lundi 29 août 2022

Compte-rendu Café littéraire # 52

Le mois de juin et ses multiples manifestations ont fait que seules quatre personnes en comptant Nanou se sont retrouvées pour ce 52ème, mais aussi dernier café littéraire de la saison. 

Christine est venue présenter un livre de J.R. dos Santos qui s’intitule Immortel. Ces nouvelles aventures de Tomas Noronha, l’historien portugais créé par JR Dos Santos, plongent le lecteur dans une œuvre d’anticipation suscitant l’espoir autant que dénonçant les menaces que représentent les progrès technologiques . J. R. dos Santos a choisi le sujet qui est dans toutes les têtes : l'intelligence artificielle. L'humanité touche-t-elle à sa fin ou fait-elle face à un nouveau départ ? Sur la base des recherches les plus avancées, J. R. dos Santos nous entraîne dans une aventure à couper le souffle et dévoile l'extraordinaire destin de l'humanité. Il nous démontre avec toujours autant de sérieux que la science est sur le point d'atteindre sa plus grande réalisation : la mort de la mort. Bientôt, nous pourrons vivre sans jamais mourir. Nous serons... Immortels. Toutes les informations fournies dans ce livre sont vraies et Christine a trouvé cela extrêmement étonnant. Dans quelques années, l’intelligence artificielle prendra le pouvoir sur l’Homme et dominera le monde. C’est assez effrayant, mais Christine qui s’est toujours intéressée à la science constate que de tout ce qu’elle a entendu étant jeune, rien n’est arrivé sur le marché. Quelques exemples concrets quand-même, tous les dix-huit mois, la capacité des ordinateurs double. Lorsqu’on lance un médicament, on sait que 25% des patients qui vont le prendre (c’est énorme) vont avoir des réactions parfois plus graves que leur maladie. Certaines avancées scientifiques donnent de l’espoir, d’autres font froid dans le dos…. 

Denis a apporté Arbres le dernier livre photos édité par l’association « Reporter sans frontières ». Pour ce soixante-dixième album de sa collection « 100 photos pour la liberté de la presse », Reporters sans frontières (RSF) met à l’honneur les arbres, vus par de grands photographes comme Robert Doisneau ou Steve McCurry. Denis tient à lire un poème de Pablo Neruda extrait de cet album. 

Etre arbre, 
Dénuder ses racines 
dans la terre 
puissante 
et les livrer au sol 
et quand, autour de
nous, tout 
sera bien plus vaste, 
ouvrir en grand
nos ailes 
et nous mettre 
 à voler. 
Pablo Neruda 

Autre livre présenté par Denis, New york sans New york, de Philippe Delerm, un auteur qu’il affectionne. Aimer New York et ne vouloir jamais y aller : Delerm a fait de cette idée une passion irradiant toute sa vie, brillante comme une bille de verre gardée jalousement au fond de sa poche. Dans son livre, il passe en revue tour à tour ces photographies de la skyline et des gratte-ciels qui apprivoisent le ciel ; le souvenir d’amis revenant de voyage avec des adresses de restaurants où il ne dînera jamais ; une rue de Greenwich Village aperçue sur une pochette de disque de Dylan ; le parc de Washington Square où se déroule un roman. Autant de rêves minuscules pour une ville majuscule. Alors pourquoi y aller ? On risquerait de « trouver à New York moins que New York ». Denis lit un morceau du livre emprunté à Dickens. Le débat fut rude entre ceux qui aiment Delerm et ceux qui le détestent et le trouvent opportunistes... 

Enfin Françoise a elle aussi apporté deux ouvrages. Le premier Dieu n’habite pas la Havane de Yasmina Khadra est sorti en 2016. Un hymne à la musique, à l'amour et à l'irréductible joie de vivre du peuple cubain.Juan del Monte Jonava ne vit que pour chanter. Au Buena Vista Café, en plein cœur de Cuba, sa voix solaire lui a valu le surnom de « Don Fuego », la gloire de la rumba. Or, à presque 60 ans, son étoile s’est ternie. Le régime castriste, lui aussi, a vieilli. Il s’ouvre au monde, à l’argent, à la modernité. Le Buena Vista a changé de propriétaire. Et Don Fuego en est réduit à courir le cachet. Sa rencontre avec Mayensi, rousse incendiaire et mystérieuse de 40 ans sa cadette, fera rejaillir le feu de la passion dans les veines du sexagénaire… Au point de le consumer ? Le second est un roman de Jenny Colgan, La petite boulangerie du bout du monde. Quand son mariage et sa petite entreprise font naufrage, Polly quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Quoi de mieux qu'un village de quelques âmes battu par les vents pour réfléchir et repartir à zéro ? Seule dans une boutique laissée à l'abandon, Polly se consacre à son plaisir favori : préparer du pain. Petit à petit, de rencontres farfelues – avec un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands – en petits bonheurs partagés, ce qui n'était qu'un break semble annoncer le début d'une nouvelle vie… 
Je ne pourrai pas vous en dire plus sur ce que Françoise a pensé de ces deux livres, car ses commentaires n'ont pas été enregistrés.

Bernadette 

L’Assemblée générale suivie du Café littéraire aura lieu 

le Mercredi 14 septembre à 19h30 à la Louisiane

dimanche 14 août 2022

Atelier d'écriture

Proposé par Françoise T., cet atelier d’écriture nous a beaucoup plu et nous donna l’occasion de rire de nos productions souvent très fantaisistes. 

Participaient à cet atelier : Martine, Jeanine, Nanou, Christine, Denis V, Bernadette et bien sûr Françoise. 

Je n’ai que mes textes à vous donner en exemple, ne pensez surtout pas que ce sont des chefs-d’œuvre !



1/ « Composer un acrostiche avec les lettres de son prénom » 

Pour rappel, un acrostiche est un poème où les initiales de chaque vers, lues dans le sens vertical, composent un nom ou un mot-clé. La consigne étant de ne mettre qu’un seul mot par vers et que ces mots brossent un peu notre portrait. 

