mercredi 19 juin 2019

Compte-rendu du café littéraire #39

L’Assemblée Générale étant terminée, nous entamons notre 39ème café littéraire.
Yvonne, une fois n’est pas coutume, nous présente un livre qu’elle n’a pas aimé. Elle l’a quand-même lu jusqu’au bout, car c’était le seul livre qu’elle avait emporté en Hollande, lors de son séjour. Le titre pourtant était intéressant, Comment apprendre à s’aimer d’un auteur japonais Yukiko Motoya. Le livre est une série de plans fixes qui, telles les images d'un film, s'enchaînent entre eux pour dessiner le portrait de Linde. Nous la suivons au fil des âges et des différentes étapes de sa vie. C'est une jeune femme ordinaire, maladroite, empreinte de défauts qui la rendent aussi attachante qu'insupportable... comme nous le sommes tous. Attendant toujours de la vie et des autres ce que personne ne peut lui donner, elle prend conscience à 63 ans que, pour quelqu'un qui a raté sa vie, elle ne s'en sort pas trop mal. La lecture étant subjective, Yvonne propose que d’autres personnes le lisent et donnent leur avis. Par contre, elle a trouvé à la librairie Sens dessus dessous, 75 sketches de Raymond Devos. Lorsqu’Yvonne était jeune, elle avait vu son spectacle à Paris, mais ne maîtrisant encore pas bien le français, elle n’avait pas pu apprécier ses jeux de mots et se demandait ce qui pouvait faire rire autant les gens. Maintenant elle comprend pourquoi !
Catherine a lu un ouvrage de 1997, Naufrage au Mont-Blanc : l’affaire Vincendon et Henry, un livre d’Yves Ballu.C’estl’histoire de deux jeunes alpinistes partis à l’assaut du Mont-Blanc en plein cœur de l’hiver 1956 ! Leurs objectifs : « faire parler d’eux », oui, « impressionner les copains » et « s’asseoir en haut du plus sommet d’Europe pour y fêter Noël ! »… L’aventure était un peu folle mais ils s’étaient préparés pendant de longs mois. Et bien sûr, ils connaissaient les risques de l’alpinisme en montagne. Mais pouvaient-ils imaginer ce qui les attendaient vraiment une fois là-haut ? Pendant plus d’une semaine, à portée de toutes les jumelles des observateurs basés à Chamonix, les esprits vont s’échauffer face à l’impuissance et la malchance omniprésentes dans une opération de secours menée avec parfois du courage mais surtout beaucoup d’improvisations et de maladresses. C’est un livre très prenant, qui remue les émotions, et bien qu’elle l’ait terminé depuis une semaine, Catherine ne parvient pas à s’en détacher.
Cédric a beaucoup apprécié le livre d’Alain Veinstein Papier peint. L’auteur n’est pas seulement un poète qui a marqué les années soixante-dix, ni l’homme de radio qui animait l’émission « Du jour au lendemain » sur France Inter, c’est aussi un passionné, depuis sa jeunesse, de peinture, qui se destinait à ça, créer des images. En 2014, venant de quitter définitivement la radio, il a osé franchir la porte d’une boutique de matériel pour artistes, sans savoir ce qu’il allait en faire, et puis une peinture en appelant une autre… Ce livre rassemble donc ses œuvres,  assez enfantines, mais Cédric trouve ça joli.
Christine n’a pas apporté de livre, car elle a lu des choses plutôt ésotériques et a pensé que ça ne nous intéresserait pas. Peut-être la prochaine fois …
Denis, quant à lui, signale que pour les 60 ans du Petit Nicolas, un gros livre va paraître, mais il va être assez onéreux. Donc en apéritif, il a acheté le supplément de Paris Match consacré au Petit Nicolas. Il s’agit d’un abécédaire qui reprend des citations parues dans les livres. Denis a connu le personnage à travers un livre qu’il a reçu comme prix de sa prof de maths, et ça fonctionne toujours avec les enfants de maintenant. On y trouve les insultes, les punitions, on y apprend que ses aventures ont été traduites dans plus de quarante langues étrangères, et même dans des langues régionales. Etonnant...
Christiane nous parle brièvement du roman Audrey et Anne, elle a eu du mal à arriver au bout. Elle a été choquée par le parallèle entre ces deux personnes et par le fait que le père d’Anne Franck demande à Audrey Hepburn de jouer le rôle de sa fille. Yvonne, la traductrice du livre, souligne qu’il lui a fallu justement beaucoup d’abnégation, pour lui demander ça. Peut-être n’était-il pas au courant du passé des parents d’Audrey… Christiane préfère passer à un roman d’Agnès Martin-Lugand La vie est facile, ne t’inquiète pas. C’est facile à lire, agréable. Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux « Gens heureux lisent et boivent du café », son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille…
Jean-Daniel a lu trois BD, intitulées La Bérézina, retraçant l’épopée de Napoléon en Russie. Il avait lu auparavant le livre de Sylvain Tesson Bérézina. Les BD sont très réalistes et montrent la folie de Napoléon. Quelqu’un qui connaît bien ses goûts lui a offert Notre-Dame de Parisde Sylvain Tesson, qui a toujours été un aventurier et particulièrement des cathédrales. Avec ses copains, ils ont escaladé plus de cinquante cathédrales en Europe, jusqu’en haut de la flèche et de nuit pour ne pas être repérés. Un jour , au cours de ses aventures, il a fait une chute grave, et pour faire sa rééducation, il est monté tous les jours dans les tours de Notre-Dame pendant un an. Il y a une bonne part de mystique dans ce livre, mais Jean-Daniel s’est vraiment régalé.
Noëlle, comme d’habitude, a lu un livre léger, Tu as promis que tu vivrais pour moi de Carène Ponte, enfin pas si léger que ça, puisque ça commence assez mal. Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte. Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil. Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait…
Céline nous présente un livre de l’auteur danoise qui est venue dans le cadre de la « Semaine des Littératures étrangères ». Il s’agit de Pia Petersen et le livre s’intitule Paradigma. A Los Angeles, les déshérités et les marginaux s'apprêtent à défiler dans la rue. Des rumeurs insurrectionnelles circulent. Un vent de contestation souffle. Luna est à l'initiative de ce mouvement de révolte des exclus. Un thriller politique et apocalyptique qui révèle les tensions déchirant les sociétés contemporaines. Ce sont un peu les Gilets jaunes de là-bas, et il y a aussi une belle histoire d’amour. C’est un constat sur notre époque et c’est encore pire aux Etats-unis. Céline l’a lu pendant son voyage aux USA et elle a vu dans le Sud en particulier une grande misère.
Quant à moi, j’ai également apporté Audrey et Anne, livre évoqué par Christiane. Ce n’est pas un livre que j’aurais acheté spontanément, mais le fait de rencontrer l’auteur et de connaître l’une des traductrices m’a incité à le faire. Au débutAudrey et Anne, je ne comprenais pas le titre et ne voyais pas ce qui pouvait lier leur destin. J’avais lu le Journal d’Anne Franck quand j’étais ado, mais c’est vu sous un autre angle et c’est intéressant, quand à Audrey Hepburn, je ne connaissais pas vraiment cette actrice. J’ai découvert deux destins parallèles, et c’est très bien traduit. Yvonne nous explique que sa collègue a traduit la première moitié du livre et elle la seconde, et ça ne se sent absolument pas, il y a vraiment une continuité. Bravo à elles ! J’ai également lu le dernier Foenkinos, Deux sœurs, je l’ai un peu moins aimé que les précédents. Mathilde, la trentaine, prof de lettres, vient d’être quittée par son compagnon, alors qu’il lui promettait de l’épouser. Pour elle, c’est un cauchemar. D’autant qu’elle est mise à pied pour avoir giflé un élève. Elle est finalement recueillie par sa sœur, Agathe, dans le petit appartement qu'elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. Le roman est le récit de cette cohabitation risquée et de la terrifiante métamorphose de Mathilde... C’est assez angoissant comme roman !


