dimanche 30 mars 2025

Café littéraire # 70

Pour ce 70ème Café littéraire, nous étions une douzaine de lecteurs et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé Edith après une absence de plusieurs années. 

Justement c’est Edith qui va ouvrir la soirée en nous présentant deux livres. Le premier est un énorme coup de cœur, le plus beau livre qu’elle ait jamais lu, ce sont ses propres paroles pour définir Houris de Kamel Daoud, prix Goncourt 2024. L’auteur revient sur la décennie noire (1992-2002) en Algérie et conte l'histoire d'une jeune femme rescapée d'un massacre perpétré par les islamistes dans un hameau de montagne. Égorgée à 5 ans, Aube a survécu, mais elle est restée muette et une cicatrice, en forme de sourire tragique, barre sa gorge. En proie à une profonde colère, elle adresse un long monologue intérieur à l'enfant qu'elle attend, elle se demande pourquoi mettre au monde une fille dans un pays aussi violent pour les femmes. Un livre très émouvant, qui tire les larmes, et qui est merveilleusement bien écrit. Malheureusement, l’auteur a un procès sur le dos, car il aurait raconté l’histoire d’une femme sans son autorisation. Edith en a des frissons en nous en parlant. Le second livre, De nos blessures un royaume de Gaëlle Josse, écrivaine déjà évoquée ici, est un roman d’une infinie délicatesse, une plongée dans la douleur du deuil et dans l’exploration de soi. Le livre suit les pas d’une danseuse lancée sur les traces de son défunt compagnon. Agnès laisse sa troupe de danse pour entreprendre un long et lent voyage qui la mènera de Paris à Zagreb, en passant par l’Italie. Ce périple, qui tient aussi du pèlerinage, va la mener jusqu’à un musée improbable où elle vient déposer un livre. Un récit lumineux malgré la tristesse des propos entre nostalgie et espoir. 

Françoise a beaucoup travaillé pour les ateliers d’écriture, donc elle n’a pas eu le temps de lire. Elle a juste apporté une revue nommée « Eternel », consacrée à Aznavour et offert par sa fille. C’est le numéro 9, si on aime Aznavour, il faut la lire. Chaque magazine retrace l’histoire d’une célébrité, et est conçu comme un véritable livre biographique, enrichi d’anecdotes et de photos. 

Jeanine a apporté deux romans, tout d’abord La maison de Nicolas Jaillet, trois nouvelles, dont l’une un peu plus longue. Le jour de son mariage, Martine se fait une promesse. Elle la tiendra, à l'insu de tous ceux qui l'entourent et au risque de se perdre. Inspiré d'une expérience vécue, "La Maison" raconte la tentative la plus audacieuse jamais tentée dans le domaine de l'évasion domestique. L’écriture est très belle, efficace, car c’est court, un livre étonnant, qui a scotché Jeanine. Dans la maison de mon père de Joseph O’Connor, un auteur irlandais, se passe au Vatican durant la deuxième guerre mondiale. En fait le père c’est le pape, et le livre est inspiré de l’histoire vraie de Hugh O’Flaherty, le prêtre irlandais rattaché au Vatican, qui a défié les nazis et sauvé plus de 6 000 juifs et soldats alliés, de l’enfer de Rome en 1943, un thriller littéraire de premier ordre. Jeanine l’a adoré pour la façon dont il est construit en assemblant ces morceaux de témoignages, pour son suspense et pour la description de la ville de Rome.

Passons à Rosemay, qui après avoir enfin fini la saga des « sept sœurs », a lu l’avant-dernier roman de Guillaume Musso, Angélique. Mathias est hospitalisé suite à une alerte cardiaque lorsqu'il reçoit la visite d'une jeune fille qui lui demande de reprendre l'enquête sur la mort de sa mère dont elle doute qu'elle se soit suicidée. Entre secrets et mensonges, ils se lancent tous deux dans une quête de la vérité. Un bon polar qui se lit d'une traite, de temps en temps ça fait du bien. 

Catherine s’est également plongée dans la saga des « sept sœurs », mais elle a néanmoins d’autres livres à nous présenter. La dernière fois, Martine nous avait parlé de Tata de Valérie Perrin, Catherine l’a donc lu aussi et l’a trouvé super. On est pris dans l’histoire, contrairement au dernier livre de Mélissa de Costa, dans lequel elle a du mal d’entrer… On en profite pour parler de l’adaptation en téléfilm de « Tout le bleu du ciel » dont on a beaucoup parlé ici et les avis sont partagés, beaucoup ont été déçues. Catherine a aussi apporté La charmante librairie des jours heureux de Jenny Colgan, que j’avais présenté il y a quelques années. L’auteure nous plonge dans l'univers de Nina, une bibliothécaire passionnée de livres qui voit sa vie bouleversée lorsque la municipalité décide de déplacer son service dans une grande médiathèque impersonnelle. Déterminée à préserver le contact humain et la magie des livres, Nina décide de créer sa propre librairie itinérante dans les Highlands écossais. Cette décision va non seulement lui permettre de découvrir une communauté chaleureuse, mais aussi de se redécouvrir et de trouver un nouveau sens à sa vie. Un livre positif, agréable à lire, qui fait du bien. 

Quant à Régine, elle souhaite nous parler d’un livre de Serge Joncourt qui s’intitule Chaleur humaine. Fuyant le confinement urbain, Vanessa, Caroline et Agathe se réfugient aux Bertranges, une ferme du Lot entre collines et rivière, où leurs parents vivent toujours. Les trois sœurs y retrouvent Alexandre, ce frère si rassurant avec qui elles sont pourtant en froid depuis quinze ans, ainsi que des animaux qui vont resserrer les liens du clan. Du dérèglement climatique aux règlements de compte, des épidémies aux amours retrouvées, la nature reprend ses droits. Ces hommes et ces femmes vont vivre un huis clos d'une rare intensité. C’est facile à lire, émouvant avec des personnages attachants, et beaucoup d’humanité. 

Gérard a lu Passé imparfait de Julian Fellowes, le scénariste de Downton abbay, ce roman nous trace un portrait au vitriol de la bonne société britannique des années 1960. L’histoire est basée sur la réception d’une lettre d’un vieil ami : Damian Baxter. Celui-ci est en fin de vie et souhaite retrouver la mère de son enfant, qu’il aurait eu quand il était jeune et qu’il fréquentait le narrateur. Le problème est que le narrateur, dont on ignore le nom, et Damian Baxter ne se parle plus depuis près de 20 ans. Ils sont en froid depuis leurs vacances communes au Portugal. Que s’est-il passé ? Damian Baxter donne une liste de cinq filles avec qui il a une relation. le narrateur va donc reprendre contact avec ces filles. Retrouvera-t-il la mère de l’enfant ? Un roman très prenant que Gérard a lu avec plaisir. Il avait prévu de nous parler d’un autre livre, mais il va laisser d'abord Martine en parler. 

En effet, Martine souhaitait aussi nous présenter Ce que je sais de toi d’Eric Chacour, un premier roman réussi, qui a obtenu des Prix littéraires. Dans le Caire des années 1980, Tarek est un jeune homme à l’avenir tout tracé. Après avoir repris le cabinet médical de son père, il s’apprête à épouser Mira, son amour de jeunesse. Mais, en ouvrant un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam, Tarek fait la connaissance d’Ali. Cette rencontre inattendue ne tarde pas à ébranler ses certitudes… De l’Égypte au Canada, ce roman, fait de dévoilements successifs, nous entraîne à la suite d’un homme en quête d’une vérité aussi brûlante que libératrice. L'auteur capte ses lecteurs du début jusqu'au final, c’est bien maîtrisé, tout en retenue et subtilité. Il a mis une dizaine d’années à l’écrire, ce financier québécois pense se consacrer désormais à l’écriture, une belle découverte ! 

Fabienne nous parle également d’un premier livre de Delphine Giraud écrit en 2018, Six ans à t’attendre. Elle en a écrit cinq autres depuis. Rachel et Vincent s'aiment depuis leur adolescence d'un amour passionnel et indéfectible. L'avenir leur semble tout tracé jusqu'au jour où, l'avant-veille de leur mariage, Vincent disparaît. On retrouve sa moto accidentée sur le bord de la route, mais pas de corps. Six ans plus tard, Rachel s'est reconstruite. Elle sort d'un rendez-vous de travail quand, au détour d'une rue, elle l'aperçoit. Persuadée que l'homme de sa vie est bien vivant, Rachel se lance à sa recherche. Avec une unique question obsédante : se pourrait-il que toutes ces années de deuil l'aient été pour rien ? En somme un bon roman qui tient en haleine jusqu’au bout. 