Bienveillance 
Empathie 
Regrets 
Nature 
Amitié 
Dynamisme 
Emulation 
Tendresse 
Tristesse 
Espérance 

2/ « Ecrire une poésie à partir d’une liste de mots » 

Françoise nous a donné les mots suivants : gencives, brique, ceinturage, hibernation, génial, autobus, médical, roulade, miser, cabaret, guignol, courgette. Il fallait trouver un mot rimant avec chacun des mots de la liste et écrire un poème (enfin un texte avec des rimes, car ce ne fut pas forcément poétique étant donné les mots dont nous disposions) avec ces vingt-quatre mots.  

Pour ma part, gencives endives, briques, mimique, médical social, roulade escalade, ceinturage entourage, miser priser, hibernation multiplication, cabaret furet, génial amical, giognol torgnole, autobus cumulus, courgette tablette. 
Ce qui donna :
Mon père m’avait emmené voir Guignol 
Qui par Gnafron se prenait des torgnoles 
La scène ne cassait pas des briques  
Mais j’avais ri devant ses mimiques 
Guignol faisait des roulades 
Avant de faire de l’escalade 
Il avait subi un ceinturage 
De la part de son entourage 
Cela se passait au cabaret 
Qui avait pour nom « Le petit furet » 
Le public était en hibernation 
Lorsqu’il fallut faire des multiplications 
Moi j’avais mal aux gencives 
A force de manger des endives 
Il faudrait passer au centre médical 
Pour voir l’assistante sociale 
Nous attendions l’autobus 
Le ciel se couvrait de cumulus 
Je tenais le filet de courgettes 
Avant de le poser sur la tablette 
Tout ça n’était pas génial 
Mais l’ambiance était amicale 
 l ne me restait plus qu’à miser 
Que j’allais pouvoir placer le mot priser 

3/ « Balade en latin » 

Nous disposions de la liste suivante : quidam, mordicus, de facto, au minimum, a fortiori, à l’index, illico, credo, a priori, agenda, in situ, sine qua non, de visu, intra muros, sine die, pedibus, solo, duo, imprimatur, angélus, numéro, rébus, nec plus ultra, grosso modo, aléa, requiem, hic, a posteriori, reliquat, décorum, bis repetita, terminus. Il fallait écrire un texte en incluant un maximum d’expressions latines, pas si simple… 

Un quidam me soutenait mordicus qu’il gagnait au minimum un million par mois. Je lui répondis illico que le nec plus ultra se situait intra muros et que le décorum ne m’impressionnait pas. Je rayai sine die son nom de mon agenda. L’angélus sonna au clocher de l’église et j’entonnai un requiem en arrivant au terminus. Ce sont les aléas de la vie... 

4/ « Association d’idées » 

A partit d’un mot tiré au sort parmi « Amour, solitude, honneur, misère, amitié, bonheur, beauté, courage, abus, malheur », on devait associer dix autres mots auxquels ce mot nous faisait penser et écrire un texte avec ces mots 

Voici mon texte, j’avais tiré honneur, qui m’avait inspiré tableau, perdu, Katharina Blum, avoir, gloire, militaire, digne, faire, rendre (je n’en ai que neuf, tant pis), ce qui a donné 

A l’école, il avait souvent eu le tableau d’honneur. Adolescent, depuis qu’il avait vu le film « L’honneur perdu de Katharina Blum », il rêvait d’être cinéaste. Et pourtant, il devint militaire, pour faire honneur à son grand-père. La gloire le rattrapa lorsqu’il reçut les honneurs en présence du Président de la République. Il en était digne après les services rendus à la nation. 

5/ «  Mots inconnus » 

Un grand classique, on tire des mots inconnus au sort et on essaie d’en écrire une définition. 

Pour ma part, j’étais tombée sur « broussin », voici ma définition « Coussin que l’on utilise dans la brousse pour ne pas se faire piquer par des plantes urticantes »  et épigramme : unité de mesure de masse qui permet de peser un épi de blé.

Bernadette

vendredi 20 mai 2022

Compte-rendu Café littéraire # 51

Soirée très agréable puisque c’est dans le jardin de Laura (merci à elle) derrière la Louisiane que nous nous sommes retrouvés. Nous étions 9 pour ce 51ème café littéraire, qui nous a permis aussi de déguster les glaces de Nanou, tout en parlant de nos romans préférés.

Jeanine
nous a apporté un livre d’un auteur qu’elle affectionne, Jean-Christophe Rufin, livre qui n’est pas récent, mais fort intéressant. Il s’agit de Katiba, un thriller captivant qui permet de comprendre les ressorts du terrorisme international. Au début c’est compliqué car il y a une multitude de personnages, mais petit à petit tout se met en place. On sent à travers ce livre que l’auteur a été diplomate au Sénégal, ce n’est pas du tout technique, on voit comment tout s’entremêle selon les intérêts des pays, et le dénouement est très réussi, Jeanine l’a dévoré et a le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses. Elle aime l’écriture précise et efficace de Rufin  C’est pourquoi elle va continuer avec Les énigmes d’Aurel le Consul dont elle nous parlera peut-être la prochaine fois…

Isabelle souhaite nous présenter un livre de Françoise Bourdon A travers la nuit et le vent, David et Hannah sont complices depuis toujours. Leur amour a grandi avec eux, à l'ombre d'un tilleul. Mais, en 1933, l'antisémitisme et la guerre menaçant, David sait qu'il doit quitter Berlin, à cause de sa religion, et donc s'éloigner d'Hannah. Il se réfugie avec les siens dans la Drôme provençale, une terre d'accueil protestante. Durant les heures les plus sombres, David va s'engager dans la Résistance, Hannah fera preuve d'un courage exemplaire auprès de familles juives persécutées. Ce qui a particulièrement intéressé Isabelle, c’est le fait que ce soit des familles juives vivant en Allemagne, donc un autre point de vue de la situation. Un livre profondément marquant… 

Jean-Daniel a particulièrement apprécié le livre de Leïla Slimani, Le pays des autres, une histoire inspirée de ce qu’a vécu sa grand-mère. Lorsque son héroïne, Mathilde, tombe amoureuse d’Amine, à la fin de la guerre, elle veut quitter son Alsace natale, dans laquelle ses rêves se sentent peut-être à l’étroit. Lui, de son côté, a toujours su qu’il retournerait chez lui, à Meknès au Maroc, où il veut cultiver sa terre. Mariage, déménagement, premier enfant, puis deuxième… Les illusions se heurtent vite à la réalité. C’est très bien écrit, Jean-Daniel a commencé la suite Regardez-nous danser, mais il accroche moins. Autre livre, celui de Michaël Uras, un auteur franc-comtois, Aux petits mots les grands remèdes, un roman où Alex, le héros passionné par les livres, a choisi d'exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures.  La clef du bonheur se trouve-t-elle entre les lignes des ouvrages qu'il a tant aimés ?…. Ca se lit par petites touches, mais c'est très agréable.

