mercredi 22 novembre 2023

Café littéraire # 61

Pour ce 61ème Café littéraire, nous étions douze, des habituées et Cédric qui nous revenait après des mois d’absence. Ce fut encore une belle soirée riche en échanges. 

Pour une fois, j’ouvre la séance car mon coup de cœur a obtenu le Prix Goncourt le matin même. Il s’agit de Jean-Baptiste Andrea avec son roman Veiller sur elle, dont j’ai dévoré les presque six cents pages tellement l’histoire est prenante. Au début du livre, on se trouve dans une abbaye où le héros est en train de mourir, après y avoir passé quarante ans, sans prononcer de vœux, juste pour veiller sur elle, elle c’est sa dernière œuvre, une piéta à qui l’on prête des pouvoirs, mise à l’abri dans ce lieu par le Vatican. L’auteur reprend toute la vie de ce sculpteur très doué, avec en parallèle une poignante histoire d'amour entre deux enfants que tout sépare, durant la montée du fascisme, mais sans oublier tout le génie de l’art italien. Une très belle écriture, une lecture où l’on ne s’ennuie pas une seconde. Et j’ai la chance d’avoir rencontré l’auteur qui me l’a dédicacé. Autre jeune auteur découvert à Besançon, Quentin Ebrard qui a écrit un court premier roman hors des sentiers battus, cachant une révélation complètement inattendue. Dans Pourvu que mes mains s’en souviennent, nous sommes dans une étrange colonie de vacances, avec des disparitions, des mauvais traitements, une directrice cruelle épaulée par une équipe de tortionnaires. C’est tout cela que Louise raconte alors qu’elle peaufine son plan d’évasion, aidée de Juliette et Simon. Je dois être un peu naïve, mais je n’avais pas vu la fin arriver. Bref, je n’en dis pas plus, lisez-le… 

Fabienne, qui affectionne les polars, nous parle du livre de Jacques Expert, Hortense, inspiré d’un fait réel. L’ex-mari de Sophie, qui l’a abandonné alors qu’elle était enceinte, lui enlève sa fille Hortense. Après des années de recherche, Sophie se fait bousculer dans la rue par une jeune femme, elle croit reconnaître sa fille, la suit, l’aborde, l’auteur multiplie les pistes, enchaîne les rebondissements jusqu’à un dénouement complètement imprévisible. Passons à L’horizon d’une nuit de Camilla Grebe, une autrice suédoise. Banlieue de Stockholm, Yasmin disparaît en pleine nuit. Samir, son père est accusé du meurtre. Une chose impensable pour Maria sa femme, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné. Il faut attendre la dernière page pour connaître le dénouement auquel on ne s’attend vraiment pas. 

Cédric a renoué avec la figuration, puisqu’il est allé sur le tournage de Leurs enfants après eux, d’après le livre de Nicolas Mathieu, Prix Goncourt 2018. Il avait lu son précédent roman, Aux animaux la guerre, qu’il avait bien aimé, pas pas celui-ci. Donc il fallait le lire, et c’est ce qu’il a fait pendant le tournage. C’est un livre assez violent qui s’étend sur quatre étés, de 1992 à 1998, dans une vallée où les hauts-fourneaux sont à l’arrêt. A travers quelques personnages, dont des adolescents, le portrait d’une France qui change profondément, où ceux qui restent savent qu’ils n’ont aucune chance, malgré les miroirs aux alouettes que politiques et société de consommation leur font miroiter. Le film sortira dans six mois environ. Ça a été tourné à Hayange, ville qui reflète un peu la misère de cette crise. Cédric choisit de nous lire un passage, le portrait d’une femme qui lui a fait penser à sa mère. Il avait préféré le livre précédent, car le fil conducteur est plus difficile à suivre dans celui-là, mais ça décrit bien la vie de ces gens. 

Nous allons changer d’ambiance avec Rosemay qui nous présente Au-delà de la vérité, un livre pour s’évader, de Lucy Clarke, une jeune romancière britannique. Quand Katie apprend la mort de sa petite sœur Mia en voyage pour un tour du monde, elle ne peut croire à la thèse du suicide. Le carnet de voyage de Mia en poche, elle part à la recherche de la vérité. De page en page, de pays en pays, de secrets en révélations, le mystère va s'éclaircir. Un récit bien ficelé qui nous tient en haleine jusqu’au bout, Rosemay a adoré ce livre plein de fraîcheur qui l’a replongée dans des souvenirs de voyages.

Isabelle se replonge dans des livres un peu anciens, en particulier Nuits de princes de Joseph Kessel, publié en 1927, un roman dont l'histoire met en scène les immigrés russes dans le Paris des années folles. Proche de ces derniers par ses origines familiales, l’auteur a ardemment partagé leurs misères et leurs rêves. Ils vivent souvent dans des taudis, mais se retrouvent pour faire la fête dans le Montmartre de l’époque. Outre sa valeur littéraire, Nuits de princes a la force d'un document vrai, qu’Isabelle a lu avec plaisir. Elle souhaite aussi nous parler d’un livre plus régional, puisqu’écrit par Yves Turbergue, auteur audincourtois. Avec « Camille », il signe son quatorzième roman, l’histoire d’une femme au physique disgracieux qui voulait « aimer et être aimée ». Différente, un physique ingrat, enfin c'est ainsi que Camille se voit, elle doit traverser l'enfance d'abord, l'adolescence ensuite, puis continuer sa vie. L'histoire se déroule durant les deux guerres mondiales. Il lui manque des dents, elle a un goitre, mais elle épouse néanmoins un italien et va subir le rejet que subissent les émigrés de cette époque. L’histoire a plu à Isabelle, mais elle trouve que le style est parfois un peu pesant. 

Après une petite pause désaltérante, Christine reprend avec Chaque serment que tu brises de Peter Swanson, un petit thriller psychologique sans prétention qui se laisse lire avec plaisir. Abigaël vient d'épouser Bruce, un millionnaire new-yorkais qui semble avoir toutes les qualités du monde. Pourtant, leur lune de miel sur une île paradisiaque va progressivement tourner au cauchemar. Faux semblants, jalousie et manipulation sont au cœur de ce roman qu’on ne peut pas lâcher. 

Bien qu’étant en vacances, Jeannine n’a pas beaucoup lu, elle se demande ce qu’elle a fait de son temps. Elle a quand-même lu des petits trucs (sic), comme elle a beaucoup aimé Jacky Schwartzmann, cet auteur bisontin, dont elle nous a déjà parlé, elle est allée aux "Papiers bavards" et elle a pris tout le stock. C’est policier mais pas que, par exemple dans Pension complète, on retrouve Dino Scala, obligé de quitter sa compagne richissime et les fastes du Luxembourg après un petit dérapage, qui échoue au camping des Naïades, perché sur les hauteurs de La Ciotat. Il fait la connaissance de Charles Desservy, prix Goncourt et véritable handicapé social venu se confronter à la vie normale. Contre toute attente, le pseudo-gigolo et l’écrivain se lient d’amitié. Mais au paradis des tentes Quechua, des pieds puants et des mojitos sous-dosés, les cadavres commencent à s’accumuler... C’est drôle, bien écrit, avec des critiques sur la société. Jeannine est fan, ce n’est pas si léger que ça ! Il lui en reste deux à lire et elle aura lu les œuvres complètes. Par la même occasion, elle a acheté Petites histoires cruelles de Camilla Läckberg, réunissant deux récits. Dans le premier, trois femmes humiliées, battues, blessées par les hommes, se vengent de leurs bourreaux en échafaudant le crime parfait, tandis que, dans le second, quatre jeunes amis se lancent dans une partie d’action ou vérité à hauts risques, jusqu’au point de non-retour. Deux textes brefs et tranchants, bien racontés par la reine du polar nordique. 

Martine a lu Veiller sur elle, dont nous venons de parler, qu’elle aussi a adoré, mais également Shit de Jacky Schwartzmann, longuement évoqué précédemment. On y suit le parcours de Thibault, CPE dans un quartier sensible de Besançon. Lorsqu'un règlement de compte entre dealers a lieu devant chez lui, il tombe sur beaucoup d'argent et quelques barrettes de shit… et va finir par se transformer lui-même en dealer. C’est loufoque, mais à la fois plausible, avec un humour particulièrement caustique, mais alliant également justesse et finesse. Martine est en train de lire Mohican d’Eric Fottorino, le portrait d’un monde paysan qui refuse de mourir. Elle nous en parlera plus longuement la prochaine fois. 

Françoise nous présente Il n’y a pas de Ajar, de Delphine Horvilleur, femme rabbin et écrivaine, un monologue contre l’identité et ses dérives vers le communautarisme, l’appropriation culturelle. L’ouvrage fait référence à Romain Gary qui a obtenu deux fois le Prix Goncourt sous des noms différents. Il met en scène un personnage fictif, fils d’un pseudo, Emile Ajar, créé par Romain Gary, ce que tout le monde ignorait. Durant tout le spectacle, il nous invite à faire ce pas de géant vers l’autre, cet étranger qui sommeille en nous. Un livre à découvrir … Puis un roman d’une centaine de pages que Françoise a abordé avec un peu de méfiance, car il est d’Amanda Sthers, l’ex de Patrick Bruel. Et là surprise, ce livre est subtil , d’une grande délicatesse. Lettre d’amour sans le dire raconte le parcours d’une femme, à l'approche de la cinquantaine, qui analyse sa vie en la dévoilant, par une lettre, à un masseur japonais dont elle devient assez vite amoureuse. Un livre sensuel, tout en finesse, dans la pure tradition de la littérature japonaise. Un vrai petit bijou ! Finissons avec Erri de Luca, un écrivain issu de la bourgeoisie italienne, qui refuse une brillante carrière pour se confronter à la misère du monde en exerçant des métiers manuels. C’est assez ardu à lire, Acide, arc-en-ciel, un livre de 1992, a pour titre les deux premiers mots du dictionnaire qu’il lisait étant enfant. En haut, à gauche est un recueil de nouvelles, assez étranges, ça mérite d’être lu, mais ce n’est pas d’un abord facile. 