Isabelle a lu La petite menteuse de Pascale Robert-Diard, un premier roman superbe, d’une grande finesse et d’une justesse dans l’évolution des sentiments et dans l’engrenage de cette affaire judiciaire. Nous sommes dans une petite ville de province. Alice Keridreux, la cinquantaine, avocate pénaliste, sort d’un procès d’ Assises.Dans son cabinet une jeune femme l’attend. Elle veut être défendue par une femme. Lors de son prochain procès en appel. C’est Lisa Charvet, 20 ans, qui doit se retrouver face à l’homme qui l’a violée il y a 5 ans. Alice dissèque le dossier. Un coup de tonnerre se produit : Lise avoue avoir menti il y a 5 ans en accusant Marco Lange, un ouvrier plâtrier, coupable idéal, à l’alcool mauvais et au casier judiciaire chargé. L’avocate reprend point par point toutes les causes ayant entraîné ce qui est peut-être une erreur judiciaire. Pourquoi Liza a-t-elle menti ? Quelles souffrances à la maison et au collège l’ont entraînée dans ce mensonge et cet engrenage judiciaire ? L’auteure aborde un sujet intéressant, à contre- courant de l’époque MeToo, elle démontre le fonctionnement de la justice avec ses dérives, parfois l’oubli de ses grands principes, influencée par les débats de société, les réseaux sociaux. La vérité n’est pas toujours celle que l’on imagine. Et revenons à Gaëlle Josse avec le roman Ce matin-là, un matin, tout lâche pour Clara, jeune femme compétente, efficace, investie dans la société de crédit qui l'emploie. Elle ne retournera pas travailler. Amis, amours, famille, collègues, tout se délite. Des semaines, des mois de solitude, de vide, s'ouvrent devant elle. Pour relancer le cours de sa vie, il lui faudra des ruptures, de l'amitié, et aussi remonter à la source vive de l'enfance. Une histoire qui interroge chacun de nous sur nos choix, nos désirs, et sur la façon dont il nous faut parfois réinventer nos vies pour pouvoir continuer. Vraiment très bien ! 

Et bien je terminerai en évoquant Aquarium de David Vann, présenté il y a quelques semaines par Chantal et lu également par Jeanine, un livre sombre, mais qui vaut la peine d’être lu. J’ai apporté deux livres autobiographiques que je n’ai pas pu dissocier. Par hasard je les ai lus à la suite et ils ont beaucoup de points communs. Le premier est une cri d’amour pour un père, Alors c’est bien de Clémentine Mélois est un vrai coup de cœur. Ce père qui était sculpteur, est un original, malheureusement il a un cancer du poumon il se sait condamné, et toute la famille va préparer avec lui sa mort et ses obsèques. Ce qui devrait être triste devient joyeux, il y a beaucoup d’humour, et c’est aussi la chronique d’une famille où l’amour règne en maître. C’est vraiment très beau, ça dédramatise la mort, je l’ai dévoré ! Le second, Ann d’Angleterre de Julia Deck, a obtenu le Prix Médicis. Je ne dirai pas que c’est une ode à sa mère, car leurs relations n’ont pas toujours été simples. Mais quand elle la retrouve inanimée depuis la veille dans la salle de bain, victime d’un AVC, elle va lui consacrer tout son temps. Il y a déjà les séjours à l’hôpital avec tous les défauts de soins liés au manque du personnel, puis la recherche d’une maison de retraite à Paris, ce qui n’est pas simple et très coûteux, et toute la paperasserie qui en découle. Un chapitre sur deux est consacré à la vie de sa mère, née en Angleterre, et qui n’a pas été un long fleuve tranquille. Ce livre pose des problématiques très actuelles, auxquelles nous avons pu être, ou serons confrontés aussi un jour ou l'autre. Très beau livre...

Bernadette 

 Le prochain Café littéraire se tiendra le Mardi 6 mai à 19h à la Louisiane

vendredi 21 février 2025

Café littéraire # 69

Pour ce 69ème Café littéraire, nous avons le plaisir d’accueillir trois représentants de la bibliothèque d’Audincourt, Diane, Morgiane et Pascal venus nous parler d’une possible collaboration avec nous, et d’événements à venir. 

Suite à la rencontre entre Jeanine et les bibliothécaires, l’idée est venue que nos lectures profitent aussi aux lecteurs de la bibliothèque. Jeanine a donc préparé des petites fiches cartonnées, avec pour en-tête « Les amis des livres ». Nous pourrions écrire cinq mots que nous a inspirés le livre, ou quelques phrases, au choix. Au dos de la fiche, l’auteur et le titre pour qu’elle puisse être glissée dans le bon livre. On peut mettre son prénom ou pas. C’est tout à fait libre, il n’y a pas d’obligation. Jeanine se chargera de collecter les fiches. Il y a d’autres projets, mais pour l’instant, on va déjà tester ça. Il pourrait aussi y avoir une petite affiche à la bibliothèque annonçant les lieux et dates des Cafés littéraires. Pascal en profite pour nous parler de la quinzaine des « Littératures étrangères » qui se déroulera du 1er au 17 avril, et qui est consacrée au Portugal avec trois auteurs invités. Il y aura des rencontres avec les auteurs, des ateliers culinaires avec le lycée Mandela, une conférence sur la « Révolution des œillets » le 10 avril, organisée par l’Atelier, deux soirées festives au « 5 », nouveau tiers-lieu associatif, et bien d’autres animations. Le programme sera transmis prochainement.

Isabelle fait une parenthèse, suite aux précédents Cafés littéraires, elle a lu La nuit des pères de Gaëlle Josse, un superbe livre, merci à Régine qui nous en a parlé, et Roman fleuve, de Philibert Humm,  dont j’ai parlé à plusieurs reprises et avec lequel elle a passé un très bon moment de détente. Elle enchaîne avec un roman de Marie Vareille, Ainsi gèlent les bulles de savon, dans lequel nous suivons le destin de trois femmes. De Paris aux volcans ensoleillés d’Indonésie en passant par un petit campus américain à la frontière canadienne, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés se dessinent. Quel secret les unit ? Quelle est leur véritable histoire ? Ça évoque des sujets comme la perversion narcissique, l’ambivalence de la maternité, la dépression post-partum, les relations parents-enfants et l’amitié. Ça se finit bien, car c’est Marie Vareille, cependant ce n’est pas mièvre. Isabelle qui n’avait pas vu le film L’amour ouf, a lu le roman éponyme de Neville Thomson. Elle a beaucoup aimé, c’est une histoire d'amour entre deux adolescents sur fond de chronique sociale, au réalisme cru, tantôt triste tantôt violente. C’est plutôt bien écrit, on n’entre pas dans le pathos, mais contrairement au précédent, ça se termine mal.

Catherine nous présente un premier roman, Les lettres d'Elise, écrit par Charlotte Plumel, une amie de sa fille, qui adore lire, aime écrire depuis toujours, et qui s’est lancée dans la rédaction d’un roman. N’ayant pas trouvé d’éditeur, elle s’est auto-éditée, grâce à une cagnotte sur internet, et les personnes ayant participé ont reçu le livre gratuitement. Catherine l’a trouvé bien, même s’il y a quelques imperfections dans certaines phrases, ce qui arrive lorsqu’il n’y a pas de correcteur. Blessée et meurtrie lors d'un reportage de guerre en Afghanistan, Elise part se réfugier auprès des siens dans son village natal. Après la découverte de lettres de son arrière-grand-père écrites dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, elle décide de plonger dans le passé familial. Accompagnée de deux nouvelles amies inattendues, Elise découvre des secrets enfouis et des récits bouleversants, révélant les liens profonds qui unissent sa destinée à celle de son entourage. Entre reconstruction personnelle et exploration historique, ce trio étonnant traverse une quête émotionnelle qui le transforme et le rapproche. Les ombres du passé permettront-elles à Elise de retrouver un sens à sa vie et le goût du bonheur ? Une histoire prenante et originale.