Christine se pose beaucoup de questions et trouvera peut-être les réponses dans le livre Dieu La science Les preuves d’Olivier Bonnassies et Michel-Yves Bolloré, deux passionnés de science qui ont passé trois ans à se documenter auprès de chercheurs et de scientifiques afin d’écrire ce recueil groupant des preuves de l’existence d’un dieu créateur. Dans une langue accessible à tous, les auteurs de ce livre retracent de façon passionnante l’histoire de ces avancées et offrent un panorama rigoureux des nouvelles preuves de l’existence de Dieu. Notre univers tient à des détails tellement infimes, qu’il est difficile d’envisager que ce soit le fait du hasard. À l’orée du XXe siècle, croire en un dieu créateur semblait s’opposer à la science. Aujourd’hui, ne serait-ce pas le contraire ? Ce livre replonge aussi dans l’histoire de la Russie, de l’Allemagne et des scientifiques. Une invitation à la réflexion et au débat. Christine en est au big bang, elle n’est pas encore au bout des 577 pages, mais le lit avec beaucoup d’intérêt. 

Françoise a été enchantée par la lecture de La passeuse d’histoires de Sejal Badani. Jaya, une journaliste new-yorkaise, bouleversée par une troisième fausse couche et le délitement de son mariage, embarque dans un inoubliable voyage en Inde à la recherche de son histoire familiale troublée.  Elle découvre, bouleversée, le destin tragique et hors du commun des deux générations de femmes qui l’ont précédée. C’est dans leur courage et leur résilience qu’elle puisera la force de trouver sa propre place dans le monde. Françoise a beaucoup aimé ce roman car on y découvre les traditions de l’Inde, l’histoire du pays, mais aussi la condition infligée aux femmes. Une lecture passionnante, où le suspens est maintenu jusqu'au bout. 

Martine a deux livres à nous présenter, le premier Seyvoz de Maylis de Kerangal, auteur qu’elle aime beaucoup, a été co-écrit avec Joy Sorman. Il ravive les souvenirs d'une catastrophe : l'engloutissement d'un village français dû à la construction d'un barrage hydroélectrique dans les années 50. C’est un petit livre de 100 pages, Martine n’a pas vraiment accroché à cette ambiance un peu mystérieuse. Ce sont deux récits qui s’intercalent, au début elle a trouvé l’idée originale, mais finalement elle a été déçue. Par contre elle a apprécié un roman policier de Nicolas Lebel, qui s’intitule La capture et avec lequel elle a passé un bon moment. Sur une île perdue de Bretagne, une équipe de policiers surveille depuis des années un prêtre arrivé des pays de l’Est et soupçonné d’avoir commis des crimes de guerre. Dans le même temps, la lieutenante Chen, est lancée dans une traque sans merci. Dans son viseur : des tueurs à gages insaisissables, les Furies, déesses du châtiment. Les deux histoires vont se télescoper... C’est drôle, enlevé, bien écrit. 

Catherine est avec nous, mais elle n’a pas apporté de livres, la Covid l’ayant beaucoup fatiguée, elle s’endormait dessus. Elle avait lu auparavant Une farouche liberté que nous avait conseillé Jean-Daniel et elle a beaucoup aimé ce livre. 

A mon tour de présenter deux livres, le premier Les lettres d'Esther que j’ai lu il y a déjà quelques mois est un livre de Cécile Pivot (la fille de Bernard), qui regrette que les gens ne s’écrivent plus, et qui nous raconte l’histoire de cette libraire du Nord de la France, qui ouvre un atelier d'écriture épistolaire. L'exercice va se transformer en formidable leçon de vie pour ses cinq participants, Jeanne, 70 ans, dont la colère contre les dérives de la société actuelle reste toujours aussi vive, Juliette et Nicolas, un couple démuni et désuni face à une sévère dépression post-partum, Jean, un business man cynique qui ne trouve plus de sens à sa vie et Samuel, un adolescent rongé par la culpabilité qui ne parvient pas à faire le deuil de son frère, mort d’un cancer. C'est tellement plus simple de se confier à un inconnu par le biais de l'écriture. Un roman surprenant, dans lequel Cécile Pivot aborde des sujets comme le deuil, la dépression, la remise en question, la solitude... Le tout avec délicatesse et subtilité. Le second livre est de Muriel Gilbert, dont j’ai écouté la conférence au Bar des Sciences, et qui parle de la langue française, ce qui me passionne toujours. Elle est correctrice au journal « Le Monde », et fait des chroniques sur RTL intitulées « Un bonbon sur la langue », qu’elle a rassemblées dans plusieurs livres. Celui-ci s’appelle Le meilleur des bonbons sur la langue. Elle revient sur les règles et leurs exceptions et toutes les finesses de la langue mais de façon très humoristique. A lire absolument pour se réconcilier avec l’orthographe… 

Bernadette 

 Nous nous retrouverons Le Mardi 14 juin pour un atelier d’écriture, 
 venez nombreux vous ne le regretterez pas, on s’y amuse beaucoup.

mardi 19 avril 2022

Compte-rendu Café littéraire # 50

C’est avec grand plaisir que nous avons retrouvé notre lieu favori « La Louisiane » pour ce 50ème Café littéraire. Une bonne dizaine de participant(e)s ont pu parler de leur lectures du moment, et les échanges furent riches. 

Françoise
que nous retrouvions après une absence de plusieurs années nous a parlé de deux livres qu’elle a particulièrement appréciés. Le premier est un livre d’un auteur régional Luigi de Poli, un ami à elle, qui a écrit Courbet et le continent noir, le continent noir étant le féminisme sous toutes ses formes. Un livre illustré par les œuvres que l’auteur dissèque de façon très pointue. Dans la dernière partie du livre, l'auteur se penche sur L’origine du monde où il y voit tout autre chose que ce qu’on y perçoit au premier abord. Au fil de la lecture, on va de surprise en surprise. A lire absolument pour découvrir ce peintre franc-comtois sous une autre facette. Le second livre est une roman d’Isabelle Flaten, Triste boomer, l’histoire de John, un homme qui a vécu toute sa vie pour lui-même et qui, une fois la retraite sonnée n’accepte pas de vieillir et va se retrouver face à ses regrets. Ce roman est original dans la mesure ou le héros parle à son ordinateur qui lui répond. Une fresque tendre et hilarante que Françoise a lu en une nuit. 