lundi 29 avril 2019

Compte-rendu du café littéraire #38

Petit café littéraire puisque nous n’étions que huit. En discutant du prochain café littéraire prévu le 14 mai, on se rend compte qu’il y aura pas mal de gens absents, Denis décide donc de le remettre au 21 mai et de le faire précéder  par l’Assemblée Générale. Mais depuis, Jean-Daniel nous a informé de l’Assemblée Générale d’Escapade le même soir, ce qui pose problème, donc nous le ferons le mercredi 22 mai, désolés pour ceux qui ne viennent que le mardi. Denis souligne que la conférence avec Yvonne Pétrequin n’a attiré que quelques adhérents des « Amis des livres », sinon il n’y aurait eu personne. Dommage, car Yvonne nous a appris beaucoup de choses sur le métier de traducteur, c’était fort intéressant.
Catherine entame la soirée en nous présentant Promenons-nous dans les boisde Bill Bryson. Cet auteur, 67 ans, double nationalité américaine et britannique, est un journaliste, écrivain voyageur, vulgarisateur scientifique. Il se lance un défi, parcourir le sentier des Appalaches, qui va du Maine à la Géorgie, 3500 km. Ce chemin est plein de dangers, il va se faire accompagner par un ami qu’il n’a pas vu durant des années. Ce dernier n’est pas du tout prêt à ce genre de randonnée, ce qui donne lieu à des situations cocasses. Qui n'a jamais lu un livre de Bill Bryson a vraiment manqué une occasion de rire ! « Jamais un bouquin ne m'a fait autant rire », affirme Robert Redford, qui en a fait son livre de chevet et l’a adapté à l'écran.
Christine a dévoré un livre qu’on lui a offert, il s’agit d’un recueil de nouvelles écrites par Josiane Balasko, Jamaiplu. Chaque nouvelle a un côté fantastique, c’est bien écrit, ça se lit très vite. Ce n’est pas du tout humoristique comme on pourrait s’y attendre de la part de l’auteur.Jamaipluest la première du recueil, il y a une intrigue policière et c’est la préférée de Christine, qui pense que c’est le premier livre écrit par Josiane Balasko, mais en cherchant, on s’aperçoit qu’elle écrit depuis 1989 avec une dizaine de livres à son actif, dont beaucoup de pièces de théâtre. Autre livre présenté par ChristineLe labyrinthe du Karma de Daniel Meurois. Elle nous en dit juste quelques mots, c’est un livreaccessible à tous mais néanmoins profond, pour mieux déchiffrer le sens de notre vie, nous déplacer et grandir en un monde où les repères se font de plus en plus rares. Une démarche éclairante et aidante...
Jean-Daniel a lu Le chant des revenantsde Jesmyn Ward. Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d’une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l’Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l’amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.Ce n’est pas un roman très gai, c’est même assez noir, mais c’est contemporain. Jean-Daniel a beaucoup aimé ce livre, très dur mais très bien écrit. Ce livre lui a rappelé une scène qu’il a vu dessinée dans un autre livre, livre qu’il aurait présenté au dernier café littéraire, s’il n’avait eu la grippe. C’est dans un livre de Luz, dessinateur à Charlie Hebdo, qui a miraculeusement échappé à l’attentat de janvier 2015. Ce livre Les indélébiles signe sa renaissance. Jean-Daniel aime cette richesse du dessin de presse, et donc il a retrouvé ce passage où l’auteur est allé faire un reportage dans une prison du Mississipi, point commun avec le livre de Jesmyn Ward qui parle aussi beaucoup de prison. La ressemblance est frappante.
Noëlle apprécie beaucoup l’écrivaine Agnès Ledig, car lorsqu’elle se plonge dans ses livres, ça lui permet d’oublier tout ce qui est déprimant dans l’actualité. Elle a donc lu On regrettera plus tard, qui raconte l'irruption d’Éric et d'Anna-Nina un soir d'orage dans la vie de Valentine, institutrice dans un hameau du massif Vosgien, un véritable coup de tonnerre. À la fillette brûlante de fièvre, au père brisé par la vie, Valentine va offrir plus qu'un simple toit. Avec tendresse et franchise, elle va bousculer les certitudes de ce père solitaire et modifier leur trajectoire toute tracée.Un roman émouvant et généreux où le désir se montre plus fort que la peur, que les blessures du passé et les regrets. Noëlle a tellement aimé qu’elle s’est précipitée à la librairie pour commander la suite, De tes nouvelles.  Anna-Nina, pétillante et légère, est une petite fille en forme de trait d'union. Entre Eric, son père, et Valentine, qui les a accueillis quelques mois plus tôt par un soir d'orage et détresse. Maintenant qu'Eric et Anna-Nina sont revenus chez Valentine, une famille se construite jour après jour, au rythme des saisons. Un grain de sable pourrait cependant enrayer les rouages de cet avenir harmonieux et longtemps désiré.
Isabelle nous parle d’un livre qui a déjà été évoqué ici, Le charme discret de l’intestinde Giulia Enders. Cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, l’auteur invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre. Isabelle a trouvé ce livre très sympa, intelligent, abordable, on comprend bien la magie du corps humain. Le livre apporte de vraies réponses, avec un nouveau regard sur la façon d’appréhender le corps, de l’écouter, de se soigner et de le respecter. Catherine a apprécié la première partie, mais s’est lassée très vite. Les avis sont donc partagés. Christine ajoute que c’est humoristique, qu’elle a une façon de présenter les choses presque enfantine.
Denis présente un livre de photos de Raymond Depardon en tout petit format, un livre qu’on peut mettre dans le sac et consulter dans la salle d’attente du médecin.
Enfin je termine la séance avec un livre de Valentine Goby, un auteur que j’aime beaucoup et dont j’ai lu quatre livres. Un paquebot dans les arbres, un titre qui intrigue, jusqu’à ce que l’on apprenne que le paquebot est en fait un sanatorium. On est dans les années 40-50 avec un fléau qui s’appelle la tuberculose. Inspiré d’un vrai témoignage, ce récit poignant renoue avec la force des grands romans classiques. L’héroïne, Mathilde, va tenir à bout de bras cette famille dont les parents sont en sanatorium, un personnage d’une résilience hors du commun qui sacrifie sa vie entière au soulagement de la vie des autres. Valentine Goby se penche sur une période post deuxième guerre mondiale que tout le monde ignore, tant l’aura des trente glorieuses semble avoir effacé la misère qui les précédait. Un livre dur, mais qui vaut la peine d’être lu.
Nous vous donnons rendez-vous le mercredi 22 mai pour un café littéraire, précédé de l’Assemblée Générale.
Vous recevrez une invitation avec l’ordre du jour.


