samedi 23 mars 2019

Compte-rendu du café littéraire #37

Pour ce 37ème café littéraire, nous avons accueilli quelques nouvelles personnes. Denis rappelle l’intervention d’Yvonne Pétrequin sur son métier de traductrice à la Médiathèque d’Audincourt le jeudi 28 mars à 20 heures. Cette intervention a lieu dans le cadre de la « Semaine des Littératures étrangères », consacrée cette année à la Mer du Nord, et donc aux Pays-Bas, pays natal d’Yvonne. On espère que nos adhérents y seront nombreux.
Denis m’ayant désignée, c’est moi qui vais ouvrir le bal avec deux livres qui rendent hommage aux libraires et aux librairies. Le premier je l’ai acheté car il n’était pas cher et que la couverture était belle, et je l’ai adoré, ça m’a fait un bien fou. Il s’agit de La librairie de la Place aux Herbes, d’Eric de Kermel, sous-titré « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ». Une librairie à Uzès, petite ville du Gard que j’adore, rachetée par une Parisienne amoureuse des livres, et une galerie de clients dont Nathalie nous raconte les parcours de vie. A travers les rayons de la librairie, l’auteur tisse tranquillement ses leçons de bonheur, à partir de l’écologie, de la spiritualité et surtout de l’amour. Le second est intéressant aussi, Lire, vivre et rêver est un livre dans lequel vingt et un écrivains racontent avec passion et humour les livres et les librairies qui ont changé leur vie. "Les livres forment des ponts entre ceux qui les défendent et ceux qui les écrivent. Des ponts ; qu'aucune dynamite ne pourra faire tomber. Des ponts qui lient deux rives différentes, jamais opposées". Deux belles lectures pour les amoureux des livres…
Isabelle nous présente Un si joli visage de Lori Lansen, où l’auteur se glisse dans la peau d’une femme obèse pour nous donner son point de vue. Quand son mari disparaît, elle va partir à sa recherche et finalement elle va se retrouver. Le cheminement est bien fait, c’est plausible, il y a beaucoup d’humanité dans ce livre. Ça donne une autre approche de cette maladie qu’est l’obésité. Isabelle a lu un ou deux livres de Michel Bussi, elle a trouvé ça très sympa, en particulier Ne lâche pas ma main, un livre un peu policier, mais la façon dont c’est raconté fait que l’on tient jusqu’au bout. C’est l’histoire d’un homme en vacances à la Réunion avec sa fille et sa femme qu’on va retrouver morte, et tout l’accable… Comment va-t-il s’en sortir ?
Christiane prend le relais avec Le lambeau de Philippe Lançon, prix Fémina, un livre dans lequel l’auteur, rescapé de l'attentat de Charlie Hebdo, a livré le récit de sa reconstruction. Elle ne l’a pas encore terminé, car c’est écrit tout petit et c’est très long et très dur à lire. Christiane revient donc à un auteur plus gai qu’elle aime beaucoup, Peter Mayle, et son livre Château l’Arnaque. Une histoire un peu policière entre de richissimes Américains et des Marseillais, sur fond de vol de bouteilles de vin très chères. Un livre qui détend… Encore un livre qui se lit facilement Et vous avez eu beau temps ? de Philippe Delerm. A l’instar de La Bruyère et de ses Caractères, Philippe Delerm se livre ici à une critique fine et ironique des « petites phrases », ordinaires et perfides, qui émaillent nos conversations et fonctionnent comme des marqueurs de discours, entre intimité et vie sociale, un livre agréable à lire…
Guy nous rappelle qu’il ne peut pas nous faire passer de livres, car sa vue ne lui permet que la lecture sur liseuse. Il nous parle d’un livre dont on n’a déjà parlé ici-même, Le problème Spinoza d’Irvin Yalom. Il l’a lu trois fois, souhaite en reparler et inciter les personnes qui l’auraient abandonné à le lire jusqu’au bout. Le lecteur est donc invité à suivre en parallèle le parcours de Spinoza, juif excommunié pour avoir osé dire que certains écrits religieux relevaient de l’hypocrisie, et celui de Rosenberg, l'idéologue du parti nazi, viscéralement antisémite et grand inspirateur d'Hitler. Guy l’a lu et relu avec énormément de plaisir et d’intérêt. Il nous présente ensuite un livre d’Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS, qui s’intitule Le blob. Qu’est-ce que le blob ? Une espèce de chose gluante, qui ressemble à un champignon, mais n’en est pas un, qui n’a pas de cerveau, mais qui révèle d'étonnantes capacités et les scientifiques vont de découvertes en découvertes. L’auteur profite de ce livre pour parler des problèmes du CNRS, ouvrage fort intéressant. Enfin Guy termine avec Fake news écrit par Michèle Cotta et Robert Namias. Cet inquiétant roman de politique-fiction révèle comment une habile manipulation peut déstabiliser notre démocratie. Ça fait peur…
Fabienne nous a apporté un roman de Katherine Néville, Le huit, un thriller historique déjà ancien, entièrement bâti autour du jeu d’échecs. C’est comme une enquête, c’est historique, ce sont des énigmes, c’est bien ficelé, captivant jusqu’à la fin. Il s’agit de reconstituer un jeu d’échecs, dont les pièces ont été disséminées à travers le monde...L’originalité de la construction du Huit est sa narration qui se déroule sur deux époques en parallèle: 1790 et 1972/73, en des lieux aussi différents que New-York, le sud de la France, Paris et l’Algérie.
Denis s’est intéressé au Dictionnaire de l’impossible de Didier van Cauwelaert, qui fait partie d’une série de trois livres. Denis nous prend un thème au hasard, la combustion humaine spontanée, le livre nous offre un panorama des phénomènes les plus étonnants. Des faits qui semblent a priori impossibles et sont pourtant explicables. Preuves scientifiques à l'appui. Voyager dans le futur, modifier le passé, communiquer par télépathie avec un chat, un chien, un oiseau, un arbre, c’est impossible, a prioriEt pourtant…C’est le livre du même auteur Les émotions cachées des plantes qui lui a donné envie de lire celui-là.
Catherine qui nous avait déjà présenté Le secret du mari a lu le troisième livre de Liane Moriarty qui s’intitule Un peu, beaucoup, à la folie. Catherine nous déconseille de lire la quatrième de couverture, car elle n’est pas d’accord avec… Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue improvisé entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors pourquoi, deux mois plus tard, les invités en gardent-ils un souvenir épouvantable et ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n'y étions pas allés » ?  Un chapitre sur deux parle de ce barbecue, et les autres chapitres de ce qui a changé dans ces trois familles. Ça se lit facilement, c’est un livre agréable…
Céline a lu le dernier prix Goncourt Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, elle l’a lu cet hiver et comme ça se passe en été, ça l’a réchauffée. Quatre étés, de 1992 à 1998, dans une vallée où les hauts-fourneaux sont à l’arrêt. A travers quelques personnages, dont des adolescents, le portrait d’une France qui change profondément… Les personnages sont de milieux sociaux différents, on retrouve à travers eux la société de cette époque, avec la musique, la Coupe du Monde, Céline y a retrouvé son adolescence avec une région industrielle qui ressemblait à la nôtre. Elle nous le conseille vivement, c’est un livre très social, politique aussi, avec un regard sur la société.
Christine nous présente un livre de Michel Bussi, auteur déjà évoqué ici à plusieurs reprises, Nymphéas noirs. Ça se passe à Giverny, village de Monet, et on apprend des tas de choses sur le peintre, bien que ce soit un roman policier. C’est prenant, très étonnant, tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Depuis sa lecture, Christine n’a qu’une envie, aller à Giverny…

Le prochain café  littéraire se tiendra le Mercredi 10 avril à 20 heures


Bernadette

dimanche 10 février 2019

Compte-rendu du café littéraire #36

Ce petit café littéraire hivernal n’a réuni qu’une dizaine de personnes, mais les échanges furent néanmoins très riches.