Pascal souhaite nous parler de son coup de cœur de l’an dernier, Les voleurs d’innocences de Sarai Walker, si l’on aime les romans gothiques et les sagas familiales, alors il nous le conseille. Dans les années 50 en Nouvelle-Angleterre, six sœurs aux prénoms de fleurs grandissent dans une maison victorienne qui ressemble à un énorme gâteau de mariage. Les filles rêvent toutes de s’échapper de cette maison oppressante avec une mère « hantée » qui voit des fantômes dans la maison et un père absent, démissionnaire. Seul le mariage leur permettra de quitter le foyer et commencer leurs vies, mais une malédiction plane sur la famille, si elles se marient, elles meurent. Seule la dernière, restée célibataire, va y échapper et devenir la narratrice de l’histoire. Un roman captivant, résolument américain et féministe avec de nombreux rebondissements, qu’on ne peut pas lâcher ! Pascal veut nous présenter deux livres autobiographique d’Isabela Figueiredo qui sera présente à Audincourt dans quelques semaines. Dans le premier, Carnet de mémoires coloniales, elle revient sur son enfance en exil au Mozambique. Elle y dépeint sa relation aux adultes, à ses parents, à son père. Un livre sur le colonialisme, où elle décrit des mécanismes de domination toujours éminemment violents. Dans le second, La grosse, lorsque le roman débute, Maria Luisa vient de subir une gastrectomie. Elle a perdu quarante kilos, "un second corps". Mais après une vie à être grosse, à se sentir grosse, à subir les brimades, même si son corps a changé, elle sera "toujours une grosse". A travers ce livre, on a aussi l’histoire du Portugal des années 60 jusqu’à aujourd’hui. L’écriture est très belle et très sensuelle. A lire avant la rencontre avec l’auteur. 

Martine a lu Tata de Valérie Perrin, Tata, c’est l’histoire de Colette, la tante d’Agnès, une femme qu’elle n’a d’ailleurs jamais appelée Tata ! Sœur de son père. Colette est une femme ordinaire. Cordonnière de métier, dans un petit village, Gueugnon, en Bourgogne. Tout le village la connaît, Colette Septembre !  Colette est morte deux fois ! La première fois en 2007 et la seconde fois en 2010 ! Sa nièce, Agnès, n’y comprend plus rien ! Agnès a toujours été proche de sa tante. Une chose est sûre : elle l’a enterrée en 2007 et ne l’a ensuite plus jamais revue. Normal puisqu’elle était morte ! Il est évident que ce n’est pas pensable cette histoire de « remourir » ! Agnès va mener son enquête tout au long des 634 pages. Et quand le lecteur arrive à la fin de l’histoire, il n’a qu’une envie, c’est que cela ne s’arrête pas ! Il y a beaucoup de personnages, mais on arrive à s’y retrouver. Colette vivait seule, mais en réalité beaucoup de personnes gravitaient autour d’elle. Martine n’a pas retrouvé l’écriture poétique de Changer l’eau des fleurs, mais c’est un autre style tout aussi prenant. Le seul bémol serait que l’auteur a voulu traiter trop de problématiques dans un seul livre. 

Diane a apporté deux livres, le premier est une BD qui a la particularité de ne pas comporté d’écriture, on a seulement les images pour comprendre l’histoire, ce qui demande beaucoup d’attention. Un océan d’amour du duo Lupano-Panaccione nous conte l’histoire d’un couple de Bretons. Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Un message écologique accompagne cette histoire d'amour ou se mêlent prouesses graphiques et narratives pour mettre en scène plus de 200 pages muettes. Le second Beyrouth sur Seine de Sabyl Ghoussoub que Gilles nous avait présenté en 2023, a beaucoup touché Diane, qui a des origines libanaises du côté paternel. Un roman d’histoire orale dans lequel il va interroger ses parents, et c’est à travers leurs réponses, plus ou moins contraintes, qu’il raconte la guerre du Liban, mais il avoue ne pas tout comprendre, tant c’est confus. 

Moi qui ai toujours envie de présenter quatre ou cinq livres, je n’ai rien lu d’exceptionnel ces derniers temps et j’ai toujours du mal à parler de livres que j’ai lus depuis longtemps, sans m’y être replongée. J’ai choisi Le livre 2 mes envies, de Grégoire Delacourt, un auteur que j’aime beaucoup. Je n’ai pas lu le premier, juste vu le film. Mais j’avais envie de lire celui-là, qui est la suite. Pour résumer le premier, Jocelyne, mercière à Arras, fait une liste de ses envies, mais le jour où elle gagne 18 millions d’euros au loto, elle prend peur, le cache à ses proches. Quand son mari le découvre, il prend l’argent et la fuite. Dans le second livre, on apprend qu’il est revenu, qu’il n’a dépensé que 3 millions d’euros, mais elle ne veut pas le reprendre. Il va décéder quelque temps après. Et Jocelyne se demande ce qu’elle va faire des 15 millions restants, tant ces millions lui brûlent les doigts, la perturbent, lui gâchent la vie. D’ailleurs, pour essayer de s’en sortir, elle participe au groupe de parole des gagnants anonymes. Elle veut faire le bonheur des autres, mais ce n’est pas forcément facile… Une lecture agréable, pas forcément sérieuse, ni réaliste, mais on passe un bon moment et on se demande forcément si l’argent fait vraiment le bonheur. 

Thérèse a pris son téléphone, car ses livres sont dans sa liseuse. Elle dit que ça lui permet de lire beaucoup de livres, nous aussi on en lit beaucoup, ça prend juste un peu plus de place ! Elle souhaite donc nous parler de La librairie Morisaki de Satochi Yagisawa, un roman pour les amoureux des livres. Takako a le coeur brisé lorsque Hideaki, l'homme qu'elle aime, lui annonce ses fiançailles. Dévastée, la jeune femme ne supporte plus de le croiser au travail et démissionne. Takako a bien du mal à remonter la pente... jusqu'au jour où elle reçoit un coup de téléphone de son oncle Satoru, qu'elle n'a pas revu depuis de nombreuses années.  L'homme, un peu excentrique, est à la tête d'une vieille librairie d'occasion, implantée à Jinbôchô, le quartier des bouquinistes à Tokyo. Il lui propose de venir l'aider, et même de s'installer au premier étage de la boutique. Voyant enfin l'avenir lui sourire, Takako accepte et découvre parmi tous ces livres un nouveau langage qui lui était jusque-là inconnu... Un roman tout en douceur qui aborde plusieurs sujets comme la maladie, la rupture amoureuse, l'amitié, le lien familial et surtout l'amour des livres. 

Armelle a lu Il nous restera ça de Virginie Grimaldi, l'histoire d'une colocation improbable entre trois personnages abîmés par la vie. À 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise. Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent. À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur. Rien ne les destinait à se rencontrer. Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. Ce roman qui aborde la précarité, l'isolement, la vieillesse ou encore la perte d'un être cher, est très agréable à lire. 

Françoise, à la demande de Jeanine qui ne s’en souvient pas, a apporté un livre de photos. L’occasion de parler de l’association « Mode ouverture » créée par Erick Peugeot, et du Ph’arts où se déroule tous les mois de belles expositions. Il y a une quinzaine d’année, Erick a débuté une série intitulée Au plus près des mots, qui regroupe à présent 85 tableaux mêlant poésie et photographie, autour de l’univers du livre et de l’écriture. Cette série a été exposée dans de nombreux lieux, et a fait l’objet du livre que Françoise nous présente aujourd’hui. Les textes sont de Jean-Claude Vrinat, un très bel ouvrage… tiré en quelques exemplaires seulement, donc précieux pour Françoise. 