samedi 23 mars 2019

Compte-rendu du café littéraire #37

Pour ce 37ème café littéraire, nous avons accueilli quelques nouvelles personnes. Denis rappelle l’intervention d’Yvonne Pétrequin sur son métier de traductrice à la Médiathèque d’Audincourt le jeudi 28 mars à 20 heures. Cette intervention a lieu dans le cadre de la « Semaine des Littératures étrangères », consacrée cette année à la Mer du Nord, et donc aux Pays-Bas, pays natal d’Yvonne. On espère que nos adhérents y seront nombreux.
Denis m’ayant désignée, c’est moi qui vais ouvrir le bal avec deux livres qui rendent hommage aux libraires et aux librairies. Le premier je l’ai acheté car il n’était pas cher et que la couverture était belle, et je l’ai adoré, ça m’a fait un bien fou. Il s’agit de La librairie de la Place aux Herbes, d’Eric de Kermel, sous-titré « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ». Une librairie à Uzès, petite ville du Gard que j’adore, rachetée par une Parisienne amoureuse des livres, et une galerie de clients dont Nathalie nous raconte les parcours de vie. A travers les rayons de la librairie, l’auteur tisse tranquillement ses leçons de bonheur, à partir de l’écologie, de la spiritualité et surtout de l’amour. Le second est intéressant aussi, Lire, vivre et rêver est un livre dans lequel vingt et un écrivains racontent avec passion et humour les livres et les librairies qui ont changé leur vie. "Les livres forment des ponts entre ceux qui les défendent et ceux qui les écrivent. Des ponts ; qu'aucune dynamite ne pourra faire tomber. Des ponts qui lient deux rives différentes, jamais opposées". Deux belles lectures pour les amoureux des livres…
Isabelle nous présente Un si joli visage de Lori Lansen, où l’auteur se glisse dans la peau d’une femme obèse pour nous donner son point de vue. Quand son mari disparaît, elle va partir à sa recherche et finalement elle va se retrouver. Le cheminement est bien fait, c’est plausible, il y a beaucoup d’humanité dans ce livre. Ça donne une autre approche de cette maladie qu’est l’obésité. Isabelle a lu un ou deux livres de Michel Bussi, elle a trouvé ça très sympa, en particulier Ne lâche pas ma main, un livre un peu policier, mais la façon dont c’est raconté fait que l’on tient jusqu’au bout. C’est l’histoire d’un homme en vacances à la Réunion avec sa fille et sa femme qu’on va retrouver morte, et tout l’accable… Comment va-t-il s’en sortir ?
Christiane prend le relais avec Le lambeau de Philippe Lançon, prix Fémina, un livre dans lequel l’auteur, rescapé de l'attentat de Charlie Hebdo, a livré le récit de sa reconstruction. Elle ne l’a pas encore terminé, car c’est écrit tout petit et c’est très long et très dur à lire. Christiane revient donc à un auteur plus gai qu’elle aime beaucoup, Peter Mayle, et son livre Château l’Arnaque. Une histoire un peu policière entre de richissimes Américains et des Marseillais, sur fond de vol de bouteilles de vin très chères. Un livre qui détend… Encore un livre qui se lit facilement Et vous avez eu beau temps ? de Philippe Delerm. A l’instar de La Bruyère et de ses Caractères, Philippe Delerm se livre ici à une critique fine et ironique des « petites phrases », ordinaires et perfides, qui émaillent nos conversations et fonctionnent comme des marqueurs de discours, entre intimité et vie sociale, un livre agréable à lire…
Guy nous rappelle qu’il ne peut pas nous faire passer de livres, car sa vue ne lui permet que la lecture sur liseuse. Il nous parle d’un livre dont on n’a déjà parlé ici-même, Le problème Spinoza d’Irvin Yalom. Il l’a lu trois fois, souhaite en reparler et inciter les personnes qui l’auraient abandonné à le lire jusqu’au bout. Le lecteur est donc invité à suivre en parallèle le parcours de Spinoza, juif excommunié pour avoir osé dire que certains écrits religieux relevaient de l’hypocrisie, et celui de Rosenberg, l'idéologue du parti nazi, viscéralement antisémite et grand inspirateur d'Hitler. Guy l’a lu et relu avec énormément de plaisir et d’intérêt. Il nous présente ensuite un livre d’Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS, qui s’intitule Le blob. Qu’est-ce que le blob ? Une espèce de chose gluante, qui ressemble à un champignon, mais n’en est pas un, qui n’a pas de cerveau, mais qui révèle d'étonnantes capacités et les scientifiques vont de découvertes en découvertes. L’auteur profite de ce livre pour parler des problèmes du CNRS, ouvrage fort intéressant. Enfin Guy termine avec Fake news écrit par Michèle Cotta et Robert Namias. Cet inquiétant roman de politique-fiction révèle comment une habile manipulation peut déstabiliser notre démocratie. Ça fait peur…
Fabienne nous a apporté un roman de Katherine Néville, Le huit, un thriller historique déjà ancien, entièrement bâti autour du jeu d’échecs. C’est comme une enquête, c’est historique, ce sont des énigmes, c’est bien ficelé, captivant jusqu’à la fin. Il s’agit de reconstituer un jeu d’échecs, dont les pièces ont été disséminées à travers le monde...L’originalité de la construction du Huit est sa narration qui se déroule sur deux époques en parallèle: 1790 et 1972/73, en des lieux aussi différents que New-York, le sud de la France, Paris et l’Algérie.
Denis s’est intéressé au Dictionnaire de l’impossible de Didier van Cauwelaert, qui fait partie d’une série de trois livres. Denis nous prend un thème au hasard, la combustion humaine spontanée, le livre nous offre un panorama des phénomènes les plus étonnants. Des faits qui semblent a priori impossibles et sont pourtant explicables. Preuves scientifiques à l'appui. Voyager dans le futur, modifier le passé, communiquer par télépathie avec un chat, un chien, un oiseau, un arbre, c’est impossible, a prioriEt pourtant…C’est le livre du même auteur Les émotions cachées des plantes qui lui a donné envie de lire celui-là.
Catherine qui nous avait déjà présenté Le secret du mari a lu le troisième livre de Liane Moriarty qui s’intitule Un peu, beaucoup, à la folie. Catherine nous déconseille de lire la quatrième de couverture, car elle n’est pas d’accord avec… Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue improvisé entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors pourquoi, deux mois plus tard, les invités en gardent-ils un souvenir épouvantable et ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n'y étions pas allés » ?  Un chapitre sur deux parle de ce barbecue, et les autres chapitres de ce qui a changé dans ces trois familles. Ça se lit facilement, c’est un livre agréable…
Céline a lu le dernier prix Goncourt Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, elle l’a lu cet hiver et comme ça se passe en été, ça l’a réchauffée. Quatre étés, de 1992 à 1998, dans une vallée où les hauts-fourneaux sont à l’arrêt. A travers quelques personnages, dont des adolescents, le portrait d’une France qui change profondément… Les personnages sont de milieux sociaux différents, on retrouve à travers eux la société de cette époque, avec la musique, la Coupe du Monde, Céline y a retrouvé son adolescence avec une région industrielle qui ressemblait à la nôtre. Elle nous le conseille vivement, c’est un livre très social, politique aussi, avec un regard sur la société.
Christine nous présente un livre de Michel Bussi, auteur déjà évoqué ici à plusieurs reprises, Nymphéas noirs. Ça se passe à Giverny, village de Monet, et on apprend des tas de choses sur le peintre, bien que ce soit un roman policier. C’est prenant, très étonnant, tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Depuis sa lecture, Christine n’a qu’une envie, aller à Giverny…

Le prochain café  littéraire se tiendra le Mercredi 10 avril à 20 heures


Bernadette

dimanche 10 février 2019

Compte-rendu du café littéraire #36

Ce petit café littéraire hivernal n’a réuni qu’une dizaine de personnes, mais les échanges furent néanmoins très riches.