Denis signale qu’Yvonne Pétrequin interviendra à la bibliothèque, récemment rouverte, le 28 mars prochain, dans le cadre de la « semaine des littératures étrangères ».

Cédric, qui n’était pas venu depuis longtemps, ouvre la séance en nous présentant un livre d’Eric Vuillard, qui a obtenu le Prix Goncourt 2017, mais pas avec ce titre puisqu’il s’agit de La Guerre des pauvres. 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée. C’est très sanglant, mais Cédric a été attiré par le titre, toujours d’actualité hélas, et l’a donc acheté sans connaître l’auteur. Il nous en lit un très court extrait, car il trouve que les mots sont justes. C’est un livre court, comme tous les livres de l’auteur qui prend un sujet très précis et qui traite de l’essentiel. C’est intéressant car cette période n’est pas souvent évoquée et ça se passe pas très loin de chez nous.

Chantal, dont l’un des auteurs préférés est Alain Mabanckou, auteur congolais enseignant en Californie, a lu Les Cigognes sont immortelles. L’histoire se passe au Congo, sur deux jours, lors de l’assassinat du président Ngouabi en 1977. L’auteur a alors 11 ans et c’est son histoire qui est racontée assez naïvement, par la voix d’un jeune garçon prénommé Michel. Sa maman qui l’élève seule se met avec un homme qui a d’autres femmes, le frère de sa maman est assassiné lui aussi et Michel, qui est un garçon bien élevé, devra apprendre à mentir pour sauver sa maman. En même temps il nous parle de l’histoire du Congo et comme le dit si bien Chantal « ce n’est pas piqué des hannetons » ! A cette époque tous les chefs d’état communistes sont venus au Congo, Russes, Chinois et dans le livre il y a même une chanson en hommage à Ceaucescu.

Fabienne nous a apporté un livre un peu ancien, que beaucoup ont lu, Le Parfum de Patrick Süskind. Jean-Baptiste Grenouille est né dans la puanteur : en 1738, à Paris, sous l'étal d'une poissonnerie. Bossu, difforme, il va peu à peu développer un don extraordinaire, unique : il peut tout sentir, analyser la moindre odeur et même détecter une chenille au cœur d'un chou… Au cours de sa vie, il va devoir créer des parfums et pour cela tous les moyens sont bons, mais chut… Fabienne n’en dira pas plus, sinon que c’est écrit comme un conte, un récit atypique. Un classique à relire sans modération…

Denis présente le livre que Catherine avait laissé pour une lecture collective, Terre et cendre d’Atiq Rahimi. Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal luné, une route qui se perd à l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union soviétique… C’est un livre qui se lit très vite, mais qu’il est difficile de raconter. Quand on arrive à la fin, on a les larmes aux yeux car c’est très émouvant. Le personnage du grand-père est formidable. Denis nous parle ensuite du livre Les Emotions cachées des plantes de Didier van Cauwelaert. C’est comparable au livre déjà présenté sur les arbres. Aussi merveilleuses soient-elles, toutes les révélations contenues dans ce livre sont le fruit d'observations et d'expériences scientifiques.

Guy a devant lui un énorme livre qu’il a acheté, mais qu’il ne lira jamais. Tout le monde se demande pourquoi… Parce que c’est écrit tout petit et que sa vue ne lui permet pas de le lire. Et il y en a trois autres comme celui-là dans la saga ! Guy nous parle de l’auteur Jan Guillou, fils d’un Français et d’une Norvégienne. Il précise que ce n’est pas son genre de lecture, il le lit sur sa liseuse, ce qui est plus confortable, mais a apporté le livre car une lectrice a dit lors de la séance précédente qu’elle aimait toucher les livres, donc acte… Les Ingénieurs du bout du monde raconte les tribulations de trois fils de pêcheurs norvégiens lancés dans les grands projets de constructions ferroviaires qui ont précédé la Première Guerre mondiale. Guy a ainsi appris avec effroi que les Belges se sont révélés sanguinaires au Congo, que les Anglais exploitaient des indiens qu’ils ne payaient jamais, car ils mouraient avant la fin du contrat. C’est intéressant, il en est au troisième tome. Le deuxième fatigue et le troisième endort… mais le premier est très bien.

Anne a beaucoup aimé le roman de Violaine Bérot, Tombée des nues. Elle conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, afin de ne pas dévoiler le thème qui, selon elle, n’est pas le plus important, mais de le découvrir au fur et à mesure de la lecture. Quand Anne nous dit qu’il y a plusieurs façons de lire ce livre, Denis et moi-même reconnaissons immédiatement un livre dont nous avons déjà parlé, et qui avait fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux « Papiers bavards ». Evidemment nous en connaissons le sujet mais nous n’en dirons rien. Sept personnages racontent la même histoire, mais chacun de son point de vue. Soit on peut le lire de façon traditionnelle, de la page 1 jusqu’à la fin, ou alors par personnage, c’est la solution qu’a choisi Anne, mais elle pense qu’elle va le relire de façon linéaire, pour voir si elle a la même perception de l’histoire.

Christiane a apporté le livre de Benoît Camus, Chroniques d’un père au foyer, un auteur local qui, après des études d’ingénieur, désireux de répondre à ses profondes aspirations, décide de se reconvertir en père au foyer qui écrit ou en auteur qui s’occupe de son foyer. Il mesure depuis, et à chaque instant, la chance qu’il a de se consacrer à ceux et à ce qu’il aime. Un statut qui est encore difficilement accepté par notre société. Christiane a trouvé ce livre amusant, car le papa est souvent débordé et c’est un sujet peu traité par la littérature. Elle a également acheté à la vente de la médiathèque, en vue de le donner à ses petites filles, La Petite Fadette de George Sand. Heureusement qu’elle ne leur a pas offert à Noël, car ça n’intéresse plus les enfants d’aujourd’hui. Après l’avoir lu, Christiane a trouvé que le vocabulaire est très particulier, par moment, on ne comprend pas grand-chose, heureusement qu’il y a un lexique à la fin du livre !

Christine nous présente Mélanie m’attend de Pierre Guini. Un livre qu’elle a acheté par solidarité, car elle connaît un peu l’auteur, et dans lequel elle est entrée à petits pas, car elle n’aime pas les récits de guerre. Finalement elle l’a lu assez vite et l’a trouvé intéressant. Le héros est un reporter de guerre, ses reportages lui ont coûté un divorce, la perte de ses amis, et une dépression chronique qu’il tente de soigner comme il peut. La seule personne qui se préoccupe de sa vie s'appelle Mélanie… L’auteur a réussi sur un fond d’histoire d’amour à édulcorer toutes les atrocités auxquelles il est confronté. Christine est contente de l’avoir lu, car ça rappelle qu’en ce moment, il y a beaucoup de gens, civils et militaires, qui sont confrontés à la guerre et qu’on a tendance à l’oublier. Elle connaît l’auteur, car il anime des ateliers d’écriture sur internet, ateliers auxquels elle participe.

