. Alors que toutes ses pensées sont pour Liliana, une fille intelligente et réservée qui assiste au même cours d’anglais que lui, il est soudain convoqué au secrétariat. Là, un agent de la Securitate lui impose de devenir un informateur sous peine de sanctions sur sa famille. Dès lors, la peur sera au centre de sa vie et ne le lâchera plus… Il nous raconte sa vie au jour le jour avec le manque d’argent, le manque de nourriture, on vit de l’intérieur la pression exercée par le régime, les mécanismes qu’il emploie pour soumettre sa population par la peur et la méfiance envers chacun. Plus qu’un roman qui décrit une période historique, ce récit est une immersion totale au cœur d’un pays ravagé par une dictature effroyable, et toujours d’actualité tant qu’il existera des régimes totalitaires. Ça donne à réfléchir !
Gilles a lu un livre qui défraie la chronique et qui vient d’obtenir « Le prix des libraires », catégorie roman étranger. Les fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghy se déroule sur l’île isolée de Shearwater, entre l’Australie et l’Antarctique, où Dominic Salt et ses trois enfants gardent la plus grande banque de graines du monde, alors que la montée des eaux a contraint les chercheurs à partir. L’arrivée d’une femme inconnue lors d’une tempête fait basculer ce récit choral — construit autour de plusieurs voix et personnages — vers un suspense à énigmes. Un roman très bien écrit, mêlant réflexion écologique et tragédies familiales, qui a ravi Gilles. Le second livre, Le chant du bison d’Antonio Pérez Henares est une invitation à un voyage dans le temps, à l’aube de l’humanité et de la dernière glaciation. Chat-Huant, un Homo sapiens, et Terre d'Ombre, un Néandertalien, sont les deux héros d’une aventure pour la survie de leur espèce. Une épopée romanesque formidablement documentée, mais aussi un roman d’amour et d’aventure.
A mon tour de vous parler de mes lectures, tout d’abord merci à Danièle qui nous avait présenté Tout garder, un livre traitant du syndrome de Diogène. J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a éclairé sur ce phénomène, alors qu’un membre de ma famille, décédé maintenant, en a été atteint. Dans ma liste de livres à lire, j’avais noté Si peu de Marco Lodoli, un roman qui raconte la passion silencieuse et implacable d’une femme, concierge dans une école à Rome, pour Matteo, professeur et écrivain, qui ne remarque rien, trop pris dans son art, ses ambitions, dans l’illusion d’être différent des autres. Elle n’a pourtant jamais cessé de l’aimer. Mais à quel prix ? Quarante années passées à le défendre des dangers, du mal, du monde. En silence, en secret, car pour aimer ainsi, il faut savoir tout perdre. Ce petit roman, très concis, apporte une réflexion philosophique sur l’amour fantasmé. On se sent happé par cette lecture, même si on est placé dans une situation de voyeurisme. Une belle écriture, pour un vrai coup de cœur.
Fabienne reprend la parole pour nous présenter un second livre, Les ombres du monde de Michel Bussi, un livre qui reste dans le thème de la soirée. Le style est très différent de ce qu’il écrit habituellement, c’est un thriller haletant sur le Rwanda entre amour, guerre et secrets enfouis. Octobre 1990. Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays. Ce point de départ permet à Bussi d’explorer les zones d’ombre de cette tragédie. 6 avril 1994. Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol. Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu’un, pourtant, connaît la vérité. Noël 2024. Jorik, sa fille et sa petite-fille s’envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les ombres et les fantômes du passé.
Une œuvre magistrale où Michel Bussi fait entrer l’Histoire dans le roman et le roman dans l’Histoire, articulant, en maître du suspense, la construction romanesque avec les faits historiques. Fabienne est vraiment enthousiaste en nous parlant de ce très beau roman, très bien documenté. C’est poignant !
Bernadette
Le prochain Café littéraire aura lieu le Mardi 26 mai à 19h à la Louisiane.