Denis signale qu’Yvonne Pétrequin interviendra à la bibliothèque, récemment rouverte, le 28 mars prochain, dans le cadre de la « semaine des littératures étrangères ».

Cédric, qui n’était pas venu depuis longtemps, ouvre la séance en nous présentant un livre d’Eric Vuillard, qui a obtenu le Prix Goncourt 2017, mais pas avec ce titre puisqu’il s’agit de La Guerre des pauvres. 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l’Allemagne. L’insurrection s’étend, gagne rapidement la Suisse et l’Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d’un théologien, un jeune homme, en lutte aux côtés des insurgés. Il s’appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu’elle méritait d’être vécue ; elle mérite donc d’être racontée. C’est très sanglant, mais Cédric a été attiré par le titre, toujours d’actualité hélas, et l’a donc acheté sans connaître l’auteur. Il nous en lit un très court extrait, car il trouve que les mots sont justes. C’est un livre court, comme tous les livres de l’auteur qui prend un sujet très précis et qui traite de l’essentiel. C’est intéressant car cette période n’est pas souvent évoquée et ça se passe pas très loin de chez nous.

Chantal, dont l’un des auteurs préférés est Alain Mabanckou, auteur congolais enseignant en Californie, a lu Les Cigognes sont immortelles. L’histoire se passe au Congo, sur deux jours, lors de l’assassinat du président Ngouabi en 1977. L’auteur a alors 11 ans et c’est son histoire qui est racontée assez naïvement, par la voix d’un jeune garçon prénommé Michel. Sa maman qui l’élève seule se met avec un homme qui a d’autres femmes, le frère de sa maman est assassiné lui aussi et Michel, qui est un garçon bien élevé, devra apprendre à mentir pour sauver sa maman. En même temps il nous parle de l’histoire du Congo et comme le dit si bien Chantal « ce n’est pas piqué des hannetons » ! A cette époque tous les chefs d’état communistes sont venus au Congo, Russes, Chinois et dans le livre il y a même une chanson en hommage à Ceaucescu.

Fabienne nous a apporté un livre un peu ancien, que beaucoup ont lu, Le Parfum de Patrick Süskind. Jean-Baptiste Grenouille est né dans la puanteur : en 1738, à Paris, sous l'étal d'une poissonnerie. Bossu, difforme, il va peu à peu développer un don extraordinaire, unique : il peut tout sentir, analyser la moindre odeur et même détecter une chenille au cœur d'un chou… Au cours de sa vie, il va devoir créer des parfums et pour cela tous les moyens sont bons, mais chut… Fabienne n’en dira pas plus, sinon que c’est écrit comme un conte, un récit atypique. Un classique à relire sans modération…

Denis présente le livre que Catherine avait laissé pour une lecture collective, Terre et cendre d’Atiq Rahimi. Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal luné, une route qui se perd à l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union soviétique… C’est un livre qui se lit très vite, mais qu’il est difficile de raconter. Quand on arrive à la fin, on a les larmes aux yeux car c’est très émouvant. Le personnage du grand-père est formidable. Denis nous parle ensuite du livre Les Emotions cachées des plantes de Didier van Cauwelaert. C’est comparable au livre déjà présenté sur les arbres. Aussi merveilleuses soient-elles, toutes les révélations contenues dans ce livre sont le fruit d'observations et d'expériences scientifiques.

Guy a devant lui un énorme livre qu’il a acheté, mais qu’il ne lira jamais. Tout le monde se demande pourquoi… Parce que c’est écrit tout petit et que sa vue ne lui permet pas de le lire. Et il y en a trois autres comme celui-là dans la saga ! Guy nous parle de l’auteur Jan Guillou, fils d’un Français et d’une Norvégienne. Il précise que ce n’est pas son genre de lecture, il le lit sur sa liseuse, ce qui est plus confortable, mais a apporté le livre car une lectrice a dit lors de la séance précédente qu’elle aimait toucher les livres, donc acte… Les Ingénieurs du bout du monde raconte les tribulations de trois fils de pêcheurs norvégiens lancés dans les grands projets de constructions ferroviaires qui ont précédé la Première Guerre mondiale. Guy a ainsi appris avec effroi que les Belges se sont révélés sanguinaires au Congo, que les Anglais exploitaient des indiens qu’ils ne payaient jamais, car ils mouraient avant la fin du contrat. C’est intéressant, il en est au troisième tome. Le deuxième fatigue et le troisième endort… mais le premier est très bien.

Anne a beaucoup aimé le roman de Violaine Bérot, Tombée des nues. Elle conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, afin de ne pas dévoiler le thème qui, selon elle, n’est pas le plus important, mais de le découvrir au fur et à mesure de la lecture. Quand Anne nous dit qu’il y a plusieurs façons de lire ce livre, Denis et moi-même reconnaissons immédiatement un livre dont nous avons déjà parlé, et qui avait fait l’objet d’une lecture à plusieurs voix aux « Papiers bavards ». Evidemment nous en connaissons le sujet mais nous n’en dirons rien. Sept personnages racontent la même histoire, mais chacun de son point de vue. Soit on peut le lire de façon traditionnelle, de la page 1 jusqu’à la fin, ou alors par personnage, c’est la solution qu’a choisi Anne, mais elle pense qu’elle va le relire de façon linéaire, pour voir si elle a la même perception de l’histoire.

Christiane a apporté le livre de Benoît Camus, Chroniques d’un père au foyer, un auteur local qui, après des études d’ingénieur, désireux de répondre à ses profondes aspirations, décide de se reconvertir en père au foyer qui écrit ou en auteur qui s’occupe de son foyer. Il mesure depuis, et à chaque instant, la chance qu’il a de se consacrer à ceux et à ce qu’il aime. Un statut qui est encore difficilement accepté par notre société. Christiane a trouvé ce livre amusant, car le papa est souvent débordé et c’est un sujet peu traité par la littérature. Elle a également acheté à la vente de la médiathèque, en vue de le donner à ses petites filles, La Petite Fadette de George Sand. Heureusement qu’elle ne leur a pas offert à Noël, car ça n’intéresse plus les enfants d’aujourd’hui. Après l’avoir lu, Christiane a trouvé que le vocabulaire est très particulier, par moment, on ne comprend pas grand-chose, heureusement qu’il y a un lexique à la fin du livre !

Christine nous présente Mélanie m’attend de Pierre Guini. Un livre qu’elle a acheté par solidarité, car elle connaît un peu l’auteur, et dans lequel elle est entrée à petits pas, car elle n’aime pas les récits de guerre. Finalement elle l’a lu assez vite et l’a trouvé intéressant. Le héros est un reporter de guerre, ses reportages lui ont coûté un divorce, la perte de ses amis, et une dépression chronique qu’il tente de soigner comme il peut. La seule personne qui se préoccupe de sa vie s'appelle Mélanie… L’auteur a réussi sur un fond d’histoire d’amour à édulcorer toutes les atrocités auxquelles il est confronté. Christine est contente de l’avoir lu, car ça rappelle qu’en ce moment, il y a beaucoup de gens, civils et militaires, qui sont confrontés à la guerre et qu’on a tendance à l’oublier. Elle connaît l’auteur, car il anime des ateliers d’écriture sur internet, ateliers auxquels elle participe.