Et pour terminer, j’ai lu avec intérêt Tu t’appelais Maria Schneider écrit par Vanessa Schneider la cousine de l’actrice. J’avais 20 ans quand « Le dernier tango à Paris » est sorti et ce film m’avait choqué par la violence de certaines scènes. D’ailleurs Maria ne s’en est jamais remise, sa vie et sa carrière ont été brisées par cette image qui lui collait à la peau. Un livre qu’elles avaient projeté d’écrire à quatre mains, mais Maria étant décédée, Vanessa a décidé de l’écrire seule. Un récit émouvant et terriblement attachant ; avec des mots tendres, sincères, difficiles parfois, pour retracer le parcours de sa cousine aînée, mais aussi celui d'une actrice, au destin tragique.

Lors de la précédente séance, Denis nous avait apporté les Chroniques de François Morel. J’ai donc apporté un livre du même auteur qui s’intitule C’est aujourd’hui que je vous aime. On n’est pas sérieux quand on a douze ans. On tombe amoureux. Furieusement amoureux. L’auteur par pudeur, par plaisir, se nomme « les hommes », alias tous les garçons, alias François Morel. On retrouve tout l’humour dont il sait faire preuve, ça se lit très vite et c’est un régal…

La séance s’est terminée par la dégustation de galettes. Les absents ont toujours tort !

Le prochain café littéraire est fixé au mercredi 6 mars

Bernadette

dimanche 16 décembre 2018

Compte rendu du café littéraire #35

Bienvenue à Isabelle et Sabine, deux nouvelles adhérentes, qui rejoignent pour la première fois notre petite réunion.

Pour commencer la séance, Noëlle nous présente un ami, Christophe Varrault, de la Ludotaverne, qui édite un projet littéraire avec l’aide du financement solidaire de l’association « Les cigales ». Il s’agit d’une série de quatorze ouvrages qui va nous faire découvrir la France à travers ses légendes. Le premier que nous présente Christophe s’arrête aux Ardennes. L’idée est de collecter des légendes à travers le support livre, mais aussi de façon numérique et interactive, pour inciter les gens à faire des randonnées sur des sites légendaires. Muni du livre et d’un smartphone ou d’une tablette, on peut scanner et avoir accès à une vidéo. L’auteur illustrateur Hervé Gourdet part à la découverte des régions de France pour interroger les raconteurs d’histoires, artistes, écrivains ou simples passionnés éclairés afin qu’ils lui livrent les secrets que recèle leur patrimoine imaginaire. Le premier livre s’est déjà vendu à deux-cents exemplaires. On attend avec impatience le deuxième ouvrage, qui sortira en mars-avril et qui concernera la Bourgogne-Franche-Comté. Le but est de sauvegarder tout ce patrimoine légendaire et de préserver l’environnement par le respect des sites concernés.

Edith a choisi un livre d’un de ses auteurs préférés, dont elle nous a déjà beaucoup parlé, Yasmina Khadra, et plus particulièrement son dernier roman Khalil. Dans ce livre, l’auteur décide de revenir sur les terribles attentats de novembre 2015. Dans cette fiction, il imagine que Khalil est le quatrième protagoniste des attentats, dont la ceinture d’explosifs n’a pas explosé dans le métro. Edith aime beaucoup le style, souvent poétique, dur aussi et très réaliste. Par contre, elle n’apprécie pas l’écrivain qu’elle trouve un peu hautain. Pour l’avoir côtoyé à Besançon, je pense que c’est plutôt quelqu’un de timide. Les avis sont partagés…

Isabelle a lu l’un des premiers livres de Delphine de Vigan, No et moi. Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Lou parviendra-t-elle à la sauver ? Isabelle a beaucoup aimé ce livre construit de façon originale, car on a le point de vue des deux personnages. Beaucoup de personnes autour de la table aiment Delphine de Vigan, ce qui donne lieu à de nombreux échanges autour de l’auteur. Elle nous présente également Eldorado de Laurent Gaudé. À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Là encore, à chaque fois on a le point de vue des deux personnages. Ce livre donne un autre regard sur l’immigration, c’est un livre de 2006, mais totalement d’actualité.

Noëlle persiste avec les livres qui finissent bien comme Quelqu’un pour qui trembler de Gilles Legardinier, qui raconte l’histoire d’un homme, humanitaire en Inde, qui revient en France, lorsqu’il apprend qu’il a une fille adulte de 20 ans, dont il ne sait rien. Doit-il lui dire tout de suite qu’il est son père ou l’apprivoiser d’abord ? Toute la question est là. Ça se finit bien, et il y a toujours un chat dans chaque histoire de cet auteur. Du même auteur Et soudain tout change, l’histoire d’une bande d’adolescents, que l’annonce d’une mauvaise nouvelle va venir bousculer… On pleure beaucoup, mais c’est l’aventure de copains qui apprennent la vie à travers une belle histoire d’amitié.

Christophe n’a pas apporté de livre, mais tient néanmoins à nous parler de sa dernière lecture Le triomphe des ténèbres d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Inspirée de faits réels, cette série est une plongée dans les arcanes secrets de la guerre qui révèle la dimension occulte et méconnue du nazisme. C’est une façon de comprendre comment le nazisme a pu fasciner autant d’individus dans cette Allemagne qui était le pays le plus cultivé du monde. Un livre très intéressant que Christophe nous recommande…

Jean-Daniel nous présente 13 à table !, un recueil de quinze nouvelles écrites par de grands auteurs au profit des « Restos du Cœur ». C’est le cinquième qui paraît, celui-ci est sur le thème de la fête, un livre acheté paie quatre repas. Un moyen de se faire plaisir tout en aidant cette belle association. Notre président annonce qu’il en achètera 4 ou 5 exemplaires, qui tourneront et dont nous pourrons débattre dans les prochains mois. Jean-Daniel a lu un livre qui n’est pas récent, puisqu’il date de 1877, il s’agit du Tour de la France par deux enfants. Au lendemain de la guerre de 1870, deux enfants, André et Julien, parcourent la France. Sur les pas de ces deux jeunes Lorrains patriotes, le lecteur découvre la vie des métiers et les nouvelles techniques de la première révolution industrielle. Un témoignage extraordinaire sur une époque, à travers « le livre de lecture » de nombreuses générations de Français. La préface est éloquente, comme le souligne Denis, il s’agissait de préparer les futurs soldats de la guerre de 14. C’est à la fois un manuel de propagande civique et un roman prenant, riche en péripéties. Une version moderne est parue il y a quelque temps, mais sans grand intérêt selon Jean-Daniel.