Comme chaque fois, Chantal nous annonce qu’elle va plomber l’ambiance. Tout d’abord avec l’un de ses auteurs préférés Sorj Chalandon, qu’elle a rencontré au Festival à Besançon, et son dernier roman L’enragé. En choisissant de rendre compte par la fiction de la mutinerie de 1934 à la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer, l’auteur s’intéresse ici au thème de la violence faite aux enfants. Autour de son héros, l’introuvable cinquante-sixième évadé de ce bagne pour enfants, l’ancien grand reporter peint l’enfer du bagne. Mais comment s’échapper quand on est coincé sur une île ? Et peut-on vraiment se refaire quand on n’a connu que les coups, les brimades, les insultes et les humiliations ? Le sujet lui parle, puisqu’il a lui-même été victime de violences durant son enfance. Petite anecdote, Jacques Prévert était sur l’île pour tourner un film, lorsque ces événements sont advenus, il en a fait un très beau poème « La chasse aux enfants », que nous lit Chantal. Un roman sombre, mais prenant, qui fait écho au livre que j’ai déjà présenté, Le gosse de Véronique Olmi. Elle a également rencontré Lionel Duroy, un écrivain journaliste, qui présentait son dernier livre Mes pas dans leurs ombres. Si Chantal s’est intéressée à ce livre, c’est parce que Françoise nous avait présenté un livre Les exportés qui révélait les horreurs perpétrés par la Roumanie. Lionel Duroy nous y emmène dans le sillage d’Adèle Codreanu, journaliste française d’origine roumaine. La jeune femme ne connaît que très peu l’histoire de sa famille et de ses parents exilés du communisme. Lors d’un reportage, au fil des rencontres, Adèle découvre l’histoire tourmentée de la Roumanie. Là-bas, personne ne parle des 400 000 juifs exterminés par l’armée, encore en 2020, c’est comme si l’holocauste n’avait jamais existé. Si l’héroïne est une invention de l’auteur, les faits eux, sont bien réels. Et ça fait froid dans le dos... 

Bernadette 

 Le prochain café littéraire se tiendra le Mardi 9 janvier à 18h30 à la Louisiane

mercredi 18 octobre 2023

Café littéraire # 60

Après deux mois de vacances, c’est avec plaisir que nous nous sommes retrouvées (eh oui nous étions 11 femmes) pour parler de nos lectures estivales. Nous souhaitons bon rétablissement aux messieurs que nous espérons retrouver bientôt en forme. 

Isabelle
a lu quelques livres dont on avait parlé lors de nos réunions, mais aujourd’hui elle va nous présenter un livre qui n’est pas récent, sorti du grenier de la tante d’une amie, il s’agit du roman de Jacques Lanzmann, Le têtard, paru en 1976, un roman autobiographique qui raconte l’histoire d’un vrai poil de carotte ballotté dans les tempêtes d’une famille dingue, puis dans le tourbillon de l’Histoire, la guerre, l’Occupation et la Résistance en Auvergne. C’est assez cru, mais bouleversant, car c’est la réalité de son enfance et de son adolescence. Autre lecture passionnante, La Tresse de Laetitia Colombani, un grand classique que beaucoup d’entre nous ont lu, et qui va faire l’objet d’un film qui sortira en novembre. C’est l’histoire de trois femmes aux prises avec une société inégalitaire et patriarcale : Smita, l’Intouchable indienne, Sarah, l’avocate canadienne, et Giulia, la tresseuse sicilienne. Ces trois destins, en apparence isolés, forment ensemble une tresse, car leurs vies sont liées, comme on le découvre au fil du roman. Trois femmes qui se battent contre l’injustice et triomphent malgré tout de l’adversité. Un livre qui ne laisse pas indifférent… 

Fabienne nous a apporté une BD, elle qui n’en lit jamais a fait exception, son frère lui a mis dans les mains avec ordre de la lire. Et il a bien fait ! Le monde sans fin de Jean-Marc Jancovici pour le scénario et Christophe Blain pour le scénario et les dessins, la rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l'impact sur le climat a abouti à ce projet. Une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d'humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Un album extrêmement instructif et passionnant. Très dense, documentée et argumentée, cette BD fait réagir sur un sujet terriblement d’actualité : l’utilisation des énergies à travers le monde, les enjeux économiques et les conséquences climatiques. C’est intelligemment amené, de manière non culpabilisante, avec une petite pointe d’humour, et ça pousse à réfléchir. 

Martine nous parle du roman d’Haruki Murakami, Le meurtre du commandeur, en deux volumes, avec du surnaturel, ce qu’elle n’aime pas beaucoup, donc elle l’a abandonné, puis repris, c’est quand-même prenant. Le narrateur est un peintre que sa femme vient de quitter. Il trouve refuge dans une maison isolée dans la montagne, qui a appartenu à un peintre célèbre. Dans le grenier il trouve une toile emballée, le Meurtre du Commandeur. Parallèlement, des événements étranges surviennent : il entend des bruits de clochette la nuit, il rencontre un mystérieux voisin qui lui demande de faire son portrait... Un jour, le Commandeur du tableau lui apparaît. Il mesure 60 centimètres et c’est le début d’un parcours initiatique, étrange et inquiétant, qui va confronter le héros aux obsessions de Murakami : l’art, la solitude, la transmission, la fragilité. Un peu dur pour Martine, qui est contente d’être arrivée au bout malgré tout. Passons à l’éblouissement de son été, La folle allure de Christian Bobin, Lucie aime les loups, choisir son prénom et en changer à sa guise, et fuguer tandis que ses parents, circassiens, s'efforcent toujours de la retrouver et de la ramener dans leur foyer ambulant. La folle allure raconte Lucie, et Prune, et Marilyn, toutes celles qu'elle est, alors qu'elle sillonne les routes dans la plus folle liberté. Un livre merveilleusement servi par l’écriture si poétique de Christian Bobin. C’est magnifique, à lire absolument ! 

Catherine a apporté un roman de Lionel Shriver, intitulé A prendre ou à laisser, une réflexion sur la fin de vie. Après avoir soigné et enterré son père atteint de la maladie d’Alzheimer, Kay et son mari, la cinquantaine, nouent un pacte, ils partiront ensemble le jour de leurs quatre-vingt- ans. Le temps passe et voici qu'arrive la date fatidique. Une date, douze possibilités et une conclusion : dans la vie, tout est à prendre ou à laisser... Hilarante et touchante, une œuvre explosive doublée d'une réflexion mordante sur notre rapport à la vieillesse et sur l'art délicat de préparer sa sortie. Les vingt premières pages du roman nous avertissent avec force détails des incontinences et démences du père de Kay. Cela achève de nous convaincre que mourir dans la dignité est un droit, sinon un devoir. A méditer, alors que cela fait toujours débat dans notre pays. 

Christine le dit elle-même, elle a lu comme d’habitude des livres de développement personnel, mais elle ne nous en parlera pas, car elle pense que nous sommes un peu réfractaires, pas forcément… Elle a lu également Trois, dont nous avons déjà beaucoup parlé et qu’elle a apprécié, et elle va nous parler d’un livre sociologique, La faute à Rousseau d’Eric Naulleau. L’auteur a une dent contre la députée Sandrine Rousseau, il nous montre que le « rousseau­isme » est un sectarisme aux relents totalitaires : il déconstruit la déconstructrice à partir de l'analyse serrée de ses propos, de ses écrits politiques et même de son unique roman : La reine est nue.  C’est très bien écrit et c’est plein d’humour. Avis aux amateurs ! 

Chantal a plusieurs livres à nous présenter, pas vraiment drôles, précise-t-elle, alors commençons par Une fille dans la jungle de Delphine Coulin. La jungle, c’est Calais, cette jungle qui avait été un chaos où des milliers de personnes vivaient, mangeaient, parlaient, se battaient, était devenue un désert, où ils étaient seuls, tous les six, des enfants et des adolescents entre 8 et 17 ans. L’auteur nous livre ici et là des bribes du passé de chacun d'eux et du périple qu'il ont dû enduré pour atteindre la France. Les garçons ont fui leur pays en guerre, les filles ont refusé de se marier de force ou de se prostituer. C'est un livre sur la détresse et sur le désir de liberté. Le second livre Artifices de Claire Berest, la sœur d’Anne Berest, auteur de la carte postale, est une histoire intrigante, avec des personnages très différents et qui pourtant ont un lien. C’est une danse éperdue, où les personnages se croisent, se perdent et se retrouvent, dans une enquête haletante qui voit sa résolution au fil des chapitres. Un livre très prenant… Le dernier, Chantal l’a acheté à Chamonix, où il y avait un rayon de livres sur la montagne, elle a donc choisi Ravage de Ian Manook. L’histoire d’une traque menée par des hommes armés, des chiens et même un avion dans le grand Nord canadien durant l’hiver 1931. Ce roman est inspiré d’un fait divers, ils vont traquer pendant six semaines, par moins 40 degrés Celsius, ce trappeur, ce fugitif qui aurait eu la malchance de tomber au mauvais moment en profitant, d’après certains, des pièges qui n’étaient pas à lui. Un prodigieux roman noir sur fond blanc ! 