Et pour terminer, j’ai lu avec intérêt Tu t’appelais Maria Schneider écrit par Vanessa Schneider la cousine de l’actrice. J’avais 20 ans quand « Le dernier tango à Paris » est sorti et ce film m’avait choqué par la violence de certaines scènes. D’ailleurs Maria ne s’en est jamais remise, sa vie et sa carrière ont été brisées par cette image qui lui collait à la peau. Un livre qu’elles avaient projeté d’écrire à quatre mains, mais Maria étant décédée, Vanessa a décidé de l’écrire seule. Un récit émouvant et terriblement attachant ; avec des mots tendres, sincères, difficiles parfois, pour retracer le parcours de sa cousine aînée, mais aussi celui d'une actrice, au destin tragique.

Lors de la précédente séance, Denis nous avait apporté les Chroniques de François Morel. J’ai donc apporté un livre du même auteur qui s’intitule C’est aujourd’hui que je vous aime. On n’est pas sérieux quand on a douze ans. On tombe amoureux. Furieusement amoureux. L’auteur par pudeur, par plaisir, se nomme « les hommes », alias tous les garçons, alias François Morel. On retrouve tout l’humour dont il sait faire preuve, ça se lit très vite et c’est un régal…

La séance s’est terminée par la dégustation de galettes. Les absents ont toujours tort !

Le prochain café littéraire est fixé au mercredi 6 mars

Bernadette

dimanche 16 décembre 2018

Compte rendu du café littéraire #35

Bienvenue à Isabelle et Sabine, deux nouvelles adhérentes, qui rejoignent pour la première fois notre petite réunion.

Pour commencer la séance, Noëlle nous présente un ami, Christophe Varrault, de la Ludotaverne, qui édite un projet littéraire avec l’aide du financement solidaire de l’association « Les cigales ». Il s’agit d’une série de quatorze ouvrages qui va nous faire découvrir la France à travers ses légendes. Le premier que nous présente Christophe s’arrête aux Ardennes. L’idée est de collecter des légendes à travers le support livre, mais aussi de façon numérique et interactive, pour inciter les gens à faire des randonnées sur des sites légendaires. Muni du livre et d’un smartphone ou d’une tablette, on peut scanner et avoir accès à une vidéo. L’auteur illustrateur Hervé Gourdet part à la découverte des régions de France pour interroger les raconteurs d’histoires, artistes, écrivains ou simples passionnés éclairés afin qu’ils lui livrent les secrets que recèle leur patrimoine imaginaire. Le premier livre s’est déjà vendu à deux-cents exemplaires. On attend avec impatience le deuxième ouvrage, qui sortira en mars-avril et qui concernera la Bourgogne-Franche-Comté. Le but est de sauvegarder tout ce patrimoine légendaire et de préserver l’environnement par le respect des sites concernés.

Edith a choisi un livre d’un de ses auteurs préférés, dont elle nous a déjà beaucoup parlé, Yasmina Khadra, et plus particulièrement son dernier roman Khalil. Dans ce livre, l’auteur décide de revenir sur les terribles attentats de novembre 2015. Dans cette fiction, il imagine que Khalil est le quatrième protagoniste des attentats, dont la ceinture d’explosifs n’a pas explosé dans le métro. Edith aime beaucoup le style, souvent poétique, dur aussi et très réaliste. Par contre, elle n’apprécie pas l’écrivain qu’elle trouve un peu hautain. Pour l’avoir côtoyé à Besançon, je pense que c’est plutôt quelqu’un de timide. Les avis sont partagés…

Isabelle a lu l’un des premiers livres de Delphine de Vigan, No et moi. Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Lou parviendra-t-elle à la sauver ? Isabelle a beaucoup aimé ce livre construit de façon originale, car on a le point de vue des deux personnages. Beaucoup de personnes autour de la table aiment Delphine de Vigan, ce qui donne lieu à de nombreux échanges autour de l’auteur. Elle nous présente également Eldorado de Laurent Gaudé. À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Là encore, à chaque fois on a le point de vue des deux personnages. Ce livre donne un autre regard sur l’immigration, c’est un livre de 2006, mais totalement d’actualité.

Noëlle persiste avec les livres qui finissent bien comme Quelqu’un pour qui trembler de Gilles Legardinier, qui raconte l’histoire d’un homme, humanitaire en Inde, qui revient en France, lorsqu’il apprend qu’il a une fille adulte de 20 ans, dont il ne sait rien. Doit-il lui dire tout de suite qu’il est son père ou l’apprivoiser d’abord ? Toute la question est là. Ça se finit bien, et il y a toujours un chat dans chaque histoire de cet auteur. Du même auteur Et soudain tout change, l’histoire d’une bande d’adolescents, que l’annonce d’une mauvaise nouvelle va venir bousculer… On pleure beaucoup, mais c’est l’aventure de copains qui apprennent la vie à travers une belle histoire d’amitié.

Christophe n’a pas apporté de livre, mais tient néanmoins à nous parler de sa dernière lecture Le triomphe des ténèbres d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Inspirée de faits réels, cette série est une plongée dans les arcanes secrets de la guerre qui révèle la dimension occulte et méconnue du nazisme. C’est une façon de comprendre comment le nazisme a pu fasciner autant d’individus dans cette Allemagne qui était le pays le plus cultivé du monde. Un livre très intéressant que Christophe nous recommande…

Jean-Daniel nous présente 13 à table !, un recueil de quinze nouvelles écrites par de grands auteurs au profit des « Restos du Cœur ». C’est le cinquième qui paraît, celui-ci est sur le thème de la fête, un livre acheté paie quatre repas. Un moyen de se faire plaisir tout en aidant cette belle association. Notre président annonce qu’il en achètera 4 ou 5 exemplaires, qui tourneront et dont nous pourrons débattre dans les prochains mois. Jean-Daniel a lu un livre qui n’est pas récent, puisqu’il date de 1877, il s’agit du Tour de la France par deux enfants. Au lendemain de la guerre de 1870, deux enfants, André et Julien, parcourent la France. Sur les pas de ces deux jeunes Lorrains patriotes, le lecteur découvre la vie des métiers et les nouvelles techniques de la première révolution industrielle. Un témoignage extraordinaire sur une époque, à travers « le livre de lecture » de nombreuses générations de Français. La préface est éloquente, comme le souligne Denis, il s’agissait de préparer les futurs soldats de la guerre de 14. C’est à la fois un manuel de propagande civique et un roman prenant, riche en péripéties. Une version moderne est parue il y a quelque temps, mais sans grand intérêt selon Jean-Daniel.

Denis a choisi la dernière édition des chroniques de François Morel, qui s’intitule Jamais la même chose, chroniques 2015-2017. Plutôt que de nous en parler longuement, Denis choisit de nous lire un morceau d’anthologie « Je ne suis pour rien dans la séparation entre Angelina Jolie et Brad Pitt ». Face aux rumeurs l'impliquant, François Morel ressent aujourd'hui le besoin de s'expliquer afin de protéger sa famille. Humour, humour, quand tu nous tiens ! Un bon livre pour se changer les idées dans cette période de morosité ambiante.