Denis a choisi la dernière édition des chroniques de François Morel, qui s’intitule Jamais la même chose, chroniques 2015-2017. Plutôt que de nous en parler longuement, Denis choisit de nous lire un morceau d’anthologie « Je ne suis pour rien dans la séparation entre Angelina Jolie et Brad Pitt ». Face aux rumeurs l'impliquant, François Morel ressent aujourd'hui le besoin de s'expliquer afin de protéger sa famille. Humour, humour, quand tu nous tiens ! Un bon livre pour se changer les idées dans cette période de morosité ambiante.

Guy s’est inspiré de l’émission « La grande librairie » pour le choix de deux livres. Tout d’abord Jean-Claude Carrière, pour La vallée du néant. Nous en venons et nous y retournons. Pourtant, nous ne pouvons rien en dire. Le néant – qui n’est ni le rien, ni le vide – reste l’inconnu fondamental, le non-être, sans sensation, sans conscience et sans mémoire. Guy n’a pas encore terminé le livre, mais il y a un chapitre qui pourrait faire l’objet d’un opuscule, ça s’appelle « vieillir ». Vieillir est le seul moyen que nous avons trouvé pour vivre longtemps. Ce n’est pas un livre triste, même s’il parle de la mort. Autre livre présenté La vie est plus belle en musique de Claire-Marie Legay, une pianiste. La musique est partout, pour qui la cherche, l’écoute, la reconnaît. Elle est cette présence vitale qui remplit l’espace et ne demande qu’à être révélée. C’est un peu le routard de la musique, on prend sa tablette et on découvre les œuvres avec elle. D’ailleurs Guy nous fait écouter un morceau sur son smartphone. C’est un livre que l’on déguste, que l’on entend et que l’on écoute.

Christiane nous compte une anecdote. Une de ses amies lui a réclamé à cor et à cri un livre de Guillaume Musso, La fille de Brooklyn, qu’elle lui aurait prêté. Christiane a eu beau affirmer que Musso ne fait pas partie de ses lectures, rien à faire. Elle lui a donc racheté le livre et en a profité pour lire cet énorme pavé. Elle nous lit les premières phrases, et nous confirme qu’elle n’apprécie pas trop. C’est bien écrit, mais ceux qui en ont lu plusieurs pensent que c’est toujours le même schéma. Autre lecture de Christiane, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano. C’est un peu un livre à la Gounelle, une forme assez inédite mi-roman, mi-guide de développement personnel. L’héroïne consulte un routinologue, il ne se fait payer qu’en fonction des résultats obtenus et on peut même avoir l’adresse à la fin du livre.

Catherine nous propose un livre de Nathalie Demoulin, La grande bleue, un livre d’une bisontine, qui est responsable éditoriale aux « Editions du Rouergue ». Ce livre est de 2012, mais peut intéresser les gens de la région, car ça se déroule de 1967 à 1978 en Franche-Comté. Grand écart entre l’histoire du monde et la vie intime des protagonistes, on y évoque tour à tour la guerre d'Algérie, les grèves chez Peugeot ou chez Lip, ou les mouvements de luttes féminines. Catherine a été surprise par l’écriture un peu fouillis, mais on s’y habitue très vite. Elle aussi bisontine, elle avait peu de souvenirs de cette époque, peut-être trop jeune alors… Catherine, comme il avait été demandé, a apporté un livre de moins de cent pages, que l’on pourra faire tourner. Il s’agit de Terre et cendres d’Atiq Rahimi, un livre sur la guerre en Afghanistan. Nous pourrons peut-être en débattre à la fin de l’année quand tout le monde l’aura lu.

Pour terminer, j’ai apporté deux livres qui m’ont marquée, le premier est de Tiffany Tavernier, qui s’avère être la fille de Bertrand Tavernier. Je l’ai rencontrée aux « Livres dans la boucle », à Besançon en septembre. Le livre s’intitule Roissy, tirant derrière elle sa valise, la narratrice de ce roman va d’un terminal à l’autre, engage des conversations, s’invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l’apaise. Arrivée à Roissy sans mémoire ni passé, elle y est devenue une « indécelable » – une sans domicile fixe déguisée en passagère… Pour écrire ce livre, l’auteur a arpenté l’aéroport de Paris pendant des mois, noirci des carnets, pris des photos et réalisé des enregistrements sonores. Un roman dur mais très prenant, où l’espoir subsiste malgré tout. Le second livre n’est pas un livre récent, mais j’avais envie de le lire depuis longtemps, car il a fait polémique. Comme je l’ai trouvé pour 50 centimes à la bourse aux livres du Secours Populaire, c’est chose faite. C’est un livre de Jean-Louis Fournier, auteur que j’adore, et qui s’intitule Où on va Papa. C’est la phrase que lui répète en boucle l’un de ses deux fils handicapés, car il en a deux hélas, lorsqu’ils sont en voiture. Jean-Louis Fournier a l’art de tourner en dérision toutes les épreuves de sa vie. Je comprends que parfois ça puisse choquer, mais personnellement je ressens tout l’amour qu’il y a derrière ses phrases, parfois assassines. Il ose dire tout haut ce que ressentent beaucoup de parents dans son cas.

 Le prochain café littéraire aura lieu le mercredi 15 janvier 2019, à 20h à la Louisiane.

Bernadette

mardi 30 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #34

Tout d’abord bienvenue à Chantal et Catherine Ma…, ferventes lectrices, qui nous rejoignent. Notre président Denis tient à nous faire quelques annonces. Il a appris que le lycée Mandela travaille sur l'exposition Cartooning for peace de Plantu qu’il nous a présenté lors d’une précédente séance. Cette expo sera organisée au lycée. Denis aimerait faire venir à Audincourt l’auteur Maryse Condé, Prix Nobel alternatif de Littérature, qui a beaucoup écrit sur l’esclavage et le colonialisme. Peut-être pourrait-on demander à l’Association des Antillais qui intervient à la « Table des Saveurs », s’ils la connaissent. Enfin le Président propose que notre association achète une douzaine de livres d’une trentaine de pages, pas chers, et que tous les adhérents seraient amenés à lire pour ensuite en débattre. Certains adhérents proposent de donner un livre chacun, pour éviter un achat. Le problème est que le temps que tout le monde les lise, il peut s’écouler des mois, voire plus… On pourrait peut-être se limiter à deux titres, mais que l’on achèterait en 3,4 exemplaires… A suivre !

Noëlle, qui n’a rien trouvé d’intéressant à lire, s’est replongée dans des ouvrages qu’elle avait déjà lus et qu’elle avait beaucoup aimés. Elle apprécie Françoise Bourdin, car ça se termine toujours bien. Elle a relu Patricia Cornwell, ainsi que les aventures de Nicolas Le Floch qui se passent sous Louis XV, elle aime bien car il y a plein de recettes de cuisine. Elle a ressorti Les enfants de la terre, une série romanesque en six volumes de Jean M. Auel, qui met en scène la vie quotidienne des êtres humains durant la Préhistoire, où l’on trouve déjà le problème du racisme.