Cet été Jeannine a lu Kasso, livre d’un auteur bisontin qu’elle adore, Jacky Schwartzman. C’est très bien écrit, très bien construit, elle a beaucoup ri. Kasso, c’est le sosie de Mathieu Kassovitz, ça se passe à Besançon et ça change tout quand on connaît la ville. Après des années d'absence, Jacky Toudic est de retour à Besançon pour s'occuper de sa mère malade d'Alzheimer. Les vieux souvenirs et copains resurgissent. Les vieux travers aussi. En effet Jacky ne gagne pas sa vie comme les honnêtes gens. Son métier : faire Mathieu Kassovitz. Ça se lit vite et c’est très drôle. De quoi passer un bon moment. Jeannine a lu Trois de Valérie Perrin que nous avions déjà présenté et elle a beaucoup aimé. Petite anecdote « people », en juin dernier Valérie Perrin a épousé Claude Lelouch. Une amie a prêté à Jeannine L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, sorti en 2001, un roman foisonnant qui part dans tous les sens, mais qu’on ne peut lâcher. L’histoire est centrée sur un jeune garçon prénommé Daniel Sempere. Le père de Daniel, propriétaire d'une librairie, décide un jour d'emmener son fils au cimetière des livres oubliés. Daniel choisit un roman intitulé L'Ombre du vent, écrit par un certain Julian Carax que l'on croit mort. Le roman passionne le jeune homme qui va chercher à en savoir plus sur le contenu du livre, mais également sur son auteur. Dans sa quête, Daniel fera des rencontres surprenantes qui changeront sa vie à jamais, dans la Barcelone de l'après-guerre civile. Un livre que l’on n'oublie pas !

Françoise, souhaite nous parler de trois livres, tout d’abord un ouvrage qu’elle a trouvé dans une boîte à livres, A la ligne de Joseph Ponthus, un premier roman qui nous livre une sorte d’autofiction où il raconte son expérience dans les usines bretonnes. C’est l’histoire d’un intellectuel qui travaille en région Parisienne et qui décide de tout quitter pour vivre avec celle qu’il vient de demander en mariage, en Bretagne, le portrait d’un homme qui fait ce qu’on appelle un travail alimentaire, dans l’agroalimentaire, justement. Il y fait de belles rencontres, il trime, il souffre, il crie, il chante. Ils chantent, toute la journée, ces travailleurs de l’ombre, dans la pénombre, qui brisent leurs os au travail. Un témoignage remarquable, mais effrayant… Françoise a trouvé dans cette même boîte à livres une écrivaine qu’elle connaissait de nom, mais dont elle n’avait jamais rien lu, Selma Lagerlof et son livre Le violon du fou, livre de 1899 réédité en 2006. Beaucoup de merveilleux, de surnaturel dans ce livre qui raconte l'histoire d'un jeune étudiant qui passe son temps à jouer du violon. Mais lorsqu'il apprend que sa mère est endettée et son domaine sur le point d'être vendu, il entreprend de gagner de l'argent dans l'élevage et la vente de chèvres. Opération qui tourne à la catastrophe et le pousse aux portes de la folie. le jeune homme devient alors colporteur. Parallèlement on suit l'histoire d'Ingrid, une jeune orpheline entraperçue alors qu'il était étudiant. Entre les deux jeunes gens , un lien puissant et surnaturel les unit. Pourront-ils se retrouver ? L'amour pourra -t-il triompher ? Un livre assez déstabilisant, mais qui mérite d’être lu. En ce moment Françoise lit Erri de Lucca, un auteur qui écrit remarquablement bien, elle a terminé Acide, arc-en-ciel et a commencé En haut à gauche, un recueil de nouvelles, elle nous en parlera peut-être plus longuement la prochaine fois. 

Rosemay nous a apporté deux ouvrages, tout d’abord Les femmes du bout du monde de Mélissa Da Costa, elle a moins accroché qu’aux autres livres de l’auteur. Dans la région isolée des Catlins, en Nouvelle-Zélande, Autumn et sa fille Milly s'occupent du camping Mutunga o te ao, qui signifie le bout du monde en maori. Au cœur d'une nature sauvage et luxuriante, elles accueillent Flore, Parisienne à la recherche de rédemption. Les trois femmes apprennent à se connaître, à s'aimer et à faire la paix avec leur passé. De belles descriptions de paysages et beaucoup d’humanité dans ce livre. Rosemay adore Maud Ankaoua, et nous parle de son dernier livre, Plus jamais sans moi, un roman qui fait du bien. Constance, avocate, obtient le poste qu'elle espérait dans un cabinet d'élite. Pourtant, proche de la quarantaine, elle se sent vulnérable et peu sûre d'elle. Elle est follement éprise de Lucas et attend que celui-ci tienne sa promesse et quitte sa femme. Mais une fois son contrat signé, elle entame une période d'essai peu conventionnelle qui bouleverse sa vision d'elle-même et de l'amour. Un récit qui met la quête du bonheur au cœur des expériences les plus inoubliables. 

Quant à moi, je souhaite parler d’un livre que l’on m’a offert, et qui m’a bouleversée. Le gosse de Véronique Olmi raconte le parcours d’un gamin orphelin, placé par l’État dans une famille paysanne en Picardie, puis envoyé à la Petite Roquette suite à des tentatives de fugues, et enfin placé à Mettray dans ce qu’on peut appeler un bagne pour enfants. La plume de Véronique Olmi est incisive, juste et riche. Elle décrit bien la réalité de ces enfants soumis à l'Assistance publique durant l'entre deux guerres. Un roman vrai et bouleversant sur un pan très sombre et méconnu de notre histoire. Comme j’aime beaucoup Valérie Perrin et que je n’avais pas lu son premier roman, Les oubliés du dimanche, c’est chose faite. Justine, 21 ans, vit chez ses grands-parents, suite à la perte de ses parents dans un accident. Elle travaille dans une maison de retraite, et elle recueille les confidences des personnes âgées, en particulier celles d’Hélène, qu’elle va coucher sur le papier pour pouvoir lui relire, afin qu’elle n’oublie pas sa vie. C’est plein d’humanité, et très émouvant. Cette fois j’ai lu ses trois romans, j’attends le quatrième... 

Bernadette


 Le prochain rendez-vous est fixé au Mardi 7 novembre 2023 à 19h30 à la Louisiane

mercredi 2 août 2023

Café littéraire # 59

C’est sous les frondaisons, derrière la Louisiane, que nous nous sommes retrouvées pour ce dernier Café littéraire de la saison. Nous avons pensé à Gilles à qui nous souhaitons un bon rétablissement, ainsi qu’à Noëlle qui n’en a pas fini avec les problèmes de santé. Et nous espérons que Denis va mieux et nous rejoindra à la rentrée. 

C’est Catherine qui s’est lancée en nous présentant un livre paru en 2015, Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin. En 2012, Isabelle Monnin achète à un brocanteur, sur internet, un lot de photos d’une famille dont elle ne sait rien. Les photos lui arrivent dans une grosse enveloppe blanche, qui va lui inspirer le titre de son ouvrage. Ce sont des photos de familles banales, à partir desquelles elle décide d’inventer une histoire pour en faire un roman, puis d’enquêter pour voir si elle peut retrouver les personnes qui sont dessus. Enfin cet ouvrage est également l’occasion de découvrir Alex Beaupain, ami de la journaliste, qui lui propose d’écrire des chansons originales à partir de son roman, et de chanter des reprises de chansons qui ont accompagné la vraie vie des Gens dans l’enveloppe, si elle les retrouve. Catherine a apprécié ce roman qui se décompose en deux parties, et ce qui est fort, c’est qu’il y a des similitudes entre l’histoire inventée et la véritable histoire de cette famille. Autre titre qu'elle a lu avec intérêt , L’heure des femmes d’Adèle Bréau, un magnifique roman sur sa grand-mère, Menie Grégoire, animatrice radio sur RTL dans les années 70. Il explore sur cinq décennies les avancées, paradoxes et régressions de la condition féminine, les mettant en résonance à travers des destinées de femmes de la fin des années 1960 et de nos jours dans une fresque romanesque. Ce livre a pu voir le jour grâce aux archives que Menie avait constituées. Un livre très prenant que Catherine a adoré. 

Jeanine a lu une enquête policière Haute voltige d’Ingrid Astier, un livre foisonnant de personnages, tous très particuliers, dont on se souvient sans problème. L’intrigue tourne autour d’un cambrioleur serbe de génie, roi de l’escalade, c’est un voyou très attachant, fascinant, on sent qu’il a vécu des choses difficiles, sans en savoir plus. L’auteur décrit superbement bien ses sensations lorsqu’il grimpe, ainsi que Paris vu de haut, ce n’est pas violent, pas de mort, pas de sang, les policiers n’arrivent pas à l’attraper car il est très méthodique, très rigoureux. Un livre que Jeanine a dévoré et qu'elle nous conseille fortement.