Nous terminons avec Jeanine qui a reçu en cadeau L’arbre nu, premier roman de la grande écrivaine coréenne Pak Wan-seo publié en 1970. Cette œuvre autobiographique dépeint l'émancipation progressive d'une jeune femme qui tente de survivre dans un Séoul en guerre. Entre souvenirs et aspirations à l’amour, elle se débat pour échapper au chagrin de sa mère et à la menace qui pèse sur la ville. Sa rencontre avec un peintre sera peut-être l’arbre auquel s’accrocher pour ne pas tomber. Jeanine a déjà lu des livres japonais, et là c’est très différent, elle a eu un peu de mal à y entrer car c’est très lent, la lenteur asiatique, et là elle traîne car elle n’a pas envie de le terminer, elle est bien dedans, même si c’est très dur. Jeanine veut aussi nous parler du livre Le roitelet de Jean-François Beauchemin, auteur qu’elle ne connaissait pas. Un homme vit à la campagne avec sa femme Livia, son chien Pablo et le chat Lennon. Depuis l’enfance, il partage aussi son quotidien et ses questionnements, sensibles et profonds, avec son frère cadet, schizophrène. Ici se révèlent, avec une indicible pudeur, les moments rares d’une relation unique, teintée tout autant d’inquiétude que d’émerveillement au monde. C’est un livre simple, mais bouleversant, où le mot « amour » occupe une grande place, et où règne le calme et la sérénité. Très belle écriture pour ce roman que Jeanine a adoré. 

Nous terminons la soirée autour d’une boisson et de la brioche russe apportée par Jeanine. 

Bernadette 

 Le prochain Café littéraire aura lieu le Mercredi 26 mars à 19h

dimanche 12 janvier 2025

Café littéraire # 68

Reprise en douceur après les fêtes pour ce 68ème Café littéraire avec 11 personnes présentes, et sur la table des « bredele » confectionnés par Régine. 

Rosemay est toujours plongée dans la saga « Les sept sœurs » qu‘elle nous a présentée la dernière fois, elle est venue en auditrice. 

Martine nous a apporté un livre de Camille de Peretti intitulé L’inconnue du portrait. L’auteur est partie d’une histoire vraie pour construire un roman où tout s’emboîte petit à petit. Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt « Portrait d’une dame » est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, puis volé en 1997, avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie. Un grand mystère qui va titiller l’imagination de l’auteur. Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants. L’autrice nous fait voyager dans le temps et l’espace avec légèreté à travers une fresque magistrale où se mêlent secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants. Martine ne s’est pas ennuyée une seconde, un roman qui tient en haleine jusqu’à la fin.

Gérard nous présente une trilogie Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier, une série de romans policiers historiques. Ça se passe au moment de la restauration, c’est très bien documenté, on est en1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente. Le jeune inspecteur Valentin Verne est muté à la brigade de Sûreté, fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime. Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour l’irrationnel, Valentin sait en décrypter les codes. Nommé à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences. Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le surnom du Vicaire ? Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ? Un style simple et efficace, qui se lit facilement, Gérard a apprécié et attend que le tome 4 (qui ne devait pas être prévu à la base) sorte en poche pour l’acheter. 

Poursuivons avec Régine qui a lu un roman court et dense, La nuit des pères de Gaëlle Josse, une histoire familiale compliquée. Appelée par son frère Olivier, Isabelle rejoint le village des Alpes où ils sont nés. La santé de leur père décline, il entre dans les brumes de l’oubli. Après de longues années de séparation, il s’agit peut-être de l’ultime possibilité de comprendre qui était cet homme destructeur, si difficile à aimer, et qui n’aura cessé de se dérober aux siens pour partir obstinément arpenter la montagne. Sur une poignée de jours, l’histoire familiale se noue et se dénoue. Quel drame s’est-il joué autrefois pour faire planer sur eux trois l’ombre des silences jamais percés ? À travers leurs voix qui se succèdent affleurent l’ambivalence des sentiments filiaux et les violences invisibles, ces déchirures qui poursuivent un homme jusqu’à son crépuscule. Une belle écriture et une histoire passionnante, où l’amour circule malgré tout. Régine nous le recommande. 

Christine nous propose Leçons de chimie : la brillante destinée d’Elisabeth Zott, de Bonnie Garner, une autrice américaine. Brillante ? Elizabeth Zott l’est. En tout. Mais dans l’Amérique patriarcale des années 1960, rares sont les hommes qui s’en aperçoivent. À l’Institut de chimie où elle travaille, les remarques sexistes fusent à son passage. Quand on ne lui vole pas ses recherches, tous la renvoient à cette cuisine dont elle n’aurait jamais dû sortir… Alors elle y reviendra. D’une manière tout à fait inattendue : elle devient la vedette de télévision d’une émission culinaire très populaire. Son anticonformisme étonne, détonne, secoue les ménagères… Reste à trouver la délicate alchimie du bonheur… Un très bon moment de lecture, avec de l'humour et de la révolte, de la tendresse et de la compréhension ! 

Fabienne souhaite nous parler d’un livre de Maylis de Kerangal, Jour de ressac, dans lequel l’autrice nous embarque dans une enquête policière qui explore aussi le passé de sa ville, Le Havre, et c’est la première fois qu’elle écrit à la première personne. La narratrice, qui fait des doublages pour le cinéma, reçoit un jour l’appel d’un policier. On a trouvé le corps d’un homme, près de la digue nord du Havre. Dans sa poche, un ticket de cinéma avec son numéro de téléphone. Elle, qui n’est pas retournée dans la ville portuaire depuis ses 20 ans, revient sur ses traces. Elle se laisse emporter par la vague de ses souvenirs, en particulier celui de Craven, son premier amour parti sans laisser d’adresse. Avec les récits du passé, ceux d’aujourd’hui, des témoins, des policiers, des gens du port, se tisse une histoire ancienne et nouvelle. Maylis de Kerangal nous dévoile les ressorts de la naissance d’un roman. C’est très bien écrit, Fabienne a apprécié ce roman où l'enquête criminelle du départ vire à l'enquête intime. 

Jeannine a reçu un superbe cadeau de Noël de la part de sa sœur, un roman graphique de Jen Wang, une autrice de BD américaine, qui fait à la fois les textes et les magnifiques illustrations. Mon refuge narre l'histoire d'une adolescent(e) en quête de sens, Ash qui décide de tout quitter pour se lancer dans une aventure en pleine nature, accompagné(e) de son chien. À la recherche de la cabane secrète de son grand-père, iel découvre les défis de la survie, l’introspection et le poids des attentes sociales. Écrit à la manière d'un journal de bord, c’est une bande dessinée touchante qui aborde de nombreuses thématiques contemporaines comme : l’écologie, la question du genre, la solitude chez les ados, l’impression de ne pas trouver sa place, le décalage entre les réalités environnementales et une jeunesse des réseaux sociaux… Jeannine a été très touchée par ce livre magnifique et souhaite maintenant lire le premier ouvrage de l’auteur. Un livre qui fait débat autour de la table, faut-il être optimiste, pessimiste sur l'avenir, les avis sont partagés... 

Catherine a apporté un livre de Zoé Brisby, Les mauvaises épouses, nous sommes en 1952, Summer et son mari vivent dans le désert du Nevada sur une base militaire qui étudie la bombe atomique. À chaque lancer, il n’y a que Summer pour ne pas savourer le spectacle. En bonne épouse, elle ne laisse rien paraître. Mais l’arrivée d’une autre bombe sur la base, Charlie, remet tout en cause. Tandis que les hommes s’extasient sur le miracle de la science, Summer et Charlie décident de prendre en main leur destin…. Un roman glamour et palpitant sur deux femmes qui font un choix de vie : celui de l’émancipation. Une pépite à découvrir ! 

Noëlle fait la promotion rapide de deux livres locaux, Le sorcier d’Ornans, de Philippe Kœberlé, qui aurait cru que cette charmante petite cité historique, Ornans, la « petite Venise du Doubs » allait être le théâtre d'un assassinat incompréhensible pour toute la population ; une enquête difficile aux multiples rebondissements qui nous plonge dans les vallées profondes, les forêts obscures, qui nous mène, de villages isolés en moulins abandonnés, au cœur de la nature et de l'histoire franc-comtoise. Un thriller passionnant ! Et Le jardin des délices de François Hegwein, un plaidoyer pour la renaissance d'une librairie indépendante à Valentigney, dont tous les bénéfices seront reversés lorsque cette librairie renaîtra de ses cendres. Noëlle souhaite surtout nous parler du dernier livre de Marc Lévy, La librairie des mots interdits. Cet auteur, souvent classé dans la littérature de gare, semble avoir évolué avec ce roman. Mitch, libraire passionné, est arrêté un matin pour un crime impensable : il a transgressé la loi en vendant des livres interdits. Après cinq années de prison, il n'a qu'un désir, retrouver sa liberté et sa librairie. Mais le destin en décide autrement. Le même jour, Mitch croise le procureur qui l'a fait condamner et rencontre Anna, une jeune chef qui pourrait bien être la femme de sa vie. Que faire quand on est pris entre une irrépressible envie de vengeance et une irrésistible envie d'aimer ? Peut-on rêver d'un avenir sans s'être acquitté du passé ? Noëlle a apprécié ce livre qui fait réfléchir dans le contexte actuel, où la culture est menacée.  