Jean-Daniel a trouvé dans les boîtes à livres Les Discours de Maurice Thorez en dix volumes, mais il n’a pas eu le courage de les lire. Il a préféré Les Vérités fragiles d’Erik Orsenna. Cet ouvrage mêle des réflexions sur des sujets aussi divers que la fraternité, le travail, l'ailleurs, la mondialisation... auxquelles s'ajoute un dialogue avec Éric Fottorino, consacré notamment à l'un des sujets de prédilection d'Erik Orsenna : les moustiques ! Revenant au fil de l'entretien sur son parcours, ses voyages, ses rencontres, le philosophe nous transmet sa curiosité, son ouverture sur le monde, sa vivacité d'esprit revigorante. Jean-Daniel nous lit un passage sur les moustiques, où l’on apprend que c’est l’animal qui tue le plus de personnes dans le monde.

Guy a lu deux livres déjà présentés ici, La vie secrète des arbres et Un été sans Facebook. Il ne s’étendra donc pas davantage, mais a été épaté par le fait que l’arbre nourrit son petit par les racines et le reconnaît.

Christiane qui nous avait déjà présenté un livre de Peter Mayle, auteur malheureusement décédé en janvier dernier, qui adorait la France, a lu Aventures dans la France gourmande. Dans ce livre, il arpente l'Hexagone, guidé par son seul estomac. Son itinéraire, en effet, ne doit rien au hasard : bons restaurants, bons hôtels et pour finir une cure à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard. C’est distrayant, intéressant… Christiane a eu plus de mal à entrer dans le livre d’Amélie Nothomb, Biographie de la faim. C'est surtout le récit de la faim de l’auteur. La faim de sucre, la faim d'alcool, la faim d'amour, la faim d'eau et la faim de bien d'autres choses. Des faims insatiables qui la conduiront à certaines extrémités. Au début du livre, on apprend qu’au Vanuatu, la faim n’existe pas, on y déborde de nourriture, sans même avoir besoin de cultiver quoi que ce soit.

Céline, qui confirme son succès en tant qu’écrivain, n’en délaisse pas pour autant la lecture. Elle nous présente Mon Autre famille d’Armistead Maupin. Cette "autre famille", c’est celle des homosexuels, qu’il a épousée à San Francisco, au début des années 1970, après avoir divorcé de sa famille biologique et réactionnaire de Caroline du Nord, dont il avait si bien adopté les valeurs qu’il s’était engagé dans la marine et avait servi au Vietnam... Pour ceux qui ont aimé les Chroniques de San Francisco, à lire absolument.

Yvonne, qui ne savait pas quel livre apporter, en a retrouvé un qu’elle a dû lire il y a un certain temps. Il s’agit de Journal d’un corps de Daniel Pennac. L’auteur part à la recherche du corps, de son corps. Des étapes de vie contées dans un vocabulaire réaliste, parfois cru, cash et trash. Et par l’évolution et les transformations de ce corps, de 12 à 87 ans, le narrateur partage avec le lecteur les personnages qui ont marqué sa vie. Il présente ce livre comme la demande d’une amie, mais on se rend vite compte que c’est inventé. C’est à la fois drôle, humoristique et tendre.

Edith a été emballée par le roman Quatre-vingt-dix secondes de Daniel Picouly. Quatre-vingt-dix secondes, c'est le temps qu'a mis la montagne Pelée, un volcan, pour tuer 30.000 personnes à Saint-Pierre de la Martinique, le jeudi 8 mai 1902. Edith a trouvé ce livre formidable, car le narrateur, c’est la montagne. Au début elle ne comprenait pas… Le roman dure de 5h à 7h52, le temps de l’éruption. Il débute de façon sentimentale par un duel dans un jardin pour une jeune fille, quand la terre commence à trembler. Les personnages sont caricaturaux. Beaucoup de suspense, gros coup de cœur d’Edith. C’est ensuite un énorme pavé qu’Edith nous présente, 4321 de Paul Auster, plus de 1 000 pages… Elle pensait ne pas arriver au bout, et pourtant elle s’est laissée prendre par l’histoire… Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant quatre scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. C’est le récit du parcours d’un petit-fils d’ immigré juif aux Etats-Unis, au début du XXe siècle.

Denis V. nous parle d’une BD de Wilfrid Lupano Les vieux fourneaux. C’est une série de 5 BD qui raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps. Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années 50 et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

Chantal nous présente L’Art de perdre d’Alice Zeniter, livre offert par sa belle-fille, non sans arrière-pensée, puisque Chantal est née en Algérie et que ce livre l’a beaucoup touchée. Cette saga familiale, inspirée de l’histoire personnelle de son auteure, relate le destin de trois générations d’une famille harkie, ballottée entre l’Algérie et la France. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée, qui a valu à l’auteure plusieurs prix littéraires.

Catherine Ma. a beaucoup aimé Les Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Cette fois, c’en est fini de la Grande Guerre, et de l’escroquerie aux Monuments aux morts montée par les poilus Edouard Péricourt et Albert Maillard. Le deuxième tome de cette trilogie s’ouvre par l’enterrement du banquier Marcel Péricourt en grande pompe en février 1927 en présence du chef de l’Etat. Comme Edouard, le fils, s’est suicidé, c’est sa fille Madeleine qui mène le deuil et qui prend la tête de l’empire financier. C’est le début d’un roman de 500 pages sur les années 1920-1930 où Madeleine Péricourt va connaître la ruine, le déclin, le déclassement avant de reconstruire sa vie. Catherine trouve que c’est très bien écrit et que Pierre Lemaître a le sens du dialogue.

Fabienne a fait des affaires à la Foire aux Livres de Belfort, un bon moyen de trouver de la lecture pour un prix raisonnable. Elle a ainsi déniché L’intelligence du cœur d’Isabelle Filliozat, un livre de développement personnel, qui montre comment acquérir plus de confiance en soi, s'affirmer, écouter, comprendre les réactions d'autrui, résoudre les conflits, répondre à l'agressivité, développer son autonomie, afin de faire face à l'affectivité, à l'angoisse, au stress et aux frustrations. Et puis un polar, Sorry de Zoran Drvenkar, un auteur croate qui vit en Allemagne. Avec ce thriller littéraire à la construction exceptionnelle et au style remarquable, l’auteur nous offre une intrigue complexe et captivante, aux rebondissements multiples, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Enfin je termine avec un livre, acheté à l’occasion des « Livres dans la Boucle » à Besançon, en septembre dernier. Je n’avais pas envie d’acheter le dernier livre de Dany Laferrière, docte académicien, et c’est en regardant un ancien numéro de la « Grande Librairie », que j’ai découvert ce roman graphique Autobiographie de Paris avec un chat. Un livre étrange fait de dessins, de textes écrits à la main, l’auteur explique qu’il sait écrire des romans, donc il a voulu faire quelque chose qu’il ne savait pas faire. Et pour le coup c’est réussi…. Autre coup de cœur, le dernier livre d’Olivier Adam, l’un de mes auteurs préférés, La tête sous l’eau, un ouvrage classé livre pour ado, mais que j’ai lu avec plaisir. L’histoire d’une ado qui disparaît, racontée par son frère, témoin d’une famille brisée par ce drame. C'est une plongée dans l'horreur de l'attente, du mystère, de l'incompréhension. Un thème finalement actuel, ancré dans cette société où des affaires de ce genre peuvent arriver à n'importe qui.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mercredi 28 novembre.

Bernadette

dimanche 14 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #33

Lors de ce café littéraire de rentrée, une quinzaine de lecteurs se sont retrouvés pour partager leurs lectures de vacances.