Martine nous présente un livre de Nathalie Azoulai, La fille parfaite,  racontant une amitié au long cours entre Adèle et Rachel, deux filles issues de familles très différentes. Dès le début du livre on apprend qu’Adèle se suicide, son amie Rachel va se remémorer le fil de leur vie. Un roman d’apprentissage, où l’orientation scolaire détermine bien plus qu’un cursus en façonnant l’intelligence et toute une existence, les relations familiales et amoureuses, la maternité, l’ambition et le rapport au monde. Notamment lorsqu' on est une femme et qu’on s’attaque au territoire des hommes. Un livre qui a beaucoup plu à Martine en faisant écho parfois à son parcours personnel. 

Christine a apporté un petit livre qui se lit facilement et pourtant c’est La fureur de vivre du plus célèbre des astrophysiciens, Hubert Reeves. Il ramène toujours tout à des exemples concrets, et comme le dit si bien Denis, avec lui on a l’impression d’être intelligent, car on a tout compris. Un livre aussi concis que profond, qui allie la vulgarisation la plus accessible à la méditation la plus haute, et dont le texte est illustré par de fascinantes images de notre monde. Sa conclusion est que pour durer, la vie doit être en accord avec la nature. Prenons-en de la graine !

Joël, du fait de ses origines, s’intéresse beaucoup à la Russie, il a donc lu Dans la tête de Vladimir Poutine de Michel Eltchaninoff, un livre plus que jamais d’actualité. L’auteur, philosophe, journaliste et essayiste français, est quelqu’un de très brillant. Il restitue toute l’histoire russe depuis Staline, et l'on comprend que pour Poutine avoir perdu tous ces satellites qui constituaient l’URSS n’est pas défendable dans son esprit. Une espèce de nostalgie qu’il a réussi à faire partager à 80% de ses concitoyens. Il est dans le délire de reconstituer ce grand empire. L’auteur n’est pas très optimiste…. Comme tous les empires s’écroulent, ça arrivera un jour, mais quand ? Un livre qui avait été écrit avant les derniers évènements mais qui a été réactualisé. Autre livre évoqué par Joël, un livre tout à fait différent, Paris-Briançon de Philippe Besson, Une dizaine de personnages divers et variés sont obligés de partager leur intimité et les onze heures du trajet Paris-Briançon. Suivant le rythme et les arrêts du train, des liens se tissent, des histoires se créent. L’insomnie relie les personnages et leurs histoires. Dès le début du livre, on sait qu’il y aura des morts, mais qui et comment ? C'est tout l’intérêt du livre, et le dénouement a surpris Joël qui ne s’y attendait pas. Tout cela est très bien vu, bien écrit, intelligent. 

Jean-Daniel souhaite nous présenter le livre de Gisèle Halimi Une farouche liberté, coécrit avec la journaliste Annick Cojean. Il y a quelques mois il avait déjà évoqué ce livre sans vraiment nous en parler puisqu’il l’avait prêté. Une sacrée bonne femme, qui déjà à dix ans entamait une grève de la faim, ce fut sa première victoire féministe, elle ne servirait plus jamais ses frères ! Ce livre retrace les combats qu’elle mena tout au long des soixante-dix ans d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Jean-Daniel a apporté un second livre qu’il nous avait déjà présenté en 2018, preuve que cet ouvrage l’a marqué. Les coeurs simples d’Albert Algoud est un hommage aux handicapés mentaux illustré par des dessinateurs de BD. On y croise tour à tour Quasimodo, les Crétins des Alpes et autres simplets à travers un recueil de textes très émouvants. 

Noëlle qui vient d’entendre parler de récits pas très drôles, anxiogènes, veut nous faire sourire avec La toute petite reine d’Agnès Ledig. L’auteur nous conte le parcours de Capucine et Adrien, depuis leur première rencontre sur le quai d'une gare à cause d'un colis piégé. Ce sont deux personnes fragilisées par les épreuves traversées, qui tentent de surmonter ces traumatismes pour retrouver l'équilibre, le bonheur. Dénouant les fils de leur existence, cette rencontre pourrait bien prendre une tournure inattendue et leur permettre de faire la paix avec leur passé, afin d'imaginer à nouveau l'avenir. Une histoire toute en tendresse, où les choses évoluent pas à pas, comme dans une parenthèse. Un livre qui fait du bien et donne de l’espoir ! 

Denis souhaite nous parler des Hors séries du journal « Le monde » présentant des auteurs sous la forme "une vie, une œuvre". Il choisit des auteurs qu’il apprécie, ici il s’agit de Victor Hugo, Denis nous lit un extrait sur la guerre, dans lequel Hugo soutenait les Polonais face à l’armée russe. C'est ce Victor Hugo là, défenseur des peuples, toujours présent sur les fronts de la justice et de la liberté, que Le Monde nous propose de découvrir dans un hors-série où "La Légende des siècles" côtoie "Les Misérables" et "Notre-Dame de Paris". Denis passe ensuite à une sorte de dictionnaire Le bouquin des mots d’esprit de Jean-Louis Chiflet. Familier des bizarreries et excentricités du langage, ce dernier nous offre un florilège savoureux de " bons mots " des maîtres du genre : Sacha Guitry, Tristan Bernard, Alphonse Allais, Groucho Marx ou Pierre Desproges. Denis nous en lira quelques extraits savoureux , il terminera par cette citation de Queneau qu’il affectionne particulièrement : « Les personnages de ce roman étant réels, toute ressemblance avec des individus imaginaires, serait fortuite. » 