Fabienne a apporté un tout petit roman de Benoîte Groult, trouvé dans une boîte à livres, intitulé La touche étoile, une histoire de femmes de trois générations différentes, mère, fille, petite-fille, un éloge de la vieillesse et de l’avancée en âge. Alice, 80 ans, affrontera son âge avec une lucidité impitoyable et un humour décapant, dans un monde où le jeunisme est érigé en valeur et où « vieillir est un délit ». Jusqu'au jour où elle choisira de mourir dans la dignité. Un livre qui n’est pas triste, bien au contraire, dans lequel chaque femme peut se reconnaître et qui a enchanté Fabienne

Françoise a été conquise par le livre de Guy Boley, Quand Dieu boxait en amateur, dont la critique du Figaro Magazine se résume en un mot « une merveille ». Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Un livre autobiographique, superbement bien écrit par un auteur qui pourtant n’a pas fait d’étude. Un uppercut littéraire, dixit Françoise. Par contre elle avait repéré dans un magazine le livre de Anne-Dauphine du Chatelle, Bruits de fond. qui l'avait interpelée. Choses vues ? Non, choses ouïes. Au fin fond du monde, il y a le bruit. Permanent, hostile, menaçant. Babil ou boucan, rumeur ou raffut, cancan ou clameur, le tintamarre qui parasite nos jours et nos nuit…, elle avait très envie de le lire, en conclusion elle a trouvé ça insipide, mal écrit, sans intérêt. Passons donc au livre de Bérangère Cournut, après Née contente à Oraibi, Bérengère Cournut nous offre avec Par-delà nos corps le destin d'une femme farouche, une ode à la vie. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, à Saint-Malo, une femme adresse une lettre à un ancien amant. Elle y fait le bilan de sa vie tumultueuse et y défend farouchement sa liberté - y compris face à la mort. Des hommes aimés et disparus aux enfants qu'elle a reçus, du chaos des guerres au miracle toujours renouvelé du vivant, elle se souvient de tout, et ne regrette rien... C’est plein d’humanité, ça parle de l’absence, de la mort, mais ce n’est pas triste, très agréable à lire. Un très bon roman. 

Christine nous présente le livre d’une généticienne renommée, Alexandra Henrion-Caude qui, dans son livre Les apprentis sorciers, accuse les laboratoires d'avoir joué aux apprentis sorciers. La technique de l'ARN messager n'était pas prête, et nous n'aurions pas dû l'injecter à des milliards d'êtres humains. Elle n’est pas complotiste, mais elle a eu tout le monde contre elle, à partir du moment où elle a commencé à émettre des doutes. Christine a trouvé ce livre très intéressant, car expliqué simplement, elle aime bien savoir, les avis sont partagés, la discussion est animée, car chacun oppose ses arguments, à nous de nous faire une opinion… 

Je rends hommage à Françoise qui nous avait présenté un livre d’un auteur régional François Hegwein, ce qui m’a donné envie de ressortir un ouvrage de cet auteur que j’avais acheté il y a une dizaine d’années et que je n’avais jamais lu. Fumée d’usine narre la vie de Bernard, venu travailler dans une grande usine de la région, à la fin des années 60, comme beaucoup de ses collègues de l’époque. Un rappel de la vie durant cette période que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Le second livre présenté s’intitule Roman fleuve écrit par un jeune auteur, Philibert Hulm. Il avait été présenté à La grande librairie, et j’avais vraiment envie de le lire. Je n’ai pas regretté, c’est très drôle du début à la fin. D’ailleurs il a reçu le Prix Interallié 2022. En 2018, avec deux amis, l’auteur décide de descendre la Seine en canoë de Paris jusqu’à la mer, il en résulte un récit plein d’humour et d’autodérision. Un livre à lire absolument si l’on veut passer un bon moment.

Bernadette

La soirée s’est terminée à l’intérieur autour des délicieuses coupes de glace de Nanou, et le prochain rendez-vous est fixé au 

Mardi 19 septembre 2023 à 19h30 à la Louisiane

dimanche 21 mai 2023

Compte-rendu Café littéraire # 58

Huit lecteurs assidus se sont retrouvés autour de la table pour ce 58ème Café littéraire. Nous avons eu la surprise de revoir Joël de passage ce jour-là dans la région. 

Christine
qui lit beaucoup de livres sérieux et plus ou moins philosophiques a créé la surprise avec un livre drôle de Michel Denisot intitulé On peut rire de tout sauf quand on mange de la semoule, dans lequel l’ancien animateur vedette de Canal+ offre un petit florilège de ce que les réseaux sociaux proposent de drôle, toujours en lien avec l’actualité. Christine avait entendu parler de ce livre partout dans les médias, donc elle a eu envie de l’acheter. Sa préférée : le challenge de la Saint-Valentin, c’est d’entrer dans un restau, choisir un couple très amoureux et dire « Je pensais que c’était sérieux entre nous ». C’est inégal il y en a de plus ou moins drôles, mais on passe un bon moment. Une dernière pour la route, la maison Flammarion signale que « L’amant de lady Chatterley » est épuisé. Pas mal non 
plus ! 

En faisant le ménage, Martine a retrouvé Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois, ouvrage qu’elle a eu envie de relire car il lui avait fait une forte impression. Sa relecture lui a permis de découvrir d’autres choses en étant attentive aux sentiments. Un homme de quarante-six ans, Paul Peremulter, vient de divorcer et décide de quitter la ville de Toulouse pour un périple aux Etats-Unis qui le conduira au nord de l'Amérique, dans les bois québécois, sur les traces de son père, porté disparu en plein lac, il y a des années. Depuis Miami à La Tuque, le parcours de cet homme est cocasse, humble et fouille des sentiments profondément ancrés depuis la perte de son père, Fulbert. Car bien sûr, Paul va recevoir un bien étrange héritage de cet homme que, finalement, son entourage connaissait très peu ! Quand un fils part sur les pas de son père, il s'aventure à découvrir des secrets. La boucle sera-t-elle bouclée en bout de parcours ? Martine est en train de lire un polar Dehors les chiens de Michaël Mantion, qui est invité par la librairie. Elle nous en parlera plus tard.

Gilles a emprunté à la bibliothèque un livre dont il avait beaucoup entendu parler, puisqu’il s’agit de Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin, Prix Goncourt 2001. C’est l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans une expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Le but est d’installer une colonie française en Amérique du Sud, évènement historique de la Renaissance, dont personne n’a jamais parlé. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre : la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. C‘est long et lourd à lire, mais très intéressant et très bien écrit. Puis Gilles nous parle d'un livre de Faïza Guène, qui avait défrayé la chronique il y a quelques années avec Kiffe kiffe demain. Là il s’agit d’Un homme ça ne pleure pas, la vie d'une famille algérienne habitant à Nice, racontée par Mourad, l'un de ses membres. La romancière reprend un thème qui lui est cher : le devenir d'une famille arabe en France. A cause de non-dits et de malentendus la famille va éclater, pendant dix ans il y aura de la rancoeur, le tout saupoudré de poésie car elle écrit très bien. Une mère méditerranéenne, hystérique, envahissante mais aimante amène Gilles à se poser la question, est-ce que les mères maghrébines sont plus protectrices que les autres ? Il aimerait avoir l’avis de ceux qui le liront. La discussion est ouverte. 

Jeanine craint de plomber l’ambiance avec son livre Chien 51 de Laurent Gaudé, dans lequel l’auteur dessine un monde effarant où de grandes firmes peuvent racheter des pays endettés et organiser la vie comme elles l’entendent, par zones : les privilégiés en zone 1, la classe moyenne, en zone 2, et les pauvres en zone 3, territoire abandonné et délabré. On pourrait penser à de la science-fiction, mais le réalisme décrit par Laurent Gaudé est tel que tout nous ramène au présent. Normal donc de retrouver dans ce roman une problématique climatique avec des pluies acides nécessitant une protection de pointe par un dôme climatique devenu vital, normal aussi de s'effrayer devant la toute-puissance capitaliste et des multinationales qui, désormais, régissent la vie des gens et remplacent les États eux-mêmes. Au fond, Chien 51 est la constatation d'un échec, celui d'une société qui va vers le cataclysme. Un roman pessimiste et beau à la fois comme seul Laurent Gaudé sait nous en offrir. 

Joël est venu avec quatre livres, dont Clara lit Proust de Stéphane Carlier, un roman tendre et réjouissant, dans lequel Clara, une coiffeuse de Chalon, rencontre Marcel Proust, l’indéboulonnable star des lettres françaises. Et c’est le coup de foudre, aussi inattendu que puissant. Ce livre célèbre les vertus de la lecture et de la littérature, tout en dénonçant les a-priori liés à cette noble activité, et tout ça de façon agréable, sans se prendre la tête. Ce livre a forcément plu à Joël, puisque le confinement lui avait fait redécouvrir Proust, dont il nous avait parlé avec enthousiasme. Passons au second livre, Que reviennent ceux qui sont loin de Pierre Adrian. Après de longues années d'absence, un jeune homme retourne dans la grande maison familiale. Dans ce décor de toujours, au contact d'un petit cousin qui lui ressemble, entre les après-midi à la plage et les fêtes sur le port, il mesure avec mélancolie le temps qui a passé. En résumé la chronique d’un été dans la belle lumière d’août, le délicat passage entre l’enfance et l’âge adulte. Mais une épée de Damoclès plane sur cette famille, et c’est là tout le charme du livre. Un jeune auteur plein de talent. Joël continue avec Irène Frain et La fille à histoires, roman dans lequel elle raconte son histoire personnelle, celle d’une petite fille privée de l’affection d’une mère qu’elle aimait et respectait. Elle est la troisième fille du couple arrivée à un moment où sa mère réalise que son mari ne l'a pas mariée par amour. Il a aimé une autre femme avant elle et ignore qu'elle est au courant. Elle connaît même son prénom et le fait porter à sa fille. Ça se passe dans un milieu modeste, avec un quotidien de vie raconté dans les détails. Et il termine avec un livre qu’il a adoré, mais dont nous avons déjà parlé ici, L’île haute de Valentine Goby, livre qui enchante toujours les lecteurs. 