Guy s’est inspiré de l’émission « La grande librairie » pour le choix de deux livres. Tout d’abord Jean-Claude Carrière, pour La vallée du néant. Nous en venons et nous y retournons. Pourtant, nous ne pouvons rien en dire. Le néant – qui n’est ni le rien, ni le vide – reste l’inconnu fondamental, le non-être, sans sensation, sans conscience et sans mémoire. Guy n’a pas encore terminé le livre, mais il y a un chapitre qui pourrait faire l’objet d’un opuscule, ça s’appelle « vieillir ». Vieillir est le seul moyen que nous avons trouvé pour vivre longtemps. Ce n’est pas un livre triste, même s’il parle de la mort. Autre livre présenté La vie est plus belle en musique de Claire-Marie Legay, une pianiste. La musique est partout, pour qui la cherche, l’écoute, la reconnaît. Elle est cette présence vitale qui remplit l’espace et ne demande qu’à être révélée. C’est un peu le routard de la musique, on prend sa tablette et on découvre les œuvres avec elle. D’ailleurs Guy nous fait écouter un morceau sur son smartphone. C’est un livre que l’on déguste, que l’on entend et que l’on écoute.

Christiane nous compte une anecdote. Une de ses amies lui a réclamé à cor et à cri un livre de Guillaume Musso, La fille de Brooklyn, qu’elle lui aurait prêté. Christiane a eu beau affirmer que Musso ne fait pas partie de ses lectures, rien à faire. Elle lui a donc racheté le livre et en a profité pour lire cet énorme pavé. Elle nous lit les premières phrases, et nous confirme qu’elle n’apprécie pas trop. C’est bien écrit, mais ceux qui en ont lu plusieurs pensent que c’est toujours le même schéma. Autre lecture de Christiane, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano. C’est un peu un livre à la Gounelle, une forme assez inédite mi-roman, mi-guide de développement personnel. L’héroïne consulte un routinologue, il ne se fait payer qu’en fonction des résultats obtenus et on peut même avoir l’adresse à la fin du livre.

Catherine nous propose un livre de Nathalie Demoulin, La grande bleue, un livre d’une bisontine, qui est responsable éditoriale aux « Editions du Rouergue ». Ce livre est de 2012, mais peut intéresser les gens de la région, car ça se déroule de 1967 à 1978 en Franche-Comté. Grand écart entre l’histoire du monde et la vie intime des protagonistes, on y évoque tour à tour la guerre d'Algérie, les grèves chez Peugeot ou chez Lip, ou les mouvements de luttes féminines. Catherine a été surprise par l’écriture un peu fouillis, mais on s’y habitue très vite. Elle aussi bisontine, elle avait peu de souvenirs de cette époque, peut-être trop jeune alors… Catherine, comme il avait été demandé, a apporté un livre de moins de cent pages, que l’on pourra faire tourner. Il s’agit de Terre et cendres d’Atiq Rahimi, un livre sur la guerre en Afghanistan. Nous pourrons peut-être en débattre à la fin de l’année quand tout le monde l’aura lu.

Pour terminer, j’ai apporté deux livres qui m’ont marquée, le premier est de Tiffany Tavernier, qui s’avère être la fille de Bertrand Tavernier. Je l’ai rencontrée aux « Livres dans la boucle », à Besançon en septembre. Le livre s’intitule Roissy, tirant derrière elle sa valise, la narratrice de ce roman va d’un terminal à l’autre, engage des conversations, s’invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l’apaise. Arrivée à Roissy sans mémoire ni passé, elle y est devenue une « indécelable » – une sans domicile fixe déguisée en passagère… Pour écrire ce livre, l’auteur a arpenté l’aéroport de Paris pendant des mois, noirci des carnets, pris des photos et réalisé des enregistrements sonores. Un roman dur mais très prenant, où l’espoir subsiste malgré tout. Le second livre n’est pas un livre récent, mais j’avais envie de le lire depuis longtemps, car il a fait polémique. Comme je l’ai trouvé pour 50 centimes à la bourse aux livres du Secours Populaire, c’est chose faite. C’est un livre de Jean-Louis Fournier, auteur que j’adore, et qui s’intitule Où on va Papa. C’est la phrase que lui répète en boucle l’un de ses deux fils handicapés, car il en a deux hélas, lorsqu’ils sont en voiture. Jean-Louis Fournier a l’art de tourner en dérision toutes les épreuves de sa vie. Je comprends que parfois ça puisse choquer, mais personnellement je ressens tout l’amour qu’il y a derrière ses phrases, parfois assassines. Il ose dire tout haut ce que ressentent beaucoup de parents dans son cas.

 Le prochain café littéraire aura lieu le mercredi 15 janvier 2019, à 20h à la Louisiane.

Bernadette

mardi 30 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #34

Tout d’abord bienvenue à Chantal et Catherine Ma…, ferventes lectrices, qui nous rejoignent. Notre président Denis tient à nous faire quelques annonces. Il a appris que le lycée Mandela travaille sur l'exposition Cartooning for peace de Plantu qu’il nous a présenté lors d’une précédente séance. Cette expo sera organisée au lycée. Denis aimerait faire venir à Audincourt l’auteur Maryse Condé, Prix Nobel alternatif de Littérature, qui a beaucoup écrit sur l’esclavage et le colonialisme. Peut-être pourrait-on demander à l’Association des Antillais qui intervient à la « Table des Saveurs », s’ils la connaissent. Enfin le Président propose que notre association achète une douzaine de livres d’une trentaine de pages, pas chers, et que tous les adhérents seraient amenés à lire pour ensuite en débattre. Certains adhérents proposent de donner un livre chacun, pour éviter un achat. Le problème est que le temps que tout le monde les lise, il peut s’écouler des mois, voire plus… On pourrait peut-être se limiter à deux titres, mais que l’on achèterait en 3,4 exemplaires… A suivre !

Noëlle, qui n’a rien trouvé d’intéressant à lire, s’est replongée dans des ouvrages qu’elle avait déjà lus et qu’elle avait beaucoup aimés. Elle apprécie Françoise Bourdin, car ça se termine toujours bien. Elle a relu Patricia Cornwell, ainsi que les aventures de Nicolas Le Floch qui se passent sous Louis XV, elle aime bien car il y a plein de recettes de cuisine. Elle a ressorti Les enfants de la terre, une série romanesque en six volumes de Jean M. Auel, qui met en scène la vie quotidienne des êtres humains durant la Préhistoire, où l’on trouve déjà le problème du racisme.

Jean-Daniel a trouvé dans les boîtes à livres Les Discours de Maurice Thorez en dix volumes, mais il n’a pas eu le courage de les lire. Il a préféré Les Vérités fragiles d’Erik Orsenna. Cet ouvrage mêle des réflexions sur des sujets aussi divers que la fraternité, le travail, l'ailleurs, la mondialisation... auxquelles s'ajoute un dialogue avec Éric Fottorino, consacré notamment à l'un des sujets de prédilection d'Erik Orsenna : les moustiques ! Revenant au fil de l'entretien sur son parcours, ses voyages, ses rencontres, le philosophe nous transmet sa curiosité, son ouverture sur le monde, sa vivacité d'esprit revigorante. Jean-Daniel nous lit un passage sur les moustiques, où l’on apprend que c’est l’animal qui tue le plus de personnes dans le monde.

Guy a lu deux livres déjà présentés ici, La vie secrète des arbres et Un été sans Facebook. Il ne s’étendra donc pas davantage, mais a été épaté par le fait que l’arbre nourrit son petit par les racines et le reconnaît.