C’est le livre Chavirer de Lola Lafon qui a séduit Catherine. 1984. Cléo, treize ans, qui vit entre ses parents une existence modeste en banlieue parisienne, se voit un jour proposer d'obtenir une bourse, délivrée par une mystérieuse Fondation, pour réaliser son rêve : devenir danseuse de modern jazz. Mais c'est un piège, sexuel, monnayable, qui se referme sur elle et dans lequel elle va entraîner d'autres collégiennes. Ce livre est inspiré de faits réels dont on a beaucoup entendu parler ces dernières années, puisque la parole des femmes se libèrent, et d’après une interview de l’auteur, d’un évènement difficile survenu durant sa propre adolescence. L’auteur dissèque les mécanismes d'une machine lancée à plein régime pour soumettre de jeunes proies à des prédateurs sans scrupule.  Un livre très prenant, très bien écrit, et totalement d’actualité… 

Isabelle nous parle d’un autre sujet très actuel, la téléréalité, au travers du dernier livre de Delphine de Vigan Les enfants sont rois. Adolescente, Mélanie Claux est fascinée par la télé-réalité, son plus grand rêve ? Être connue de tous en participant elle aussi à une émission qui la révélerait à la France entière, Comme elle échoue dans cette mission, elle va réaliser son rêve à travers ses enfants. Elle les met en scène toute la journée sur les réseaux sociaux et ça lui rapporte de l’argent, jusqu’au jour où sa petite fille disparaît... L’auteur explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial. 

Pour terminer je parlerai d’un petit livre de Lydie Salvayre, Marcher jusqu’au soir, qui relate une expérience déjà proposée à deux autres auteurs, être enfermée une nuit dans un musée et en faire un livre. Ici l’auteur va passer la nuit au Musée Picasso, face à L’homme qui marche de Giacometti. Errant au crépuscule entre les œuvres réunies de Picasso et de Giacometti, l’auteure raille le milieu artistique, gangrené par l’argent et le snobisme. Remontent alors des souvenirs de honte d’une enfance dans un milieu populaire d’immigrés espagnols maltraitant la langue, et considérant l’art comme réservé à un autre monde.  Rattrapée par la peur du noir, la violence de son père malade, elle s’enferme dans les toilettes. Après cette nuit de cauchemar, la pression retombe. L’auteure décrypte son rapport à l’art. Elle se plonge dans la vie de Giacometti. L’écrivaine, qui se bat contre un cancer, s’y dévoile sans fard. Avançant nue, comme L’homme qui marche. Un second livre que j'ai lu, beaucoup plus léger, Je suis le genre de fille de Nathalie Kuperman, chaque chapitre commence par cette phrase, un récit plein d’humour et d’autodérision, à lire à petite dose, un chapitre de temps en temps, car sinon ça peut vite lasser.

Bernadette

Le prochain Café littéraire se déroulera à La Louisiane le Mercredi 18 mai à 19h30

jeudi 10 mars 2022

Compte-rendu du Café littéraire # 49

Après trois mois d’interruption, c’est enfin sans masques que nous avons pu nous retrouver pour ce Café littéraire. Nous allons peut-être bientôt pouvoir retourner à la Louisiane. Nous étions sept, dont certaines lectrices que nous n’avions pas revues depuis longtemps, un bon signe. Je vais vous faire un compte-rendu très succinct, juste des résumés, et ce dont je me rappelle des commentaires, car mon enregistreur n’a pas fonctionné. Dommage !

Christine
s’est lancée avec la présentation d’un livre léger, elle qui nous présente plutôt des livres assez philosophiques ou ésotériques, a besoin de temps en temps de livres qui changent les idées. Elle a lu Meurtres et Charlotte aux fraises de Joanne Flucke, le deuxième après Meurtres et cupcakes au caramel. Hannah est donc de retour ! la jeune femme s'apprête à participer au concours du meilleur pâtissier de la ville. Mais la fête est vite gâchée : Boyd Watson, entraîneur de l'équipe de basket du lycée, est retrouvé mort, le visage enfoncé dans la charlotte aux fraises de notre pauvre Hannah. Les premiers soupçons se tournent vers Danielle, la femme de Boyd, victime de maltraitance. Bien décidée à prouver l'innocence de cette dernière, Hannah décide de s'en mêler, malgré les avertissements de son " prétendant ", le policier Mike Kingston. Mais ce genre d'enquêtes, apparemment, Hannah y a pris goût ! Les amateurs de surprises et de sucreries vont se régaler ! Et l’on a droit aussi dans le livre aux recettes de cette chère Hannah. Un mélange de polar et de pâtisserie...

Chantal a lu un livre de Rebecca Lighieri, Il y a des hommes qui se perdront toujours. Un livre assez dur, mais prenant. Dans les années 1980, Karel, un garçon des quartiers nord de Marseille, vit avec Hendricka, sa soeur, et Mohand, son petit frère infirme. Entre pauvreté, toxicomanie, maltraitance parentale et indifférence des institutions, ils essaient de survivre et de se forger un destin. Après l'assassinat de leur père, Karel veille sur Mohand et voit sa soeur réussir une carrière dans le cinéma. Un livre sans pitié qui retrace la vie dans certains quartiers de Marseille. Chantal a voulu lire Premier sang d’Amélie Nothomb, pensant qu’ayant eu le Prix Renaudot, ça méritait de l’être. Elle a été très déçue par le style de l’auteur. Le livre est un portrait touchant de son père, mais qui ne l’a pas vraiment touchée. D’autres lectrices autour de la table l’ont lu et ont le même avis. Décevant ! 

Jeanine, qui est une fidèle lectrice de Sorj Chalandon, elle a lu presque toutes ses œuvres, a apporté son dernier livre Enfant de salaud, elle n’a pas trouvé que c’était le meilleur, décidément il est peut-être difficile de parler de son père. Après avoir fait dans Profession du père, le récit romancé de son enfance avec un père mythomane et violent, l'écrivain et journaliste publie un roman encore plus ouvertement autobiographique dans lequel il raconte comment il découvre enfin l'histoire vraie de ce père mythomane, au même moment que se déroule le procès de Klaus Barbie. L'histoire aussi d'un double rendez-vous manqué, celui d'un fils avec son père, et celui, tant attendu par les victimes de Barbie.

Denis nous a apporté deux bandes dessinées de la série Bella Ciao de Baru. L'auteur replonge dans les souvenirs familiaux pour remonter le cours de l'histoire : celle des immigrés italiens qui ont souffert du racisme avant d'être intégrés dans la société française. L’auteur voulait reparler de cette question de l'immigration italienne qui n'a jamais été résolue sinon dans le déni de cette violence vécue. Les dessins sont assez naïfs mais très parlants. Une belle série pour les amateurs de BD.