Je vais clore cette séance en parlant d’un auteur que je ne connaissais pas, Eric Pessan, qui a été invité en résidence par PMA dans le cadre de « capitale française de la culture », et qui avait comme mission d’écrire un livre sur son expérience dans la région. La première fois que je l’ai rencontré, c’était à la Médiathèque de Montbéliard, où il nous a fait découvrir au fil des rayons quelques-uns de ses livres "coup de cœur", dont un que je vous présenterai. Puis je l’ai rencontré à la librairie, avec des échanges autour de ses livres. Sébastien nous avait lu des extraits de Rien dans mon enfance, que j’ai trouvé original et que j’ai acheté. Il s’agit d’une longue suite anaphorique pour dire la surprise et l’incompréhension de l’adulte face à un monde auquel il n’était pas préparé. Un petit exemple " Rien dans mon enfance ne laissait imaginer qu’un trou noir serait un jour photographié". L'ouvrage est une suite de plus 200 anaphores commençant par « Rien dans mon enfance.. » et traitant de sujets divers et variés. J’ai revu Eric Pessan il y a quelque temps à la librairie où il est venu présenter le livre qu’il était chargé d’écrire suite à sa découverte du Pays de Montbéliard. Théorie du coyote marque l'aboutissement des échanges et des réflexions, fruit de rencontres enrichissantes et contrastées. Dans ce texte, l’auteur s'attache à définir la culture, ses bienfaits, son sens, sa place dans nos vies, dans la construction d'une société, sa complémentarité manifeste avec l'éducation. C’est très intéressant de découvrir la région et sa culture à travers son regard. Et sur ses conseils, j’avais acheté Nomadland de Jessica Bruder, un essai percutant et bouleversant sur les nouveaux nomades travailleurs aux États-Unis. Ils ont tout perdu, leur job, leur maison, leur argent et leur retraite. Pendant trois ans, Jessica Bruder a suivi les pas de ces " hobos " d'un genre nouveau, telle l'incroyable Linda May, 69 ans, qui rêve de bâtir sa propre géonef. L’auteur nous livre des récits de parcours de vie de ces "travailleurs nomades" traversant l'Amérique pour de petits boulots exténuants, mal payés, dans des conditions dantesques pour des personnes souvent âgées de plus de 60 ans. Un récit plein d'humanité, poignant qui nous touche et nous interpelle ! Une autre vision de l’Amérique… 

Nous avons terminé la soirée autour des galettes, dont une très bonne réalisée par Jeannine. 

Bernadette 

Le prochain Café littéraire aura lieu le Mercredi 19 février à 19h

lundi 6 janvier 2025

Rencontre "Petites Fugues"

Les "Petites Fugues"  et les "Amis des Livres"

Bernadette, Chantal, Cédric et moi nous sommes rendus le jeudi, 28 novembre 2024, à 10 heures, au CDI du lycée Nelson Mandela d’Audincourt. Nous avons été accueillis entre autre par Catherine Kiachko, professeur documentaliste. Catherine inscrit depuis plusieurs années l’établissement aux "Petites Fugues". Elle travaille avec le professeur de français des étudiants de BTS Plasturgie 2ième année pour préparer la venue d’un auteur ou d’une autrice proposé(e) par la Région Bourgogne-Franche-Comté, dans le cadre de ce festival. Cette année, cette préparation a été menée avec 9 étudiants de BTS plasturgie. Ils ont travaillé sur le roman intitulé « Que sur toi se lamente le tigre », d’Emilienne MALFATTO. Ce roman a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2021. C’est un roman très court, mais très intense, qui traite du patriarcat dans l’Irak rural d’aujourd’hui. Les étudiants, avec leur professeur de français ont préparé des questions. Bernadette, Chantal et Cédric ont d’ailleurs participé à une séance de préparation. Ces questions ont animé et rythmé la rencontre avec Emilienne. Le dialogue a été très riche, les échanges denses et argumentés, le tout dans une ambiance décontractée et amicale. Emilienne a répondu aux questions des étudiants de façon précise et adaptée, avec beaucoup de naturel. Elle est venue avec Rafael Roa, photographe colombien, qui a travaillé sur un autre roman d’Emilienne Malfatto intitulé « L’absence est une femme aux cheveux noirs ». Rafael a lui aussi répondu aux questions posées par les étudiants et apporté son regard sur la dictature et la mémoire familiale … Cette rencontre a été très intense en terme d’échanges et de réflexion. Les étudiants se sont montrés concernés par les situations difficiles évoquées dans le roman étudié. Nous nous sommes séparés en nous disant que nous avions vécu un grand moment et que nous devrions poursuivre cette collaboration.

Jeannine

jeudi 21 novembre 2024

Café littéraire # 67

Gros succès pour ce 67ème Café littéraire, puisque nous étions 16, un record ! 

Danièle a apporté deux livres, dont un auteur japonais, Akira Mizubayashi qui a écrit des œuvres source d’émotions pour elle. La première, Suite inoubliable, un roman écrit en français, parle du destin tragique d’un jeune violoncelliste emporté dans la folie de la guerre. Il écrit une ode très émouvante à la musique et au métier de luthier. Les histoires entremêlées des personnages, tous habités par une même passion mélomane, pointent chacune à leur façon l'horreur de la guerre. Issue d’une famille de musiciens, Danièle a été particulièrement touchée, mais il peut y avoir plusieurs lectures, en tout cas un roman d’une grande beauté. On passe des émotions auditives aux émotions olfactives et gustatives avec Marsha Mehran, une jeune femme originaire de Téhéran. Partie très jeune de son pays, elle a écrit Une soupe à la grenade, une fiction historique gourmande et mélancolique qui suit trois sœurs ayant fui l'Iran et leur installation dans un petit village irlandais, où elles sont plus ou moins bien accueillies. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelantes des épices envahissent le village. L’originalité de ce livre, c’est qu’on y trouve les recettes. Mais on y parle aussi de la condition féminine en Iran. L’auteur, née en 1977 a été retrouvée morte en 2014 dans des conditions mystérieuses. Triste destin ! 

Catherine a apporté un tout petit livre, En garde d’Amélie Cordonnier, qui est journaliste, une histoire vécue qui fait froid dans le dos. Dans ce livre, elle raconte l'enfer qu'elle a vécu avec sa famille à partir du moment où elle a été signalé à tort à la protection de l'enfance. Le couple se retrouve convoqué pour s’assurer que leur fils et leur fille sont bien en sécurité avec eux. La machine est lancée et rien ne semble pouvoir l’arrêter, car il est bien difficile de prouver l'amour et l'attention portés à ses enfants. Pire que tout, un assistant social s’installe chez eux, les regarde vivre... Amélie se met à soupçonner chaque voisin, chaque bonjour et chaque sourire. La vie d’une famille bouleversée pendant des mois sur un coup de fil anonyme. 

Martine nous présente le dernier livre d’Olivier Adam, Il ne se passe jamais rien ici. Dans un village isolé des bords du lac d’Annecy, le corps de Fanny est retrouvé au pied des falaises. Son ex petit-ami, un peu marginal, est le coupable idéal. L’auteur tisse une profonde réflexion sociale sur fond de suspense et dans ce roman choral, il va consacrer un chapitre à chacun des nombreux personnages concernés par cette affaire et leur donner la parole. On entend ainsi vingt-cinq voix différentes, avec une analyse fine et juste des comportements. Et même si l’on commence à percevoir le dénouement avant la fin, ce n’est pas du tout gênant. Un très bon roman noir de la veine de ses premiers livres...