Edith nous présente Cosme de Guillaume Meurice. Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles. Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d’un homme libre. C’est écrit dans un style haché, parfois un seul mot pour une phrase ou pas de verbe, mais Edith a eu du mal à s’arracher de ce livre très prenant. Elle a également apprécié le livre de Jean-Christophe Rufin, Le Suspendu de Conakry. Aurel, un personnage à la fois ridicule et attachant, est vice-consul de France à Conakry. Mais il est mis au « placard » du consulat depuis des lustres et raillé par tout son entourage. Quand se produit l’assassinat d’un plaisancier français installé au port depuis des mois, Il se mobilise. Sa hiérarchie est absente, il a un peu de temps devant lui pour agir : il n’a de cesse de résoudre l’énigme de cette mort. Un roman policier bien construit, à lire pendant l’été, et même après…

Catherine nous parle d’un livre d’un livre très émouvant, La Tresse de Laetitia Colombani. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Il y a l’Indienne Smita qui est une Intouchable, la Sicilienne Giulia qui travaille dans l’atelier de son père et la Canadienne Sarah, avocate réputée. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Au départ, le livre peut paraître bizarre, mais après quelques pages, on est pris dans l’histoire.

Fabienne a passé un bon moment en lisant Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu. Un médecin qui a perdu le goût de vivre décide de mettre fin à ses jours. Il monte dans un taxi pour régler quelques affaires à l'hôpital et rencontre la conductrice, une vieille dame excentrique, qui possède le don de deviner le moment exact de la mort des gens. Elle lui propose de lui laisser sept jours pour revenir sur sa décision. Il cède à sa proposition. L'ouvrage est paginé à rebours. Avec beaucoup d’humour, l’auteur signe néanmoins une œuvre profonde qui interroge sur le sens de la vie.

Denise dont c’était le premier café littéraire nous a parlé avec enthousiasme du livre de Peter Wohlleben La Vie secrète des arbres. Ce livre avait déjà été évoqué par Jean-Daniel, il y a quelques mois, mais c’est toujours intéressant d’avoir plusieurs avis. Il s’agit d’un plaidoyer pour que l’on observe les arbres, qu’on les respecte, car ils communiquent entre eux, savent se protéger. Denise nous lit les titres des chapitres, par exemple « Rapport de l’arbre et de l’eau ». Elle nous parle des érables que l’on ausculte au stéthoscope pour savoir si c’est le moment de tirer le sirop. On ne verra plus jamais les arbres de la même façon.

Christiane a plusieurs livres à présenter, tout d’abord, le tome 4 de la série « Mentine », de Jo Witek, livres qu’elle destine à ses petites-filles, mais qu’elle lit toujours avant. Seule à New-York raconte le séjour de Mentine, hébergée chez sa correspondante, Joyce. Mais cette dernière la dédaigne et rechigne à lui faire partager ses activités. Mentine découvre que la famille est au bord de la crise et que Joyce cache sa souffrance sous des dehors méprisants. Christiane a lu également Une Année en Provence, installé près de Ménerbes, l'écrivain Peter Mayle en a fait une chronique quotidienne et malicieuse qui a fait le tour du monde et qui connaît en France un succès sans précédent. Enfin, dernier coup de cœur, Venise n’est pas en Italie, d’Yvan Calbérac. L’histoire d’un adolescent né dans une famille inclassable, l’histoire d’un premier amour, miraculeux et fragile. Un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.

Céline nous parle de son dernier roman La Graine, très différent du premier, livre plutôt politique, mais très romantique. On est en 2022, un parti d’extrême-droite a pris le pouvoir… Espérons que ce ne soit que de la fiction, mais quand on voit ce qui se passe dans d’autres pays, restons vigilants. Le succès semble déjà au rendez-vous pour Céline, notre écrivaine locale.

Denis V, toujours adepte de poésie, nous lit un poème extrait de Magie des fjords, livre norvégien bien évidemment. Il nous présente également un numéro Hors-série du journal « Le Monde » sur George Sand. Lui qui n’aimait pas trop les romans de cette écrivaine a découvert une autre facette de cette femme. Par exemple un extrait de la pièce, publiée en 1839, Gabriel dans laquelle on trouve la phrase « je ne sens pas que mon âme ait un sexe », l’histoire d’une fille élevée comme un garçon. George Sand ne revendique pas le vote des femmes, elle dit d’abréger le Code Napoléon et qu’ensuite elle défendra cette cause.

Nous avons retrouvé avec plaisir Denis F. qui était venu nous rendre visite après de longs mois d’absence. Même s’il est venu sans livre, nous espérons le revoir lors des prochains cafés littéraires.

Christine a lu un roman policier très amusant, plein d’humour, Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas. Une histoire policière atypique, dans ce bled de 150 âmes oublié d'internet où même le téléphone mobile ne passe pas, Agatha Crispies se demande comment réintégrer un jour le NYPD avec de tels états de service lorsqu'un homme est retrouvé mort dans sa baignoire percé de 150 trous d'aiguilles à tricoter. L'occasion rêvée pour Agatha de mettre en pratique les techniques d'enquête que son défunt père lui a enseignées. Sachez tout de même que, cette fois, Romain Puértolas s'est permis une fin totalement immorale.

Cet été, Guy a passé 12 jours à surveiller son expo face à Nausicaa à Boulogne-sur-Mer. 10 000 entrées par jour à Nausicaa, 5 pour son expo, ce qui lui a laissé le temps de lire, il faut voir le bon côté des choses. Il s’est donc plongé dans l’œuvre de Fred Vargas, qui a une façon bizarre d’écrire ses « rom-pol » comme elle appelle ses romans policiers. On y découvre un commissaire Adamsberg, un peu abruti, on lui dit qu’il est pelleteur de nuages. L’Homme aux cercles bleus a séduit Guy, "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Mais Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus….

Anne-Marie, qui aime l’Histoire, a été attirée sur les rayons de la bibliothèque, par un livre qui s’intitule La Fabuleuse imposture du comte de Belfort de Thierry Desjardins. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de rapport avec la ville de Belfort. 1848-1902. Alors que la France est en pleine métamorphose, le mystérieux marquis de Belfort côtoie à la cour de Napoléon III les personnalités les plus prestigieuses : Haussmann, Gambetta, les Rothschild, Mérimée, etc., et prétend avoir perdu ses actes de noblesse lors de la Révolution. Qui est-il ? Quel est son but ? L'histoire vraie et incroyable d'une magnifique imposture. Anne-Marie a beaucoup aimé ce roman.

Yvonne a lu ou plutôt écouté pour la première fois un livre audio, et elle a trouvé que c’était plutôt agréable, à condition de bien choisir la voix. Cela fait débat, certains pensent que ça bien être bien en voiture, mais n’est-ce pas dangereux si l’on est trop absorbé par l’histoire. D’autres ne le feront jamais, car on n’a plus le plaisir de tourner les pages, le débat reste ouvert. Il s’agit de Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig. C’est bien écrit, à la fois joyeux et triste. Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ? Un livre qui fait du bien.