Isabelle est venue avec le livre de Karine Tuil, La décision, que l’on peut résumer ainsi : Mai 2016. La juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d'un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie. À ce dilemme professionnel s'en ajoute un autre, plus intime : mariée, Alma entretient une liaison avec l'avocat qui représente le mis en examen. Pour son douzième roman, l’auteur embrasse une nouvelle fois un sujet brûlant. Livre très documenté, où la romancière dessine chaque étape de ce long processus de recherche de la vérité, avec les doutes qui l'accompagnent, et les enjeux politiques qu'il sous-tend. Quand on sait que Karine Tuil a une formation de juriste, on comprend mieux la qualité de ce roman. 

Martine nous présente Mon maître et vainqueur, de François-Henri Désérable. Le titre est emprunté à un poème de Verlaine, et le livre raconte une passion illégitime qui se termine dans une armurerie, puis devant un juge. Edgar aime Tina, qui a changé. Elle n'aime plus Edgar, mais Vasco. Au début du roman, un écrivain est convoqué par un juge d'instruction suite à l'arrestation de son meilleur ami, Vasco. Le juge lui montre les poèmes écrits par ce dernier. Le narrateur livre alors les détails de l'histoire passionnelle et tourmentée entre Vasco et Tina. Un roman plein de drôlerie, de fantaisie, de tendresse pour raconter une histoire d’amour et de passion. L’auteur en profite pour nous entraîner à la BNF et nous faire redécouvrir les plus grands poètes. 

Enfin je termine avec deux livres qui ont quelques points communs, une enquête concernant des personnes de confession juive. J’avais acheté ces deux livres à Besançon et j’avais assisté à une conférence avec les auteurs qui était fort intéressante. Le premier d’Anne Berest, s’intitule La carte postale, et à reçu le Prix Renaudot des lycéens. En janvier 2003, la mère de l’auteure, Lélia, reçoit une carte postale de l'opéra de Paris avec quatre prénoms, ceux de ses grands-parents, de son oncle et de sa tante. Ces gens sont tous morts en déportation à Auschwitz et l'expéditeur de la carte est inconnu. Tout le monde oublie cette carte jusqu’à ce que, vingt ans plus tard, elle devienne le point de départ d’une quête familiale, historique, une quête des origines, de la vérité. Plus de 500 pages dont on a du mal à s’extraire tant c’est passionnant et bien écrit. Le second s’intitule Les vies de Jacob de Christophe Boltanski, là encore on va être plongés dans une enquête. Ayant trouvé aux puces un album contenant 369 clichés de Photomaton anciens, Christophe Boltanski reconstitue la vie d’un anonyme, de Djerba à Israël. Un jeu de piste haletant, où ​​​progressivement, l’auteur reconstitue les vies vécues et rêvées de Jacob. 

Bernadette 

 Le prochain Café littéraire aura lieu le Mardi 12 avril.

 à 19h30 à la Louisiane

dimanche 30 janvier 2022

Compte-rendu du café littéraire # 48

Nous n’étions que cinq à avoir bravé les frimas pour ce 48ème Café littéraire. Cependant la discussion fut animée puisque la séance s’est terminée aussi tardivement que les fois précédentes. 


A tout seigneur, tout honneur, c’est Denis qui a commencé en nous présentant une bande dessinée Fourmies la Rouge d’Alex W. Inker. Fourmies est une ville du Nord de la France, région chère à Denis, où se sont passés de graves évènements à la fin du XIXe siècle. Le 1er mai 1891, malgré les interdictions patronales, les ouvriers grévistes ont décidé de défiler dans la cité textile de Fourmies (Nord), pour réclamer la journée de huit heures. Deux régiments d'infanterie de ligne, cantonnés tout près, se mettent en position sur la place centrale de Fourmies. En fin de journée, une foule revendicative déboule sur la place, un officier ordonne aux soldats de tirer... Neuf personnes meurent. Alex W. Inker, entraîne le lecteur au plus près des personnages, le plongeant en apnée au cœur des événements aux côtés de : Maria, la jeune et belle ouvrière aux cheveux de feu, Kléber, le jeune porte-drapeau amoureux de Louise, Louise, l'ouvrière gouailleuse, Émile, le gamin innocent pêcheur de grenouilles, gavroche bravache et frondeur, Un soldat, l'idéaliste qui ne tirera pas et n'épaulera même pas son fusil Lebel, Un vieux soldat, le salaud qui achèvera les blessés à la baïonnette. Une très belle œuvre qui remet en mémoire des évènements quelque peu oubliés, genre de bande dessinée historique, bien documentée que Denis apprécie tout particulièrement.

Chantal a deux livres à nous présenter, tout d’abord American Dirt de Jeanine Cummins, un livre puissant et bouleversant, qui raconte l’immigration des Mexicains vers les Etats-Unis, où le livre a fait polémique à sa sortie. American Dirt raconte l'épopée de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d'avancer vers la frontière américaine. On y suit le parcours de Lydia, libraire menant une vie calme, et de son mari Sebastian, journaliste engagé menacé par les cartels de la drogue. Cette femme et son fils, seuls rescapés d’une fusillade lors d’une fête familiale, vont être contraints de fuir le pays. L’auteur a passé cinq ans à se documenter sur le sujet. Chantal a trouvé ce roman palpitant, très bien écrit, ça se lit comme un polar. Sinon elle a lu Histoire de la nuit de Laurent Mauvigné, un énorme pavé (634 pages) offert par ses enfants, dont l’épaisseur lui a fait peur. L’auteur fait des phrases très longues qui peuvent s’étaler sur une page, en se perdant dans des détails, mais ça maintient le suspense. Chantal a eu du mal à rentrer dans l’histoire, mais finalement c’est un roman très prenant. L’action principale se résume en peu de mots : un trio mal intentionné pénètre dans un hameau et terrorise ses rares habitants. Au terme de cette épreuve, le sang coulera. Frissons garantis !