Fabienne, toujours fidéle à Franck Thilliez, a lu Norferville. Lorsque le corps de sa fille est retrouvé dans le Grand Nord québécois, Teddy Schaffran, détective et criminologue lyonnais, se rend à Norferville, une petite cité minière, où aucune route ne permet d’accéder. Il y rencontre Léonie Rock, flic métisse qui, elle aussi, a connu l’enfer… Par -20°, on y suit la quête de vérité de deux êtres malmenés par la vie. Dépaysement garanti avec ce thriller, qui mettra en scène la violence des hommes autant que les croyances ancestrales. 

Jeanine a apporté Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour, un livre qui a fait grand bruit à sa sortie, qu’elle a offert à une amie qui souhaitait le lire, et qu’elle a lu à son tour. Au regard du sujet, elle était très sceptique, et au fil du livre, elle y a trouvé du plaisir. Une déclaration d’amour d’un homme à son chien, une véritable leçon de vie, avec des phrases très longues et très alambiquées, mais auxquelles on s’habitue très vite. Il se promène en montagne avec son bouvier bernois et on a l’impression de les accompagner. Jeanine qui, pour reprendre son expression, n’est pas « chien » du tout, a apprécié car c’est un livre sur l’amour porté à un être qui n’est pas humain, mais qu’importe, et sur la mort et le deuil. Au premier paragraphe, elle était en larmes. Une histoire pleine d’humanité et de vie, malgré la perte d’un être cher. 

Rosemay souhaite nous parler d’une série de sept livres, déjà évoqués ici il y a quelque temps. Il s’agit de Les sept sœurs de Lucinda Riley, à la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a adoptées aux quatre coins du monde lorsqu'elles étaient bébés, Maia d'Aplièse et ses soeurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique château sur les bords du lac de Genève. Pour héritage, elles reçoivent chacune un mystérieux indice qui leur permettra peut-être de percer le secret de leur origine. Donc, chaque tome raconte la quête d’une des sœurs dans son pays natal. Rosemay craignait que ce soit très historique, mais pas du tout, on apprend beaucoup de choses sur chaque pays. Après la mort de l’auteur, c’est son fils qui a poursuivi avec talent l’écriture du huitième tome. C’est très agréable à lire et on entre tout de suite dans l’histoire, Rosemay a adoré !

Poursuivons avec Gérard qui nous présente une romancière suédoise, Camilla Grebe, et son dernier polar, L’énigme de la Stuga. Lykke Andersen mène une vie heureuse, mondaine et épanouie : éditrice accomplie, compagne d’un auteur renommé et mère de jumeaux. Au lendemain d’une fête, Le cadavre de Bonnie est retrouvé dans la stuga, une petite dépendance dans le jardin, où vivent les garçons. Ces derniers nient catégoriquement avoir commis le crime mais il s’avère que la porte était fermée à clé de l’intérieur… Huit ans plus tard, Lykke est placée en détention provisoire. Face à l’inspecteur responsable de l’affaire, elle va devoir retracer le fil de l’enquête afin de trouver le véritable coupable du crime. L’intrigue est particulièrement bien menée, le suspense reste entier tout au long du livre écrit de manière très fluide. Gérard a lu ce livre avec bonheur et souhaite découvrir d’autres livres de l’auteur. 

Christine a apporté un livre au titre pour le moins intriguant, L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, d’Olivier Sacks, un médecin neurologue britannique. Dans ce best-seller, l’auteur nous conte les affections neurologiques les plus bizarres qu’il a rencontrées. Ce recueil clinique de vulgarisation nous fait découvrir l’univers intime des patients et ainsi entrer dans le monde aussi surprenant que fascinant des lésions cérébrales. Comprendre comment s’adapter à son mal et à sa nouvelle identité, comment accompagner les patients et tenter de mieux les comprendre pour améliorer leur situation, tel a été le défi du Dr. Sacks tout au long de sa carrière. C’est très étonnant, car il y a des cas qu’on a du mal à imaginer, comme celui du titre par exemple, mais c’est très intéressant. 


Armelle nous présente un roman de Marie Vareille, Le syndrome du spaghetti. Léa, 16 ans, a un immense talent pour le basket. Elle ne rêve que d’une chose : devenir professionnelle dans la meilleure équipe du monde. Entrainée par son père, qu’elle considère comme son modèle, elle avance vers un avenir qui apparaît comme tout tracé. Léa, insouciante, ne s’attend pas à ce qu’un jour sa vie s’écroule. Elle va faire la rencontre d’Anthony, 17 ans, qui semble avoir abandonné ses rêves depuis bien longtemps mais qui a appris à se battre pour la vie qu’il souhaite. Leur rencontre va provoquer de vrais bouleversements, chacun va apprendre de l’autre et avancer. Une magnifique leçon de vie, croire en soi et ne pas abandonner malgré les échecs et les coups du destin, telle pourrait être la conclusion. 

Cédric qui participe au projet avec le lycée Mandela a lu deux livres de l’écrivaine Emilienne Malfatto, jeune journaliste qui s’est rendu dans différents pays. Le premier, Que sur toi se lamente le tigre, raconte le destin d’une jeune Irakienne, enceinte alors qu'elle n'est pas mariée, et qui attend la mort. Pour sauver l'honneur de la famille, son frère va la tuer. Un très court roman choc qui a reçu le Prix Goncourt du premier roman. Jusqu’à la fin, on ne saura pas si elle va être sauvée ou pas, il reste une lueur d’espoir dans ce roman très sombre. Inspirée par les réalités complexes de l’Irak qu’elle connaît bien, Emilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l’autorité masculine et le code de l’honneur.  Le second, Les serpents viendront pour toi, se passe en Colombie où, avec un courage qui force l’admiration, l’auteure va partir à la rencontre de ceux qui ont connu Maritza, 61 ans, mère de six enfants sauvagement assassinée chez elle, devant l’un de ses garçons. C’est une guerre qui ne dit pas son nom. En Colombie, chaque année, des centaines de « leaders sociaux » sont tués dans l’indifférence générale. Syndicalistes, responsables associatifs, simples citoyens voulant faire valoir leurs droits… Un livre puissant qui fait réfléchir. 

Françoise nous annonce que son livre est un peu plus rose que les précédents présentés. Un roman de Simonetta Greggio, qui s’intitule La douceur des hommes, qu’elle a acheté lors du Festival des littératures étrangères consacré à l’Italie. Une grand-mère, Fosca, sachant sa fin proche, emmène sa petite-fille d’adoption, Constance, dans un road trip à travers le sud de la France et l’Italie. Elle lui raconte sa vie, riche d'hommes, d'amants mais surtout la vie d'une femme libre. À son retour, Constance découvre dans les affaires de sa « grand-mère » des lettres, des photos, un livre de recettes de cuisine, mais surtout un mystérieux carnet noir qui lui révèle une Fosca méconnue.  Une histoire délicate et émouvante entre deux femmes de génération différente, portée par une écriture fluide et légère. Très agréable à lire ! 

C’est au tour de Chantal qui a lu un livre de François Garde, L’effroi, un roman qui parle de musique ce qui a attiré son attention. En  résumé, le livre retrace la parcours de Sébastien Armant, violoniste alto à l'Opéra de Paris, à partir du moment ou, dans un geste de révolte, il va se lever et tourner le dos au chef d'orchestre, Louis Craon qui vient de faire le salut nazi. Son geste va très vite lui apporter une notoriété qu'il ne cherchait pas, le récit au jour le jour d’une existence qui bascule suite à un geste héroïque… Chantal évoque ensuite un auteur qu’elle aime beaucoup, Antoine Choplin, et son livre Partie italienne, Gaspar est un artiste reconnu et sollicité. Pourtant, en ce début de printemps, il ne rêve que de quitter Paris et s'installer Campo de'Fiori, à Rome. Là, à une terrasse de café, devant un jeu d'échecs, il joue contre des amateurs de passage et savoure la beauté des jours. Un matin, une femme s'installe à sa table pour une partie. Elle s'avère être une adversaire redoutable et gagne très vite. Elle s'appelle Marya, vient de Hongrie. L'histoire entre eux naît...  C’est très très beau… D’ailleurs Chantal avait déjà lu et relu La nuit tombée, du même auteur, qui parle d’un retour à Tchernobyl et qu’elle avait adoré. 

Régine a été impressionnée par le livre Les exportés de Sonia Devillers, déjà présenté l’an dernier par Françoise, et qui ne laisse pas les lecteurs indifférents. Pour rappel, la journaliste raconte les dessous de l'arrivée en France de sa mère et de ses grands-parents, juifs ayant fui la Roumanie communiste à la faveur d'un troc à peine croyable, « le secret le mieux gardé du régime de Ceausescu ». C’est très bien écrit et poignant ! 