Après avoir lu des livres un peu ardus, j’ai eu envie de lire des livres plus légers. J’avais beaucoup entendu parler du roman Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin, et j’ai adoré ce livre plein de poésie. Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Valérie Perrin nous fait partager l'histoire intense d'une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l'ordinaire exceptionnel, elle arrive à dédramatiser la mort. Un livre qui fait du bien ! Passons à un livre de Zoé Brisby, auteur que je ne connaissais pas du tout, et qui ressemble au livre Tout le bleu du ciel, dont nous avons déjà parlé. C’est L’habit ne fait pas le moineau, Maxine, vieille dame excentrique souffrant de la maladie d’Alzheimer, s’échappe de sa maison de retraite, bien décidée à en finir dignement avec la vie. Alex, jeune homme introverti au cœur brisé par un chagrin d’amour, cherche une raison de vivre. Réunis au hasard d’un covoiturage dans une Twingo hors d’âge, les voilà qui s’élancent à travers le pays. Un roman drôle, mais touchant, réunissant deux personnages que tout oppose. Encore un livre optimiste qui remonte le moral… 

Françoise termine la rencontre avec François Hegwein, un auteur local, facteur durant 20 ans à Seloncourt, après avoir été instituteur et informaticien en région parisienne. Il écrit de petites histoires, comme dans ce livre Contes, parlotes et racontotes, publié dans la Maison d’édition qu'il a fondée « Les amis du lézard vert ». Françoise aime ces racontotes sans prétention, mais sympathiques, qui lui rappellent ses parents et son enfance. La plupart d’entre elles ont été écrites pour être racontées à la fête des Amis du vieux Seloncourt. Il fait œuvre de mémoire et c’est bien là l’essentiel. 

Des discussions très intéressantes ont émergé entre les présentations de livres et nous avons passé une bonne soirée très enrichissante !

Bernadette

La prochaine rencontre sera un Atelier d’écriture animé par Françoise le Mardi 23 mai à 19h30. 
 Essayez une fois, vous y reviendrez…. 

 Le dernier Café littéraire de la saison aura lieu le Mardi 27 juin à 19h30

mercredi 12 avril 2023

Compte-rendu Café littéraire # 57

Une dizaine d’habitués se sont retrouvés pour ce 57ème Café littéraire. Merci à Gilles qui a confectionné un excellent kuglof pour son anniversaire.

Après nous avoir brièvement relaté son intervention sur le fromage à la Médiathèque de Montbéliard, rencontre passionnante, Gilles souhaite nous parler de plusieurs livres, dont certains déjà présentés ici. Par exemple L’anomalie d’Hervé Le Tellier, qui a beaucoup divisé ceux qui ont tenté de le lire et ceux qui y sont parvenus, a séduit Gilles qui l’a trouvé très intéressant. Il revient également sur Les exportés de Sonia Devillers, présenté précédemment par Françoise, livre dont on ne sort pas indemne. Pour rester avec Hervé Le Tellier, Gilles poursuit avec Je m’attache très facilement, récit clinique de trois jours d’une Bérézina amoureuse. Un homme, bientôt atteint par la cinquantaine, décide de rejoindre en Écosse une jeune maîtresse. Sa visite, pour attendue qu’elle soit, n’est pas véritablement désirée. Un livre plus léger qui permet d’oublier tous ses problèmes. Il termine par L’homme peuplé de Franck Bouysse, un livre très poétique, mais dont il n’est pas sûr d’avoir tout compris. Deux fermes voisines dans un petit village de campagne. L’une est habitée par Caleb, un enfant du pays, dont la mère, Sarah, lui a toujours dit qu’il était différent des autres et qu’il avait hérité de son don. Que pour cette raison, il devait éviter les femmes pour ne pas attirer à lui le malheur. L’autre ferme vient d’être rachetée par Harry en quête de calme et d’inspiration pour pouvoir écrire un deuxième roman dont son éditeur attend depuis plusieurs mois le manuscrit. C’est une très belle histoire ! 

Fabienne a lu le dernier livre de Laurent Gounelle, Le réveil, Tom, un jeune ingénieur, se retrouve confronté dans son pays à une situation inquiétante qui sème la peur dans la population. Dans ce contexte inédit, des mesures sont adoptées par le pouvoir, contraignantes et liberticides. Cette situation n’est pas sans rappeler ce que nous avons vécu depuis la Covid. L’auteur a choisi d’écrire ce livre parce qu’il croit que, «dans le contexte qui est le nôtre actuellement, chacun est en droit de connaître les techniques de manipulation des masses auxquelles sont formés les puissants», à savoir les gouvernements et les multinationales qui avancent main dans la main. Fabienne a adoré ce livre. Elle tient également à nous parler d’un livre de Charlotte Link, Le péché des anges, Max et Mario, frères à la beauté angélique, sont absolument identiques – seule Janet, leur mère, parvient à les distinguer. Quand l'un des deux, atteint de troubles psychiatriques, doit être interné, Janet prend une terrible décision afin de protéger sa famille… mais qui pourrait également la détruire. Un livre qui n’est pas vraiment un polar, mais qu’on ne lâche plus tellement on a envie de connaître le dénouement. 

Jeanine s’est passionnée pour l’un des derniers livres de Caryl Férey, un auteur qu’elle affectionne particulièrement, intitulé Lëd, (signifiant glace) et où l’auteur nous entraîne au fin fond de la Sibérie, plus précisément à Norilsk, ville industrielle la plus septentrionale du monde, au nord du cercle arctique, qui bat régulièrement des records mondiaux de froid et de pollution. A la demande de son éditrice, alors qu’il préfère les pays où il fait chaud, il s’est rendu une première fois dans cette ville, qui lui a inspiré un récit de voyage « Norilsk » en 2017, puis il y est retourné pour produire ce polar paru en 2021. Il y a beaucoup de personnages, c’est très foisonnant, la vie y est rude, il y a des problèmes de corruption, d’alcoolisme, et pourtant ça se lit facilement, on fait la fête avec eux. Jeanine nous le recommande comme tous les livres de l’auteur, Paz, Mapuche, Zulu etc... qui sont très bien documentés et intéressants. Elle nous conseille aussi le dernier livre de Pierre Lemaître Le silence et la colère, peut-être moins bien que Au-revoir là-haut, mais à lire quand-même. 

Françoise nous parle d’un auteur qu’elle n’avait jamais lu, mais qui a écrit un nombre impressionnant de livres, Fouad Laroui, et plus particulièrement du livre intitulé Une année chez les Français, paru en 2010. Entre Le petit chose et le Petit Nicolas, ce livre raconte la première année scolaire de Mehdi au lycée français de Casablanca, le lycée Lyautey, et l’histoire émouvante et cocasse d’un enfant marocain propulsé dans l’univers sophistiqué d’un lycée international en 1970. Le jour viendra où l’enfant devra choisir entre le paradis qu’on lui promet et sa famille d’origine. Françoise a trouvé ce livre jouissif, avec tous les poncifs que l’on a sur l’éducation, sur l’école, c’est un bonheur ! Autre livre qui l’a littéralement bouleversée, Les tournesols ne fleuriront pas d’Odile Talon, une auteure locale. C’est l’histoire de centaines de paysans en France qui se voient spoliés de leur métier, de leur vie par l’intérêt économique au profit des grosses structures qui avalent tout et bénéficient de toutes les aides. Poignant, réaliste, écriture soutenue et très documentée, une vie quotidienne qui arrive au drame, prévisible. Merci Odile pour ce témoignage ! 

Pour ma part, j’ai lu deux livres déjà présentés, Dessous les roses d’Olivier Adam, que je venais de commencer lorsque Martine l’a présenté en février. C’est un auteur que j’aime beaucoup, ce n’est peut-être pas le meilleur de ses romans, mais j’ai bien aimé. Et Alabama 1963, un polar sur fond de racisme, présenté en septembre par Jeanine, genre de livre que je n’ai pas l’habitude de lire et pourtant je l’ai dévoré. Sinon j’ai apporté Grâce et dénuement d’Alice Ferney, un livre déjà ancien puisque publié en 2000. Il raconte l’histoire d’une famille de gitans installée en caravanes, dans un jardin désaffecté sans eau ni électricité, qui reçoit la visite d’une bibliothécaire venant faire la lecture aux enfants du campement. Un récit chaleureux mais réaliste, plein de vie et d'amitié, qui nous fait sentir toute l'humanité de ces familles, leurs rapports passionnés, leur fierté, leur extraordinaire appétit de vivre. Un très beau récit ! Et puis Grâce à Gabriel, d’un auteur bisontin Arnaud Friedmann, qui a été reçu à la Médiathèque de Montbéliard. Ce pourrait être le récit d'un fait divers en Alsace. C'est le questionnement de Michèle qui interroge son statut de mère et cherche à l'habiter. C'est aussi sa lutte contre une hérédité lourde à assumer et à repousser quand sa vie bascule un certain jour du mois d'août. L’auteur explore avec une minutie sans concession les frontières ténues de la folie chez des personnages fragilisés par la vie. C’est parfois pesant, mais ça interroge sur le deuil, la résilience, et c’est très bien écrit.