Joël va nous parler d’un livre qu’il n’avait pas trop envie de lire au départ, et qui l’a passionné. C’est le livre de Clara Dupont-Monod, S’adapter, qui a reçu le Prix Fémina et le Prix Goncourt des Lycéens. La naissance d'un enfant handicapé racontée par sa fratrie, tel est le sujet du livre, qui pourrait paraître rébarbatif, mais dont l’écriture est magnifique. Ca se passe dans les Cévennes, région que Joël aime beaucoup, et chaque chapitre est consacré à l’un des trois autres enfants de la fratrie, de la relation qu’ils ont avec ce frère lourdement handicapé et de leur place au sein de la famille. Il tire un coup de chapeau aux lycéens qui ont lu et élu ce livre puissant, qui ne laisse pas indifférent. Autre titre lu par Joël, Changer : méthode d’Edouard Louis, un jeune écrivain de 29 ans très particulier, l’auteur de En finir avec Eddy Bellegueule. Une autobiographie racontant la vie d’un fils de rien, homosexuel donc rejeté par sa famille, par l’école, et qui atteint les hautes sphères intellectuelles, une sacrée revanche sur la vie. 

Christine a apporté trois livres, dont deux rapides à lire, l’un assez distrayant, qui fait rire, ce qui fait du bien de temps en temps. C’est un livre d’Alain Bauer qui s’intitule Les criminels les plus cons de l’histoire, il y a les génies du crime qui arrivent à berner tout le monde et il y a ceux qui se font pincer très facilement par manque de jugeote, ils brillent par leur malchance, leur manque de discernement ou d'organisation. Christine nous en lit un exemple, et c’est drôle ! Autre livre, celui-ci de Michel Onfray, La nef des fous, dans lequel l’auteur a réuni tout ce qui paraît fou dans notre société. Jour après jour, il a noté, avec une pointe d'humour, les aberrations et contradictions d’un monde qu'il définit comme décadent. Et ça fait peur ! Enfin livre plus sérieux, Le crépuscule des maudits d’André Besson, un livre basé sur une rumeur qui circulait en Allemagne et qui disait qu’Hitler aurait eu un fils d’Eva Braun. En fait ce livre raconte les derniers moments du Reich, une partie de l’histoire dont on parle finalement assez peu, un récit passionnant qui nous fait entrer dans la psychologie des ces hommes embrigadés. 

On termine avec un livre que l’on m’a offert, que je n’aurais sans doute pas acheté, mais qui m’a beaucoup intéressée. Hamnet de Maggie O’Farell, une romancière et journaliste britannique, qui raconte l’histoire méconnue de la femme et du fils de Shakespeare, prénommé Hamnet. Celui qu’on connaît comme un immense auteur, a, entre les pages de ce roman, une famille, une femme, des enfants et des parents, et pas toujours le beau rôle. Porté par une très belle écriture, ce roman est la bouleversante histoire d'un frère et d'une sœur unis par un lien indéfectible, celle d'un couple atypique marqué par un deuil impossible. C'est aussi l'histoire d'une maladie " pestilentielle " qui se diffuse sur tout le continent. Mais c'est avant tout une magnifique histoire d'amour et le tendre portrait d'un petit garçon oublié par l'Histoire, qui inspira pourtant à son père, William Shakespeare, sa pièce la plus célèbre.

Bernadette

lundi 29 novembre 2021

Compte-rendu du Café littéraire # 47

Après 13 mois d’interruption, c’est avec un grand plaisir que nous nous sommes retrouvés dans un lieu plus adapté aux conditions sanitaires, mais nous espérons que dans les mois à venir, la Louisiane, endroit plus convivial, pourra à nouveau nous accueillir.

Noëlle
a lancé la soirée en nous présentant deux livres, tout d’abord La cuisine du 6ème étage de Nathalie George. L’histoire d’une grande bourgeoise ruinée qui a dû s’installer dans une chambre de bonne et qui cuisine dans le couloir du 6ème étage sur un petit réchaud. Elle régale ainsi ses voisins de palier qui ont souvent de tout petits moyens. Elle en a fait un livre agrémenté de recettes pour raconter son expérience. Noëlle a été un peu déçue, bien mais sans plus… Par contre elle a beaucoup aimé Les semeurs de bonheur de Cécile Pardi. Perrine, cinquantenaire au chômage, est au bord de la dépression quand le hasard met sur son chemin un chien en piteux état. Elle le ramasse et le ramène chez elle. Ce geste va transformer sa vie. Grâce à ce nouveau compagnon, elle sort de sa solitude et retrouve sa joie de vivre. Cette belle énergie lui donne l'idée de se lancer dans des M.B.B. (Missions de Bonheur Bilatéral) envers des inconnus. Dès lors, elle part chaque matin en mission de bonheur. Un livre pétri d’humanité comme Noëlle les aime… 

C’est au tour de Jean-Daniel de nous parler de ses coups de cœur avec deux livres qui relatent le destin de femmes extraordinaires. Le premier sur la vie de Gisèle Halimi, c’est passionnant mais comme il n’a pas le livre, il ne nous en dira pas plus. Autre femme exceptionnelle, Anne Beaumanoir dont la vie est relatée par Anne Weber dans le livre Annette, une épopée, une femme médecin presque centenaire, militante au sein du Parti Communiste et qui a participé à tous les combats, que ce soit dans la résistance ou au FLN, un parcours exceptionnel. Jean-Daniel a lu le second livre de Guy Boley, un auteur franc-comtois. Quand Dieu boxait en amateur relate l’histoire de deux enfants qui aiment les mots et qui deviennent amis. Le premier, forgeron depuis ses 14 ans, devient champion de France de boxe amateur. Le second devient abbé, puis père de la paroisse. Ce dernier demande à son ami d'enfance, comédien amateur, d'interpréter, sur la scène du théâtre paroissial, le rôle de Jésus dans son adaptation de la Passion du Christ. Un livre savoureux ! 

Joël a profité du confinement pour redécouvrir Proust. Il avait essayé de le lire à de nombreuses reprises, mais il finissait toujours par abandonner. Et là, comme il avait beaucoup de temps, il a persévéré, il est tombé sur une émission de France Culture, où des sociétaires de la Comédie Française lisaient Proust et ce fut une révélation. Il fait des phrases interminables avec un vocabulaire fourni, mais Joël a trouvé qu’il y avait une analyse très fine du milieu mondain, et que ça mérite d’être lu. Avis aux amateurs ! Après Proust voici Rimbaud avec le livre de Sylvain Tesson Un été avec Rimbaud, un livre au style assez décapant. Avec humour et lucidité, il perce à jour ce poète visionnaire qui révolutionna la poésie et qui n’avait qu’un ennemi : l’ennui. 