Je terminerai par un livre que j’ai mis plusieurs mois à lire, Falaise des fous de Patrick Grainville. Au terme de sa vie, un homme raconte son siècle dans un long récit rétrospectif qui court de la naissance de l’impressionnisme aux rivages des années 1930. Une multitude de personnages de ces années fastueuses traversent ce prodigieux roman, touffu, exubérant, limpide et sublime. On y croise des peintres, Manet, Pissarro, Vallotton, Boudin, le « Raphaël des ciels », que l’auteur place très haut dans son firmament artistique, Picasso à ses débuts ; des écrivains, Zola, Victor Hugo, le jeune Marcel Proust dans les salons, Barrès et ses errements, Léon Daudet en sa bassesse ; des hommes politiques, Clemenceau, homme d’État inflexible et intime de Monet. C’est un livre à savourer lentement, car il y a beaucoup de descriptions, on prend sa tablette pour chercher le tableau dont il parle, ça prend du temps. Mais c’est un livre fabuleux pour qui aime l’art et l’histoire.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 16 octobre à 20 h

Bernadette 

jeudi 9 août 2018

Compte-rendu du café littéraire #32

Pour ce dernier café littéraire de la saison, nous nous sommes retrouvés assez nombreux et nous avons accueilli Emile qui venait pour la première fois. 

Edith a ouvert la séance en nous présentant L’archipel du chien de Philippe Claudel. Ce livre paru récemment a été présenté dans une émission, ce qui lui a donné envie de le lire et elle n’a pas été déçue. L’intrigue se passe dans un ensemble d’îles imaginaires en forme de chien, avec des personnages caricaturaux, une ambiance qui se fait de plus en plus lourde, des non-dits, des suspicions. Avec la découverte de trois cadavres rejetés par la mer, l’auteur va évoquer les problèmes posés par l’immigration, le tourisme, et comme il le dit lui-même tenter d’éclairer le « mystère humain ». Autre livre présenté par Edith, La splendeur de la vie de Michaël Kumpfmüller. L’auteur relate les derniers mois de la vie de Kafka, une biographie très fouillée, avec une écriture surprenante, assez austère et une ponctuation bizarre.

Yvonne a terminé la traduction du deuxième tome de Rosie et Moussa : une lettre de Papa. Malheureusement l’éditeur renonce à faire traduire la suite, c’est regrettable, car c’est une très bonne série pour enfants. Par hasard, à la Fnac, Yvonne a été attirée par un titre Les Néerlandais, écrit par une Française. C’est objectif, bien documenté. En fait il s’agit d’une importante collection de 114 ouvrages, qui s’appelle Ligne de vie d’un peuple, parmi laquelle on peut trouver la façon de vivre de nombreuses populations comme les Bretons, les Brésiliens, les Napolitains etc… Editeur : Ateliers Henry Dougier.

Guy, toujours très mystérieux, est sorti d’un tableau qui n’est pas le sien, qu’il a peint ou pas… , mais il est toujours dans les rêves et l’imaginaire, c’est sans doute pour cette raison qu’il s’est plongé dans Harry Potter. Il ne pensait pas que ça lui plairait à ce point. Il a eu l’impression que c’est un groupe qui l’a écrit. Il a aimé les jeux de mots comme « phélétone » pour  « téléphone ». Puis il s’est lancé dans la lecture de L’éthique de Spinoza, il a failli avoir une méningite, donc il est revenu à Harry Potter.

Céline avait apporté un livre de Grégoire Delacourt, La première chose qu’on regarde, avec l’intention de me le prêter, car j’apprécie beaucoup cet auteur et surtout son dernier livre, que j’ai eu l’occasion de présenter la dernière fois. Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, vêtu de son caleçon fétiche, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte. Il ouvre. Scarlett Johansson. Il a vingt ans, il est garagiste. Elle a vingt-six ans, et quelque chose de cassé. C'est un livre sur le poids des apparences et l'identité, sur un jeune homme en train de mûrir aussi... Une bien belle histoire qui fait rire, pleurer, fondre... Un livre pour passer un vrai bon moment !

Emile qui nous rejoint pour la première fois nous dit qu’il a plus d’admiration pour les lecteurs que pour les écrivains. A méditer !... Il nous présente un livre d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, l’histoire d’une femme qui doit se reconstruire après deux deuils. Emile aime les discussions philosophiques et souhaiterait participer à des ateliers de lecture rapide et d’écriture. A-t-il frappé à la bonne porte ?

Anne a reçu en cadeau L’art de la joie de Goliarda Sapienza, un pavé difficile à lire, qu’elle a eu du mal à finir. D’ailleurs l’auteur a mis dix ans à l’écrire. Modesta, née le 1er janvier 1900 en Italie, raconte sa vie, de petite fille pauvre jusqu'à la femme, libre, ni soumise, ni dominante, indépendante, Princesse, qu'elle deviendra. C’est intéressant, mais le récit se révèle assez déconcertant au départ, tant dans son cheminement que dans sa forme narrative. En effet, si le roman est globalement écrit à la première personne du singulier, Modesta passe inopinément, parfois dans le même paragraphe, voire la même phrase, à une troisième personne qui produit une certaine distanciation vis-à-vis d'elle-même.

Christine a été enchantée par Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders. Illustré avec beaucoup d’humour par la sœur de l’auteur, cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre. C’est intéressant, drôle, parfois assez naïf et enfantin. Ne dit-on pas que l’intestin est le deuxième cerveau ?

Jean-Daniel nous présente La scierie, dont l’auteur est resté anonyme. Le monde du travail ouvrier qui y est décrit est celui d’une guerre sans merci de tous contre tous : des patrons entre eux, des ouvriers contre les patrons, et peut-être avant tout une guerre des ouvriers entre eux. Autre livre, Tout le pouvoir aux soviets, de Patrick Besson. L'histoire croise trois récits, à trois époques différentes, avec trois rapports différents à la Russie et à sa culture. Le premier point de vue est celui de Marc, jeune banquier français en déplacement en Russie qui tombe sous le charme de la très énigmatique Tania ; le second est celui de son père, communiste convaincu que, ô coïncidence, la mère de Tania a très bien connu ; le dernier enfin, le moins présent, est le testament littéraire du grand-père de Tania, écrivain "au service" du régime soviétique. Ca s’emboîte comme des poupées gigognes, ça respecte l’histoire, mais le principal obstacle à la parfaite compréhension du récit réside dans la complexité de ce roman.

Noëlle a lu plusieurs livres, dont Mentine : privée de réseau, un livre pour ados présenté par Christiane il y a quelques mois, qu’elle a bien apprécié et elle a relu L’élégance du hérisson, de Muriel Barbery, un classique qu’on ne présente plus. Elle souhaite nous parler du livre de Judith O’Reilly Tous à la campagne, un livre sympa qui se lit facilement. En août 2005, Judith O'Reilly, journaliste londonienne, décide de suivre son mari dans le Northumberland, un comté éloigné de la ville si chère à l'auteur. De surcroît enceinte de son troisième enfant, elle va devoir s'habituer à un mode de vie totalement différent…

Christiane s’est plongée dans des livres sur les femmes, d’abord Ni vues, ni connue, écrit par le collectif Georgette Sand, qui présente le portrait de soixante-quinze femmes tombées dans l'oubli malgré leurs impressionnantes réalisations artistiques, politiques, scientifiques, sportives, aventurières... et le livre de Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Neel, passeur pour notre temps, le portrait d’une femme hors du commun, première étrangère à pénétrer au Tibet.