Christiane qui nous avait déjà présenté un livre de Peter Mayle, auteur malheureusement décédé en janvier dernier, qui adorait la France, a lu Aventures dans la France gourmande. Dans ce livre, il arpente l'Hexagone, guidé par son seul estomac. Son itinéraire, en effet, ne doit rien au hasard : bons restaurants, bons hôtels et pour finir une cure à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard. C’est distrayant, intéressant… Christiane a eu plus de mal à entrer dans le livre d’Amélie Nothomb, Biographie de la faim. C'est surtout le récit de la faim de l’auteur. La faim de sucre, la faim d'alcool, la faim d'amour, la faim d'eau et la faim de bien d'autres choses. Des faims insatiables qui la conduiront à certaines extrémités. Au début du livre, on apprend qu’au Vanuatu, la faim n’existe pas, on y déborde de nourriture, sans même avoir besoin de cultiver quoi que ce soit.

Céline, qui confirme son succès en tant qu’écrivain, n’en délaisse pas pour autant la lecture. Elle nous présente Mon Autre famille d’Armistead Maupin. Cette "autre famille", c’est celle des homosexuels, qu’il a épousée à San Francisco, au début des années 1970, après avoir divorcé de sa famille biologique et réactionnaire de Caroline du Nord, dont il avait si bien adopté les valeurs qu’il s’était engagé dans la marine et avait servi au Vietnam... Pour ceux qui ont aimé les Chroniques de San Francisco, à lire absolument.

Yvonne, qui ne savait pas quel livre apporter, en a retrouvé un qu’elle a dû lire il y a un certain temps. Il s’agit de Journal d’un corps de Daniel Pennac. L’auteur part à la recherche du corps, de son corps. Des étapes de vie contées dans un vocabulaire réaliste, parfois cru, cash et trash. Et par l’évolution et les transformations de ce corps, de 12 à 87 ans, le narrateur partage avec le lecteur les personnages qui ont marqué sa vie. Il présente ce livre comme la demande d’une amie, mais on se rend vite compte que c’est inventé. C’est à la fois drôle, humoristique et tendre.

Edith a été emballée par le roman Quatre-vingt-dix secondes de Daniel Picouly. Quatre-vingt-dix secondes, c'est le temps qu'a mis la montagne Pelée, un volcan, pour tuer 30.000 personnes à Saint-Pierre de la Martinique, le jeudi 8 mai 1902. Edith a trouvé ce livre formidable, car le narrateur, c’est la montagne. Au début elle ne comprenait pas… Le roman dure de 5h à 7h52, le temps de l’éruption. Il débute de façon sentimentale par un duel dans un jardin pour une jeune fille, quand la terre commence à trembler. Les personnages sont caricaturaux. Beaucoup de suspense, gros coup de cœur d’Edith. C’est ensuite un énorme pavé qu’Edith nous présente, 4321 de Paul Auster, plus de 1 000 pages… Elle pensait ne pas arriver au bout, et pourtant elle s’est laissée prendre par l’histoire… Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant quatre scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. C’est le récit du parcours d’un petit-fils d’ immigré juif aux Etats-Unis, au début du XXe siècle.

Denis V. nous parle d’une BD de Wilfrid Lupano Les vieux fourneaux. C’est une série de 5 BD qui raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps. Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années 50 et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

Chantal nous présente L’Art de perdre d’Alice Zeniter, livre offert par sa belle-fille, non sans arrière-pensée, puisque Chantal est née en Algérie et que ce livre l’a beaucoup touchée. Cette saga familiale, inspirée de l’histoire personnelle de son auteure, relate le destin de trois générations d’une famille harkie, ballottée entre l’Algérie et la France. Une fiction pour réparer les non-dits d'une guerre occultée, qui a valu à l’auteure plusieurs prix littéraires.

Catherine Ma. a beaucoup aimé Les Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Cette fois, c’en est fini de la Grande Guerre, et de l’escroquerie aux Monuments aux morts montée par les poilus Edouard Péricourt et Albert Maillard. Le deuxième tome de cette trilogie s’ouvre par l’enterrement du banquier Marcel Péricourt en grande pompe en février 1927 en présence du chef de l’Etat. Comme Edouard, le fils, s’est suicidé, c’est sa fille Madeleine qui mène le deuil et qui prend la tête de l’empire financier. C’est le début d’un roman de 500 pages sur les années 1920-1930 où Madeleine Péricourt va connaître la ruine, le déclin, le déclassement avant de reconstruire sa vie. Catherine trouve que c’est très bien écrit et que Pierre Lemaître a le sens du dialogue.

Fabienne a fait des affaires à la Foire aux Livres de Belfort, un bon moyen de trouver de la lecture pour un prix raisonnable. Elle a ainsi déniché L’intelligence du cœur d’Isabelle Filliozat, un livre de développement personnel, qui montre comment acquérir plus de confiance en soi, s'affirmer, écouter, comprendre les réactions d'autrui, résoudre les conflits, répondre à l'agressivité, développer son autonomie, afin de faire face à l'affectivité, à l'angoisse, au stress et aux frustrations. Et puis un polar, Sorry de Zoran Drvenkar, un auteur croate qui vit en Allemagne. Avec ce thriller littéraire à la construction exceptionnelle et au style remarquable, l’auteur nous offre une intrigue complexe et captivante, aux rebondissements multiples, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Enfin je termine avec un livre, acheté à l’occasion des « Livres dans la Boucle » à Besançon, en septembre dernier. Je n’avais pas envie d’acheter le dernier livre de Dany Laferrière, docte académicien, et c’est en regardant un ancien numéro de la « Grande Librairie », que j’ai découvert ce roman graphique Autobiographie de Paris avec un chat. Un livre étrange fait de dessins, de textes écrits à la main, l’auteur explique qu’il sait écrire des romans, donc il a voulu faire quelque chose qu’il ne savait pas faire. Et pour le coup c’est réussi…. Autre coup de cœur, le dernier livre d’Olivier Adam, l’un de mes auteurs préférés, La tête sous l’eau, un ouvrage classé livre pour ado, mais que j’ai lu avec plaisir. L’histoire d’une ado qui disparaît, racontée par son frère, témoin d’une famille brisée par ce drame. C'est une plongée dans l'horreur de l'attente, du mystère, de l'incompréhension. Un thème finalement actuel, ancré dans cette société où des affaires de ce genre peuvent arriver à n'importe qui.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mercredi 28 novembre.

Bernadette

dimanche 14 octobre 2018

Compte-rendu du café littéraire #33

Lors de ce café littéraire de rentrée, une quinzaine de lecteurs se sont retrouvés pour partager leurs lectures de vacances.

Edith nous présente Cosme de Guillaume Meurice. Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles. Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d’un homme libre. C’est écrit dans un style haché, parfois un seul mot pour une phrase ou pas de verbe, mais Edith a eu du mal à s’arracher de ce livre très prenant. Elle a également apprécié le livre de Jean-Christophe Rufin, Le Suspendu de Conakry. Aurel, un personnage à la fois ridicule et attachant, est vice-consul de France à Conakry. Mais il est mis au « placard » du consulat depuis des lustres et raillé par tout son entourage. Quand se produit l’assassinat d’un plaisancier français installé au port depuis des mois, Il se mobilise. Sa hiérarchie est absente, il a un peu de temps devant lui pour agir : il n’a de cesse de résoudre l’énigme de cette mort. Un roman policier bien construit, à lire pendant l’été, et même après…

Catherine nous parle d’un livre d’un livre très émouvant, La Tresse de Laetitia Colombani. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Il y a l’Indienne Smita qui est une Intouchable, la Sicilienne Giulia qui travaille dans l’atelier de son père et la Canadienne Sarah, avocate réputée. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Au départ, le livre peut paraître bizarre, mais après quelques pages, on est pris dans l’histoire.