Catherine a lu un livre qui avait été écrit par Lisa Fittko en 1987 sous le titre Le chemin des Pyrénées (souvenirs 1940-1941) et qui a été réédité sous le titre Le chemin Walter Benjamin. La préface a été écrite par Edwy Plenel, mais Catherine l’a passée, car c’était particulièrement ennuyeux. Le livre relate les souvenirs de la résistante allemande antinazie Lisa Fittko qui organisa une filière d’échappée de France en Espagne et que Walter Benjamin fut le premier à emprunter, ce fut aussi son dernier voyage car il se suicida à Portbou, lorsqu’un policier espagnol lui demanda de retourner en France afin d’y obtenir un visa de sortie. Un très beau livre, très impressionnant, sauf la préface. 

Céline a apporté un livre très léger et très drôle de l’auteur Fabrice Caro, plus connu dans le monde de la bande dessinée sous le nom de Fabcaro. Ici il s’agit du roman Broadway, qui lui a provoqué un fou rire à chaque page, enfin durant la première moitié, car ensuite c’est moins bien construit, ça part dans tous les sens. Le roman parle d'Axel, 46 ans, marié et père de deux enfants, que la réception anticipée d’un test pour le cancer colorectal va sérieusement mettre à mal. Un livre idéal à lire pendant un confinement… Céline nous rappelle aussi son dernier livre, Dis-moi ce que tu vois, un échange entre deux femmes d’époques différentes, nous sommes en 2030, l’une raconte son passé et l’autre un futur proche, avec une légère anticipation. Elle a eu de bons retours sur ce roman. 

Denis nous présente Aphorisme d’Olivier Hervy. Il en a entendu parler à la radio, et l’a aussitôt acheté car Il avait envie de lire, sourire et y retrouver aussi de la poésie. Il nous donne un exemple de ces aphorismes « Le strapontin ne fait pas d’heures supplémentaires ». Il est peut-être utile de rappeler ce qu’est un aphorisme, d’une part une phrase, une sentence qui résume en quelques mots une vérité fondamentale, mais aussi l’énoncé succinct d'une vérité banale. C’est sans doute cette seconde définition qui définit le mieux le livre. Autre exemple : « Ce couple d’amis qui fait chambre à part doit dormir dans le même lit lorsqu’il reçoit des invités, ils n’ont d’intimité que lorsqu’il y a du monde » ou « La plante pousse en direction de la fenêtre, pénible effort pour s’échapper ». Denis qui peine à lire des romans préfère picorer dans ce genre de livres. Il a également acheté le livre paru pour les 100 ans de Boris Vian, qui lui permet de lire de petits morceaux de temps en temps. 

Christine, notre trésorière, obnubilée par les comptes de l’association, a oublié d’apporter un livre. Elle va nous parler de celui qu’elle lit en ce moment, très attirée par les livres ésotériques ou de science-fiction, elle a découvert La vie après la vie du Docteur Moody, un best-seller qui se vend depuis 1977 et qui a été réédité. C’est un médecin américain, qui a fait des études de philosophie, et qui a recueilli des centaines de témoignages sur des expériences de mort imminente. Nombreux sont ceux qui rapportent de cette aventure des souvenirs similaires : vision d'une lueur brillante au bout d'un long tunnel, présence d'êtres chers attendant " de l'autre côté "... Il a écrit deux autres livres, dont l’un raconte des expériences de mort partagée. Parents, époux, infirmiers, médecins qui accompagnent des mourants dans leurs derniers instants sont les témoins de faits troublants : lumière qui se dégage du corps du mourant, vision d'un autre monde, sensation d'amour indescriptible, etc. Des histoires sur le passage vers l'au-delà qui interpellent et réconfortent. Christine a été bouleversée par ces livres, une découverte pour elle… 

Isabelle a été conquise par un livre dont on a déjà parlé plusieurs fois ici, Un jour viendra couleur d’orange, de Grégoire Delacourt. C’est peut-être aussi le destin des bons livres de revenir régulièrement dans notre Café littéraire. Un roman assez sombre, la mère infirmière en soins palliatifs, le père militant avec les gilets jaunes et le fils autiste qui ne voit la vie qu’à travers les couleurs. Un monde très actuel, pas vraiment gai, mais c’est très bien écrit, les personnages sont analysés de façon très juste. Autre livre très sombre aussi, Les impatientes de Djaïli Amadou Amal qui a obtenu le Goncourt des Lycéens en 2020. Originaire du nord du Cameroun, l’auteur est peule, musulmane et féministe. Elle nous conte le destin de trois femmes victimes de polygamie, du mariage forcé, et de violence dans la région du Sahel. Beaucoup de non-dits, la seule chose qu’on leur demande c’est d’être patientes, d’où le titre. C’est un témoignage poignant et révoltant. 

Quant à moi, j’ai deux livres à présenter, le premier est un livre que l’on m’a prêté, un gros pavé de 672 pages que je ne pensais pas pouvoir lire, et finalement je me suis laissée prendre par l’histoire. Trois de Valérie Perrin, un roman fabuleux, plein de rebondissements, qui nous replonge au temps de notre adolescence : à ces moments cruciaux où tout bascule, où nos avenirs, souvent, se bâtissent sur les cendres de nos illusions. Le livre est construit avec une succession de flashbacks entre les années 80 et les années 2010, et c’est là tout l’intérêt du roman. Le second, je l’ai acheté à Besançon, au Festival des « Livres dans la boucle ». J’en avais beaucoup entendu parlé dans les médias, il s’agit de Blizzard de Marie Vingtras, un premier roman haletant qui se passe en Alaska. Au fil des heures passées à tâtonner dans le blizzard, dans cette course folle contre la montre pour tenter de retrouver un enfant perdu, se dévoile peu à peu la vérité de chacun des personnages. Et c'est paradoxalement dans la tempête, la neige et le brouillard, que le passé des uns et des autres va ressurgir. 

Bernadette 

 Prochain rendez-vous le Mercredi 8 décembre à 20h 
  salle 6 de L’Ancienne Mairie