Christine a un livre à nous proposer La fabrique du crétin : vers l’apocalypse scolaire de Jean-Paul Brighelli. L'Ecole de la transmission des savoirs et de la formation des citoyens est à l'agonie. Elle accomplit aujourd'hui ce pour quoi on l'a programmée voici un demi-siècle : adaptée aux nécessités du marché, elle fabrique à la chaîne une masse de consommateurs semi-illettrés et satisfaits d'eux-mêmes. Soucieuse d'élaborer enfin l'égalité promise par la République en nivelant par le bas, elle a réussi à détruire ce que la France avait mis deux cents ans à élaborer. Plus de quinze ans après avoir prédit sa mort programmée, Jean-Paul Brighelli revient au chevet de l'Ecole et la trouve plus mal en point que jamais. Collège unique, "pédagogisme", méthode globale, regroupement familial, laïcité à géométrie variable... les causes sont nombreuses, et l'action de Jean-Michel Blanquer — dont il dresse aussi le bilan contrasté — n'a pu empêcher la déroute, surtout en temps de Covid. Aujourd'hui, l'Ecole est au pied du mur : elle sera "soit l'instrument d'une dissolution dans l'individualisme et le communautarisme, soit l'outil d'une résurrection". Est-il trop tard pour réagir ? Il a été enseignant et il a la dent dure, mais il est peut-être trop dans le « c’était mieux avant », alors que la société a beaucoup changé et que l’école doit s’adapter. La discussion fut riche et les avis partagés. 

Passons à Isabelle qui nous présente Le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur de François Lelord. C’est un conte pour adulte, qui nous embarque avec Hector, un jeune psychiatre, dans un petit tour du monde. Lorsqu’il voit de plus en plus de patients malheureux sans raison apparente, il décide de partir en quête du secret du bonheur. Pourquoi les gens sont-ils heureux ? Comment devient-on heureux ? Des questions auxquelles Hector saura mieux répondre après une petite série de rencontres et d’aventures. C’est écrit de façon naïve, c’est bienveillant, il interpelle le lecteur. Au fur et à mesure de ses aventures, il écrit des petites sentences. 

Nous terminons avec Martine qui a apporté deux livres. Elle avait beaucoup aimé La décision de Karine Tuil qu’elle nous avait présenté l’an dernier et celui-ci s’intitule L’invention de nos vies, il est riche, bien documenté, il pose plein de questions, mais il se lit aussi comme un thriller. A travers les destins croisés et amoureux de trois amis, Samir Tahar, arabe, musulman, avocat, Nina, mannequin pour les magazines de vente par correspondance, et Samuel Baron, juif, écrivain raté, l’auteur nous entraîne dans un tourbillon de haine, de mal-être, de faux-semblants, de mensonges, d’ambitions, bref dans un petit bréviaire des plus sombres turpitudes de la nature humaine. Faut-il inventer sa vie pour réussir ? Jusqu'où le mensonge permet-il de conduire son existence ? Voilà quelques-unes des nombreuses questions posées par Karine Tuil dans cet excellent roman. Martine a choisi un livre à la bibliothèque, attirée par le titre La pluie avant qu’elle tombe de Jonathan Coe, où passé et présent s'entrecroisent autour de la vie de trois femmes: trois destins tragiques d'enfants mal-aimés qui, d'une génération à l'autre, infligent à leurs filles les mêmes souffrances. Toute l'originalité du livre est dans sa construction, une proche de la famille choisit vingt photos pour en faire la description, raconter l'histoire sur cassettes audio et la transmettre après sa mort. Un roman très touchant !  

Bernadette

Le prochain Café littéraire aura lieu le mardi 2 mai à 19h30

lundi 13 mars 2023

Compte-rendu Café littéraire # 56

Quelques personnes s’étant excusées, nous étions huit à nous retrouver pour ce 56ème Café littéraire.

Christine a ouvert la soirée en nous présentant un livre de Muriel Pactat intitulé Le Portillon. Elle avoue avoir du mal à lire des romans, mais celui-ci elle l’a lu très vite, car il est très prenant. Une énigme très bien ficelée et il faut attendre la fin pour savoir ce qui s’est passé. En résumé, quoi de plus banal en apparence qu'un portillon ? Dans cette histoire, celui-ci représente la frontière entre deux mondes inconciliables. Pendant des années, cet accord tacite a été respecté. Pourtant, une nuit d'été 1970, les enfants du métayer bravent l'interdit. De cet acte anodin va découler une cascade de drames.. En fait, le livre traite de psychogénéalogie, c’est à dire le fait que des générations entières souffrent de secrets de famille et des comportements de leurs ancêtres. Muriel Pactat, romancière depuis plus de trente ans, psychologue, aime décrire les méandres de la vie de ses personnages, le paradoxe des sentiments. Visiblement, elle a créé sa propre maison d’édition.

Françoise revient sur le livre qu’elle avait commencé à nous présenter en janvier, et qu’elle nous recommande vivement. Les exportés de Sonia Devillers, livre où la journaliste raconte les circonstances historiques qui permirent à ses grands-parents, et à des milliers de Roumains, de quitter leur pays derrière le « rideau de fer ». Un pan de l’histoire ignoré et cruel qui montre avec quel cynisme on compare la vie d’un homme à sa valeur marchande, à combien de cochons peut-on évaluer la vie d’une famille… La Roumanie a produit beaucoup de viande de porc, mais tout partait à l’exportation, laissant la population sans rien. Les grands-parents de l’auteur faisait partie de la bourgeoisie et étaient juifs, mais non pratiquants et pourtant… Françoise l’a lu deux fois, elle qui a hébergé durant cinq ans une amie roumaine ne connaissait pas ces faits. On ne peut pas ignorer ce témoignage bien documenté, cependant âmes sensibles, s’abstenir ! C’est dur ! 

Catherine nous parle de deux livres, dans le premier Fille en colère sur un banc de pierre de Véronique Ovaldé, il est également question d’un secret de famille. Au large de la Sicile, la famille Salvatore ne passe pas inaperçue. Le père, passionné d’opéra, est un taiseux taciturne qui a marié une fille du cru, Sylvia, et lui a fait quatre filles. C’est le destin de ces quatre sœurs qui sert de trame au roman de Véronique Ovaldé. La Fille en colère sur un banc de pierre qui donne son titre au livre, c’est Aïda. Aïda la pestiférée, celle qui a quitté l’île pour vivre à Palerme. Cela fait 15 ans qu’elle n’a plus de nouvelles de la famille. Mais pourquoi est-elle partie ? Par le biais d’un narrateur omniprésent, la romancière décortique les relations familiales. Une lecture intéressante et surprenante. Catherine passe au deuxième ouvrage, un roman dont elle est sûre qu’il a déjà été présenté ici, mais dont personne ne se souvient. Il s’agit d’un livre de Clara Dupont-Monot Le roi disait que j’étais diable, qui raconte l'union de la sulfureuse souveraine Aliénor d’Aquitaine et du pieux Louis VII, qui était moine et pas du tout préparé au pouvoir, c’est elle qui va prendre les choses en main. On a toujours une version des évènements vus par l’un ou par l’autre. Un livre tout en finesse qui se lit facilement. 

Chantal a apporté deux livres achetés au Festival des Livres dans la boucle et dédicacés. Le premier d’Yves Ravey intitulé Taormina, a été nominé pour plusieurs prix littéraires. Melvil a décidé d'offrir à sa femme Luisa une escapade en Sicile. Son couple bat de l'aile, et il espère que ces vacances leur apporteront le calme et le repos dont ils ont tant besoin, et aboutira peut-être, qui sait, à une réconciliation. Arrivés à l'aéroport (première erreur), ils décident de quitter l'autoroute pour aller voir la mer. Sur le chemin, la voiture heurte violemment un obstacle. Melvil intime à sa femme l'ordre de rester dans la voiture, et ils reprennent la route. Mais très vite, l'évidence s'impose et un instinct de survie maléfique les pousse à tout faire pour maquiller leur crime. En se servant d’un style très lapidaire, ce roman bref (140 pages à peine), mais dense, nous tient en haleine jusqu'au dénouement incertain. Derrière le comportement délictueux du couple maudit, ce conte noir de « Taormine » met en lumière le peu d'humanité d'une société égoïste, incapable d'assumer ses responsabilités. Le second, un livre du metteur en scène Lucas Belvaux, Les tourmentés, son premier roman, raconte l’histoire d’une chasse à l’homme, au sens le plus littéral de l’expression. Une riche veuve demande à Max, son majordome, de lui trouver quelqu’un qui accepte, contre rémunération, d’endosser le rôle de cible humaine et de risquer sa vie pour son bon plaisir. Un roman dont la construction est parfaite, malgré un style très lapidaire, l’intrigue inattendue est pour le moins surprenante. 