Catherine nous a apporté deux ouvrages, Les enfants du fleuve, de Lisa Wingate, une enquête sur l’histoire d’enfants volés et adoptés, à Memphis en 1939. Un roman poignant sur l'amour fraternel et le poids des secrets trop longtemps gardés. Le second livre s’intitule L’origine de la violence de Fabrice Humbert. Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. A la fois enquête policière et réflexion philosophique, un beau roman sur les questions que se pose la troisième génération post barbarie nazie.

Denis V. n’avait pas de lecture à présenter cette fois, mais gageons que l’été lui aura permis de se rattraper.

Quant à moi, j’ai apporté un livre en cours de lecture La Grande Arche de Laurence Cossé. Etant passionnée par l’architecture, qu’elle soit moderne ou plus ancienne, je me régale avec ce livre très documenté qui brosse l'épopée de la construction d'un des monuments les plus connus de Paris, dont on ignore qu'il fut l'enjeu de luttes politiques au couteau, sous le règne de François Mitterrand. C'est surtout le portrait et l'histoire de son créateur, Johan Otto von Spreckelsen, un architecte danois très secret

Nous espérons que l’été caniculaire vous aura permis de belles et nombreuses lectures et nous vous attendons pour en parler le
Mercredi 12 septembre à 20h

Bernadette 

samedi 12 mai 2018

Compte-rendu du café littéraire #31

Nous n’étions que huit pour ce trente et unième café littéraire, mais les échanges fournis nous ont menés assez tard dans la soirée.

Yvonne, que nous avons retrouvée avec plaisir, nous a conseillé Le problème Spinoza d’Irvin Yalom. Le lecteur est invité à suivre en parallèle le parcours de Bento Spinoza, juif portugais chassé du Portugal par l'Inquisition avec nombre de ses semblables et réfugié à Amsterdam où régnait à cette époque (1656) une certaine tolérance à l'égard de tous les cultes, et celui d'Alfred Rosenberg, l'idéologue du parti nazi, viscéralement antisémite et grand inspirateur d'Hitler. Yvonne reconnaît avoir eu un peu de mal à rentrer dans le livre, mais au fil de la lecture elle l’a trouvé passionnant.

Elle nous a ensuite présenté le livre qu’elle a fini de traduire Judas d’Astrid Holleeder. Témoin à charge contre son frère Willem, accusé de meurtres, l’auteure signe un récit suffocant sur la violence et les faux semblants familiaux. La traduction s’est avérée difficile, car si le livre est bien passé aux Pays-Bas, pour la version française, il a fallu le rendre plus littéraire, l’auteure ayant jeté ce récit sur le papier, comme une urgence.  

Yvonne traduit aussi des livres pour enfants, c’est un travail très différent, mais qu’elle a beaucoup apprécié. Les deux premiers tomes de Rosie et Moussa de Mickael de Cock et Judith Vanistendael pour les illustrations, ont été traduits et paraissent chez Bayard. Comme le souligne Yvonne, c’est frais, avec de l’humour et de la poésie. Il a fallu supprimer de nombreuses répétitions par rapport à la version originale, car aux Pays-Bas, l’éducation est différente, on estime qu’il faut mettre moins de vocabulaire, mais plusieurs fois les mêmes mots pour que les enfants les intègrent. Malheureusement les deux tomes suivants ne paraîtront pas pour des raisons commerciales, ce qui risque de frustrer les enfants.

Christine avait apporté le livre de Lola Semonin, La Madeleine Proust, une vie - Quand j’étais petite (1925-1939). Elle trouve que le livre reflète bien la réalité de l’époque, c’est bien documenté, bien fouillé et ça lui rappelle ce que sa famille racontait de la vie d’alors. On sent au travers de cette belle écriture une grande tendresse pour le monde paysan. Sans mettre en doute la qualité de ce livre, certaines personnes présentes avouent être un peu saturées par le personnage de la Madeleine Proust… Ce qui a fait débat…

Edith, qui regarde régulièrement l’émission de la 5, la Grande Librairie, a été subjuguée par l’invité d’honneur Charles Juliet, un sage philosophe et modeste, comme elle le décrit. Il a écrit beaucoup de poèmes, des entretiens et des carnets de voyage, mais ce qui a intéressé Edith, c’est son autobiographie sur son enfance et son adolescence, L’année de l’éveil. Orphelin, il a été en familles d’accueil, mais ce qu’il évoque, ce sont les années passées à l'école militaire d'Aix en Provence en tant qu'enfant de troupe à la fin des années 40. Il y fera l’apprentissage de la discipline, de l’humiliation, mais aussi de l’amour.

Catherine nous a présenté le livre d’Olivier Norek, Entre deux mondes, un roman noir ayant pour fond la jungle de Calais et la crise des migrants. Ce livre, très proche de la réalité est le résultat de six mois d'enquête menée par Norek à Calais. Il donne avec ce livre une leçon à la fois de cruauté et d'humanité. C’est bouleversant, dur et sans concession. A lire pour découvrir un monde dont on entend beaucoup parler, sans vraiment en connaître les conditions.

Denis V. souhaite nous lire un passage du livre d’Albert Cohen Le livre de ma mère, écrit après la mort de cette dernière en 1954. L’auteur écrit ici une longue et dernière lettre à sa maman, rendant hommage à celle qui a fait preuve de tant d'abnégation et d'amour à son égard. Regardant par dessus son épaule, l'écrivain revient avec tendresse et un immense sentiment de culpabilité sur les moments passés avec sa mère, ...  

Denis souhaite également parler du livre qui a fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux Papiers Bavards, dans le cadre de l’opération « Mon libraire, mon univers ». Il s’agit d’un ouvrage de Violaine Bérot, Tombée des nues, qui traite d’un sujet rarement évoqué en littérature, le déni de grossesse. Ce livre original dont l’histoire se déroule sur quatre jours, peut se lire soit de façon chronologique, soit en suivant un personnage tout au long du livre, puisqu’on a le point de vue de tous les personnages.

Christiane a rebondi sur le livre de Denis pour nous parler du livre de Marthe et Philippe Delerm, Le miroir de ma mère, un livre à deux voix, dans lequel il évoque le livre d’Albert Cohen. Une mère qui, avec talent, livre les reflets d'une autre époque, et un fils qui, comme en miroir, rapproche les images lointaines. Philippe écrit à la suite de chaque tranche de vie de sa mère, s'étonnant, se rappelant, souriant aux anecdotes ou descriptions de la vie d'antan.

Pour ma part, j’ai eu un immense plaisir à lire le dernier livre de David Foenkinos, Vers la beauté. Je n’ai pas lu les premiers livres de l’auteur, mais depuis Charlotte, je suis une fan absolue. J’aime le style et les histoires sont toujours originales. Un professeur d'histoire de l'art, miné par un secret douloureux, plaque tout pour devenir gardien de musée à Orsay. Avec ce roman, c’est avant tout le primat de la beauté sur l’horreur, qui cherche à se faire entendre. Et c’est un pari très réussi…

Bernadette

 Le 32ème et dernier café littéraire de la saison se déroulera le mardi 12 juin à 20 h à la Louisiane