Quant à moi, je vais vous parler d’un auteur que j’ai découvert à la Grande Librairie, déjà évoqué ici puisqu’il s’agit de Philibert Humm, un jeune écrivain aventurier dans l’âme. J’ai déjà présenté Roman fleuve, un livre très drôle, rempli d’humour et d’autodérision. Comme il venait à Besançon, j’ai acheté son dernier livre, Roman de gare raconte le périple de l’auteur et d’un copain qui, sur un pari, vont monter clandestinement dans des wagons de marchandises, sans savoir où ils vont, comme les hobos aux Etats-Unis. un roman qui part en retard, s'arrête sur les voies et finit en eau de boudin. Et sur place, à Besançon, je lui ai acheté Les tribulations d’un Français en France, coécrit avec Pierre Adrian, il nous a expliqué qu’à la fin du confinement, il a décidé de parcourir la France en auto stop avec la pancarte « N’importe où », ce qui a inspiré ce livre. Dans la première partie il voyage en van Volkswagen, avec la certitude qu'il peut faire le tour du monde sans quitter la France.  C’est ainsi qu’il découvre la Venise du Gâtinais ou la Tolède du Cotentin, et dans la seconde partie, propre à l’auto stop, il nous parle plutôt des gens qui l’ont embarqué dans leur voiture et qui sont souvent des personnages atypiques. On passe vraiment un bon moment avec cet auteur éminemment sympathique. 

Isabelle a lu Moka de Tatiana de Rosnay, un livre poignant, Justine a 40 ans, un mari britannique, Andrew, et deux enfants. Elle travaille en tant que traductrice free-lance et mène une petite vie tranquille. Mais un mercredi après-midi, tout va basculer. Son fils adolescent est renversé par un chauffard en plein Paris. L'inconnu prend la fuite, des témoins ont à peine le temps de noter quelques chiffres de la plaque d'immatriculation. Sérieusement blessé, Malcolm sombre dans le coma. L'enquête piétine. Justine et Andrew, sous le choc, s'enlisent dans la rancœur, l'incompréhension. Leur couple se fragilise. Contre l'avis de son mari, de ses parents, Justine ne renonce pas à retrouver le responsable de l'accident. Un roman bien construit qui aborde tous les aspect de cette tragédie. Isabelle tient à ajouter deux mots à propos d’un livre qu’elle a trouvé dans une boîte à livres, Côté jardin d’Alain Monnier. Un roman déroutant, qui débute dans un climat réaliste douloureux, pénible - la maladie - puis bascule dans un univers de folie. Alain Monnier construit un étrange récit fait de confidences. Ses personnages, sortes de marionnettes timbrées, cruelles, viennent déverser leurs délires aux oreilles du personnage principal, en font le héros inerte et muet du roman.  Un roman puissant qui traite de l'emprise, c’est machiavélique...

Bernadette

Le prochain Café littéraire est fixé au Mardi 7 janvier à 19h à la Louisiane

jeudi 31 octobre 2024

Atelier d'écriture -Octobre 2024

Neuf personnes avaient répondu présentes pour cet atelier d’écriture proposé par Françoise. Les vacances scolaires en ont empêché beaucoup d’être là. Nous avons accueilli avec plaisir Elena, une très jeune fille qui n’avait jamais pratiqué et qui s’en est fort bien sortie. 
Françoise avait prévu de nous faire écrire sur le thème des Jeux Olympiques.

1/ Le premier exercice était une mise en bouche. Il fallait écrire le nom de la ville ou de la région où nous avions passé nos dernières vacances . Ensuite écrire un acrostiche à partir de ce nom. Pour rappel dans un acrostiche les lettres du mot choisi sont écrites verticalement les unes sous les autres, et on écrit un vers commençant par chacune des lettres. 

2/ Un peu de culture générale Cette fois on passe aux Jeux Olympiques, Françoise nous pose une petite colle en nous demandant à quoi ressemble le symbole des Jeux Paralympiques et comment il se nomme. Certaines d’entre nous savait à quoi il ressemblait , mais personne ne connaissait le nom. En fait il s’agit de trois virgules, rouge, bleue et verte que l’on appelle les agitos. Ce mot vient du latin agito, signifiant « je bouge ». Françoise nous a également collés en nous demandant le nombre de disciplines représentées, elle nous donne le chiffre de 46, selon les sites, il y a beaucoup de nombres différents, mais ça tourne autour. 

3/ Pour le troisième exercice, nous devions tirer un sport dans une boîte et dire en quelque ligne ce que ce sport nous évoquait. 

4/ Puis nous avons dû retirer trois sports supplémentaires dans la boîte, et nous transformer en journalistes pour relater aux lecteurs ces quatre compétitions auxquelles nous avions assisté. Ce fut très cocasse… Beaucoup de rires 

5/ Après avoir beaucoup cherché, car ils sont rares, Françoise nous a lu un poème de Paul Souchon sur le sport que je vous reproduis ici 

Athlètes au repos 

Dans le matin doré, par groupes, les Athlètes 
Devisent, demi-nus, 
Et pour lier leurs corps de fines bandelettes, 
Des rayons sont venus. 

Debout sur le gazon, sous l'oeil qui les contemple,
Ils évoquent des dieux 
Qui seraient descendus d'un invisible temple 
Pour prendre part aux Jeux. 

Bientôt, le mouvement dégagera la forme, 
Nous les verrons courir
Et nous croirons qu'ils sont soustraits à cette norme 
Qui nous fait tous mourir. 

Fils du soleil, héros, race forte et charmante 
Qui dressez le flambeau 
Par-dessus le présent dont l'ombre nous tourmente 
Vers l'avenir plus beau, 

Vous êtes primitifs comme le vent et l'onde, 
La plante et l'animal
Et, quand vous régnerez, vous chasserez du monde 
La laideur et le mal. 

Car vous avez en vous l'esprit de sacrifice 
Qui vous fait purs et sains, 
Une nouvelle foi vous brûle, inspiratrice 
Des héros et des saints. 

Paul Souchon 

Pendant la lecture, nous devions noter tous les mots qui nous plaisaient, ensuite on en retenait huit dans cette liste et pour chacun d’eux il fallait trouver un mot qui rimait. Puis avec ces seize mots il fallait écrire un poème de seize vers. Quand on a déjà les rimes, ce n’est pas si facile de caser les mots pour que ça ait du sens. 

6/ Enfin nous avons terminé avec la phryge, mascotte officielle des Jeux. Elle a fait beaucoup parlé d’elle, car elle n’était pas toujours au goût des gens. Maintenant que vous savez ce qu’est un acrostiche, eh bien il fallait en écrire un avec les lettres du mot phryge. 

Même si parfois l’exercice peut sembler difficile, l’inspiration finit toujours par arriver, et nous avons passé une bonne soirée. 

 Bernadette

lundi 7 octobre 2024

Café littéraire # 66

Nous étions une douzaine pour ce soixante-sixième café littéraire de rentrée. 

Gérard
a pris la parole pour nous parler du livre Sur les chemins noirs, d’un écrivain souvent décrié pour ses opinions, mais qui a un très beau style. Sylvain Tesson est tombé d’un toit, a été longtemps hospitalisé, et a décidé de faire sa rééducation seul en suivant les chemins noirs, ces petits chemins que l’on voit sur les cartes. C’est court, agréable à lire en été, car ça donne envie de le suivre. C’est une introspection, même si parfois des amis viennent le rejoindre, et la description des décors fait partie intégrante du livre. Gérard a eu beaucoup de plaisir à le lire. 

Régine a lu une saga, La villa aux étoffes d’Anne Jacobs. Les six volumes racontent l’histoire d’une famille d’industriels allemands de 1912 jusqu’après la deuxième guerre mondiale. On suit cette famille sur plusieurs générations, le fils épouse une servante juive, ce qui va l’obliger à partir aux Etats-Unis avec son fils musicien, avant qu’elle ne revienne vivre à Augsbourg. C’est très bien documenté au niveau historique. Régine a lu les six tomes cet été et a passé un bon moment. 