Après une petite pause café, Isabelle reprend le flambeau pour nous présenter Et mes jours seront comme tes nuits de Maëlle Guillaud, l’histoire d’amour d’un couple qui a vécu des choses très difficiles. Depuis trois ans, Hannah, tous les jeudis rend visite à Juan dans la prison où il est incarcéré. Durant le voyage, la jeune femme, flûtiste dans un orchestre, se remémore son passé avec son amant qu’elle ne cesse d’aimer malgré ses mensonges, sa trahison. C’est un incessant aller-retour entre le présent et le passé, entre l’idéalisation d’une relation et sa réalité. Petit à petit, se mélangent rêves, fantasmes et réalité pour plonger le lecteur dans l’univers d’Hannah qui confine à une sorte de folie. Mais un signe est là pour la sauver et pour qu’elle puisse continuer à vivre. Un livre bien écrit, très prenant, très intense, dont Isabelle ne nous révélera pas la fin. Maëlle Guillaud est éditrice et a fondé le prix Monte Cristo en 2019 en partenariat avec la maison d’arrêt de Fleury Mérogis. Ceci explique sans doute le sujet du livre… Isabelle nous parle du dernier livre d’Olivier Adam Dessous les roses, un roman en forme de pièce de théâtre en trois actes. Dans une unité de lieu, un pavillon de banlieue et une unité de temps, l'action se déroulant sur trois jours, c'est à une mise en abîme familiale qu'il nous est donné d'assister. Profitant de l’enterrement du père, trois frères et sœur vont se livrer à des règlements de compte dans un huis-clos perturbant. 

Gilles veut nous parler de trois livres qui l’ont marqué, tout d’abord Beyrouth sur Seine de Sabyl Ghoussoub qui raconte l’histoire de ses parents libanais. Alors qu'en 1975 ces derniers décident de vivre à Paris pendant deux ans, le Liban sombre dans un conflit sans fin. Ils ne retourneront jamais y vivre. Le titre fait d’ailleurs référence au surnom qu’on donnait à Paris dans les années 80, lorsque la culture libanaise et arabe plus largement y était florissante. Ce roman a reçu le Prix Goncourt des Lycéens 2022. Gilles s’attendait à quelque chose de grandiose, mais il est un peu déçu. Il tient à nous parler d’un livre souvent évoqué ici, Petit pays de Gaël Faye, un petit chef d’œuvre que la plupart des personnes présentes ont lu, et qui reste dans les mémoires. Une écriture magnifique, pleine de poésie. D’ailleurs ce livre a fait l’objet d’une très belle adaptation cinématographique. A lire absolument ! Enfin un livre qui l’a bouleversé, Le don de Qâ de Jean-Michel Pasquet. Ce livre nous amène a nous demander « Qu’est-ce qu’on est par rapport à la nature ? Qu’est-ce qu’on fait pour elle ? » Au début, Gilles était un peu réticent car ça tient du fantastique, mais au final c’est surprenant, merveilleux, il a adoré ! 

Quant à moi je n’ai pas tellement lu ces temps derniers, n’étant pas très bien et ayant beaucoup d’occupations. Cependant j’ai quand-même dévoré ce pavé de 840 pages de Mélissa Da Costa que nous avait présenté Noëlle et que quelques personnes autour de la table avait lu avec plaisir. Il s’agit de Tout le bleu du ciel, ça se lit facilement, mais c’est une histoire très touchante que j’ai appréciée. J’avais lu il y a quelque temps S’adapter de Clara Dupont-Monod, un livre conseillé par Joël, il y a plus d’un an, également un très bel ouvrage, que j’ai trouvé très émouvant, et qui donne la parole aux frères et sœurs d’enfants handicapés, qui trouve chacun des réponses différentes face à ce problème. Pour terminer un livre que j’ai lu il y a déjà plusieurs mois Propriété privée de Julia Deck, j’en avais entendu parler et je l’avais noté dans mes livres à lire, je l’ai trouvé d’occasion en parfait état. Tout part du rêve français d’accéder à la propriété, et ce rêve devient réalité pour un couple de bobos parisien, les Caradec. Ils ont trouvé l’endroit idéal, en adéquation avec leur conscience écologique, et ont déménagé dans un écoquartier de banlieue, un ensemble de logements avec jardins, terrasses et panneaux solaires. Mais peu à peu le rêve devient cauchemar, les commérages circulent, la proximité se transforme en promiscuité étouffante et la vie de l’écoquartier ne ressemble plus du tout au vert paradis acheté sur plan. C’est le ton caustique qui fait la saveur de ce roman. La société, et particulièrement la classe moyenne supérieure, est observée par l’auteure avec une ironie sans pitié. Un livre pour passer un bon moment 

Bernadette

 Prochain Café littéraire le Mardi 4 avril à 19h30 à la Louisiane

lundi 6 février 2023

Compte-rendu Café littéraire # 55

Nous étions 13 (non ça ne porte pas malheur) autour de la table pour ce 55ème Café littéraire, que nous avons trouvé particulièrement chaleureux, d’autant plus que Jeanine nous avait concocté une délicieuse galette. 

Denis nous présente deux bandes dessinées, la première est une rétrospective de l’année 2022 réalisée par Plantu et intitulée Sale temps pour la planète. Cette année 2022 restera dans les annales comme celle où l’humanité s’est mise à se demander combien de temps il lui restait à vivre sur sa planète bleue, résume Plantu en 194 pages de dessins pertinents et impertinents. Denis en profite pour rappeler qu’avant le Traité de Roussillon, l’année commençait le 1er avril, et il propose qu’on se réunisse le 1er avril prochain pour fêter le Nouvel-An. On va y réfléchir !!!! Le deuxième ouvrage Des lilas à Belleville, raconte les souvenirs d’enfance d’Eddy Mitchell, illustrés à merveille. Né de l’association du rockeur acteur et du dessinateur Ralph Meyer, il y raconte un épisode de sa jeunesse à Belleville, le quartier de son enfance, à 14 ans, dans les années 1950, à l’époque où son groupe les Chaussettes noires n’existait pas encore et où Monsieur Eddy se nommait Claude Moine. Deux beaux ouvrages pour les amateurs de BD.

Christine nous parle du livre Roman fleuve de Philibert Humm, Prix interallié 2022, un livre très amusant qu’elle n’a pas pu terminer, l’ayant oublié quelque part. Ca lui a rappelé Trois hommes dans un bateau de Jerome K. Jerome, l’auteur, entreprend avec deux amis, Pierre Adrian et François Waquet, la descente de la Seine, de Paris à l’océan. Une épopée à l’humour permanent avec beaucoup d’autodérision, parfait contre la morosité ambiante. Christine a lu un roman policier qui tient en haleine, La fille du quai d’Alafair Burke, Avocate pénaliste, Olivia Randall accepte de défendre Jack Harris, un ancien petit ami, accusé d’avoir abattu trois personnes. Un moyen pour elle de se faire pardonner leur rupture difficile il y a 20 ans. Et comment croire à la culpabilité de cet homme sensible ? Pourtant des preuves accablantes s’accumulent contre lui… Ancienne procureure et fille d’un écrivain, Alafair Burke maîtrise son art ! Ce n’est pas sanguinolent, vraiment très bien. Christine revient sur le livre présenté la fois précédente par Noëlle, Tout le bleu du ciel, qui l’a vraiment touchée. Celles qui l’ont lu dans l’assemblée confirment, un très beau roman.

J’ai apporté deux livres, un roman de David Foenkinos, auteur que j’adore, depuis Charlotte, je les ai tous lus. Celui-ci, le dernier, s’intitule Numéro deux, et relate la vie de Martin, un jeune garçon qui ne demandait rien à personne, et qui est pressenti pour interpréter le rôle de Harry Potter à qui il ressemble à s'y méprendre. Les essais sont excellents. Il sait qu'un autre jeune garçon, déjà acteur, est également envisagé pour ce rôle. Et, après le dernier essai cependant fort réussi, on l'informe tout à trac que l'autre garçon, Daniel Radcliffe, est sélectionné. Comment Martin va-t-il gérer cet échec et vivre avec le rappel permanent de son fiasco ? Bien qu’ayant un ancrage dans la réalité, il s’agit d’une œuvre d’imagination. N’étant pas du tout une adepte d’Harry Potter, j’ai néanmoins été passionnée par ce roman. Le deuxième est un cadeau de Noël, Le dictionnaire amoureux des musées, un livre que l’on picore lorsqu’on a quelques minutes devant soi. Je n’avais jamais lu de dictionnaire amoureux, ce sont des livres confiés à un auteur qui choisit les entrées et y met un peu de sa vie personnelle. A travers mille anecdotes, on y flâne d'un continent à l'autre, en compagnie de l’auteur Anne-Laure Béatrix. J'y apprend beaucoup de choses, un vrai plaisir pour moi qui aime les musées.

Jeanine évoque rapidement le livre Kinderzimmer de Valentine Goby, souvent présenté lors de précédentes réunions, et qui malgré la dureté du sujet est un hymne à la vie. Un livre que l’on n'oublie pas ! Elle souhaite nous parler plus longuement du livre d’Anne Berest, La carte postale, que j’avais présenté en mars dernier. “Ephraïm , Emma, Noémie , Jacques”, 4 noms simplement sur une carte postale, envoyée depuis Paris, et arrivée en janvier 2003 chez les parents d’Anne Berest. Quelques années après que ses parents aient reçu cette énigmatique carte postale, Anne Berest se lance dans une enquête passionnante sur l’histoire de sa famille , les Rabinovitch, juifs russes aux destins tragiques. Un livre passionnant par son étude approfondie des sentiments, des circonstances. Il a d’ailleurs reçu le Prix Renaudot des Lycéens. Jeanine termine par L’Anomalie d’Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020, un livre qui ne laisse pas indifférent, soit on aime, soit on ne peut pas le finir. Jeanine , après être arrivée à la fin l’a recommencé, chose qu’elle ne fait jamais. C’est peut-être la clé pour comprendre ce livre, plusieurs lectures. Difficile à résumer, c'est un roman déroutant, de ceux qui vous poussent à réfléchir sans vous apporter de réponses. A chacun de se torturer l’esprit, d’imaginer une explication à l’inexplicable… en prenant conscience par la même occasion que personne n’aura la même. 