Fabienne a passé un bon moment en lisant Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu. Un médecin qui a perdu le goût de vivre décide de mettre fin à ses jours. Il monte dans un taxi pour régler quelques affaires à l'hôpital et rencontre la conductrice, une vieille dame excentrique, qui possède le don de deviner le moment exact de la mort des gens. Elle lui propose de lui laisser sept jours pour revenir sur sa décision. Il cède à sa proposition. L'ouvrage est paginé à rebours. Avec beaucoup d’humour, l’auteur signe néanmoins une œuvre profonde qui interroge sur le sens de la vie.

Denise dont c’était le premier café littéraire nous a parlé avec enthousiasme du livre de Peter Wohlleben La Vie secrète des arbres. Ce livre avait déjà été évoqué par Jean-Daniel, il y a quelques mois, mais c’est toujours intéressant d’avoir plusieurs avis. Il s’agit d’un plaidoyer pour que l’on observe les arbres, qu’on les respecte, car ils communiquent entre eux, savent se protéger. Denise nous lit les titres des chapitres, par exemple « Rapport de l’arbre et de l’eau ». Elle nous parle des érables que l’on ausculte au stéthoscope pour savoir si c’est le moment de tirer le sirop. On ne verra plus jamais les arbres de la même façon.

Christiane a plusieurs livres à présenter, tout d’abord, le tome 4 de la série « Mentine », de Jo Witek, livres qu’elle destine à ses petites-filles, mais qu’elle lit toujours avant. Seule à New-York raconte le séjour de Mentine, hébergée chez sa correspondante, Joyce. Mais cette dernière la dédaigne et rechigne à lui faire partager ses activités. Mentine découvre que la famille est au bord de la crise et que Joyce cache sa souffrance sous des dehors méprisants. Christiane a lu également Une Année en Provence, installé près de Ménerbes, l'écrivain Peter Mayle en a fait une chronique quotidienne et malicieuse qui a fait le tour du monde et qui connaît en France un succès sans précédent. Enfin, dernier coup de cœur, Venise n’est pas en Italie, d’Yvan Calbérac. L’histoire d’un adolescent né dans une famille inclassable, l’histoire d’un premier amour, miraculeux et fragile. Un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous.

Céline nous parle de son dernier roman La Graine, très différent du premier, livre plutôt politique, mais très romantique. On est en 2022, un parti d’extrême-droite a pris le pouvoir… Espérons que ce ne soit que de la fiction, mais quand on voit ce qui se passe dans d’autres pays, restons vigilants. Le succès semble déjà au rendez-vous pour Céline, notre écrivaine locale.

Denis V, toujours adepte de poésie, nous lit un poème extrait de Magie des fjords, livre norvégien bien évidemment. Il nous présente également un numéro Hors-série du journal « Le Monde » sur George Sand. Lui qui n’aimait pas trop les romans de cette écrivaine a découvert une autre facette de cette femme. Par exemple un extrait de la pièce, publiée en 1839, Gabriel dans laquelle on trouve la phrase « je ne sens pas que mon âme ait un sexe », l’histoire d’une fille élevée comme un garçon. George Sand ne revendique pas le vote des femmes, elle dit d’abréger le Code Napoléon et qu’ensuite elle défendra cette cause.

Nous avons retrouvé avec plaisir Denis F. qui était venu nous rendre visite après de longs mois d’absence. Même s’il est venu sans livre, nous espérons le revoir lors des prochains cafés littéraires.

Christine a lu un roman policier très amusant, plein d’humour, Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas. Une histoire policière atypique, dans ce bled de 150 âmes oublié d'internet où même le téléphone mobile ne passe pas, Agatha Crispies se demande comment réintégrer un jour le NYPD avec de tels états de service lorsqu'un homme est retrouvé mort dans sa baignoire percé de 150 trous d'aiguilles à tricoter. L'occasion rêvée pour Agatha de mettre en pratique les techniques d'enquête que son défunt père lui a enseignées. Sachez tout de même que, cette fois, Romain Puértolas s'est permis une fin totalement immorale.

Cet été, Guy a passé 12 jours à surveiller son expo face à Nausicaa à Boulogne-sur-Mer. 10 000 entrées par jour à Nausicaa, 5 pour son expo, ce qui lui a laissé le temps de lire, il faut voir le bon côté des choses. Il s’est donc plongé dans l’œuvre de Fred Vargas, qui a une façon bizarre d’écrire ses « rom-pol » comme elle appelle ses romans policiers. On y découvre un commissaire Adamsberg, un peu abruti, on lui dit qu’il est pelleteur de nuages. L’Homme aux cercles bleus a séduit Guy, "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Mais Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus….

Anne-Marie, qui aime l’Histoire, a été attirée sur les rayons de la bibliothèque, par un livre qui s’intitule La Fabuleuse imposture du comte de Belfort de Thierry Desjardins. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de rapport avec la ville de Belfort. 1848-1902. Alors que la France est en pleine métamorphose, le mystérieux marquis de Belfort côtoie à la cour de Napoléon III les personnalités les plus prestigieuses : Haussmann, Gambetta, les Rothschild, Mérimée, etc., et prétend avoir perdu ses actes de noblesse lors de la Révolution. Qui est-il ? Quel est son but ? L'histoire vraie et incroyable d'une magnifique imposture. Anne-Marie a beaucoup aimé ce roman.

Yvonne a lu ou plutôt écouté pour la première fois un livre audio, et elle a trouvé que c’était plutôt agréable, à condition de bien choisir la voix. Cela fait débat, certains pensent que ça bien être bien en voiture, mais n’est-ce pas dangereux si l’on est trop absorbé par l’histoire. D’autres ne le feront jamais, car on n’a plus le plaisir de tourner les pages, le débat reste ouvert. Il s’agit de Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig. C’est bien écrit, à la fois joyeux et triste. Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ? Un livre qui fait du bien.

Je terminerai par un livre que j’ai mis plusieurs mois à lire, Falaise des fous de Patrick Grainville. Au terme de sa vie, un homme raconte son siècle dans un long récit rétrospectif qui court de la naissance de l’impressionnisme aux rivages des années 1930. Une multitude de personnages de ces années fastueuses traversent ce prodigieux roman, touffu, exubérant, limpide et sublime. On y croise des peintres, Manet, Pissarro, Vallotton, Boudin, le « Raphaël des ciels », que l’auteur place très haut dans son firmament artistique, Picasso à ses débuts ; des écrivains, Zola, Victor Hugo, le jeune Marcel Proust dans les salons, Barrès et ses errements, Léon Daudet en sa bassesse ; des hommes politiques, Clemenceau, homme d’État inflexible et intime de Monet. C’est un livre à savourer lentement, car il y a beaucoup de descriptions, on prend sa tablette pour chercher le tableau dont il parle, ça prend du temps. Mais c’est un livre fabuleux pour qui aime l’art et l’histoire.

Le prochain café littéraire aura lieu le Mardi 16 octobre à 20 h

Bernadette