Fabienne s’excuse presque de nous présenter encore un polar, puisqu’il s’agit de Le poète de Michael Connelly. Pour résumer, l'affaire est claire pour tout le monde : Sean McEvoy, de la police de Denver, s'est suicidé d'une balle dans la tête. Pour tout le monde, sauf pour Jack, son frère jumeau. Un mot retrouvé près du cadavre le met sur la piste d'autres suicides de flics qui n'en étaient peut-être pas. Un thriller qui nous plonge dans un suspens imparable et ininterrompu. 

Pour ma part, je reviens sur deux livres qui avaient été chaudement recommandés en juin et je n’ai pas été déçue. Sur les conseils de Christine, j’ai lu Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi. Ce n’est pas vraiment le genre de livre que je lis habituellement, mais je suis rentrée dedans sans problème et je me suis laissée embarquer. J’ai également lu Ceci n’est pas un fait divers de Philippe Besson, un livre magistral sur le féminicide que je recommande chaudement. Sinon je viens de lire le livre de Gaël Faye, Jacaranda, dont on parle énormément en ce moment, et qui revient sur le génocide au Rwanda. C’est très bien écrit, très pesant par moment, mais c’est magnifique. De plus j’ai pu le faire dédicacer à Besançon et l’auteur est vraiment un garçon adorable. Ceux qui ont aimé Petit pays aimeront forcément ce livre. Parions qu’il aura un prix littéraire.

Thérèse qui nous rejoint pour la première fois, est désolée de ne pas pouvoir nous montrer de livres, car elle est adepte de la liseuse. Elle nous parle cependant de La vie en fuite de John Boyne, qui avait écrit quatre ans auparavant Le garçon au pyjama rayé. Ce livre raconte une vie hantée par les traumatismes de l’enfance et de l’adolescence, l’histoire d’une femme habitée par des secrets enfouis, pourtant amenés à ressurgir à la fin de son existence. Il interroge ainsi le poids de l’Histoire et illustre la question de la responsabilité et de la culpabilité. La vie en fuite est un roman à l’intrigue haletante qu’on ne lâche pas, jusqu’à la dernière page. 

Durant les vacances, Noëlle a relu Les enfants de la Terre et Millenium, deux sagas qu’elle redécouvre toujours comme si c’était la première fois. Mais elle souhaite nous parler de Il nous restera ça de Virginie Grimaldi, un livre qui fait du bien. C’est l’histoire d’une colocation improbable entre trois personnages abîmés par la vie. Au cœur du dix-septième arrondissement de Paris se retrouvent Jeanne, 74 ans, dont la joie de vivre fout le camp après la mort subite de son mari adoré, ainsi qu’Iris, 33 ans, qui fuit son passé et se met en quête d’une nouvelle vie et puis Théo, 18 ans, qui dort dans le métro. Tous deux cherchent désespérément un endroit où se loger, et se font accueillir par Jeanne. Ensemble, ils vont devoir s’apprivoiser. Des liens se créent sous nos yeux. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, elle nous fait vivre un ascenseur émotionnel. Un roman qui réchauffe le cœur. 

Françoise va nous parler d’un livre publié en 1954, d’un auteur qui s’appelle Albert Cohen. Pourquoi a-t-elle choisi ce livre ? Parce qu’il y a quelques mois, elle a vu à la télévision une pièce de théâtre intitulée Le livre de ma mère, interprété par Patrick Timsit et elle a beaucoup apprécié. Ce livre bouleversant est l’évocation d’une femme à la fois ordinaire et sublime, une mère, aujourd’hui morte, qui n’a vécu que pour son fils et par son fils. Une ode à toutes les mères et à tous les fils ! Ce livre mérite d’être lu. Livre très différent La colère et l’envie d’Alice Renard, une jeune autrice de 21 ans, avec une écriture extraordinaire. Elle y fait le portrait d'une enfant qui n'entre pas dans les cases. Isor n'est pas comme les autres. Une existence en huis clos s'est construite autour de cette petite fille mutique rejetant les normes. C'est une histoire d'amour éruptive, d'émancipation et de réconciliation. Toutes les critiques sont dithyrambiques, original, à découvrir !

Martine souhaite nous présenter deux livres de Jeanne Benameur, La patience des traces, son dernier, et Les insurrections singulières, sorti en 2011. Bien qu’éloignés dans le temps, ces livres ont des points communs. Les insurrections singulières a vu le jour suite à des cafés de parole qu’elle avait animés avec des ouvriers d’Arcelor Mittal. C’est un roman intime et social, l'histoire d'un ouvrier, entre France et Brésil. Parcours de lutte et de rébellion, voyage au centre de l'héritage familial. L’autre est plutôt un roman d’introspection. On y suit Simon, un psychanalyste qui arrête son activité et décide de partir en voyage au Japon, après un évènement anodin à nos yeux mais lourd de sens pour lui : un bol brisé le matin au petit déjeuner. Après avoir passé toute sa vie à écouter les autres et les aider à se trouver ou se retrouver, il ose enfin franchir ses propres barrières et s’engager lui-même sur le chemin de la quête de soi. C’est poétique et très bien écrit. 

Armelle a apporté Boomerang de Tatiana de Rosnay, une histoire où la mort est omniprésente, sous différentes formes, autour d'un homme en pleine crise de la quarantaine qui cherche à lever le mystère qui entoure la disparation tragique de sa mère... Alors que sa sœur était sur le point de lui révéler un secret…. c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence. Boomerang dose avec adresse suspense, comédie et émotion. Armelle a passé un bon moment. 

Christine nous présente un livre de Laurent Chenot, qui fait de la médecine chinoise, et qui répond à la question : comment devenir responsable de sa santé et ne plus dépendre des médecins et des médicaments ? Les 7 péchés capitaux de la diététique moderne, se résument en 7 mots : l'excès, le raffinage, la cuisson, les mélanges, les poisons chimiques, les stimulants et enfin la précipitation. Tout un programme ! Christine va nous lire ce qui lui correspond dans ce livre et conclut qu’il faut bien du courage… L’auteur dit qu’il reste beaucoup de choses à manger, même si on en supprime pas mal. C’est intéressant, mais ça demande beaucoup de sacrifices et de discipline. Avis aux courageux… 

Jeanine a lu Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andrea, l’auteur de Veiller sur elle, souvent évoqué ici. Ce roman nous plonge dans l'enfance et l'adolescence d'un jeune garçon placé dans un orphelinat pyrénéen. On suit avec effroi sa difficile adaptation et ses relations avec certains adultes, mais on se réjouit que malgré cet environnement hostile, l’amitié puisse exister. Un roman plein de tendresse que Jeanine a adoré. Autre livre qu’elle vient de finir, Les Méditerranéennes d’Emmanuelle Ruben, qui a obtenu plusieurs prix littéraires en 2022, et qu’elle a acheté à cause de sa couverture. Un roman qui nous fait suivre Samuel à la recherche de sa famille maternelle, du récit des origines au cours d'un dîner de Hanouka jusqu'au voyage au pays. L'histoire d'une famille juive d'Algérie à travers la vie de ses femmes et les pérégrinations du chandelier qui passe de génération en génération. Un roman très exubérant, dans lequel les hommes sont pratiquement absents, une vrai leçon d’histoire, que Jeanine a lu avec énormément de plaisir. 

Cédric souhaite nous parler d'un livre de Kazuo Ishiguro, lauréat du prix Nobel de littérature en 2017. Dans Nocturnes : cinq nouvelles de musique au crépuscule, l’auteur explore l'amour et le temps qui passe à travers cinq nouvelles musicales. Un crooner prêt à tout pour un drôle de come-back, un mélomane qui tente de percer… Des amis liés par la passion d’un même genre musical, un saxophoniste en mal de reconversion ou bien encore un violoncelliste faussement naïf… Les principaux personnages de ces histoires sont en quête d’un autre mouvement à jouer dans cette symphonie si singulière qu’est la vie. Il y a une atmosphère, du suspense aussi, un certain charme suranné dans ces cinq nouvelles d'un autre temps. Cédric l’a trouvé dans la boîte à livres de Taillecourt, où l’on peut parfois faire de belles découvertes. 

Bernadette 

 Un atelier d’écriture aura lieu le Mardi 29 octobre 

 Le prochain Café littéraire aura lieu le Mardi 12 novembre