Gilles s’est lancé dans le lecture d’un livre policier Glen Affric de Karin Gibel, un thriller psychologique bouleversant sur la différence et l'amitié, où le plus beau côtoie le pire. L’auteur écrit des livres policiers plutôt trash, âmes sensibles s’abstenir, mais celui-ci fait exception. L’ambiance est difficile, lourde avec une succession d’injustices, mais Karin Gibel décrit extrêmement bien les sentiments des gens qui les subissent. Le titre fait référence à une vallée écossaise dans la région des lacs, mais l’histoire se passe en France. En résumé, l’auteur explore une nouvelle fois l’enfer du milieu carcéral vécu par une fratrie sur laquelle le sort ne cesse de s’acharner. Un roman douloureux et cruel comme seule l’auteure en a le secret.

Isabelle a lu Les victorieuses, un livre de Laetitia Colombani, connue particulièrement pour son roman La tresse qui a connu un grand succès. Solène, brillante avocate victime d’un burn-out, sur les conseils de son psychiatre, se tourne vers le bénévolat. C’est ainsi qu’elle pousse la porte du Palais de la Femme, un établissement de l’Armée du Salut qui héberge des femmes en situation de grande précarité et souvent de grande détresse. A contrecœur, Solène accepte de mettre une heure de son temps au service des résidentes. Sa mission : les aider à écrire leurs courriers. « Les Victorieuses », ce sont ces femmes, toutes marginales pour des raisons différentes (accident de la vie, maltraitance, exil), résidentes du Palais de la femme, établissement du XIe arrondissement de Paris géré par l'Armée du salut. Le roman relate deux vies parallèles, l’histoire de cette avocate et le destin de Blanche Peyron, une oubliée de l’histoire de la lutte des femmes contre la précarité, qui a créé cet établissement en 1926. Un très beau livre empli d’humanité. Isabelle qui lit aussi les livres de Valentine Goby, n’en parlera pas plus, puisqu’auteure souvent évoquée ici, mais elle apprécie beaucoup. Elle termine par le livre de Care Santos, Désir de chocolat, trois femmes intrépides, trois siècles et une chocolatière de porcelaine : la folle aventure du chocolat en Europe. Un roman qui se déguste avec gourmandise. 

Françoise va nous parler d’un livre qu’elle n’a pas encore lu, enfin seulement jusqu’à la page 39. Lors de ses ateliers d’écriture, on y parle aussi littérature et c’est un ami qui le lui a conseillé. L’auteur, Sonia Devillers, journaliste officiant sur France Inter, raconte dans ce livre Les exportés, l’histoire de ses grands-parents, vendus par la Roumanie à la France. Juif d’origine slovaque, businessman installé à Londres, Henry Jacober (1918-1994) échangeait au prix fort le droit à la liberté de dizaines de milliers de personnes, à qui le régime communiste interdisait de partir, contre des porcs reproducteurs ou des élevages de poulets, autant de biens indispensables à la modernisation d’une agriculture collectivisée en déroute. « Les juifs et le pétrole sont nos meilleurs produits d’exportation », reconnaissait Nicolae Ceausescu à propos de ce commerce un peu particulier, commencé dans les années 1950, avant son arrivée au pouvoir. Resté longtemps discret, ce « troc d’État », n’apparut dans toute son ampleur qu’avec l’ouverture des archives, après la « révolution » de décembre 1989. Un scandale de plus, on ne sort pas indemne de ce roman. 

Fabienne, qui est contente de revenir parmi nous après une longue absence, nous présente Impact d’Olivier Norek, un ancien policier. Ce livre n’est pas vraiment un polar, mais une enquête sur fond d’écologie. Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille, pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir... Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants. La question est « Peut-on tuer par conviction écologique ? » En fond, la révolte contre ceux qui exploitent la terre et détruisent les écosystèmes – un crime pour ce justicier. Fabienne ne nous en dira pas plus pour ne pas déflorer le livre. 

Jean-Daniel, qui a beaucoup lu Gilles Lagardinier, voulait depuis un moment nous présenter Pour un instant d’éternité, écrit en 2019, il l'avait prêté et il lui est revenu cette semaine. Un livre bien différent des précédents. Vincent a une passion : celle d’inventer des pièces secrètes. Avec son équipe, il est passé maître dans cet art et il offre ses services ainsi que ses plus astucieux passages secrets aux personnes les plus influentes d’un Paris à l’époque de l’Exposition Universelle. Les affaires se compliquent quand il se rend compte que son équipe est en danger. De biens sombres événements se produisent autour de ses proches et Vincent doit alors se tourner vers une personne qui va changer sa façon de voir les choses pour toujours… Jean-Daniel a été fasciné par ce livre, apparemment l’auteur réoriente sa carrière littéraire vers ce genre. Par contre, il n’a pas trop aimé Le premier miracle, publié en 2016, trop ésotérique à son goût. Affaire à suivre… 

Catherine a apprécié Te rencontrer enfin de Bérénice Vessot, un premier livre d’une jeune auteur locale, qui est venue le présenter à La Bibliothèque de Blamont. C’est très bien écrit et ça traite d’un sujet sensible, les secrets de famille. Il aura suffi d’une journée, d’un aller-retour dans la cave de ses parents, d’une photo trouvée au fond d’un carton pour bouleverser la vie de Sidonie. Alors que des zones d’ombre demeurent autour de sa famille, elle retrace son histoire pour découvrir ce qui a poussé sa mère à couper définitivement les ponts avec ses propres parents. Mais en remuant le passé, Sidonie comprend rapidement qu’elle va devoir raviver certaines blessures… Une intrigue touchante, menée avec délicatesse et intelligence par l’auteure dans ce premier roman plein d’émotion. 

Martine est venue avec deux livres, l’un qui se lit extrêmement vite, Les sources de Marie-Hélène Lafon, dont l’écriture est presque chirurgicale. Dans un bref récit d'une intensité folle, l’auteur écrit une tragédie en trois actes dans un contexte rural coupé du monde, où la cellule familiale peut devenir une prison. L’histoire se passe dans le Cantal sur une période allant de 1967 à nos jours, il porte sur la violence faite aux femmes mais aussi le courage et la force d'émancipation. Martine a beaucoup aimé ce livre. Autre genre avec Muriel Barbery et son dernier roman Une heure de ferveur, qui se passe au Japon. Il faut accepter un rythme un peu lent, des digressions autour des questions philosophiques que peuvent se poser les Japonais. Haru, un marchand d’art japonais a eu une fille avec une Française, lors d’une brève relation. Cette dernière lui interdit de voir sa fille. Il va donc vivre son amour pour cette fille par personne interposée. C’est un roman reposant, mais aussi bouleversant, qui fait suite au roman Une rose seule qui donnait le point de vue de la fille qui ne connaît pas son père, mais que Martine avait trouvé plus ennuyeux. 

C’est Rosemay qui va conclure cette rencontre avec plusieurs titres. Tout d’abord, un livre de Delia Owens Là où chantent les écrevisses, dont a été tiré un film sorti en 2022. Kya ne sait pas exactement quand elle est née. Elle ne sait pas non plus pourquoi, un jour, sa mère puis ses frères et sœurs ont pris la poudre d’escampette. Pourquoi son père a fini par faire de même. Mais elle est restée seule, petite fille isolée au milieu de l’enchevêtrement de canaux du marais de Barkley Cove. Mais comment se débrouiller sans parents et sans argent quand on a seulement 10 ans ? Comment devenir femme et comprendre le monde quand on ne fréquente pas l’école et que les habitants du village voisin vous surnomment avec dédain « la Fille du Marais », vous considérant comme une vermine crasseuse et inculte ? Rosemay l’a trouvé génial, à lire avant de voir le film. Passons au livre de Laurent Gounelle, Le réveil, un court roman en forme de conte philosophique très différent des habituelles productions littéraires de l'auteur. En fait c’est l’histoire du covid et de la manipulation mentale qui en a découlé, mais sous une forme déguisée. Rosemay nous en reparlera plus tard. Passons au suivant, Les douleurs fantômes de Mélissa da Costa, cinq années se sont écoulées, Ambre a refait sa vie à Lyon et a coupé les ponts avec le reste du groupe. Mais quand Rosalie l’appelle pour lui dire que Gabriel a disparu, ni une, ni deux, Ambre prend le premier train pour la rejoindre et l’épauler. Un livre très sympa à lire. Et enfin Pas si simple de Lucie Castel, un livre pétillant qui met du baume au cœur. Parce que, dans la vie, rien n’est simple, Scarlett se retrouve coincée par la neige à l’aéroport d’Heathrow avec sa sœur Mélie l’avant-veille de Noël. Si vous voulez savoir la suite, il faut le lire, Rosemay a adoré… 

Bernadette

 Prochain Café littéraire le Mardi 28 février à 19h30 à la Louisiane